‹ Kopernik et ses travauxChapitre 28 sur 35 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

En oBhiQt le résamé da premier livre dé RmylutiùHt^ buê, Sniadecki donne une idée du mécanisme célestt basé ^or le mouvement de la terre et sur Timmôbilité du soleil; il trace, d'après Kopernik, le tableau de la {sositioû des corps célestes, et signale & rattentiob des âiathématiciens ses découvertes en géométrie. SOiiVëfit il cite les paroles dé Kàpemik, Nous regrettons qu'il y manque quelques passages qui se font remarquer tàïl&M par leur simplicité que par leur profondeur. Au nombre de ces derniers, nous signalons les lignes siiivantee sur la mobilité de la terre :

a Quelle est la position de la terre dans Tuttivérsî <i Voilà ce qu'il faut éclaircir si Toii veut se reùdfe raison dés mouvements. Presque tous les philosophes s*a(5ôordefit à supposer la terre immobile ; Topiniôn contraire lenr paraît nrème ridicule. Cependant, si Ton etamine attentivement la question, on verratju'elleri'est rien moins que résolue. Tout changement observé iHetft ou du mouvement de l'objet, ou de celui de Tobservateur, ou du mouvement relatif de Tun àTautre : Car si

ET SES TXAYAUX. iSS

les deux mouvements étaient égaux» on n*aurait aucun moyen de les apercevoir. C*est de dessus la terre que nous observons le ciel : si la terre a un mouvement^ la ciel nous paraîtra se mouvoir en un sens contraire. Tout le ciel paraît transporté d'orient en occident eu âi4 heures; laissez le ciel en repos et donnez ce mouvement à la terre, mais d'occident en orient, vous aurez toutes les mêmes at)parences. »

Qui ne serait pas frappée par la simplicité et la justesse de ce raisonnement? Aussi ne fallait-il pas le laisser inaperçu dans un discours sur Kopumik. De* lambre est tellement étonné de ces paroles, qu'il les attribue aux anciens, mais il est certain que personne avant Kopernik ne les a prononcées (I).

Le second livre de l'ouvrage de Rewlutiambus déva^ loppe les phénomènes du mouvement diurne déduit de 1& rotation de la terre sur son axe. Les descriptions des •cercles de la sphère, leurs différentes positions et le^ effets qui en résultent pour les habitants de là terre, le lever, le coucher et la culmination des astres, la mesure ^et la division da temps, l'art d'observer et d'évaluer rindinaison de l'orbe de la terre à l'équateur ; la position des corps célestes par rapport à ces deux cercles ; les renseignements nécessaires pour distinguer oe qui est du ressort de l'observation d'avec ce qu^on n'obtient que par le calcul trigonométrique ; la solution des prci- Uèmes importants de trigonométrie rekttift à ces cas,

(1) i>élambre, t. ï«», p. 90,

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leur usage dans la construction des tables pour trouvée le temps et le lieu des astres sont autant d'objets qui coinposent la matière de ce livre. Presque tous ces détails sont tirés des ouvrages de Ptolémie et d^Albaieg^

Sniadecki glisse sur cette partie de Touvrage de Kopemik. Elle n'avait pas sans doute àses yeux une grande importance , parce que, pour la plupart, elle a été empruntée aux travaux des anciens et renferme des erreurs que rinvention du télescope et les observations ont dissipées plus tard.

En revanche, la plume de Sniadecki s'anime lorsqu'il parle du traisiènu livre de l'ouvrage de Kopernik. Il ne peut pas retenir les élans de son admiration et de son enthousiasme, en contemplant tout ce qu'il y a de grand dans la découverte de Kopernik. On voit que oe n'est pas seulement un mathématicien qui juge un mathématicien , mais aussi un Polonais qui est tier que sa patrie ait produit un tel génie.

c Le troisième livre , dit Sniadecki, est un dépôt des plus belles découvertes dont la sagacité humaine puisse s'honorer. Quand on rapproche les idées heureuses et originales consignées dans ce.livre de l'état actuel de l'astronomie, on n'y peut méconnaître un génie transr «endant , dont le regard perçant sonde en quelque façon tout l'abime de l'éternité , parce qu'il a deviné les suorcës des générations futures dans la recherche la plus difBcileet la plus délicate ; parce qu'il aononce avec

confiance les inégalités légères dans^les roôttvements cé^ lestes dont les progrès lents ne se manifestent qa'afeo le laps des siècles; parce qu'enfin il est panrenQ à indiquer & la postérité la yraie origine de ces inégalités. - » L'explication du mouvement anm^el de la terre faisant Tobjet de ce livre ^ il fallait discuter et reconnaître tons les points de la route que notre planète décrit autour du soleil ; il fallait déterminer avec précision la période de oette révolution, ou la longueur de l'année ; expliquer toutes les variations dans la vitesse de ctt mouvement , examiner Finclinaison de Forbite terres* tre & Téquateur et les points d'intersection où ces deux cercles se coupent appelés points éqiimomaux. La position de ces points est un des éléments les plus essentiels du calcul astronomique et civil. De leur lieu dépendent Tordre et le retour périodique des saiscHis, la position à Yest ou à Vouent de tous les corps célestes ; enfin t presque toute la masse des connaissances astronomiques tient à la détermination rigoureuse de cespoints. Is'agit donc, dans une recherche de si haute importance, d'asseoir un des premiers fondements de la science et du calcul. Les observations les plus ancien^* Des et la sagacité capable de démêler la simplicité des causes, dans la complication des effets aocumiilés, étaient les seuls guides sûrs auxquels on pouvait sV bandonner dans cette recherche.

Kopernik , en partant dès Tan 294 avant l'ère chrétienne, parcourt et discute les observations d'une même

tSS KomiCDC

étoile (i) , entamées par Tymocharis» un des premiers astronomes de Téoole d'Alexandrie, suivies snooessive-* ment par Hypparque, Ptolémée, Albategnius et par luimême k Frauenbourg, renfermant un interyalle de 4819 années. Il s'assure , par leurs résultats , que les étoiles fixes , consentant la même distance à TécUptique I variaient dans leurs longitudes ou leur éloigne* ment des points équinoxiaux; et comme ces étoiles ni^ changeaient point de position entre elles, il en coiiQlttt que leur obangement en longitude n'était p^s l'efi^t de leur propre mouvement , mais celui de la rétrograda* tionde Torleaten occident des points équinoi[iaux« connue en astronomie sous le nom dtprécusiai^ dei 4fmm(ceÊ, Combinant ensuite les observations d'Aris- Urque de Samos , de Ptolémée et des Arabes, sur rin«dinaison de Técliptique à Téquateur, aveoceUes qu'il arvait suivies lui-même pendant trente ans , il en didui- 4B4t un changement dans cette inclinaison : ainû ,.par lerap(m)chement de toutes cesob^rvations^ Koper^ 4)ik constata deux phénomènes importants, le premier , remarqué d'abord piur Hypparque, et connu ensuHe par 4ous les astronomes postérieurs , que les points équi- Aoxiaux avai^t un mou vouent rétrograder, le second, jdoûi il ne partage 1& découverte avec personne^ que ce -mouvement des points équinoxiaux était inégaU et que l'obliquité de récliptique était. sujette. aux variations

' (tf SpîcaVirgînîs, l'Epi de lâ ViWgé./Jev.ini sV'*^ *""'''"

périodiques; Il n'dntta pas da^s notre otget di i§ Mi>« vre dans son oàleul i potirappréefer tous o6#ohaiig«<» mwtfe et lëuî« retours»

m Mais lorsqu'il s'agissait d'aiisigiter là ivraie tâuse dé ces phénomènes , tous les pUMiéoesèenrs ds Kopernik s'embarrassaient et se perdaient danîirattirail coft^i^ que de ceroleâl et de sphères qui muKipIialent ies ififfl^ cttUés aifèd les etplioations. t'était un éehaïaudagè dé respritlitfê aux conjeetures trompeases^et sTépiiriMitt en Suppositions désavouées paf la Mérité. Itoperfift Msa eette charpente grossière, et y substitua le mé** canisme simpté et déitcat tiré du m6uVenieftt de Ykt& dé la terre, qiri deviht eusuîte là souree dèsgratides d** C6n>ertes et de la pré6isioh dans les observations d'ad^ jôurd-bttl. Voici lé précis de ses nies développées daili le tfoisièrhe'chapitre de ce livre; • « Kdpeirnik y pose en principe que Taxe de la terre , quoique regardé comme parallèle â lui-même pour Pé^pîiéation des saisons, èe trouve assujétlà dèhx mouvements d'une letiteur extrême : que tfabôfi iWréN mité de Cet axfe où le pôle du monde tourne Ihtetisibtement adtdut de celui de réclîptiqoe d'orient en bceîderii dans une période d'énviroti vifigt-six mille 'aftà (26,000) ; et comme le mouvement de l*axe eAti^tnè iiêèessaîrèîfiettt celui dé l'êquateur, les pointséqûînoxiaux, glissant sur îébliptiqùe , rétrogradent annuellement d'tm arc d'environ cinquante secondes; qtfen second lie\i, cet aie seMabçànt comme un lêvîei* qui oscitté,

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dans son moutieiiient infinimeot lent, tantAt s'élève > UntM s*abiûsse v^rs Técliptique ; et comme encore Tioclinaison des axes règle celle des cercles et de leurs, plans, il s'ensuit que le balancement de Paxe de la terre apporte une altération nécessaire dans Tinclinaison de. réquateur à Técliptique : d*où il résulte que la rétro-, gradation des points équinoxiaux, et tous les changements dans la position des étoiles dérivent de deux mouvements auxquels Taxe de notre globe est, comme nous venons de le voir, assujéti dans la révolution annuelle; que ces deux mouvements sont tellement dépendants Tun de Tautre, qu'ils influent mutuellement sur leur, accélération et leur retard respectifs; qu'enfin les inégalités légères qui les at&ctent sont périodiques, ayant une limite marquée qu'elles ne sauraient franchir, et où elles se renouvellent pour accomplir la même ^ révolution dans un certain nombre d'années ou de siècles. D'q)rès cette dernière idée, toutes choses d'ailleurs égales» les cercles de l'écliptique et de l'équateur n'ont pu et ne pourraient jamais se confondre dans un même plan, comme quelques-uns se sont plu à rimaginer pour expliquer les révolutions physiques de notre globe, pour fonder même sur cet événement supposé la prédiction de prétendues catastrophes futures.

< Toutes ces idées, puisées dans la profonde méditation sur le mécanisme du monde, rapprochées des. faitSi développées dans leurs rapports, ont acquis de nos jours le caractère d'une certitude démontrée. Newton,

ET i» nuVAux. : Ui

BradUy « A'Almbtrt, Euler et tous les grands hommes de notre siècle , ont assuré la gloire de Kopemik , en prouvant jusqu'à révidence la justesse de cette théorie. Cest le propre de la vérité de s'affermir par la succession des temps et des découvertes nouvelles, tandis que rillusion et Terreur, semblables aux apparitions de météores, n'ayant qu'une lueur fugitive et une durée éphémère, tombent et se dissipent avec le progrès et l'empire de la raison. »

Mous ne comprenons pas pourquoi Sniadedn , en citant dans cette belle partie de son discours les noms des grands hommes qui ont assuré la gloire éd Kopernik , omet ceux de Keppler et de Leibnitz. Le premier , en offrwt l'exposition de l'ouvrage de Koperaik , et en poursuivant l'œuvre commencée par l'astronome polonais , contrilma le plus & la découverte de Newton ; le second , en cherchant les rapports des lois du mouvement matériel aux lois du monde moral , a indiqué une nouvelle route et un nouveau champ àrinteltigence humaine. Il nous foit voir qu'il se trouve un code de l'harmonie préétablie pour le monde social, cmnme il existe pour le monde sidéral. C'est là le vrai mérite des recherches scientifiques. L'astronomie ne serait qu'un amusement si elle ne devait pas avoir d'autrebutque de compter et de mesurer le mouvement. Elle tevient la reine des sciences du moïnent où elle explique la pensée et le but du créateur, lorsqu'elle nous apprend à chercher ses lois immuables.

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