‹ Kléber en VendéeChapitre 9 sur 170 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

seur, il remit le commandement à Vimeux, l'ofïlcier général le plus ancien *. Mais, aussitôt, celui-ci se récusa, donnant pour raison son âge et ses fatigues. Le lendemain, un ordre des représentants confia cet intérim à Kléber.

Avec Bonaparte, Marmont a dit de Kléber, qu'il ne sut ni obéir ni commander; tous les deux ont eu tort. Soldat — trop soldat même au jugement de Rossignol * ! — son obéissance aux ordres reçus, et dont on trouvera nombre de preuves dans le cours de ce volume, servira à le démontrer. Son influence sur ses troupes, ce qu'il obtenait d'elles, démontre pareillement qu'il fut un véritable chef; son administration de l'Egypte, lorsqu'il y succéda, malgré lui, à Bonaparte, sulïirait, à elle seule, à faire éclater l'inanité d'une telle imputation.

La vérité, c'est que Kléber avait en horreur la politique et les politiciens, comme, aussi, les généraux incapables, créatures de ces derniers. Esprit caustique et primesautier, ne sachant pas dissimuler ses sentiments, il laissait paraître trop facilement son mépris pour les hommes, dont il exécutait les ordres souvent ineptes. Il n'oublia jamais qu'après la capitulation de Mayence, l'état major tout entier avait été incriminé de lâcheté par la Convention, et qu'il avait été, un instant, avec tous ses compagnons, sous le coup d'une accusation capitale ^. Dès lors, cet homme dont la bravoure était déjà légendaire, et qui

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