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IV. Un Japonais qui traverse un pont, portant

sur l’épaule une perche, aux bouts de laquelle sont attachés deux bouquets de la plante, qui remplace au Japon le papier de verre. Les grands arbres du haut du paysage, éclairés par la lune, dans une fin de jour crépusculaire, sont d’une tonalité verte indicible, d’un vert tendrement assoupi, sur les hachures ombrées des roseaux de la rivière.

V. Sous un immense pin, au bord de la mer, au-dessus de rochers rouges ayant la forme accidentée de congélations, adossé à la balustrade d’une haute terrasse, dans un élégant mouvement de retournement de la tête en arrière, un homme contemple le ciel, où brille la lune.

C’est le poète japonais Nakamaro, devenu ministre en Chine, qui a fait, en sa nouvelle patrie, un poème où il dit, que lorsque son âme se promène dans le ciel, et qu’il voit cette lune, qu’il a vue aux flancs de la montagne de Mikasa, près de Kasouga, cette lune le console, lui fait oublier les misères de l’existence, lui rappelle son Japon, — une pièce qui fut cause de sa disgrâce, parle témoignage qu’elle apportait de son attachement pour son ancienne patrie.

VI. Un épisode de l’histoire de la Chine : un homme monté sur un arbre, une porte que deux

H0K0USAÏ.

soldats chinois sont en train d’ouvrir, près d’un coq qui chante sur un toit. Voici l’explication de l’estampe. Un prince, après une défaite, au moment d’être fait prisonnier dans un pays étranger, a pu arriver, poursuivi de très près, à la porte de la frontière. Mais il fait encore nuit, et la barrière ne s’ouvre qu’à l’heure, où les coqs chantent, lorsqu’un fidèle du prince a l’idée de monter sur un arbre, d’imiter le chant du coq, que reprennent tous les coqs de l’endroit, et la porte s’ouvre.

VII. Un poète japonais se dirigeant dans la campagne, vers une montagne à la cime d’un fauve volcanique.

VIII. Un poète japonais des vieux siècles, dans sa robe jaune, tenant sur son épaule l’éventail aux palettes de bois, en usage avant l’invention du papier, sous le bleu limpide d’un ciel, où se voit le premier croissant de la lune au dessus d’une bonzerie. Au-dessous du poète, des branches d’arbres, toutes remplies d’oiseaux roses.

IX. Un bord de rivière, où une femme à la clarté de la lune, blanchit avec son garçonnet, de la toile, à grands coups de battoir.

C’est l’illustration d’une poésie de Narihira, sur le désespoir d’une femme, quittée par son

mari, et dont le battement désolé, sous cette lune, que contemplait à la même heure, dans un autre pays, son mari, lui était apporté, comme un cri du cœur de sa femme.

X. Un paysage couvert de neige, où un poète chinois, monté sur un cheval rouge, se détache sur le blanc de la terre, sur le bleu pâle du ciel.

Ces années, c’est le temps des plus belles, des plus colorées impressions, paraissant en feuilles séparées.

Signalons, en première ligne, la suite de ces cinq planches (H. 37, L. 17) à la signature d ’ H okonsaï I-itsou .

Un faucon sur son perchoir, au milieu de la floraison de pruniers : une impression à la belle tourmente du trait, au fier contournement de la tête de l’oiseau de proie.

Trois tortues, dont l’une nage en pleine lumière, et se voit, comme dans la clarté cristalline d’un aquarium.

Deux carpes : l’une remontant le rapide d’une cascade, l’autre en sortant.

Deux grues dans la neige, où le pourpre de la tête et le rose des ailes se détachent du triste neutralteinte d’un ciel neigeux. Une merveilleuse impression, dont il n’y a à Paris que trois ou quatre épreuves, parmi lesquelles une épreuve admirable est dans la collection Manzi : une épreuve qui vient de la collection Wakaï, et qui, hélas ! comme toutes les épreuves qui viennent de cette collection, font mépriser les autres ; une épreuve où le vert des bouquets d’aiguilles des sapins, le brumeux du ciel, le blanc de la neige, le doux rose et le doux bleu des ailes des grues sont rendus dans une harmonie, qtie nulle impression d’aucun pays au monde, n’a jamais pu attraper, — et n’a jamais pu, à la fois, en donner le détachement et lafonte.

De cette série, ferait encore partie l'impression de deux chevaux et d’un poulain, d’une furie, d’un emportement, d’un mors aux dents du dessin, si extraordinaire, et la plus rare des cinq impressions, faisant partie de la collection de M. Ve ver.

Une autre suite, dont on ne connaîtrait que deux planches (H. 50, L. 28), et qui semble une série des Mois de l’année, à deux planches, que j’ai rencontrées seulement dans la collection Hayashi.

l’art japonais.

Le premier mois. Deux femmes passant devant un temple, suivies d’un serviteur portant un enfant.

• Le dixième mois. Un balayeur tendant un gâteau à un singe, que regarde un enfant.

Une autre suite de dix grandes planches (H. 26, L. 38), représentant des fleurs signées : Hokousaï I-itsou .

Des fleurs violettes. — Des camélias rouges. — Des volubilis. — Des pivoines. — Des chrysanthèmes. — Des fleurs étoilées. — Des iris. — Des hortensia. — Des datura. — Des pavots.

Les Chrysanthèmes, les Iris, et les Pivoines, sous un coup de vent, dans lequel vole un papillon, les ailes retournées : des planches admirables par le style apporté à la fleur, par les Japonais seuls !

Il existe encore une série de dix autres planches de fleurs, d’un format plus petit.

Parmi les planches isolées, citons encore :

Une série de petits paysages, dont il y a neuf planches dans la collection de M. Vever, signées I-itsou , précédemment Hokousaï , d’une perfection d’exécution merveilleuse, et parmi lesquelles la représentation d’une pêche, par une nuit noire étoilée, est un petit chef-d’œuvre.

Une déesse Kwannon, montée sur un élé-

phant blanc, avec dans des cartouches, un sanglier, un coq, des petits chiens; une impression qui pourrait bien faire partie d’une suite encore inconnue.

Le lac Souwa pendant l’hiver, et que des piétons et des gens à cheval traversent sur la glace.

Matsoushima, une baie semée de rochers couverts de pins, un des sites les plus pittoresques du Japon.

Une carpe dressée toute droite, traversant dans l’eau des courants de lumière.

Un roseau avec des fleurettes.

Des pivoines rouges, au milieu desquelles est une pivoine blanche, joliment gaufrée.

Enfin, dans une impression en couleur de la collection Bing (H. 45, L. 60), la plus grande impression en couleur que l’on connaisse, et que le propriétaire regarde comme unique, une poule, ses poussins, et le plus ornemental des coqs, à la queue en faucille.

Citons encore six pièces capitales faisant partie de la collection Vever.

La première, un diptyque reproduisant un épisode de la métamorphose du renard à neuf queues, en Impératrice du Japon, signée : Hokousaï (vers 1800).

l'art JAPONAIS.

La seconde, une très grande pièce d'un format tout à fait extraordinaire (H. 40, L. 51), dans la facture large et libre des sourimonos de Kiôto, représentant la danse de nô , où figurent deux hommes, et une femme qui joue du tambourin. Signé : Hokonsaï , fou de dessin .

Enfin, une troisième impression, une merveille. Une des planches les plus mouvementées du maître, dans le coloriage le plus délicatement harmonique, une planche en forme de kakémono (H. 64, L. 14). C'est un groupe de danseurs de la rue, présenté d'une façon pyramidale, et que surplombe en haut, un danseur faisant de la musique avec son éventail contre le manche de son parasol ouvert, se continuant dans la gesticulation forcenée de quatre hommes, vus de dos et de face, et se terminant en bas, par deux femmes, dont l'une, les deux bras jetés derrière elle, avec un retournement de la tête en arrière, offre la plus belle attitude mimodramatique. Signé : Hokousaï , fou de dessin .

Tout en publiant ces planches séparées, Hokousaï a continué, depuis 1804, à publier de

nombreux sourimonos, dont nous donnons un catalogue bien incomplet, mais en signalant les plus beaux, les plus importants, les plus originaux.

Une série des Poétesses de six planches.

Une série des Cinq Eléments.

Une série appelée Ténjin , du nom d'un Kami, où une mère élevant, avec des bras de tendresse, un enfant au-dessus de sa tête, lui fait cueillir des fleurs de prunier.

Une série : les Distractions au Printemps, série d’un format un peu plus grand que le format ordinaire des séries de femmes, et du faire le plus raffiné.

Cette année étant l'année du bœuf, des représentations de toute sorte de cet animal, comme un rocher qui en a la forme.

Parmi les grandes planches :

L’enlrée d’un temple, où, à la porte, un homme offre de l'eau aux fidèles, pour faire leurs ablutions.

Un marchand forain présentant, sur le seuil d'une habitation, des objets de toilette à des femmes.

La fête des poupées, avec une nombreuse exposition sur un dressoir de ces figurines en carton, et au milieu desquelles, est dressé un taï pour la collation.

Une série de septcourtisanes, parmi lesquelles l’une d’elle, jouant du schamisén, est du plus heureux mouvement.

Une série intitulée : les Différents Pays, pays imaginaires, dont une estampe vous montre: le Royaume des Femmes , où un certain jour de l’année, sous l’influence d’un vent d’Ouest, les femmes deviennent enceintes, — et toutes sont tournées vers le souffle de ce vent.

Et, comme cette année 1806, est l’année du tigre, il y a des femmes qui portent des robes brodées de tigres.

Parmi les grandes planches :

Les sept dieux de l’Olympe japonais, sous la peau d’un immense lion de Corée, dont ils font les mouvements.

Le paysage de l’autre côté de la Soumida, et où se voit le temple d’Asakousa.

Un bateau chargé de barriques de saké.

Deux enfants qui luttent.

Deux amoureux étendus l’un à côté de l’autre, la femme fumant une pipette.

Des natures mortes : deux poissons attachés à une tige de bambou ; un masque en carton, la face et le revers.

Un très petit nombre de sourimonos, parmi lesquels une grande planche représentant un écran, un bol, une épingle à cheveux sur un plateau de laque.

De petits sourimonos, où sont des poissons, des coquilles, des plumes de faucon pour épousseter des choses délicate.

Parmi les grandes planches :

La confection d’un étendard, dont la devise est en blanc sur fond bleu, et laquelle travaillent six femmes, dans de jolies poses : un étendard qui va être offert à Yénoshima, au temple de la déesse Bénten.

Quelques petites natures mortes, entre autres un sourimono représentant des bâtons d’encre de Chine et une boîte à cachet.

Une nature morte représentant une coupe et un présentoir en laque.

Okamé lisant une lettre.

Kintoki jouant avec des animaux.

Des femmes habillées d’étoffes à damier; le damier étant à la mode cette année.

Une dame de la noblesse, accompagnée d’une suivante, passant devant une grille, où sont affichés des programmes de concert.

(1) Les années non inscrites, sont des années, où Ton ne connaît pas de sourimonos.

Deux planches d’un format carré, qui va devenir le format habituel des sourimonos.

IIOKOUSAÏ.

Daïkokou se promenant au bord d’une rivière, peuplée de lézards fantastiques.

Réapparition de nombreux sourimonos, dont la production était devenue assez rare dans les années précédentes, et sourimonos, où, chose curieuse, apparaît l’influence de Gakoutei et de Hokkei, les deux élèves supérieurs de Hokousaï.

Une série de monuments roulants de fêtes, qu’on traîne dans les rues.

Une série de cinq poétesses.

Une série intitulée : Comparaison de la force

DESJïÉROS DE LA CHINE ET Dü JAPON.

Parmi les planches détachées : une jeune fille en train de tirer une épreuve près d’un graveur entaillant une planche ; un Japonais tenant contre lui, posée sur une table de go, une élégante poupée japonaise, aux colorations merveilleuses, se détachant d'un fond d’or

l’art japonais.

harmonieusement vert-de-grisée. Et nombre de natures mortes, comme un bol de laque noire et une boîte de baguettes à manger; comme une grande planche, où sont groupés un barillet de saké, une jonchée d'iris et de chrysanthèmes, un panier d’oranges, — un sourimono, exécuté pour un banquet donné à un lettré.

Une série intitulée : les Frères des sujets guerriers de la Chine et du Japon; une série rappelant les ressemblances entre les faits héroïques de l’un et de l’autre pays.

Une grande série de métiers, dont on ne sait pas le nombre.

Une série d’industries des bords de la mer.

Des natures mortes, parmi lesquelles une série de coquilles.

Une feuille isolée représentant un grand serpent blanc, ce serpent porte-bonheur, qu’on dit être l’annonce d’un événement heureux, pour celui qui a la chance de l’apercevoir.

Une impression curieuse. Deux énormes perles jetant comme des rayons, deux perles

HOKOUSAl.

apportées à la reine Jingô, par la déesse de l'Océan,’ sortie de son palais du Dragon : des perles qui avaient le pouvoir de faire baisser la marée, et qui lui ont permis de s’emparer de la Corée.

Une série de quatre planches intitulée : Quatre natures, parmi lesquelles un dessin de corbeau d'un grand caractère.

Et comme cette année, où au bout de dix ans, est revenu le cheval dans le calendrier japonais, ce retour a incité Hokousaï à faire une de ses séries les plus parfaites. Cette série en l’honneur du cheval, où dans l'association des bibelots les plus divers, un objet comme un mors, une selle, rappelle le cheval, porte la marque d'une petite gourde imprimée en rouge. Et ce rappel du cheval va jusqu’à faire représenter à Hokousaï la rue des Etriers, où l'on vend des images, le quai des Ecuries, où sauf le nom, le cheval n'a rien à faire.

Une série d'acteurs de cinq planches, d'acteurs à l’imitation de Toyokouni, et qu’Hokousaï signe : I-itsou, le vieillard de Katsoushika faisant la singerie d’imiter les autres .

l’art japonais.

Deux grues au bord de la mer.

La princesse Tamamo-no-mahé, le renard à neuf queues métamorphosé en femme, et dont les neuf queues sont figurées par le gaufrage de l’impression, dans la traîne de sa robe.

Une femme à cheval sur un bœuf.

Un pêcheur au bord de la mer, la pipette à la bouche, une ligne entre ses jambes croisées l’une sur l’autre. Hayashi, dans ce vieillard chauve, au nez retroussé, àla bouche railleuse, à la physionomie d’un Kalmouck ironique, serait disposé à voir un portrait d’Hokousaï. Et il serait amené à cette hypothèse par la légende de la planche, qui est celle-ci : Quelle nouvelle chose que cle voir pousser la jeune mariée (le nom d’une espèce de salade de là-

riOKOusAï.

bas) dans le sable de la plage. Or, cette impression en couleur est faite pour le Jour de l’An, de l’année qui a suivi celle où l’on verra, que Hokousaï est parvenu à arrêter les fredaines de son petit-fils et à le marier, et dans ce mot à double sens, il exprimerait la joie que lui a causée l’entrée dans la maison de la la « jeune mariée » de son petit-fils.

À propos de ce portrait hypothétique d’Hokousaï, avouons l’incertitude, où l’on se trouve relativement à un portrait bien authentique du Maître. Le portrait d’Hokousaï, en compagnie du romancier Bakin, donné dans le catalogue Burty, d’après une estampe de Kouniyoshi, n’est pas plus un portrait, que le croquis le représentant agenouillé, offrant à l’éditeur son petit livre jaune de la Tactique du Général Fourneau ou de la Cuisine au hasard.

On n’aurait du grand artiste, ni un portrait de sa jeunesse, ni un portrait de son âge mûr; il n’existerait que le portrait donné par la biographie japonaise de I-ijima Hanjûrô, un por-

trait de sa vieillesse, conservé dans la famille, et qui aurait été peint par sa fille Oyéi, qui signe Ohi.

C'est un front sillonné de rides profondes; des yeux à la patte d'oie, aux poches de dessous tuméfiées, et où il y a, en leur demi-fermeture, comme un peu de cette buée, que les sculpteurs de nétzkés mettent dans le regard de leurs ascètes; c'est un grand nez décharné; c’est une bouche démeublée, à la rentrée sous le pli de la joue; c’est le menton carré d'une volonté résolue, attaché au cou par des fanons. Et h travers la coloration de l’image, qui imite assez bien le ton d’une vieille chair, ce sont les blancheurs anémiées des poches des yeux, de l’entour de la bouche, des lobes de l’oreille.

Ce qui vous frappe dans cette tête d’homme de génie, c’est la longueur du visage, des sourcils au menton, et le. peu d'élévation et la fuite cabossée du crâne, — un crâne qui n’est pas du tout européen, avec sur les tempes de rares petits cheveux, ressemblant aux herbettes de ses paysages.

Un autre portrait d'Hokousaï, dont un facsimilé a été également publié dans le Katsousliika dén , nous le représente vers l'âge de 80 ans, près d’un pot à pisser, accroupi sous

une couverture, laissant voir un bout de prolil d’une vieille tète branlante, et que dépassent des jambes ayant la maigreur de jambes de phtisique. Et voici quelle serait l’origine de ce portrait. L’éditeur Souzambô ayant commandé à Hokousaï l’illustration des Cent Poètes, l’artiste, avant de commencer son travail, envoyait un spécimen, à l'effet de déterminer le format de la publication, et sur ce spécimen, son pinceau jetait c & portrait-charge .

En 1833, Hokousaï publie Tôshisén Yéhon , les Poésies (de la dynastie) des Thang.

La première série, éditée en S volumes, comprend les poésies chinoises, en cinq caractères chinois par ligne, littéralement cinq mots.

La seconde série, éditée également en o volumes, et parue en 1836, contient le recueil des poésies, en sept mots par ligne.

Un sujet d’étonnement pour les Chinois, c’est l’exactitude avec laquelle Hokousaï, qui n’a jamais été en Chine, s’est assimilé le costume,

le port du corps, le caractère de la tète des habitants du Céleste Empire.

Ces 10 volumes contiennent des dessins du meilleur temps d’Hokousaï : ainsi la femme chinoise dans le somptueux luxe de ses robes ; ainsi une carpe panachée monumentale, qui a la puissance et la solidité d’un dessin, fait d'après une sculpture ; ainsi un amusant croquis de trois ivresses : l'ivresse de l’ivrogne qui rit, l’ivresse de l’ivrogne qui se fâche, l’ivresse de l’ivrogne qui pleure.

Mais peut-être, parmi ces dessins, les plus réussis, ce sont des croquis rendant, d’une manière fidèle, l’admiration de la nature chez ces peuples de l’Orient : des renversements, la tête en arrière d’hommes couchés, appuyés sur leurs coudes; des rêveries en face de paysages, d’hommes debout, les mains dans les manches de leurs bras, derrière le dos.

Parmi ces planches admiratives, il est une vue du dos d’un homme, appuyé sur la traverse d’une baie qui donne sur un lac, disant toute la jouissance intérieure de cet amoureux de la nature. ?

En 1834(1), Hokousaï illustre le Yéhon T dm kiô, Devoirs envers le maître, texte chinois avec commentaires de Ranzan.

Un volume cle morale, tout rempli d’exemples d’héroïsme et d’abnégation, et où une planche représentant des courtisans saluant un roi» donne une idée du respect des fronts et des échines courbés, en cette patrie de la vénération.

Les gravures, à l’incision à la fois très douce et très nette, sont de Souguita Kiûsouké.

(1) A la date présumée de cette année, auraient paru en feuilles séparées :

Une série d’écrans, avec le titre dans un médaillon.

Une série intitulée Shôkei-Kiran, Vues pittoresques des paysages distingués, série tirée en bleu clair, où se rencontre une curieuse vue d’un bain public, sur une route.

Une série intitulée Shôkei Sétsou guekkwa, Vues distinguées de la neige, de la lune, des fleurs. Série probablement de 9 feuilles en largeur, dont 3 pour la Neige, 3 pour la Lune, 3 pour les Fleurs. Jolie coloration. Série, qui aurait été précédée deux ans avant, en 1832, de Ruikiiî Hakkei, réunion de hui t paysages, d’unefacture un peu maigriote.

l’art japonais.

En 1834, Hokousaï illustre le Yéhon Kôkiô , la Piété filiale, un ancien traité de morale chinoise, entré dans l’éducation japonaise : un traité publié en deux volumes, avec texte chinois et japonais.

La première planche portraiture Confucius, la seconde son disciple bien-aimé Sôshi.

Une planche curieuse, c’est la figuration des quatre classes du Japon, représentées par un membre de la première classe, un guerrier en train de lire un livre, posé sur un pupitre ; — un membre de la seconde classe, un paysan, en train de lire un livre, attaché à sa bêche; — un membre de la troisième classe, un ouvrier, un graveur, faisant sauter à coups de maillet des morceaux de bois d’une planche, qu’il entaille ; * — un membre de la quatrième classe, un marchand, un libraire faisant ses comptes.

Puis, un peu à la diable à travers l’illustration, ce sont des tireurs, des jongleurs, des danseuses, au milieu desquelles se trouve, comme dernière planche, une composition tout à fait amusante : une grande lettre ayant l’air d’un monument de pierre, et en forme d’une croix à double branche, sur laquelle sont montés, grimpés, accrochés, un tas de petits bonshommes, qui, dans toutes les attitudes, la nettoient, la

grattent, la brossent, l’inondent de l’eau d’une pompe.

Cette grande lettre, c’est le caractère, signifiant la piété, et ce nettoyage veut dire qu’on doit nettoyer sa piété, ainsi que nous disons chez nous, qu’il faut garder sa conscience pure.

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