‹ KokousaiChapitre 11 sur 62 · XXI Y · texte numérisé non relu

XXI Y

En 1814, paraît une illustration d’IIokousaï qui mérite d’être signalée à part, et décrite pièce par pièce. C’est le Shashin gwafoii. Etudes d’après nature (1), publié en 1814, avec une préface de Hirata, sans nom d’éditeur, ce qui ferait supposer, qu’il a été dessiné et gravé en couleur pour une société d’amateurs. Un livre composé de quinze planches, où Hokousaï donne quinze échantillons divers de son talent multiple, au moment de sa plus grande puissance, dans les légères et délicates colorations des sourimonos : un livre dont les beaux exemplaires complets sont de la plus grande rareté, et se vendraient on vente de douze cents à deux mille francs.

1. Hotei fumant. Le dessin caricatural du dieu de l'enfance, au triple menton, au ventre bedonnant, ramassé à terre, la tête renversée dans la jubilation de la fumerie d’une longue pipe.

IL Contemplation de deux papillons par un Japonais. Un disciple du philosophe chinois

(1) Sha : — copier; shin : — vérité ; gwa : — dessin; fou : — album.

IlOKOUSAl.

Sôshû, son évcnlail tombé à terre, près d’un bol de saké vide, les deux coudes sur un escabeau, et les deux mains croisées sous le menton , suit des yeux le vol de deux papillons, dans une rêverie qui lui fait regarder la vie humaine, comme la vie éphémère de ces insectes d’un jour.

III. Un peintre de tori-i. Un homme, la tète en bas, une brosse dans une main, une écuellc pleine de noir dans l’autre, enduit de couleur la base d’un pilastre, le corps plié en deux, les reins cassés dans une dislocation toute-puissante.

Ces deux dessins, le philosophe et le peintre de tori-i , ont une parenté extraordinaire avec le beau faire brutal de Daumier, et avec ses indications à la fois vigoureuses et comiques du muscle, dans ses anatomies.

IV. La déesse Kwannon sur un dragon. Cette déesse, dont les prières ont pour but de faire arriver à la rive des bienheureux, les âmes pécheresses retenues de l’autre côté du lleuve, est représentée dans une glorieuse image, avec la sérénité bouddhique de son visage, se détachant d’un nimbe d’or pâle, et toute volante dans sa robe d’un rose mourant, éparpillée sur la nuit du fond.

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