‹ Kléber en VendéeChapitre 84 sur 170 · I. M"' de la Corbière de Juvigné · texte numérisé non relu

I. M"' de la Corbière de Juvigné

Le commandant du i'^'" bataillon de grenadiers réunis remettra aussitôt que possible, à l'état-major du général Kléber, les états de ses besoins en habillement. Ceux du 62* régiment d'infanterie, du 2® bataillon de la République et du 11^ de la Haute-Saône, l'état d'armement de leurs bataillons. Ils feront en sorte que ces états soient rendus au Cheval Blanc à dix heures.

Le général de division, Kléber.

Angers. i3 brumaire an II (3 novembre 1793)

Le général de division Kléber voudra bien donner ses ordres pour que deux cent cinquante hommes d'infanterie soient rendus, demain matin, à sept heures, sur la place du Champ de Mars.

Le général de brigade,... Nouvion.

Le général Kléber ordonnera aux musiciens des corps qui composent sa division de se rendre demain, à dix heures du matin, rue des Filles-Dieu ^, chez le citoyen Hamon 2, où ils trouveront un maître de musique qui les

1. Hue des Filles-Dieu, dans le quartier de la Cité, entre le château et l'église cathédrale.

2. Le Livre d'ordres porte Hamon. On doit se demander s'il n'y a pas là une erreur du secrétaire chargé de la tenue de ce livre et si Ton ne doit pas lire VoiUemont, car on ne trouve à cette époque, à Angers, aucun professeur de musique ni aucun artiste nommé Hamon, tandis que Pierre VoiUemont y était très connu et fort apprécié comme musicien. Prêtre, directeur de la Maîtrise de la cathédrale d'Angers depuis 17:73, il avait prêté le serment et était devenu vicaire de Févèque constitutionnel. Dès lors, il fut l'organisateur de toutes les cérémonies publiques. Déjà, depuis 1989, il avait groupé des jeunes gens de bonne volonté et les avait constitués en corps de musique pour marcher avec la garde nationale et les volontaires. Le n octobre 1792, il adresse un appel « à tous ses camarades en général qui ont de la voix » et annonce qu' « il se fera un vrai plaisir de leur apprendre avec douceur et avec toute la patience possible à donner à l'hymne des Marseillais l'éclat le plus solennel. » Marié le 4 fi'i-

organisera pour être ensuite répartis dans les divisions, d'après Tordre des représentants du peuple.

Il se rendra demain, à neuf heures du matin, un adjudant général par brigade à l'état-major général de l'armée.

Le général de bjngade,... Nouvion.

Angers, i^ brumaire an II (4 novembre 1793)

Je vous prie, général, de vouloir bien nous envoyer la désignation précise ou, mieux encore, le nom de la prairie sur laquelle l'armée doit être rassemblée. Les adjudants généraux sont à l'état-major et attendent.

Signé : Nouvion.

Les bataillons composant l'avant-garde iront, l' aprèsdîner, au magasin des effets militaires et y recevront les effets dont ils ont besoin, dans la quantité et proportion qui leur sera indiquée. Il sera, à cet effet, remis à chaque commandant de corps les états circonstanciés des objets qu'il pourra faire délivrer pour son bataillon.

Tous les corps de chasseurs qui se trouvent dans l'armée feront partie de l'avant-garde légère commandée par le général de brigade Bouïn-Marigny. Ils seront immédiatement sous ses ordres. En conséquence, chaque commandant de corps de chasseurs s'adressera à lui pour tous les

maire an II (21 novembre 1793) à Andrée-Marguerite Roy, il devint commis dans la manufacture Joubert-Bonnaire, puis dans les bureaux de l'administration du département de Maine-et-Loire, sans cesser de diriger la célébration des fêtes décadaires, puis, un peu plus tard, les Te Deurn en l'honneur des victoires impériales. En i-jqj il fut chargé de nouveau par l'administration municipale d'Angers d'organiser une association musicale qui réunirait des amateurs et des professionnels. En i8o4 il apportait son aide nécessaire à la constitution d'une Société philharmonique dont il formait l'orchestre en grande partie avec ses musiciens de la garde nationale. Il est mort à Angers, le i""^ juin i8i4-

objets relatifs au service. La distribution se fera également, et de la même manière, pour l' avant-garde légère que pour l'autre.

Gomme, par le mode de réorganisation de l'armée •, il pourrait se trouver des officiers et sous-officiers de tout grade qvd excédassent le nombre ordinaire pour chaque bataillon, ils sont prévenus que, par l'arrêté des représentants du peuple qui approuve le mode de réorganisation proposé, ils sont conservés dans leurs droits tant pour l'avancement que pour la solde. En conséquence, ils jouiront des mêmes traitements qu'ils avaient avant la réorganisation et feront le service prescrit pour chaque grade à leur tour, qu'ils prendront parmi les autres officiers suivant leur ancienneté.

Ils sont prévenus que l'amalgame de divers bataillons, nécessité par les circonstances, n'est que provisoire, et pour être plus à même de présenter à l'ennemi un front plus redoutable. En conséquence, sous aucun prétexte, la comptabilité de chaque corps ne peut être confondue par le quartier-maître de chaque bataillon. Ils continueront d'exercer particulièrement leurs fonctions et les comptes tant particuliers que généraux relatifs à chaque bataillon seront rendus par eux.

Dans les bataillons où il y aura plusieurs drapeaux et où ils n'excéderont pas le nombre de deux, ils seront placés au centre de chaque bataillon.

D'après l'arrêté des représentants du peuple d'aujourd'hui, il est réservé aux généraux de division de nommer aux places de chef de bataillon, dans le cas seulement où il ne se trouverait point de chef de bataillon dans l'un des bataillons réunis. Cette nomination, seulement provisoire

I. L'amalgame des troupes de Mayence dans les autres corps de troupe, en vertu du décret du Comité de Salut public du 8 brumaire.

38o KLÉBER EN VENDÉE.

et dictée pour le bien du service, n'enlèverait en aucune manière le droit d'avancement de chacun de ceux qui pourraient prétendre à cette place, à la dissolution de la réunion de chaque bataillon.

Le général Bouïn-Marigny sera chargé de l'organisation de l'avant-garde légère;

Le général Marceau, de la première brigade de la première division;

Le général Ganuel, de celle de la deuxième brigade de la première division;

Le général Kléber surveillera l'organisation de cette distribution ;

Le général Chabot ^ sera chargé de l'organisation de la première brigade de la deuxième division ;

Le général Le Gros, de celle de la deuxième brigade de la deuxième division ;

Le général Millier surveillera cette organisation.

Il sera formé une division dite de réserve, qui sera aux ordres du général de division La Ronde.

Les troupes qui doivent composer cette réserve seront tirées de Châteaubriant et d' Aneenis.

Le général de brigade,... Nouvion.

I. Louis-Jean-François dit Jules Chabot, né à Niort, le i3 avril ijSj, gendarme de la garde en ij;;3, sous-lieutenant de grenadiers le 5 octobre 178a. Chef du I" bataillon de volontaires des Deux-Sèvres à la création ; capitaine au iS' régiment d'infanterie à l'armée du Nord, détaché pour l'organisation des bataillons dits de la formation d'Orléans. Chef du a^ bataillon de cette formation le 24 mai ijgS; général de brigade le 3o juillet suivant ; général de division le 29 avril 1794 ; sert dans l'Ouest jusqu'en 1796 ; passé à l'armée d'Italie ; obligé de capituler à Mantoue; renvoyé à l'armée d'Angleterre en 1798. Chargé ensuite de la défense de l'île de Corfou et contraint encore à une capitulation honorable. Renvoyé en Vendée, il contribue aux pacifications de 1800. Commandant de l'armée d'observation du Midi de 1800 à 1807; puis de celle de Catalogne de 1808 à i8i4; baron de l'Empire le 3o août 181 1, confirmé par ordonnance royale du 28 décembre 1816. Retraité le 24 décembre 1819. Grand officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis. Mort le 11 mars 1837.

KLÉBER EN VENDEE. 38l

L'avant-garde sera prête à partir au premier ordre.

La distribution des cartouches se fera demain matin, à sept heures, à l'arsenal. Il n'en sera délivré que sur les bons des commandants des corps, qui chargeront un officier d'assister à cette distribution.

Le pain et la viande seront distribués aux lieu et heure accoutumés, pour un jour.

Ceux des commandants de corps qui n'auront pas fait faire la distribution de l'habillement, la feront demain de très grand matin.

Les généraux de division voudront bien faire remettre demain, de bonne heure, la liste des adjudants généraux et adjoints qui sont sous leurs ordres, ces états étant indispensables pour l'organisation des divisions.

La distribution de la poudre n'aura lieu demain que

pour l'avant-garde légère et la première brigade faisant

l'avant-garde.

Le général de brigade,... Nouvion.

Angers. i5 brumaire an II (5 novembre 1798)

L'avant-garde légère et la brigade du général Marceau prendront, ce soir, à six heures, le pain pour un jour.

La brigade du général Ganuel et la division du général Millier prendront, demain matin, à sept heures, le pain et la viande pour deux jours.

L'avant-garde légère et la première brigade, commandées par le général Marceau, s'assembleront demain matin, à six heures, au Champ de Mars.

Il sera délivré , ce soir , deux cents petits bidons par bataillon ; l'avant-garde légère en recevra six cents.

La deuxième brigade de la deuxième division recevra, dans la journée de demain, les effets d'habillement et équipement qui lui sont nécessaires.

Le général de brigade,... Nouvion.

Angers. i6 brumaire an II (6 novembre 1793)

Dorénavant, tous les quartiers-maîtres officiers chargés du détail et autres ayant droit à la distribution de la viande prendront des bons imprimés, chez le directeur de cette partie des subsistances qui demeure rue Haute-du- Figuier, n^ 10 i. Les distributions ne seront faites que sur ces bons.

La deuxième brigade du général [Ganuel] se tiendra prête à marcher demain matin, à l'heure qui sera ordonnée.

Le général de brigade,... Nouvion.

Angers, ly brumaire an II (7 novembre 1793)

Il est ordonné à l'avant-garde légère, ainsi qu'à la première brigade de la première division, de conduire leur marche jusqu'à la Flèche, où les généraux commandant ces corps recevront de nouveaux ordres.

Le général de division, Kléber.

Le général en chef de l'armée de l'Ouest et autres officiers généraux soussignés, réunis en conseil de guerre en présence des représentants du peuple ;

I. La rue Haute-du-Figuier passait devant l'hôtel Pincé, près de la place du Ralliement ; elle a été absorbée par le percement de la rue Milton, aujourd'hui rue Lenepveu.

Considérant que d'après les rapports arrivés de Rennes et autres lieux, qui s'accordent à dire que l'armée des Rebelles s'est portée de Mayenne, par Ernée, sur Fougères, et qu'elle s'avance même vers Pontorson ; que leur masse paraît avoir suivi cette direction ;

Considérant aussi que par l'arrêté du conseil de guerre tenu à Rennes le i5 de ce mois, le général en chef de l'armée de l'Ouest est invité à diriger toutes ses forces par Ijaval, vers Fougères, pour concourir avec celles de l'armée des côtes de Brest ^ ;

L'ordre de marche a été arrêté ainsi qu'il suit : Art. I. — L'avant-garde aux ordres des généraux Marceau et Bouïn-Mariguy, qui est aujourd'hui à la Flèche, ira demain, i8, à Sablé, le 19, à Meslay, et le 20, à Laval.

La division aux ordres du général Kléber, qui est partie aujourd'hui pour Durtal, ira, demain 18, à Sablé, le 19, à Meslay, et le 20, à Laval.

La division aux ordres du général MùUer partira demain matin d'Angers et se rendra au Lion-d'Angers, le 19, à Château-Gontier, et le 20, à Laval.

La réserve partira demain après midi, ira coucher à la MembroUe, le 19, à Chàteau-Gontier, et le 20, à Laval.

La troupe stationnée à Sablé, aux ordres du général Danican, se réunira à la division du général Millier et se rendra avec elle à Laval.

Art. IL — La correspondance journalière avec l'armée des côtes de Brest sera établie ainsi qu'il est indiqué par l'arrêté du conseil de guerre de Rennes.

Art. III. — Copie du présent arrêté sera envoyée surit Voir ce document à sa date, dans la dernière partie du volume.

le-chanip au général en chef de l'armée des côtes de Brest et aux généraux Marceau, Kléber et Danican.

Signé : Bourboïte, L. Turreau, Francastel, i^eprésentants du peuple. Chalbos, général en chef; Muller, général de division ; Wesïermann, Dembarrère, Danican et Le Gros, généraux de brigade.

Pour copie conforme :

Signé : Nouvion.

La Flèche. i8 brumaire an II (8 novembre I793)

Il est ordonné au commandant de la cavalerie, qui a été cette nuit à Bazouges ^ de prendre les prisonniers qui sont à la Flèche, pour être restés en ville après le départ de l'armée, et de les conduire avec sa cavalerie à Sablé, \ où il les mettra en prison. Les armes seront conduites dans une voiture fournie par la municipalité de la Flèche et remises au général Marceau, auquel sera rendu compte du tout. Tous les traînards seront également conduits par le même détachement.

Le général divisionnaire, Kléber.

Sablé. i8 brumaire an II (8 novembre 1793)

La générale sera battue à sept heures, demain matin, j et la troupe se mettra en marche à huit heures, pour ' Meslay. Le général Bouïn-Marigny fera rester cinquante hommes à cheval commandés par deux officiers, qui ne

I. Bazouges-sur-le-Loir, commune du canton de la Flèche, sur la route d'Angers. A huit kilomètres ouest de la Flèche; six, est, de Durtal; neuf, 9ud-sud-est, de Sablé.

partiront que deux heures après le départ de Tarmée. Ils feront des patrouilles dans la ville, pour faire évacuer toutes les maisons où l'on donne à boire ; sil s'y trouve quelque officier ou sous- officier, ils les désarmeront et les conduiront en prison. Ce détachement de cavalerie fera l'arrière-garde de l'armée et ramassera sur sa route tous les traînards qu'il fera rejoindre ; les mutins seront désarmés et conduits en prison en arrivant à Meslay.

Le général Marceau préviendra le général Kléber du compte que lui aura rendu l'officier de gendarmerie chargé de conduire à Sablé les prisonniers arrêtés cette nuit à Bazouges et ce matin à la Flèche.

Le général de division, Kléber.

Sablé. IQ brumaire an II (9 novembre 1793)

N'ayant pas été instruit que la brigade du général Bouïn-Marigny était à près de deux lieues d'ici, il avait été mis à l'ordre d'hier que les cinquante hommes à cheval de l'arrière-garde seraient fournis par cette brigade. Mais comme cette mesure devient, par la raison de l'éloignement, contraire au bien du service, il sera fourni, pour former cette arrière garde, vingt-cinq hommes à cheval de la brigade du général Ganuel et vingt-cinq de la brigade du général Marceau, qui se conformeront à

l'ordre d'hier soir.

L'adjudant général, Damas.

Demain matin, la générale battra à sept heures, afin que la dernière brigade puisse être en marche au plus tard à neuf heures.

Les troupes s'assembleront toujours sur la grande route, dans la direction du nouveau logement. Les têtes de la

seconde et de la troisième brigade se mettront en marche aussitôt que la queue de celles qui les précèdent auront défilé.

La discipline des troupes est le plus sûr garant de la victoire, il est de la plus haute importance de réprimer l'extrême désordre qui existe dans la marche et les cantonnements de l'armée. Les oî'ficiers, qui ne contribueront pas de leur exemple et de tous leurs soins à rétablir cette discipline, seront responsables de la durée de la guerre civile que leur indolence coupable fait prolonger et dont les maux pèsent sur toute la République.

Une heure avant le départ de la troupe, les généraux de brigade feront assembler chez eux les commandants et les adjudants-majors de chaque corps sous leurs ordres. Ils se trouveront les premiers sur le lieu du rassemblement, pour établir l'ordre de marche et donner aux soldats l'exemple de la subordination. Les adjudants généraux de chaque brigade s'y trouveront avec un détachement de cavalerie, pour faire joindre tous les traînards et connaître les officiers et commandants de corps qui manqueraient à cet ordre.

Quand des corps seront canlonnés dans un endroit hors du reste de leur brigade, les commandants auront soin d'envoyer des ordonnances an centre du cantonnement, lieu où est ordinairement le quartier général, pour faire prendre les vivres de leurs troupes. S'il y a trop loin, on y enverra un fourrier seul, par corps, avec une voiture que l'un d'eux prendra à la municipalité du lieu où l'on sera, ou chez quelque habitant du pays.

Les généraux de brigade ordonneront toujours de distribuer les vivres pour deux jours; ils observeront avec soin les jours de distribution pour apprécier avec justice les réclamations si multipliées des soldats, et n'en écoute-

ront aucune, qu'on ne l'ait portée d'abord au commissaire des guerres, qui aurait refusé d'y faire droit. La loi défendant expressément à tout officier d'infanterie de faire conduire ses chevaux par des soldats, les généraux de brigade sont autorisés à saisir, au profit de la République, pour servir aux remontes, ou à faire tuer tous les chevaux qui seraient dans ce cas.

Il n'y aura que deux femmes qui suivront chaque bataillon. On exécutera rigoureusement la loi qui défend à un plus grand nombre de suivre la troupe, ainsi que celle qui défend, sous les peines les plus sévères, de prendre d'autres habillements que ceux de son sexe. En conséquence, on fera quitter les habits d'homme à toutes celles qui seront vêtues de l'uniforme national et leurs habits seront pour les besoins des bataillons qu'elles suivaient.

[Laval.] 21 brumaire an II (ii novembre 1793)

Les commandants des bataillons remettront aux généraux de brigade l'état des caisses de tambour dont ils ont besoin, afin que trente et une, qui arriveront incessamment, soient distribuées par égale portion dans chacun des bataillons.

Ils ordonneront que, dorénavant, tous les hommes qui iront aux hôpitaux, n'emporteront pas avec eux leurs fusils et que ceux-ci soient remis à ceux qui sont sans armes.

Les bataillons ou compagnies qui n'ont pas reçu à Angers la totalité des effets dont ils avaient besoin, remettront un nouvel état pour qu'il soit pourvu au remplacement de ceux qui leur sont nécessaires.

Les généraux de division et le commandant de la réserve se feront donner de suite un nouvel état des troupes

qui sont sous leurs ordres et en feront remettre le relevé au bureau de l'état-major général.

Le général de brigade,... Nouvion.

La distribution du pain se fera aussitôt qu'il sera arrivé ; l'heure et le lieu seront indiqués.

Les généraux de division voudront bien faire connaître aux troupes qui composent leur division, le lieu où elles devront s'assembler, dans le cas où la générale battrait.

L'ordre d'aller aux distributions, en règle, est renouvelé.

Le général de brigade,... Nouvion.

Laval. 22 brumaire an II (12 novembre 1793)

L'avaut-garde légère, commandée par le général Bouïn- Marigny, prendra le pain sur-le-champ, ainsi que la division du général MùUer, à raison d'une demi-ration par chaque homme.

La division du général Kléber et la réserve, à raison d'une ration par chaque homme. Les deux dernières troupes dénommées ne prendront le pain que lorsque les premières seront servies. En arrivant à Vitré, celles-ci recevront une autre demi-ration.

Il sera tenu compte, soit en nature, soit en argent, du pain que la troupe n'aura pas reçu.

L'avant-garde légère et la division de Mûller partiront à sept heures du matin. Le reste de l'armée, à huit heures. La troupe marchera en bon ordre. Les ofliciers généraux et autres seront à leur place.

Elle s'assemblera sur la route de Vitré, la droite appuyée au jardin entouré d'un mur blanc.

Le citoyen Nattes, adjudant général, sera présent à la

KLÉBER EN VENDÉE. SSq

distribution du pain et veillera à ce qu'elle soit faite avec ordre. Il rendra compte au général en chef des officiers qui se seraient dispensés de s'y trouver.

Un adjudant général par brigade ira d'avance à Vitré, y marquer le logement. Ils s'entendront ensemble, pour que le logement de chacune d'elles soit le plus rapproché que faire se pourra.

La viande sera distribuée pour un jour en arrivant à

Vitré.

Le général de brigade,... Nouvion.

Vitré. 22 brumaire an II (12 novembre 1793)

Il sera envoyé une ordonnance à cheval, par brigade, une de la brigade et une autre de l'avant-garde légère, chez le général Ghalbos, logé à l'hôtel de l'Angle, rue Mesriais. Ces ordonnances devront connaître le logement des généraux de brigade et de division.

Les corps qui n'ont reçu ce matin qu'une demi-ration de pain iront prendre la demi-ration qui leur revient.

On indiquera demain l'heure de la distribution pour toute l'armée.

L'adjudant général Abadie ^ se trouvera ce soir à la

I. Jean-Melchior d'Abadie, né à Castelnau-de-Magnoux (Hautes-Pyrénées) le 6 février 1748; lieutenant du génie en 1768; reçu ingénieur le 1" janvier 1770; capitaine le i" janvier 1777; embarqué en 1781 pour les Iles sous le Vent. Il fit trois campagnes de guerre en Amérique, 1781-1783. Elu député suppléant de la noblesse des Quatre-Vallées entre la Bigorre et le comté de Foix, aux États généraux de 178g. Il siégea à partir du 3o août suivant, en remplacement du vicomte de Ségur, démissionnaire. Après la session, il reprit du service actif; en 1792, il fut attaché à l'armée de la Moselle, puis au camp sous Paris, d'où il fut envoyé, le 29 mars 1793, à l'armée de l'Ouest. C'est lui qui organisa les fortifications de fortune à l'aide desquelles on essaya de défendre Saumur, le 9 juin, contre l'armée Vendéenne. Pendant la bataille, il commandait une batterie de position de six pièces; il eut un cheval tué sous lui. Adjudant général chef de bataillon, il fut chargé des travaux du génie et de la mise en défense

SgO KLÉBER EN VENDÉE.

distribution du pain, après l'arrivée de la troupe à laquelle il revient.

Le général de brigade,,.. Nouvion.

Vitré. 23 brumaire an 11 (i3 novembre I793)

La générale battra demain à six heures, la troupe se mettra en marche à sept. La division de MùUer formée et partie, le général MûUer pourra se rendre de sa personne à Rennes, pour vaquer à ses affaires, jusqu'à l'arrivée de sa division.

Le général commandant en chef provisoirement V armée de V Ouest, Ghalbos.

La générale battra demain matin à six heures. L'armée se mettra en marche à sept et s'assemblera sur la grande route de Rennes.

L'avant-garde légère ira loger à Cesson i, ou plus loin s'il est possible.

de Rennes ; confirmé dans son grade de chef de bataillon le 36 frimaire an II (6 novembre 1793), il est envoyé au camp sous Maubeuge, puis à Calais et enfin à Nieuport, qu'il est chargé de fortifier; chef de brigade le 28 ventôse an IV (18 mars 17941. il est nommé directeur du casernement de la place de Paris ; directeur des fortifications au ministère de la guerre, le 14 thermidor an VII (2 août 1800). Membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII (n décembre i8o3); directeur du génie à l'armée du Nord en i8o5 ; général de brigade le 8 mars 1807 ; envoyé en Espagne ; baron de l'empire le 17 mai 1810; fait prisonnier à Baylen, il est chargé, après sa mise en liberté, de fortifier l'île d'Aix ; chevalier de Saint-Louis en 1814, puis commandeur de la Légion d'honneur le 23 août 1814. Commandant le génie du corps d'armée du général Lamarque et inspecteur général de son arme pendant les Cent-Jours. Retraité comme maréchal de camp le 6 octobre i8i5. Mort à Paris le 8 mars 1820.

I. Cesson, commune du canton de Rennes, sur la rive droite de la Vilaine. Les hauteurs de Brais et de Prince-Roche qui l'avoisinent forment des positions d'une certaine importance dominant la route de Paris, la ville de Rennes et les bois environnants. A six kilomètres est de Rennes et quinze, ouest, de Ghâteaubourg.

KLÉBER EN VENDÉE. SqI

La brigade du général Marceau, à Noyai, et plus loin si elle peut.

Celle du général Canuel au même lieu.

La division du général Mûller à Saint-Melaine et Ghâteaubourg i.

La réserve à Saint-Jean ^.

Le pain et la viande seront distribués pour un jour, à l'arrivée à chaque cantonnement.

L'adjudant général chargé du logement général ne pouvant le faire demain, attendu la dispersion de l'armée, les généraux enverront un adjudant général pour faire le logement dans les lieux où leur troupe doit loger.

Le général de brigade,... Nouvion.

Rennes. 25 brumaire an II (i5 novembre I793) 3

L'armée ne partira pas demain. La distribution du pain et de la viande se fera à sept heures du matin. L'heure de la distribution des souliers sera indiquée demain matin.

Les commandants de bataillon qui n'ont pas eu de fusils enverront demain matin en prendre.

Le général de brigade,... Nouvion.

Rennes. 26 brumaire an II (16 novembre 1793)

Les représentants du peuple, délégués parla Convention nationale près de l'armée de l'Ouest, chargent les généraux d'annoncer à l'armée une récompense de cent mille

I, Ghâteaubourg, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Vitré ; à vingt et un kilomètres est de Rennes.

a. Saint-Jean-sur-Vilaine (cf. ci-dessus, p. 270, note a).

3. Il n'y a pas d'ordre le a4 brumaire (14 novembre), l'armée exécute sa marche de Vitré sur Rennes.

livres à celui qui leur apportera la tête de La Rochejaquelein ou celle de Charette et Stofïlet, tous trois chefs des Brigands. Pour copie conforme : Nouvion.

La générale battra à trois heures après midi, toute l'armée de l'Ouest s'assemblera sur la route d'Antrain. Les généraux de division enverront à l'avance marquer le bivouac près Saint- Aubin-d'Aubigné, lequel sera indiqué par le général Bouïn-Marigny, chargé de reconnaître le lieu où il pourra s'établir, devant partir d'avance avec l'avant-garde légère.

Les représentants du peuple s'occupent dans ce moment à pourvoir aux besoins qu'ont les volontaires de souliers, et il leur en sera délivré au moment du départ.

Les commandants de bataillon ne tarderont pas un instant à faire prendre dans l'arsenal les armes dont ils ont besoin. Les officiers mettront la plus grande activité à faire rassembler leurs troupes.

Le général de brigade,.., Nouvion.

Antrain. 28 brumaire an II (18 novembre 1793)

Le général en chef ordonne que cent hommes d'infanterie et deux ordonnances de cavalerie seront envoyés sur-le-champ pour garder le pont de Romazi.

La brigade du général Marceau fournira ce détache-

"^^^*- Signé : Nouvion.

Antrain. 3o brumaire an II (20 novembre 1793)

L'avant-garde du général Chamberting sera mise à la disposition du général Marceau, lequel emploiera vingt-

KLÉBER EN VENDÉE. SqS

cinq hommes de sa cavalerie à fournir une grand'garde sur la route de Dol et un autre détachement destiné au service du poste de la Roche i. Ces détachements seront sous les ordres du général MùUer.

La brigade de l'adjudant général Amey sera également sous les ordres du général MùUer, pour occuper la position du pont de la route de Pontorson.

La brigade du général Ganuel s'établira entre la gauche du général Marceau et la droite de celle du général Le Gros.

La brigade du général Klingler sera placée sur la hauteur entre la brigade du général Amey et celle du général Le Gros. Ce dernier reprendra son bataillon étant au pont.

Les bataillons se placeront sur les hauteurs et s'y garderont militairement.

Le général Millier donnera ordre aux adjudants généraux de sa division de placer les troupes sur-le-champ suivant l'ordre donné ci-dessus.

Le chef de bataillon Vérine se concertera avec le commandant de l'artillerie pour la disposition des pièces pour la défense des ponts sur les routes de Dol et de Pontorson.

Signé : Nouvion.

Antrain. i^^ frimaire an II (21 novembre 1793)

Le général Ganuel occupera le pont sur la route de Dol, avec moitié de sa brigade, l'autre moitié occupera le pont sur le chemin de Pontorson. Il y aura des postes intermé-

I. La Roche, village, commune de la Fontenelle, canton d'Antrain (Illeet-Viiaine), sur une hauteur dominant la rive gauche du Gouesnon ; à deux kilomètres nord-nord-ouest d'Antrain.

diaires pour communiquer avec ces deux postes. Il fera garder le gué près du moulin.

La brigade de Ghamberting, dès son arrivée, prendra la position qu'avait la brigade de Marceau. Il y aura une grand'garde sur la route d'Avranches, près du ruisseau i. Ghamberting se gardera sur ses flancs, sur son front et sur son derrière militairement, en se faisant éclairer par de fréquentes patrouilles.

La grand'garde de cavalerie sera établie au delà du ruisseau, également sur la route d'Avranches, à la jonction du chemin qui va de cette route à Saint-Ouen ^. Gette grand'garde poussera des patrouilles jusqu'à une lieue de son poste.

Le général Damas, assisté par l'adjudant général Nattes et de ses adjoints, s'occupera d'établir le plus tôt possible les troupes ci-dessus dans les différentes positions. Les troupes qui se sont retirées sur Antrain, venant de Pontorson 3, feront le service de la ville et seront de réserve. Elles se tiendront toujours prêtes à marcher. Elles seront sous les halles ; elles fourniront une garde d'honneur et un sergent chez les représentants du peuple, une de pareil nombre chez le général en chef et une de quatre hommes et un caporal chez le général Kléber.

Il sera envoyé un sergent et un caporal, par brigade, chez le général en chef et autant chez le général Kléber. Ges ordonnances devront connaître le logement des officiers généraux.

L'artillerie du parc sera envoyée à Rennes, à réception

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