‹ Krupp et De BangeChapitre 47 sur 92 · DE 26 CENT · texte numérisé non relu

DE 26 CENT

Poids du canon kilog.

— de l'obus —

— de la charge .... —

vitesse initiale met.

Poids de l'affût et du canon . . kilog .

Force vive par kilo du poids du canon et de l'affût. . . kilogmèt.

Portée maxima met .

(1) Ces chiffres sont ceux donnés par les établissements Cail de Paris, dont le directeur général est le colonel de Bange.

Il est visible que le mortier français — postérieur à Tobusier Krupp — s'est efforcé de copier celui-ci.

Malgré cela, Futilisation de la bouche à feu française serait — nous le répétons, le mortier de Bange de 27 centimètres na été, jusqu'ici, ni construit ni a fortiori expérimenté — encore un peu moins grande que celle de l'obusier Krupp.

Les constructeurs de la pièce de Bange réclament pour elle une portée maxima de 8,000 mètres, alors que la bouche à feu similaire de Krupp n'aurait qu'une portée analogue de 7,500 mètres. Or, comme la charge de section transversale (poids par centimètre carré de section) du projectile de 27 centimètres de Bange est un peu moins grande que celle de l'obus de 26 centimètres Krupp, il est évident qu'avec la mênie- vitesse initiale de 300 mètres, la portée de ce mortier ne peut être supérieure à celle de l'obusier Krupp. Dès lors, le chiffre de 8,000 est un chiffre hypothétique comme la bouche à feu elle-même.

En tout cas, nous constatons qu'en supposant que le mortier de Bange de 27 centimètres fût réalisé, il n'arriverait qu'à égaler tout au plus l'obusier Krupp de 26 centimètres, construit et expérimenté bien longtemps avant lui.

Une remarque encore :

Les canons courts français sont destinés à jouer le double rôle d'obusier et de mortier. Ils sont montés sur des affûts à traîneau dont le fonctionnement ne semble pas être complètement à l'abri de tout reproche. L'usine Krupp, au contraire, ayant reconnu qu'une bouche à feu à laquelle on voudrait Jmposer

des obligations trop étendues ne saurait satisfaire à toutes d'une façon convenable, a construit pour des besoins différents les deux catégories distinctes des obusiers et des mortiers.

Les obusiers Krupp de 15 centimètres et de 21 centimètres possèdent des affûts à roues, les obusiers d'un calibre supérieur, des affûts à châssis et frein hydraulique.

Quant aux mortiers, ils sont montés sur des affûts sans recul, de construction spéciale. Tous ces affûts ont été mis à l'essai et les résultats des expériences se trouvent consignés dans les rapports que Krupp publie de temps en temps sur les tirs exécutés à son polygone de-Meppen.

. Nous ajouterons qu'un assez grayd nombre de ces différents types de bouche à feu ayant été livrés par l'usine d'Essen à diverses puissances, c'est encore là une preuve indéniable de leur valeur.

Pour finir cette comparaison entre les canons courts des deux systèmes, il faudrait faire intervenir un dernier facteur : la justesse de tir. Mais il nous manque à cet égard les données nécessaires.

Cependant, on peut conclure des résultats obtenus à Meppen et sur d'autres polygones que la justesse de tir des canons courts Krupp est aussi irréprochable pour ce genre de bouche à feu que celle des autres types de ce constructeur.

lY. — Canons de côte et de marine.

Nous touchons au dernier terme dé la comparaison et nous sommes forcé d'avouer que nous éprouvons

quelque embarras pour l'achever, un des éléments de cette comparaison nous faisant défaut. En effet, les seuls canons de Bange de gros calibre sur lesquels il existe des données certaines, sont les canons de 19 et de 24 centimètres en fonte, tubes et frettés, de l'artillerie française. Le canon de 24 centimètres — ^ pour nous tenir à celui-là — pèse 16,200 kilogrammes et imprime à un projectile de 120 kilogrammes, avec la charge de 28 kilogrammes, une vitesse initiale de 470 mètres. Évidemment, une telle pièce ne peut être comparée aux canons Krupp de construction moderne. Outre ce canon en fonte, on trouve mentionné un canon de Bange de 24 centimètres, en acier, et adopté dans le matériel français.

Ce canon,pesant^ environ 14,000 kilogrammes, doit lancer un projectile de 153 kilogrammes, avec une charge de poudre de 38 kilogrammes. Malheureusement, nous ne connaissons pas le chiffre de la vitesse initiale, et dès lors, il devient très difficile d'apprécier cette bouche à feu comme il convient.

Il est vrai que les prospectus de Cail renseignent deux types de canon de Bange de 24 centimètres en acier, savoir :

1<) Un canon, pesant 14,000 kilogrammes et tirant un obus de 155 kilogrammes, à la charge de 50 kilogrammes, avec une vitesse initiale évaluée à 550 mètres ;

2^ Un canon long, pesant 17,000 kilogrammes et tirant un projectile de 155 kilogrammes, à la charge de 60 kilogrammes, avec une vitesse initiale de 620 mètres.

A ces deux types, — existent-ils en réalité ou sur le papier? nous l'ignorons, — il faut ajouter le canon de 54 centimètres qui figurait à l'Exposition d'Anvers. Cette bouche à feu, du poids de 37,500 kilogrammes, tirerait, toujours d'après son constructeur, un projectile pesant 400 kilogrammes, avec une charge de 180 kilogrammes, à la vitesse initiale de 600 mètres.

Jusqu'Ici cependant, aucune de ces bouches à feu — cela, nous pouvons l'affirmer sans crainte d'être démenti — n'a tiré un coup dans les conditions précitées, car il va de soi que les détails de ces essais, s'ils avaient été pratiqués, eussent été publiés avec empressement par les intéressés.

Nous ne parlons pas des expériences qui, d'après les journaux, auraient été faites à Calais avec le canon de 34 centimètres : nous attendons pour les apprécier que la Revue d'artillerie, à la compétence et à l'impartialité de laquelle nous nous plaisons à rendre hommage, en ait donné une analyse détaillée.

D'autre part, il est constant que pas un de ces canons n'a été adopté par une puissance quelconque, sinon les conditions auxquelles ils devraient satisfaire dans le service seraient nécessairement connues et déterminées.

Nous ferons remarquer encore qu'en étudiant les canons Krupp de gros calibre, il ne faut pas prendre comme point de départ le matériel existant dans la marine allemande, matériel fourni par la maison Krupp. Ce serait là une façon de procéder comme celle de ces écrivains militaires qui, faisant la comparaison entre les matériels de campagne Krupp et de Bange,

se basent sur les canons de campagne de Fartillerie prussienne, fournis par Krupp en 1873, alors qu'il existe, depuis cette époque, des canons Krupp dont le rendement a été considérablement augmenté.

Le matériel de la marine allemande date en grande partie des premiers temps des canons en acier ; on Ta adapté, autant que possible, aux exigences de Tartillerie actuelle et nous estimons que c'est là encore un avantage à l'actif du matériel Krupp, de pouvoir se plier à ces modifications et pour ainsi dire se rajeunir sans frais considérables. Seulement, aucun l)omme compétent n'aura la pensée d'exiger qu'un pareil matériel présente des qualités balistiques extraordinaires.

On a répandu le bruit que la marine allemande se méfiait des nouveaux canons Krupp. Or, de nombreuses expériences exécutées au polygone de Meppen, entre autres, avec les quatre canons de 40 centimètres, de 35 calibres de longueur et de 120 tonnes de poids, fabriqués pour l'Italie, ont démontré les qualités parfaites et pour ainsi dire uniques des canons Krupp, même des plus grandes dimensions.

Aussi presque toutes les puissances ont-elles renoncé à la fabrication des grosses pièces pour venir donner leurs commandes à l'usine d'Essen.Etau premier rang figure l'Allemagne !

Nous ne sommes pas en état, comme nous l'avons déjà exposé, de faire la comparaison entre les canons Krupp et de Bange de gros calibre; mais les données fournies par le lieutenant-colonel de la Rocque nous permettent cependant d'apprécier les tentatives faites en France pour lutter contre Krupp.

Le tableau que nous avons dressé ci-dessous est fort instructif à ce point de vue :

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