‹ Krupp et De BangeChapitre 80 sur 92 · IV. — La consigne a l'entrée · texte numérisé non relu

IV. — La consigne a l'entrée

Mais nous voici à l'usine. Les portes des établissements Krupp ne s'ouvrent pas devant le premier touriste venu : chacun sait cela. Bien plus, l'entrée des ateliers est rigoureusement refusée à tout ce qui est métallurgiste Qu industriel : ceux-là s'arrêtent au parloir. Ce n'est pas qu'il y ait dans cette défense un vain désir de mystère, non ; mais il existe dans l'usine Krupp des procédés de fabrication qui sont le fruit des sueurs de plusieurs générations et que l'on tient secrets. D'autre part, on le comprend, rien que pour la foule des curieux que la grande réputation de l'usine attirerait à Essen, si l'entrée y était libre, il faudrait une armée d'employés pour guider tous ces

visiteurs dans le dédale des ateliers. Or, il y aurait là une source d*embarras pour la marche du travail et la manipulation des produits, peut-être même unulanger continuel et, dans tous les cas, une perte de temps et d'argent, sans la moindre compensation, puisque la réputation du nom de Krupp est faite.

Quant aux visiteurs intéressés à voir : gens du métier, savants, ingénieurs, etc., il y aurait de la naïveté à les laisser examiner à leur aise les méthodes de fabrication en honneur à l'usine, et tous ces mille détails dont un seul constitue quelquefois la supériorité du moment.

Quoi qu'on puisse dire, nous estimons que l'expérience acquise par une vie de recherches incessantes et d'activité sans pareille comme celle de M. Krupp est une chose précieuse et dont l'influence pèse d'un grand poids dans les perfectionnements qu'il apporte tous les jours à sa fabrication.

Or, exposer ceux-ci aux regards investigateurs d'un concurrent serait non seulement un acte de niaise conGance, mais encore de coupable faiblesse, puisque l'existence de milliers d'ouvriers est intéressée à la prospérité de l'usine ; en un mot, ce serait signer sa propre déchéance.

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