CHAPITRE IV
Les derniers échos du débat.
Nous ne pouvons terminer ce débat sans faire toucher du doigt à nos lecteurs Tinanité des arguments dont se prévaut l'auteur de : Canons français et allemands, et sans dire un mot d'une brochure très acerbe du Jieutenant-colonel Hennebert, parue tout récemment et intitulée : L'artillerie Krupp et l'artillerie de Bange.
Lé capitaine Mariotti, à l'instar de beaucoup d'autres partisans du colonel de Bange, nie l'existence d'un « métal Krupp », tout en énumérant parmi les différentes espèces d'acier celle obtenue par la méthode de la fusion au creuset. Or, tout le monde sait que le « métal Krupp », n'est autre chose qu'une variété d'acier fondu au creuset, mais spéciale à l'usine d'Essen, et généralement l'on est d'accord pour reconnaître à Krupp, qui fabriquait des canons en acier alors que toutes les puissances s'en tenaient encore au bronze et à la fonte, le mérite d'avoir été le pré-curseur de cette transformation radicale dans Ta fabrication des bouches à feu. C'est, en effet, un fait patent que toutes les artilleries, y compris même celle de la France, ont préparé cette évolution en profitant largement de l'expérience acquise par Krupp. Voilà, en
deux mots, l'historique du développement de la fabricatios^ des canons en acier.
Le capitaine Mariotti est donc mal venu de s'inscrire en faux contre cette situation légitimement acquise à Krupp, et ce qui est pire, de chercher à prouver ses dires par des reproductions inexactes de passages empruntés à un ouvrage allemand qui fait autorité dans la matière : Le développement de l'artillerie de campagne, du major Mùller. Le lecteur jugera de la valeur des assertions du capitaine Mariotti en comparant les deux textes ci-après : l'un, celui de l'auteur français d'après Miiller ; l'autre, celui traduit littéralement, pour ainsi dire, de l'ouvrage allemand.
Dans Canons français et allemands, on lit : « Mal- « heureusement, en 1865, quelques canons de 8 centi- « mètres (modèle 1864) éclatèrent sans que l'on pût « découvrir pourquoi ; des faits analogues, mais plus « nombreux, se produisirent pendant la campagne de « 1866, et ces accidents eurent une influence très « fâcheuse sur l'esprit des troupes, qui perdirent con- (c fiance dans leur matériel. On pensa tout d'abord que « les accidents observés étaient dus, en partie tout « au moins, au mode de fermeture et on adopta alors « des modifications qui aboutirent iiu modèle 1867.
« Cependant, dit le major H. Millier, il n'était pas « facile de détruire à l'aide d'arguments purement « théoriques la défiance qu'on avait conçue à l'endroit « de l'acier. C6 sentiment devint plus vif encore, à la « suite des rapports adressés par les officiers char- « gés de surveiller la fabricatioii des bouches à feu. « Ayant fait un jong séjour dans l'usine Krupp, ils
« connaissaient dans tous leurs détails les procédés ^ industriels en usage à Essen et pourtant ils metc« taient en doute l'uniformité des produits obtenus. « Suivant ces officiers, chaque canon en acier avait « des qualités propres et Ton ne pouvait regarder les « résultats obtenus avec une pièce donnée comme ^ sVppliquant à toutes les autres. *
<c L'inspection générale de Tartillerie dut donc, en « présence de la manifestation unanime de Topinion, (c revenir à la construction de pièces 3e campagne en « bronze et, vers la fin de 1869, une commande im- « portante fut faite par le gouvernement prussien de c( canons en bronze, de 8 centimètres, destinés aux « batteries de réserve.
a Ces pièces ne parurent qu'en très petit nombre « sur les champs de bataille de 1870-1871 ; elles s'y a comportèrent bien; toutefois, on remarqua qu'elles « se dégradaient plus rapidement que les pièces d'acier (c sous l'influence du tir. Quant aux canons en acier « qui n'avaient pu être remplacés dans les batteries « divisionnaires, ils firent preuvç d'excellentes qua- « lités (sauf les accidents dont il sera question dans (C le chapitre suivant) et firent reprendre confiance « dans l'emploi de ce métal. »
Les accidents à charge des canons Krupp dont parle le capitaine Mariotti sont relatés dans les termes suivants: • •
<x On ne pourrait certes pas en cRre autant des « canons du système Krupp dont les journaux nous « ont raconté les éclatements, en dehors même des ce tirs d'essai ou à surcharge ; en admettant même que
c( leè renseignements fournis par lesdils jouriiaux a soient incomplets ou erronés, ou que leurs rédac- « teurs se soient servis d'expressions pBu techniques, (c quali fiant d'éclatement des accidents résultant d'une « maladresse ou d'un oubli des servants, on pourra a se convaincre des nombreux éclatements vrais, a ceux-là, survenus aux bouches à feu dont il s'agit a dans les tirs de guerre, en relisant les rapports « allemands de la guerre de 1870-1871, dans lesquels a il est question d'un grand nombre de pièces mises « hors de service par leur propre tir. A Rézonville et « à Saint-Privat, notamment, plusieurs canons prus- « siens furent dans l'impossibilité de continuer leur « tir après un certain nombre de coups.
« Le 15 mai 1875, le major Haig ayant lu devant la a Société Royal Artillery un rapport dans lequel il « constatait que deux cents canons avaient été mis « hors de service pendant la guerre franco-allemande a de 1870-1871, M. Krupp, dans une lettre adressée à ce Y Engineering, dut reconnaître les assertions du major « Haig. »
Il semble donc résulter de cet exposé des faits que Fauteur de : Canons français et allemands déclare avoir pris dans l'ouvrage du major Mûller, que cet officier supérieur, attaché à l'inspection générale de l'artillerie allemande, se prononçait en 1873 contre l'acier fondu^
de Krupp.
Or, voici — textuellenient — ce qu'écrit le major Millier : « En 1865 et pendant la guerre de 1866, plu- « sieurs des canons de 8 centimètres avec fermeture
«à coin, adoptés en 1864, éclatèrent sans indices « précurseurs et sans que Ton pût constater des (c défauts visibles dans le matériel. — Il semblait « donc ne pas exister de garantie de la résistance de ce Tacier, car, à tout moment, on pouvait s'attendre « à des accidents identiques.
« Cette circonstance exerça une influence très « fâcheuse sur Tesprit des troupes, qui perdirent la « confiance dans leurs canons. Mais un examen appro- « fondi de la question, où il fut constaté que jamais c< il ne s'était- produit un éclatement parmi les pièces « de 9 centimètres en acier fondu avec fermeture à « piston, fit reconnaître que la cause de Téclatement ce devait être imputée non aux qualités du métal, mais à ce la constructioiî défectueuse de la mortaise du coin. A la ce suite de cette constatation, une modification [dite ce C/67J fut introduite dans la construction des canons ce et dès lors, notamment pendant la guerre de ce 1870-1871, il n*y eut plus d'accidents.
ce Ce jugement théorique ne put cependant venir ce à bout de cette défiance contre l'acier, et celle-ci ce grandit encore à la suite des rapfiorts publiés par ce des officiers qui, durant un séjour prolongé à l'étace blissement Krupp, avaient appris à connaître de ce plus près la fabrication des bouches à feu et qui ce émettaient des doutes sur l'uniformité de produc- « tion, disant que chaque canon devait être considéré ce individuellement, sans qu'on puisse en tirer sans « ce réserve des conclusions au point de vue de la quacc lité des autres canons.
ce L'inspection générale de l'artillerie, qui, par
« devoir d'étal, avait à considérer cette question sous « son aspect le plus sérieux, crut nécessaire de procc poser et d'ordonner la fabrication de canons en « bronze.
a Elle chargea la commission d'expérience, au com- « mencement d'octobre 1866, d'étudier dans le plus « bref délai la construction d'un canon rayé de « 9 centimètres en bronze, dont le poids ne pouvait « surpasser celui du canon en acier et qui devait « pouvoir s'adapter à l'affût de 1864. »
ce Ces résultats acquis, plusieurs détails de con- « struction furent encore arrêtés, puis, avec la sanc- « tion du Roi, la fabrication d'un nombre considé- « rable de canons de 8 centimètres en bronze fut « ordonnée vers la fin de 1869. Ces canons n'étaient « pas destinés à entrer immédiatement dans le matéc( riel des batteries de campagne; on les assignait aux « batteries de réserve, non organisées en temps de c< paix. »
ce Un certain nombre des canons prussiens de ce 8 centimètres en bronze entrèrent en action — sur ce une échelle restreinte, il est vrai — dans la guerre « de 1870-1871 , sans faire montre de défauts spéciaux, ce Des essais plus étendus prouvèrent cependant que ce les canons en bronze se dégradent comparativement a vite sous l'action du tir et que, par conséquent, ils <c perdent beaucoup plus rapidement leur justesse de ce tir que les canons en acier. Cette circonstance, en ce même temps que ce fait que les canons en acier ont
c( remporté les grands succès de la guerre, qu'ils ont «c supporté des nombres de coups, parfois très élevés, <£ sans avoir perdu de leur justesse de tir, et que pas « un seul canon n*a éclaté^ a rétabli complètement la c< confiance dans l'acier fondu et conduit à une juste c< appréciation des bonnes qualités du métal. Il est « indéniable, en effet, que des canons en bronzé, « soumis à de pareilles fatigues, auraient considéa rablement souffert, qu'ils auraient perdu de leur c( justesse de tir et produit un effet beaucoup moina dre. Cesi pourquoi l* acier fondu l'a emporté, non c< seulement en Prusse, mais encore dans la plupart des « artilleries qui, jusqu'à ce jour, possédaient des canons « cîi bronze. »
Le capitaine Mariotti doit avoir fort mal interprété la pensée du major Muller, ou s'être servi — sans le savoir, nous le voulons bien — de textes habilement préparés dans l'intérêt de la cause qu'il défend ; C£gr il est évident maintenant pour chacun de nos lecteurs que l'opinion qu'on attribue à cet officier supérieur est en opposition formelle avec les idées qu'il défend dans ses écrits.
Ce procédé de polémique, qui consiste à prendre dans un ouvrage une phrase ici, une phrase là, au risque de fausser l'idée de l'auteur, il n'est personne qui ne le repousse, et tout homme impartial pensera avec nous qu'une cause qui a besoin d'être défendue par des moyens pareils est bien désespérée.
Nous croyons donc que la comparaison entre le texte de l'auteur français et le texte réel du major Mûller constitue pour le capitaine Mariotti un juge-
ment suffisamment sévère pour que nous puissions nous abstenir de tout commentaire.
Nous ne reviendrons pas ici sur les accidents imputés aux canons Krupp, et dont le capitaine Mariotti énumère complaisamment la liste : nous avons déjà répondu à ces allégations qui, pour changer d'éditeur, ne varient guère. D'ailleurs, la plupart des données sur lesquelles le capitaine Mariotti établit ses échafaudages sont empruntées à l'ouvrage du lieutenant-colonel de la Rocque, que nous avons analysé plus haut ; seulement, notre contradicteur, comme la majorité des défenseurs de l'artillerie de Bange, n'a garde de citer cette source, où il est allé — si souvent — puiser ses renseignements. Nous comprenons d'autant plus facilement cette réserve que le lieutenant-colonel de la Rocque — on s'en souviendra — n'est guère des plus tendres à l'endroit de l'acier Martin-Siemens; cet honorable officier supérieur, d'une compétence reconnue, n'est, en effet, qu'un allié assez compromettant et dont il est inutile de signaler les études à l'attention des partisans de l'acier fondu au creuset.
Le capitaine Mariotti semble cependant avoir eu un remords et, à propos de la consigne rigoureuse qui préside à l'entrée des établissements d'Essen, il fait appel à l'autorité du lieutenant-colonel de la Rocque. S'inspirant d'une brochure de cet écrivain intitulée : Les principales artilleries de VEurope, dH après la commis'^ sion spéciale des États-Unis, il reproduit un passage d'une lettre adressée par Krupp au président de la commission américaine, et que le lieutenant-colonel de la Rocque traduit comme suit :
« Les ateliers d*Essen ne peuvent être vus ; ils sont « fermés à ceux même qui sont chargés spécialement a de l'inspection du matériel de guerre en. cours de c( fabrication. »
Nous avons eu la curiosité de rechercher le passage original (Appendice Q), et le voici textuellement en anglais : *
ce The Works at Essen cannot be seen, as they are « closed to ail but those who hâve spécial business « for the inspection of war material on order. »
Il ne faut pas être très versé dans la langue de Mil ton et de Shakespeare pour arriver à se convaincre que ces quelques lignes veulent dire, en français :
« Les ateliers d'Essen ne peuvent être vus; ils sont ce fermés à tous, excepté à ceux, etc. »
Comme on le voit, le lieutenant-colonel de la Rocque fait dire au constructeur d'Essen précisément le contraire de ce que celui-ci écrivait à la commission des États-Unis. Il n'est donc pas étonnant de trouver dans des ouvrages français des extraits d'auteurs anglais et même allemands condamnant soit le système Krupp, soit les procédés de l'usine d'Essen : il suffit, pour arriver à cette fin, de mal comprendre ou d'interpréter peu fidèlement la pensée de l'écrivain.
Avant de quitter l'ouvrage du capitaine Mariotti, nous tenons à dire notre opinion sur un point qui semble occuper une grande place dans le système d'argumentation de l'auteur : nous voulons parler du fait que Krupp a fourni récemment à la Norvège, pour les expériences que ce pays est en train de faire, deux canons de campagne avec fermeture de Bange.
Le capitaine Mariotti conteste que la maison Krupp ait le moindre droit commercial à une pareille initiative et affirme que les usines françaises ne chercheraient jamais à imiter les constructions de Krupp, bien que cela pût se faire avec la plus grande facilité. Aux partisans du système Krupp, l'auteur reproche de devoir aujourd'hui, après en être réduits à plier devant la supériorité des constructions de Bange, recourir à la fiction du « métal Krupp » pour sauver le prestige des canons allemands.
Nous avons montré, dans les lignes qui précèdent, ce qu'il en est du « métal Kçupp » : notre argumentation n'est pas née d'hier, elle existe et reste debout depuis le moment où le premier canon en acier a été créé.
Quant aux mécanismes de fermeture, nous restons convaincus, avec l'immense majorité des artilleurs, que la fermeture Krupp, même pour les canons de campagne, est préférable à la fermeture de Bange et nous avons établi les considérations sur lesquelles cette opinion est fondée. Cependant il faut bien tenir compte de ce que la fermeture de Bange est quelque chose de nouveau et qu'elle possède des qualités qui sont de nature à captiver à première vue l'attention des artilleurs, de façon qu'une prédilection pour ce mécanisme — ne fût-elle que passagère — puisse fort bien s'expliquer. L'usine Krupp, à notre avis, n'était pas tenue de méconnaître ce fait et n'avait aucune raison pour se refuser à fournir la fermeture de Bange à un grand gouvernement qui lui eti avait fait la demande. Il va sans dire que cette manière de faire ne
violait aucun droit de brevet; quant à la déférence qui serait due à la propriété intellectuelle de l'inventeur, il est bien connu que la fermeture de Bange dérive en droite ligne des constructions et études de Treuille de Beaulieu, de Reffye et de Montluisant. D'autre part, le colonel de Bange n'éprouve pas de scrupules à se servir des modèles Krupp quand l'occasion s'en présente. Il est acquis, en effet, que les affûts, les avanttrains, etc., fournis par les établissements Cail à la Serbie, ont été exactement copiés, sauf quelques détails, sur les constructions similaires du matériel Krupp que les ingénieurs français ont eu l'occasion d'examiner à loisir, à Belgrade.
Le capitaine Mariotti nous parait donc tout au moins mal inspiré quand il reproche à Krupp une manière de faire qui est pratiquée par son compétiteur français sur une échelle plus vaste et sans en éprouver le moindre remords.
La brochure du lieutenant-colonel Hennebert n'offre aucun fait saillant dont nous n'ayons parlé; il n'y a que la façon de les présenter qui diffère. Plus que toutes ses devancières qui traitent du matériel Krupp, elle se distingue par un véritable esprit d'animosité et d'injustice à l'égard de l'usinier d'Essen. Certes, nous comprenons jusqu'à un certain point que la France se sente humiliée de ne pouvoir conquérir cette supériorité dans la fabrication des canons qui est généralement reconnue à Krupp, mais nous le demandons en toute sincérité à l'auteur lui-même : est-ce un moyen de gagner des partisans à l'industrie française que d'exposer l'état des choses sous un jour tout autre que
celui où tout le monde les connaît véritablement? C'est ainsi que le lieutenant-colonel Hennebert prétend que l'usine Krupp est une entreprise subventionnée par le gouvernement allemand. Le but de cette insinuation est visible : c'est pour montrer que l'industrie française est obligée de lutter contre Krupp dans des conditions absolument inégales. Mais quiconque est mêlé de loin ou de près aux affaires financières ou métallurgiques, n'importe qui s'occupe d'artillerie sait que les établissements d'Essen sont la propriété exclusive de M. Alfred Krupp et que, depuis le remboursement de la dette, contractée publiquement il y a à peu près une dizaine d'années, l'usine allemande travaille exclusivement avec ses propres fonds. Il est donc tout au moins étonnant de rencontrer sous la plume d'un écrivain sérieux des facéties de ce genre :
a Personne n'ignore que l'empereur d'Allemagne, « la famille impériale, les principaux personnages de a la cour et M. le prince de Bismarck sont exclusi- « vement actionnaires de la célèbre maison des bords « de la Ruhr. »
Les déclarations du même goût du lieutenantcolonel Hennebert, où on lit ce qui suit :
ce Le gouvernement allemand a ordonnancé en « faveur du directeur d'Essen une subvention de a 1,500,000 francs pour lui permettre de soumis- « sionner à perte et de se conserver ainsi sa supréa matie en matière de fabrication de matériel d'artil- « lerie.
« M. Krupp ouvre actuellement un crédit de « 100 millions à celles des petites puissances d'Orient « qui ne se sentent pas exemptes de certaines préocc< cupations financières »,
parviendront peut-être à se faire accepter par les lecteurs français, mais nous doutons qu'elles soient considérées comme sérieuses par ceux qui n'ont pas d'opinions préconçues en faveur de tel ou tel système et qui ne se payent pas de contes à dormir debout.
Le lieutenant-colonel Hennebçrt revient aussi sur le concours de Belgrade et traite cette affaire sur un ton si vif que force nous est de ne pas le suivre. Dans ce chapitre, il est question « (V insinuations « auxquelles Krupp n'aurait pas craint de se laisser « aller et qui sont de nature à porter atteinte à l'hon- « neur et à la considération de divers personnages »; on y parle de « pots-de-vin que l'usine Cail, d'après « les dires de Krupp, aurait offerts aux négociateurs a serbes », toutes choses qui sont absolument étrangères au grand fabricant de canons et dont il semble qu'il ne doive pas être question dans un débat aussi élevé.
Nous avons le devoir de le constater : de pareils procédés de polémique diminuent considérablement l'intérêt qui s'est attaché à la Société Cail, en raison des effort s 'tentés par son directeur général, le colonel de Bange, pour faire progresser l'art de la balistique et de la lutte qu'il soutient contre la redoutable concurrence de Krupp. Il est, en effet, tels arguments qui tuent une cause en croyant la servir.
Après tout ce que nous venons de dire, on comprendra facilement que Krupp n'ait pas répondu au défi du colonel de Bange, qui l'invite à un nouveau tir comparatif entre les canons fabriqués à l'usine de Grenelle et les bouches à feu sorties des établissements d'Essen. Un tel tournoi, au reste, est tout au moins inutile, car les questions les plus importantes resteraient nécessairement en dehors de la compétence dévolue à ces essais.
Le passé des canons Krupp répond pour l'avenir.