‹ Krupp et De BangeChapitre 7 sur 92 · II. -^ La fonte, le fer, le bronze, le bronze Uciiatius · texte numérisé non relu

II. -^ La fonte, le fer, le bronze, le bronze Uciiatius

l'acier.

La fonte est très peu tenace et peu élastique sous le rapport de l'extension. Relativement peu attaquable par les gaz de la poudre et la chaleur à cause de sa dureté, elle est, en outre, susceptible d'être notablement con-

solidée par le cerclage ; mais elle présente un défaut grave : c'est d'éclater dès qu'on dépasse, d'une quantité impossible à préciser, la limite d'élasticité, et cela le plus souvent sans donner le moindre signe précurseur.

Le fer est tenace, plus élastique que la fonte quant à l'extension, moins cependant sous le rapport de la compression, mais il n'est pas susceptible d'un cerclage radial. Si l'action des gaz et de là chaleur lui est peu défavorable, d'autre part, on le tient pour un métal relativement mou et, .en outre, peu homogène.

Le bronze jouit d'une propriété remarquable : c'est de ne pas éclater, même quapd on dépasse de beaucoup la limite d'élasticité ; c'est donc un métal précieux sous ce rapport, mais à tous les autres points de vue^ c'est le plus mauvais de tous.

Mou, le plus attaquable des métaux par les gaz portés à une haute température, à cause surtout de la présence de l'étain, le bronze, en outre, ne s'accommode pas du cerclage. Enfin, du fait même de sa composition, il manque d'homogénéité, car il est rare que les deux métaux qui le constituent, le cuivre et l'étain, aient été soumis préalablement à une purification convenable et que ces corps se trouvent unis dans de bonnes conditions.

Nous n'avons ici en vue que le bronze ordinaire, car le bronze mandriné d'après la méthode Uchatius, c'est-à-dire par un procédé mécanique qui augmente dans de notables proportions la ténacité et l'élasticité du métal, est, au contraire, employé encore de nos jours pour certains types de bouche à feu.

L'acier, par lequel nous terminons cet examen, est

le plus tenace^ le plus élastique, le moins dilatable des métaux à canon. Il s'accommode volontiers du cerclage et résiste dans d'excellentes conditions aux atteintes des gaz et de la chaleur : c'est le métal à canon-type. Cet enseignement est aujourd'hui celui de toutes les artilleries, sans en excepter celles de la France et de l'Angleterre qui, longtemps, se sont rebellées contre l'emploi de l'acier comme métal à canon, et qui, en fin de compte, ont dû s'incliner devant ses qualités exceptionnelles.

Si la fonte et le bronze continuent à trouver des adeptes et à figurer dans la fabrication des bouches à feu d'un certain nombre de puissances, c'est uniquement à cause du prix plus élevé de l'acier et à titre transitoire. Il est incontestable, en eiFet, que peu à peu, au fur et à mesure que les ressources budgétaires le permettront, l'acier* remplacera les autres métaux dans la fabrication du matériel de guerre. D'autre part, comme on le sait, la métallurgie de l'acier a fait, en ces dernières années, des progrès étonnants, et le jour n'est pas loin où la fonte, dont la seule qualité est son bon marché et sa fabrication facile et rapide, sera impitoyablement exclue de la confection des bouches à feu.

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