‹ Krupp et De BangeChapitre 78 sur 92 · I. ESSEN · texte numérisé non relu

I. ESSEN

De Rruxelles, on arrive à Essen soit par Gladbach, soit par Cologne; la ville d'Essen se trouve au N.-E. de Dusseldorf, émergeant de ce riche bassin de la Ruhr où l'on rencontre encore la manufacturière Duisburg, au centre de cette ruche travailleuse de la Westphalie où s'élèvent Crefeld, Elberfeld et Dortmund, sur cette terre privilégiée qui produit le charbon et le minerai, c'est-à-dire les bases mêmes de la métallurgie.

Essen doit à la noaison Krupp d'être aujourd'hui connue un peu partout, elle lui doit encore et surtout sa prospérité. En 1862, la population de la ville atteignait dix-sept mille habitants à peine, mais le nombre dés ouvriers de la fabrique devenant de jour en jour plus considérable, la petite cité se trouva trop étroite

pour les loger tous et s'agrandit rapidement ; en dix ans, le chiffre des habitants s*accrut du double et actuellement, avec les faubourgs qui font une riante ceinture à la vieille cité, il s'élève à près de cent mille.

Tout ce monde vit un peu de Tusine Krupp, comme il est facile de s'en convaincre, du reste. Mettons-nous, en effet, vers l'heure de midi, à proximité de la fabrique, sur la grand'rqute d'Essen à Duisburg qui la traverse de part en part; au douzième coup de l'horloge, les portes s'ouvrent pour vomir des flots d'ouvriers qui roulent vers la ville et s'écoulent dans les habitations, en grande partie construites grâce à la philanthropie éclairée du propriétaire de l'usine, dans le but de garantir aux travailleurs une agréable et saine demeure, à bon marché.

Quand la cloche rappelle les ouvriers à la besogne, la ville retombe dans son calme d'une honnête cité de province jusqu'au soir, où les barrières de la fabrique s'ouvriront une seconde fois pour dégorger sa vague humaine.

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