‹ Kléber en VendéeChapitre 8 sur 170 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

faire , à abandonner , même , s'il était nécessaire , sa base de Nantes, après avoir assuré la défense de cette ville I. Il emmenait avec lui un administrateur du département de Maine-et-Loire, n'ayant alors aucun grade militaire, mais dont la sagacité et la grande connaissance du pays et des habitants devaient, à maintes reprises, être la sauvegarde de l'armée Républicaine. Je veux dire Savary, Né en Bretagne, ayant fait de fortes études littéraires et juridiques, il était, quelques années avant la Révolution, précepteur dans une famille noble des environs des Herbiers. Il avait parcouru et étudié la région et lié connaissance avec beaucoup de gens, notamment avec d'Elbée et un Breton, l'abbé Du Boueix, prieur-curé de Roussay, entre lesquels il avait négocié, tout au moins, des afï'aires d'intérêt. Fait prisonnier par les Vendéens lorsqu'ils s'emparèrent de Gholet, il avait été gardé par eux pendant un mois, avant de parvenir à s'évader. Comme Caudaux, il partageait les idées nouvelles, comme lui, il était partisan d'une sage modération. Je dirai plus loin comment il convient d'apprécier sa façon de traiter les documents historiques. Ses connaissances et sa capacité, très étendues, tirent de lui l'un des plus utiles collaborateurs de Kléber, avec lequel il se lia. Il a composé ou contribué à composer une bonne partie des plans de marches et d'opérations, qui influèrent sur le succès final des armées de la République.

Canclaux était établi à Montaigu, avec l'armée, depuis quelques jours, lorsqu'il reçut notification de sa destitution, en vertu de la loi qui excluait des armées les officiers ci-devant nobles. En attendant l'arrivée de son succes-

I. « D'après une reconnaissance que je viens de faire et toutes mes réflexions, je prends le parti, s'il le faut, d'abandonner ma communication avec Nantes, en faisant mon dépôt et ma manufacture à Montaigu, où le commissaire des guerres trouvera des facilites, même pour un dépôt d'hôpital. 11 aurait toujours fallu en venir là, quand l'armée aurait fait le coude, pour se porter sur Mortagne, au lieu qu'en me servant de Montaigu, je menace tous les points, soit d'attaque sur ma gauche, soit pour ma jonction en avant, soit par ma droite, si l'ennemi voulait se rassembler à Légé et se porter sur Machecoul et Port-Saint-Père. Voyez la carte et jugez-moi. » {Canclaux à Grouchy. Saint-Hilaire-de-Loulay, ag septembre 1793. Arch. hist. de la guerre^ V, la.)

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