‹ Kopernik et ses travauxChapitre 33 sur 35 · SENTENCE CONTRE GALILÉE · texte numérisé non relu

SENTENCE CONTRE GALILÉE

c Nous, soussignés, par la miséricorde de Dieu, car* dinaux de la sainte Eglise romaine, inquisiteurs gé« néraux dans toute la républigue chrétienne, députiê parle Salnt-Siége contre la perversité hérétique

a Comme ainsi soit, que toi Galilée, fils de feu Vincent Galilée, Florentin, Agé de 70 ans, tu as été dénoncé en 1616 à ce Saint-Office; pour avoir tenu comme vraie une fausse doctrine proposée par plusieurs auteurs; c'estrà-dire que lô soleil est immobile au centre du monde, et que la terre a aussi un mouvement diurne ; de plus, poul* avoir eu certains disciples auxquels tu enseignais la même doctrine ; pour avoir entretenu à ce sujet des correspondances avec certains mathématiciens d'Allemagne ; pour avoir mis en lumière certaines lettres au sujet des taches du soleil, dans lesquelles tu expliquais la même doctrine comme vraie ; et comme aux objections qu'on te faisait, en te citant des passage^ de l'Ecriture, tu répondais en gloisant ladite Ecriture selon ton sens ; et comme on t'a présenté un exemplaire d'une lettiB qu'on disait écrite par loti A l'^n de tes &n^

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ciens disciples, et dans laquelle , tenant toujours pour les hypothèses de Kopernik, tu interprètes quelques propositions contre le sens et Tautorité de la sainte Ecriture.

« Le saint tribunal, voulant donc prévenir les inconvénients et les dommages qui en provenaient et se multiplaient au grand détriment de la sainte foi ; de Tordre de N. S. et des très éminenls seigneurs cardinaux de cette «upr^me ettmieersdle inquisition^ les deux propo sitions suivantes, sur la stabilité du soleil et le mouvement de la terre, ont été, par lesikéologimê qualificateurs^ qualifiées ainsi qu'il suit :

« Dire que le soleil est au centre du monde et immobile du mouvement local, est une proposition al)surde et fausse en philosophie, et fortement hérétique, parce qu'elle est expressément contraire à la sainte Ecriture.

« Dire que la terre n'est pas le centre du monde, ni immobile, mais qu*elle se meut même d'un mouvement diurne, est de même une proposition absurde et fausse en philosophie, et considérée théologiquement elle est au moins erronée en foi.

« Mais comme en même temps il nous plaisait de procéder envers toi avec bénignité, il a été arrêté dans la sainte congrégation, tenue en présence de N. S. le 25 février 1616, que e très éminent seigneur cardinal Bellarmin t'enjoindrait de quitter entièrement ladite fsuisse doctrine» de ne l'enseigner à d'autres, ni de la défendre, ni d^ea jamais traiter; et faute cTaoquiescer à

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ce précepte, tu serais jeté en prison, et pour l'exécution de ce décret, le jour suivant, dans le palais, en présence du susdit très éminent seigneur cardinal Bellarmin, après avoir été bénignemenl admonesté par lui, tu as reçu du commissaire du Saint-Ofllce, en présence d'un notaire et de témoins, Tinjonction de le désister entièrement de ladite opinion fausse, et pour l'avenir il t'i^tait interdit de la défendre ou enseigner d'une manière quelconque, ni de bouche, ni par écrit; et ayant promis obéissance tu as été renvoyé.

« Et pour faire disparaître entièrement une si fausse doctrine et pour arrêter les progrès d'une erreur si préjudiciable à la vérité catholique, il émana un décret dé la sacrée congrégation de VIndex, qui prohiba les livres qui contiennent cette doctrine; elle fut déclarée fausse et tont-à-fait contraire à \a sacrée et divine écriture.

« Et comme, en dernier lieu, ilavait paru à Florence, Tannée dernière, un livre dont le titre te nommait Tauleur, puisque le titre était : Dialogo di GalUeo GcUilei^ dette due massime siêteme del mondo Tolemaïco e Coper^ nicano; et la sacrée congrégation ayant connu que l'impression dudit livre fortifiait de jour en jour la fausse opinion du mouvement de la terre et de la stabilité du soleil, ledit livre fut soigneusement pris en considération, et Ton y a trouvé un$ transgression manifeste de la susdite ùrdonnanee qui f avait été intimée. En ce que damj ce livre tu défendais ropintoncoiiAiMii^ et iitlwrés isOè

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•n la préMNea, quoique dans ce livre, par divers détours, tu t'efforces de persuader que tu la laisses indécise et expressément probable» ce qui est déjà une erreur très grave, puisque une opinion ne saurait être probable quand elle a été déclarée et définie contraire à la divine Ecriture.

« C'est pourquoi, par notre ordre, tu as été appelé à ee Saint-Office, dans lequel, examiné avec serment, tu as reconnu ledit livre comme écrit et p^blié par toi ; tu as confessé Tavoir commencé il y a environ douze ans, après avoir reçu Tinjonction oi-dessus, et que tu as demandé la permission de le publier, sans faire connaître à ceux qui pouvaient te la donner, qu'il t'avait été enjoint de ne tenir, ni défendre, ni enseigner d'une manière quelconque une telle doctrine.

« Tu as confessé pareillement que ledit écrit, en plusieurs endroits, est composé de manière que les arguments en faveur d'une fausse opinion paraissent de nature à forcer l'assentiment plutôt qu'à être facilement réfutés; tu t'excuses d'être tombé dans une erreur étrangère à ton intention, sur la forme du dialogue et sur le penchant naturel qu'on a de se montrer plus fin et plus subtil qu'on ne peut Tétre communément en soutenant une proposition fausse qu'on s'efforce de rendre pro-* bable.

« Et comme on t'avait accordé un délai pour cédiger ta défense, tu as produit une lettre de S. E. le cardinal BeUarauD, que tu avais obtenûQ deloi» poiit te défendre

des calomnies de tes eanemis, qui répandaient que tu avais abjuré et que tu avais été puni par le Saint-Office. Cette lettre dit que tu n'as ni abjuré ni été puni, mais qu'on t'avait seulement signifié la déclaration faite par N. S. et promulguée par la congrégation de l'index, contenant que la doctrine du mouvement de la terre et de la stabilité du soleil est contraire aux saintes Ecritures, et qu'elle ne peut être tenue ni défendue ; et que comme il n'y est pas fait mention de la défense d'enseigner en aucune manière quelconque, il est à croire que dans le cours de quatorze ou seixe ans cette particularité était sortie de ta mémoire, et que c'est la raison qui a Cqiit que tu n'en as rien ait en demandant la faculté d'impri* mer ; et qu'en parlant ainsi, ton but n'est pas d'excuser ton erreur, qu'il faut imputer à une vaine ambitioo plutôt qu'à malice. Mais ce certificat même, produit en ta défense, ne fait que rendre ta cause plus mauvaise, puisqu'il y est dit que ladite opinion est contraire à la sainte Ecriture ; et cependant tu as osé la traiter et la défendre, et la conseiller comme probable ; et la permission que tu as obtenue par ruse ne peut te servir, puisque tu n'a pas manifesté la défense que tu avais reçue. « Et comme il nous a paru que tu ne disais pas toute la vérité touchant tçç intentions, nous avons jugé nécessaire d'en venir à un examen rigoureux de ta per^ sonne, dans lequel^ sans préjudice de ce que tu as confesséetdecequiaétéproduitcontretoi^relativeiqentàtpn intention, tu à^ répondu (lof^olîgwiapiiib* e'est poorquoij.

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VUS et considérés les mérites de celte tienne cause, avec tes susdites confessions et excuses, et tout ce qui était à voir et considérer, nous en sommes venus contre toi à la sentence définitive dont copie est ci-dessous.

Ayant donc invoqué le très saint nom de N. S. J. C. et de sa glorieuse mère toujours vierge, par cette notre .sentence définitive, qu'en séance sur notre tribunal, de ravis et jugement des révérends maîtres de la sacrée théologie et docteurs en Tun et l'autre droit, nous proférons en ces écrits, touchant la cause et les causes controversées devant nous entre Magnifique-Charles-Sincère, docteur en l'un et l'autre droit, procureur fiscal du Saint-Oftice, d'une part ; et de l'autre, toi GaUlée, ac-;^ cusé, enquis sur le présent procès écrit, examiné et confès comme dessus, nous disons, prononçons, jugeons et déclarons que toi, Galilée susdit, pour les causesdéduites au procès écrit, et que lu as confessées comme cidessus, tu t'es rendu véhémentement suspect au Saint- Ofiice d'hérésie, en ce que tu as eu et tenu la doctrine fausse et contraire aux divines Ecritures, que le soleil est le centre de l'orbite de la terre ; qu'il ne se meut pas, d'orienten occident; que la terre se meut et qu'elle n'est pas le centre du monde ; et qu'une opinion peut être tenue et défendue comme probable après qu'elle a été déclarée et définie contraire à la sainte Ecriture; en conséquence, que tu as encouru toutes les censures et peines statuées et promulguées par les sacrés canons et autres constitations générales et particulières contre

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les délinquants de cette sorte ; desquelles il nous plait que tu sois absous, pourvu que préalablement, d'un cœur sincère et d'une foi non feinte» tu abjures devant nous, tu maudisses et détestes les susdites erreurs et hérésies , et toute autre erreur et hérésie contraire à TEglise catholique, apostolique et romaine, suivant la formule qui te sera présentée par nous.

a Cependant, pour que cette grave et pernicieuse erreur et transgression de ta part ne reste pas tout-à-fait impunie, et pour que tu deviennes plus circonspect par la suite, et pour que tu sois en exemple aux autres^ afm qu'ils s'abstiennent de pareils délits, nous décernons que le livre des Dialogues dt GalUéo Galilée sera prohibé par un édit public, et nous te condamnons à la prison formelle de ce Saint Office, pour un temps que nous limiterons à notre volonté; et, à titre de pénitence salutaire, nous ordonnons que pendant trois années à venir tu récites une fois par semaine les sept psaumes pénitentiaux; nous réservant le pouvoir de modérer, de changer ou de remettre en tout ou en partie les sus* dites peines et pénitences.

« Et ainsi nous disons et prononçons, et par sentence déclarons, statuons, condamnons et réservons eu cette ou toute autre méthode meilleureet formule, ainsi que de droit nous pouvons et devons.

tt Ainsi, nous prononçons nous, cardinaux soussignés, F. cardinal d'AscoU, G., cardinal Bentivoglio,. F., cardinal de Crémone, Fr. Ant., cardinal SaiiU-Onu-

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fre, B., cardinal Gypsius, F., cardinal dé Varospî, M., cardinal Ginetti. »

Galilée, œmme on a déjà pu le prévoir par sa défense, se conforma à la sentence et abjura en cies termes ses écrits et ses conyictions :

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