‹ Krylov et ses fablesChapitre 19 sur 21 · LA ROSE NATURELLE ET LES ROSES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

LA ROSE NATURELLE ET LES ROSES ARTIFICIELLES

De la fleuriste, un jour, franchissant Tatelier, Des roses de satin, de soie et de papier, Hoses que le soleil n'avait pas fait éclore , Dans un vase étalaient leur éclat inodore.

Une rose des champs auprès d'elles brillait, Jliche de ses parfums et fille de l'Aurore :

Aussi pour l'admirer tout le monde accourait. S' attribuant l'honneur qu'on rend à leur compagne, Les autres se gonflaient d'orgueil et de mépris. Et lui dirent enfin : — Retourne à la campagne. Paysanne, oses-tu nous disputer le prii ?

C'est de nous, non de toi, que chacun est épris. Elle ne soufQa mot, la rose naturelle ; Mais quelqu'un répondit pour elle :

Folles, il vous sied mal d'affecter ce dédain; Sur vous de cette fleur rejaillit le mérite ; Si loin d'ici brillait celle qui vous irrite, On vous délaisserait soudain.

KUYLOV ET SES FABLES. i4T

Ce trait de Cendrillon nous rappelle l'histoire C'est encore une fois la vertu, la beauté De ses indignes sœurs essuyant la fierté, Et les ennoblissant du reflet de sa <?loire.

Page 1