‹ Krupp et De BangeChapitre 9 sur 92 · IV. — L'acier puddlé · texte numérisé non relu

IV. — L'acier puddlé

Le second terme de cette combinaison, c'est l'acier. Frémy pose d'abord en principe c< qu'il doit être aussi pur que possible ».

Évidemment, à cette condition, qu'il y a un instant

Fauteur exigeait aussi pour le fer, personne ne trouvera à redire :j elle coule de sourc^. Toute la question est de savoir quels sont les procédés d'aciération qui peuvent donner des aciers de cette pureté. Examinons donc les différentes méthodes d'aciération.

L'acier peut se produire soit par la décarburation de la fonte, soit par la recarburation du fer forgé. La dernière méthode est appelée la cémentation du fer, et l'acier, dit cémenté^ obtenu par ce procédé est considéré comme le plus précieux, bien entendu sous réserve que la meilleure fonte ait été employée dans la fabrication préalable du fer et» que tout l'usinage soit conduit avec les plus grands soins.

Mais l'acier cémenté ne peut guère se produire en très grandes quantités, et son prix de revient est trop élevé pour qu'il puisse être employé sur une grande échelle. Le procédé d'aciération qui se rapproche le plus de cette méthode, c'est le puddlage de l'ader. On soumet la fonte à une opération de puddlage analogue à celle qui a produit le fer employé dans le procédé de cémentation, mais sans pousser la décarburation aussi loin que dans le puddlage du fer. De cette façon, on évite la recarburation et on obtient l'acier de la fonte par une opération unique.

Vacier puddlé a fait sa place dans l'industrie et la conservera toujours ; il dérive, il est vrai, directement de la fonte, mais il se produit^ans des conditions qui peuvent donner un acier excellent, lorsque la fonte a été bien choisie et qu'on l'a affinée avec tous les soins convenables.

a L'acier puddlé, dit à cette occasion Frémy, l'em-

<c porte même souvent, par ses qualités, sur les aciers « fabriqués par d'autres méthodes. »

Dans la métallurgie de l'acier puddlé, — comme d'ailleurs dans celle des aciers en général, — le choix des fontes est, en effet, d'une importance capitale; Frémy est très catégorique à cet égard :

a 11 faut avant tout faire un choix convenable de « fontes, repousser celles qui sont sulfureuses ou « phosphoreuses et donner la préférence à celles qui « contiennent du manganèse; on sait que le manga- « nèse détei'mine l'élimination dans les scories des ce corps nuisibles à l'acier, et qu'en se combinant aux « aciers doux il augmente leur ténacité. »

Les fontes qui sont destinées, chez Krupp, au puddlage sont manganésifères à un très haut degré; elles proviennent des hauts fourneaux que possède l'usine au lieu de production du minerai même, dans le pays de Siegen.

a Le travail du puddleur, continue Frémy, exerce ce également la plus grande influence sur les qualités a de l'acier. »

Au risque d'exciter les plaisanteries faciles de quelques-uns de nos contradicteurs, nous répétons ce que nous avons déjà dit ailleurs, que chez Krupp, il existe une véritable école de puddlage, à telle enseigne que les ouvriers puddleurs des usines d'Essen ont une réputation d'habileté bien connue, même en Angleterre, qui est le pays d'origine du puddlage.

Une bonne fonte manganésifère, bien travaillée par le puddlage, peut donc produire un acier excellent.

ce Lorsque l'acier puddlé — ainsi conclut P rémy —

a a été fabriqué avec le plus grand soin et que ses « qualités ont été confirmées par des analyses très « précises, on peut le faire entrer dans la composi- (c tion deTalliage ferrugineux destiné aux bouches à ce feu, il contribuera certainement à la résistance du « métal au moment de l'explosion de la poudre. »

Valérius, qui a occupé avec tant d'éclat la chaire de métallurgie à l'université de Gand, s'exprime dans le même sens dans son Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de l'acier. ,

« L'acier puddié, écrit le savant professeur, peut parfois manquer de dureté, mais il se distingue par sa résistance au choc. » A raison de cette propriété caractéristique, cet acier est donc logiquement* désigné pour entrer dans la composition du métal à canon.

Ces jugements se vérifient dans la pratique, puisque chez Krupp et d'autres fabricants d'aciers supérieurs, fondus au creuset, l'acier puddié entre pour une bonne part dans le chargement du récipient où s'opère la fusion. Cette préférence donnée à l'acier puddié, pour servir de base à la fabrication du métal à canon, est une démonstration éclatante de la grande puissance de résistance qui lui est attribuée.

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