Combat de Saint-Symphorien
2. Vimeux, le plus ancien des généraux présents, commande provisoirement en chef depuis la veille, jour où Canclaux a reçu notification de sa destitution.
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[Montaigu.] Ordre du 8 octobre iyg3
Un arrêté des représentants du peuple, réunis à Nantes, vient de confier provisoirement le commandement de l'armée de Mayence au général Kléber. Il trouverait ce fardeau infiniment au-dessus de ses forces, s'il ne se trouvait environné des lumières de ses collègues, des chefs de bataillon, des commandants de compagnie. Il espère qne tous les individus de l'armée, aussi jaloux que lui de conserver leur réputation, redoubleront de zèle et d'activité pour exécuter les ordres donnés ^
Le général Kléber fait ses remerciements les plus sincères à tous ceux qui ont contribué au succès de la journée du 6. Une victoire remportée par quatre mille hommes sur une armée de vingt-cinq à trente mille hommes, prouve ce que peuvent l'audace et l'énergie. Si elle donne au général la plus grande confiance, elle doit convaincre le soldat qu'il est sûr de réussir toutes les fois qu'il voudra battre l'ennemi; et des Républicains doivent toujours le vouloir.
Après la lecture de l'ordre, les commandants de compagnie feront faire l'appel nominal dont le résultat sera remis au général demain à dix heures du matin, ainsi qu'un état exact de la situation des armes ; cet état étant absolument nécessaire depuis la rentrée des troupes de Mayence restées en arrière. Le général sévira contre ceux qui apporteraient quelque négligence à les lui remettre. Il invite les commandants des corps à faire des bons pour procurer trente-cinq cartouches à chaque homme et au moins deux pierres à fusil.
I. Il y a ici au Livre d'ordres quarante et une lignes raturées de telle façon qu'il a été impossible de les déchiffrer, même à la loupe.
L'armée ennemie poussant ses patrouilles près de nos postes, le général renouvelle, sous les peines les plus sévères, les défenses déjà si souvent et si infructueusement répétées de s'é(;arter du camp. Il promet de faire un exemple terrible de celui qui désobéirait à cet ordre.
Trois fois par jour on prendra les armes :
i*^ Le matin, à la diane, jusqu'au jour et au moment où les patrouilles envoyées à la découverte seront de retour. Les bataillons de droite en seront toujours prévenus et, par leur rentrée, ils feront connaître aux autres que le moment de la leur est arrivé.
2^ A rheure de midi, jusqu'à une heure.
Les chefs de bataillon profiteront de cette sortie pour instruire la troupe de ses devoirs et l'exercer dans le maniement des armes et les manœuvres.
3° Une demi-heure avant la nuit et jusqu'à la nuit close.
Dans ces trois sorties, les commandants de compagnie feront exactement faire l'appel, afin que le général puisse punir ceux que la lâcheté éloigne de leurs devoirs. Car, entourés d'ennemis comme nous le sommes, nous ne devons négliger aucun moyen de les vaincre ; et c'est par notre exactitude à remplir nos devoirs que nous en triompherons.
Aujourd'hui, à cinq heures, l'armée prendra les armes, on lira l'ordre à la tête de chaque compagnie et les chefs de bataillon seront personnellement responsables de son exécution.
Tous les individus de l'armée qui ont reçu des reconnaissances pour des bestiaux, pendant que l'armée était campée près de Remouillé, les rapporteront dans les vingt-quatre heures à l'état-major du général Haxo, au champ de foire, pour être revues ; sans quoi elles ne se-
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ront pas valables et les porteurs ne pourront être payés de ce qui leur a été promis.
Le général en chef par intérim, Kléber ^ Il n'y a point eu d'ordres les 9 et 10 octobre 1798 ^.
[Montaigu.^ Ordre du 1 1 octobre iyg3
Dans les circonstances flatteuses où nous nous trouvons, il faut prouver, avec toute l'énergie qui nous caractérise, l'amour qui nous anime pour le bien de la patrie et pour le bonheur prochain de la République une et indivisible.
En conséquence, le service doit être parfaitement surveillé. Je préviens mes frères d'armes que les appels se feront plus exactement que jamais, et toujours aux heures indiquées par les ordres antérieurs.
Personne ne peut dépasser les postes avancés sans s'exposer à perdre la confiance publique et à être puni comme déserteur. Les visites d'ofiiciers supérieurs se feront bien strictement, et toutes les fois qu'il y aura des motifs de plainte ou d'insubordination particulière, il m'en sera rendu compte sur-le-champ afin que j'y remédie ; mon intention étant de réprimer les abus s'il y en a, et de faire en tout lieu et en tout temps le bien de mes compagnons d'armes. Il est ordonné au citoyen commissaire des guerres, faisant les fonctions d'ordonnateur à la suite de l'armée, de faire tuer journellement des bœufs pour le
1. A la suite, et sous la même date, se trouve copié l'arrêté des représentants Merlin de Thionville, et Tui'reau, de la veille, portant la nomination de Kléber et reproduit par celui-ci dans ses Mémoires. (V. ci-dessus, p. 187-188.)
2. Léchelle, nommé au commandement en chef de l'armée, arrive à Montaigu dans la soirée du 8 octobre. Le 9, l'armée est passée en revue par son nouveau général et par les représentants du peuple.
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service de ladite armée, attendu qu'il est défendu à tout militaire de prendre, ailleurs qu'à la boucherie, la viande qui lui revient, d'après la loi, pour sa subsistance.
Tout le monde sait que la perte d'une armée peut souvent être occasionnée par un défaut de prévoyance d'une infinité de braves militaires, qui s'absentent sans précaution, pour satisfaire leurs petites fantaisies; et c'est précisément de cette manière que l'ennemi vous tombe dessus et vous bat. Camarades, je ne crains pas que cela nous arrive ; mais j'ai bien des raisons pour parler ce langage.
Soyez tranquilles, vous ne moisirez pas où vous êtes. Au premier moment, je vous mettrai dans le cas de montrer de nouveau votre courage. Je ne tends qu'à un prompt succès qui mette enfin un terme à vos fatigues. Mais, si vous le voulez fermement, tout sera bientôt fini.
Le général en chef, Léghelle.
Il n'y a rien de nouveau pour l'ordre du 12 octobre 179Q \
Montaigu. i^ octobre lygS
Il est ordonné au général Kléber de faire partir aujourd'hui six cents hommes d'infanterie et quinze chasseurs à j cheval au village de Saint-Denis, pour y saisir les Brigands qui, en petit nombre, empêchent les communes environnantes de se rendre à leurs devoirs.
I. L'ordre de marche du i3 octobre, donné par Kléber, p. 199-200 de ses Mémoires, n'a pas été rapporté ici, bien qu'il se trouve à sa date au Livre d'ordres.
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[Cholet.] Du i6 octobre lygS »
Toute l'armée passera au delà de Cholet et prendra une position au Bois-GroUeau sur les hauteurs, en prolongeant sa gauche jusqu'au château de la Treille.
La forêt de Cholet sera fouillée avec la plus grande attention ; le citoyen Targe sera chargé de cette opération. Il sera autorisé à prendre toutes les troupes qui seront nécessaires à cette expédition.
Il est ordonné à tous les généraux de division, de brigade, aux commandants de bataillon, de réunir avec soin leur bataillon, brigade et division. Il leur est également ordonné de fournir sans délai à l'état-major les états de situation.
Le général recommande à tous les officiers supérieurs l'exécution prompte de cet ordre sans lequel l'organisation de l'armée, si nécessaire, ne peut s'opérer. Chaque commandant de bataillon rendra compte à son officier supérieur de l'emplacement qu'occupe chaque bataillon et dont il sera fait note dans le rapport général.
Quand l'armée passera par Cholet, chaque chef sera à la tête de son peloton, chaque serre-file sera à sa place et les chefs de bataillon, sous leur responsabilité, donneront les ordres les plus sévères pour que personne ne sorte de son rang et n'entre dans les maisons.
Le général prévient qu'il tiendra la main à l'exécution de cet ordre.
Le pillage est défendu sous les peines les plus sévères. Le général annonce que la ville de Cholet est sous la sau-
I. Le i5, jour de l'occupation de Mortagne par l'armée républicaine et du combat de la Tremblaie, aucune mention ne figure au Livre d'ordres.
vegarde de la loi et que ceux qui contreviendront à cet ordre seront livrés à toute sa sévérité.
11 prévient également toute l'armée qu'il a donné des ordres et pris toutes les mesures pour procurer aux soldats de la République les subsistances nécessaires, et que déjà les habitants de Gholet offrent à l'armée du vin et tous les secours qui sont à leur disposition et qui vont être délivrés sur-le-champ. Il est ordonné à tous les officiers de l'état-major de se rendre toujours au quartier général, dès l'instant qu'il aura été fixé, afin que l'exécution des ordres n'éprouve aucun retard.
Tous les ordres particuliers, que nécessiteront les circonstances, seront adressés aux commandants des colonnes.
Il est également ordonné à tous les commandants de division ou de brigade d'envoyer sur-le-champ à l'étatmajor [l'indication de] leur demeure et le lieu de leur quartier général. Chaque commandant de corps et de bataillon en fera de même à l'égard de son chef de brigade.
L'ordre des distributions ne sera point interrompu, et les commissaires des guerres, sous leur responsabilité, donneront des ordres pour qu'elles ne subissent aucun retard.
[Nantes.] 2 g^ jour da premier mois (20 octobre 1793) i
Demain matin, la générale battra à cinq heures précises, à cinq heures et demie l'assemblée, à six heures moins un quart le rappel, et à six heures précises l'armée sera en marche.
I. Il n'y a rien au Livre d'ordres, du 16 au 20 octobre. Le 17, a lieu la bataille de Gholet; le 18, Kléber arrive à Beaupréau ; le 19, l'armée marche sur Nantes qu'elle traverse, le 20, pour aller s'établir au camp de Saint- Georges, sur la route d'Ancenis. (V. ci-dessus, p. aa6-a33.)
La division commandée par le général Vimeux marchera la première, celle commandée par le général Ghalbos marchera ensuite. Il est défendu sous les peines les plus sévères de laisser marcher avant la colonne aucune des voitures attachées à l'armée Elles la suivront en bon ordre, sur une seule ligne.
Les vaguemestres divisionnaires , de brigade et de bataillon seront personnellement responsables de cet ordre.
Il est défendu à toutes les personnes attachées aux officiers de l'armée et menant des chevaux en main, de marcher en avant et au centre de la colonne. Elles suivront la file des voitures, à la suite de l'armée.
Les généraux de division et de brigade veilleront à la stricte exécution de la loi qui défend à tous les officiers d'infanterie de faire leur service à cheval, en exceptant cependant les chefs des corps et les adjudants-majors.
La tête de la colonne se portera sur la route de Nantes à Ancenis. Le général Chalbos est prévenu que le général Westermann se portera avec deux cents hommes de cavalerie et quinze cents d'infanterie pris dans sa division, demain, sur Nort, et reviendra ensuite rejoindre la colonne à Oudon. Il est prévenu également que la légion, dite de Westermann, doit faire partie de cette expédition.
Demain matin, l'eau-de-vie sera distribuée avant le départ ; le pain sera également distribué pour un jour, en arrivant.
Le général de division La Ronde demeurera attaché à la division maintenant commandée par le général Vimeux. Ils commanderont cette division de concert.
Le général Kléber se rendra demain matin, à six heures précises, au camp, il organisera les divisions et met-
tra sur-le-champ la colonne en marche, à la tête de laquelle il sera.
Signé : Robert ï.
Oudon. Du i^^ du deuxième mois (22 octobre 1793)
Demain, la générale battra à sept heures et demie ; à huit heures très précises, le départ.
Le pain, la viande seront rendus demain au camp, à cinq heures précises ; les commandants des différents corps veilleront à ce que leur troupe prenne l'un et l'autre pour un jour.
L'eau-de-vie sera délivrée à raison d'une bouteille pour seize hommes ; le lieu de la distribution sera à la droite du camp, vis-à-vis le parc des voitures.
Le général de brigade Danican remplacera le général Marceau, pour le commandement de l'avant-garde.
Le citoyen Piet-Ghambelle 2, nommé par les représentants du peuple pour remplir les fonctions de commissaire ordonnateur, exercera ses fonctions dans cette armée. On s'adressera à lui pour les affaires de service
relatives à sa partie.
Signé : Marceau 3.
Le général Kléber mettra la colonne en marche à l'heure indiquée par l'ordre précédent ; les adjudants généraux, chargés des reconnaissances pour les positions de l'armée, les prendront à peu près à une lieue d'Ancenis, sur la route de Gandé.
1. Robert est chef de l'état-major de Léchelle, général en chef.
2. Piet-Chambelle était précédemment commissaire des guerres à Niort, au moment où Biron y commandait.
3. Marceau remplace, comme chef de l'état-major, Robert, demeuré à Nantes pour se remettre de la chute de cheval qu'il a faite à Beaupréau. (Cf. ci-dessus, p. 246.)
Le général Kléber voudra bien recommander la meilleure tenue dans la route, et faire sentir aux chefs de la colonne combien il est important que la surveillance la plus active mette les propriétés du citoyen à l'abri du pillage qui, sans doute, serait la suite du défaut d'ordre pendant la marche.
Le général en chef, Léghelle.
Au Château-Rouge i. Du i"^ du deuxième mois (22 octobre 1793)
Le camp sera établi sur la lande du Château-Rouge, et la droite, occupée par la première division de Mayence, s'appuiera au grand chemin d'Ancenis à Gandé ^, la gauche se prolongeant tout le long de ladite lande, et allant aboutir aux Montis 3.
L'avant-garde se prolongera en avant de la ligne cidessus désignée, et occupera la hauteur de la grande route.
La division de gauche fournira un fort poste au delà du village des Montis, sur le chemin qui conduit de ce village à Rennes, le chemin se dirigeant sur la gauche, et laissant le moulin à vent à droite. Il sera muni, s'il y a possibilité, d'une pièce de canon, pour appuyer ce poste.
On distraira trois bataillons de la ligne, pour en former un corps de réserve qui campera en arrière de cette ligne, dans une lande, à droite de la grande route.
Les équipages seront placés entre la ligne et le corps de réserve, dans ladite lande.
1. Moulins du Château-Rouge, commune de Mésanger (Loire-Inférieure), à cinq kilomètres au nord d'Ancenis, sur la route de Pouancé.