EXPLICATIONS DES DESSINS
La pièce représentée par la figure III est appelée Kibissou ; elle a été faite au tour et à la spatule. C'est une imitation des œuvres de Michimadé, potier coréen ; la couleur de la terre ressemble au tuya (noire) ; l'émail mince et jaunâtre lire sur le gris (nézoumi-iro). Il s'emploie au lieu de celui de Chigata qui est blanc et dont la qualité diffère. L'émail blanc, nézoumi-iro, a de l'éclat sans être diaphane ; l'intérieur et le fond de la pièce d'émail ne sont pas craquelés. Le reste l'est très-finement. Cette pièce est remarquable par sa légèreté ; son poids ne dépasse pas 39 mommés. L'extérieur du couvercle porte comme cachet le caractère [||]. Bien que l'orifice en soit endommagé, celte pièce a
cependant une certaine valeur.
La figure IV représente une lasse à thé, fabriquée à Ochigata
par Makoubei et Kodai. Elle est faite au tour, sur le modèle des œuvres de Kodai, principalement d'après celui de la tasse connue sous le nom de Rakou-kodai, qui est elle-même la reproduction d'anciennes poteries coréennes. La couleur de la terre est d'un blanc-grisâtre, mélangé à la couleur Kawaraki; l'émail est blanc, tirant sur un gris-jaunâtre. Le décor, qui y est appliqué en couches minces, est rouge et blanc sur toutes ses faces ; l'éclat, sans être diaphane, se manifeste davantage dans la partie inférieure. Le mérite de cette pièce est à peu près le même que celui des œuvres fabriquées à Ochigata. Elle n'a pas de craquelures ; la terre en est très-fine et dure. Elle est lourde relativement à sa dimension: son poids est de 22 mommés. Elle porte le cachet de Kôdai dans un de ses angles et celui de Makoubei sur la boite qui la renferme. C'est une imitation faite avec goût de la tasse Korai d'Awada.
La pièce Kibissou, représentée par la figure V, est aussi une œuvre de Makoubei, qui l'a façonnée à O-chigata. Elle n'a.point de craquelures; la terre est très fine et dure; le poids est élevé (22 mommés). A l'un des angles se trouve le cachet de Kodai et la boite qui la renferme porte celui de Makoubei. C'est une imitation faite avec goût des œuvres de Korai, d'Awada.
L'autre Kibissou, représenté dans la figure V, est également une œuvre de Makoubei, qui l'a façonné à la main à O-chigata ; l'orifice en est fait au touri La terre est blanche ; l'émail est noir et rouge, dans le genre du verre foncé ou noir; le vert et le blanc tirent un peu sur le jaune clair. L'émail a l'éclat du verre et est diaphane; il a de' petites craquelures. La terre parait être de qualité inférieure ; l'émail de l'eau, ( sur le dessin ) est d'un rouge noir. La pâte est très-fine et tendre ; la pièce pèse 41 mommés. La partie intérieure du couvercle porte, comme cachet,
le signe flj| (Makoubei), les bords du couvercle, de l'orifice et
des anses ont des arêtes vives. C'est une imitation du genre K5-chi, venu de la Chine.
Les Kibissou servent à la préparation du thé ; ils n'existaient pas au Japon avant Yoshimassa Achikaga qui les y introduisit.
Dô-hathi s'appelait primitivement Taka-hachi ; il demeurait à Gô-djô-zaka de Keichi ; il fabriqua différentes poteries qui sont toutes estimées par les potiers célèbres. Il commença à travailler pendant l'ère Bou-sei. Au commencement de l'année Ten-pô, Dô-hashi se rendit à Takamatsou (province de Sanchou) et ensuite à Himédji de Ban-chou, où il fit un apprentissage sérieux de son art ; il travailla plus tard à Momoyama, dans la province de Yamashiro, pendant l'ère de Kayé. Elevé plus lard à la dignité de Hô-kiyo, il prit le nom de Nin-ami. Mais il fit toujours usage
de celui de Dô-hathi u£j comme marque pour ses œuvres.
1. — La première année de l'ère Ten-pô date de 1836; treize ans plus tard (1849) commence l'ère de Kayé.
EXPLICATIONS DES FIGURES
La tasse à thé représentée dans la figure VI est une œuvre de Dô-hathi, qui a imité dans la forme qu'il lui a donnée celle de Rokou-yakiy qui est également émaillée de noir. La terre est d'un blanc-grisâtrq ; l'émail est noir, mêlé de amé-iro (rouge foncé) et non diaphane; le décor représente le Fusi-yama. On y a exceptionnellement employé l'émail blanc. Les autres décors sont jaunâtres. Cette pièce, de grande dimension, a des craquelures moyennes ; elle est d'un éclat vif et transparent» La pâte est de qualité inférieure, mélangée de sable. Le poids de la pièce est considérable (83 mommés). La signature de Dô-hathi y est gravée à côté de celle de Kô-dai.
La tasse à thé de la figure VII est encore une œuvre de Dô-hathi, faite au tour ; sa forme est imitée de celle de Nin-sei ; la pâte en est blanche ; la couleur tire un peu sur le Katvaraki et le (gris) Nézoumi; l'émail est de la même nuance, un peu endommagé et craquelé. Les décors sont de différentes couleurs , noir, rouge, vert, gris, or, etc. La pâte est tendre, comme celle des Katvaraki et très-fine ; elle pèse 65 mommés. La tasse porte
le cachet de Dô-hathi avec un fera (espèce de spatule), et à côté celui de Kô-dai.
Le Hashi représenté par la figure VIII est également l'œuvre de Dô-hathi, qui l'a fait au tour, en imitant la méthode de Ken-zan. La terre est blanche, l'émail est jaune foncé mêlé de gris. Comme dans les vases de Corée, il se trouve quelques touches rouges dans le décor. La partie inférieure du vase est couleur de feu, semblable au tiyo-ssenyaki. L'émail est un peu détérioré; il est transparent et a des craquelures. Le décor est exécuté partie en noir, partie en bleu, blanc et jaune ; la nature de la pâte est tendre et poreuse comme celle des Kawaraki; la pièce pèse 33 mommés. Le fond porte comme marque le caractère Dô-hathi.
Rokoubei s'appelait autrefois Chimézou ; il demeurait à Godjo-ka, dans la province de Kei-chi. Il s'occupait de la fabrication des poteries en tous genres, même de celles dites de fantaisie. Il mourut entre les ères de Boun-sei et de Tem-pô. Il employait comme marque le caractère fàs et gravait à côlé le mot Rokoubei, suivi d'un fera (espèce de spatule).
EXPLICATIONS DES FIGURES
La tasse à thé représentée par la figure IX a été fabriquée par Rokoubei qui a cherché à imiter le genre de poteries jaunâtres dites irapô, venant de Corée. Elle est fabriquée au tour ; la couleur de la terre est mi-partie blanche, mi-partie Kawaraki ; l'émail est jaunâtre, légèrement mêlé de Kawaraki et transparent ; la pâte, mélangée de sable, est de qualité inférieure et dure ; le poids est considérable (58 mommés). La marque de la pièce est le signe Kôdai-Rokoubei, accompagné d'un fera.
Le Kô-gô représenté par la figure X a été également exécuté à la main par Rokoubei; la couleur de la pâte et de l'émail est grisâtre ; la pièce a de l'éclat et est diaphane , bien que l'émail n'y soit appliqué que par cpuches minces. L'intérieur en est également émaillé ; la pièce a des craquelures ; le décor est en émail
rouge noirâtre et de place en place il s'y trouve quelques louches d'un blanc tirant sur le jaune. La pâte est très-fine et excessivement dtfre. La pièce est légère, (57 mommés) ; le fond porte pour
marque le caractère ^|\.
On appelait aussi cette pièce Foukoura-souzotmi (forme de moineau), parce* que la forme rappelle celle de cet oiseau ; on lui donne aussi le nom de Ningiyo-nara, à cause du décor où se trouve également représenté ce personnage.
Le potier nommé Yé-rakou était primitivement un simple ouvrier en baignoires de terre. Les tiya-zin étaient ceux qui enseignaient au Japon la préparation du breuvage provenant des feuilles de thés; cette classe d'individus était très-estimée dans le pays, par suite des profondes connaissances qu'ils avaient de la matière. Châ-kô et Dgiô-o vinrent chez Yé-rakou pour juger de son habileté dans l'art de construire les fours. C'est à cette époque qu'il commença celui de Nara. Les descendants de Yé-rakou portèrent successivement les noms de Nichi-moura, de Jô-in, et de Zen-gorô. Nichi-moura est aussi le nom du village habité par Yé-rakou quand il eût quitté sa résidence de Kiyô, à Nichi, dans la province' de Nara. Cet artiste s'occupait exclusivement de la fabrication de la poterie ; il ne lui donnait même pas l'émail ; il se distingua particulièrement dans la fabrication des Karaké, sorte d'objets qu'on voit dans le temple du dieu Kassouga. Malheureusement, il mourut jeune, le 21 mars de la l re année de Yé-rakou. Sa descendance immédiate prit le nom de Nichi-moura. La deuxième génération prit le nom de So-zen. Il transporta sa résidence de Nara à Sakai. Il employa comme marque de ses produits le mot Ka-nai (le Ka-nai est un appareil dans lequel on renferme le Nabé et le Dobin (vases qui servent à faire bouillir l'eau). So-zen mourut au mois de novembre de la 3 e année de Bun-rokou. La troisième génération prit le nom de Hô-zén, Zengo-rô;' son chef fixa sa résidence à Tsoudji-ki, à Chimo-kiyô-rokoudjiô- nichi -no- tôijn de Kei-chi, près Sakai, dans la province de Sinchiou; il s'établit plus tard à Kami-kiyô-fouroumachi Kamitachi-ouri an-
rakou-kôdji, qu'on appelle aujourd'hui Fourono-kôdjL II y resta jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 2 février de la neuvième année de Ghénna. Le cachet en cuivre de Sosen a été fait par Yen-chou Kobori ; on ne parle d'aucun de ses autres descendants, à l'exception du onzième, qui s'appelait Sô-zen Zengo-rô, lequel exerça son art à Zen-ichirô. Le fils de Sô-zen, s'appelait Biyo-zen Kengô-rô ; il se consacra spécialement à la fabrication des poteries appelées Kôchi-yaki, faites sur le modèle de celles de Chôn-zui. Les décors qui recouvrent ses productions sont connus sous le nom de Sometsouki, d'A-odji et de Kinrandé. Cet artiste avait appris de son père à fabriquer différents genres de poteries ; il décora lui-même celles qu'il produisit. Dans la deuxième année de la dynastie de Boun-sei, Takougawa, l'ancien prince de la province de Kichou , lui donna le nom de Ilo-zen ; il lui commanda des poteries qu'il lui fit exécuter dans des fours construits devant le parc de Nichihama qui se trouve dans celte province. Ces poteries sont connues sous le nom &Oniwa-yaki de Kichou, Peu de temps après, ce prince lui conféra les insignes d'or et d'argent de Ka-hin-si-riô et lui accorda l'autorisation de prendre le titre de Yé-rakou. Cette faveur stimula son zèle ; il se mit à fabriquer des poteries de toutes sortes et parvint bientôt à exceller en toutes; sa renommée comme artiste lui acquit les bonnes grâces de la noblesse et des personnages riches de l'époque, entr'autres de Mitsoui-Oudji . Ses relations lui permirent alors d'acquérir une foule de notions nouvelles ; il essaya de copier les produits les plus marquables en tous genres et y réussit • Ses œuvres appelées Dji-tô-ki sont imitées de celles de Tô-dis, qu'on désigne aussi sous le nom de Yé-rakou, La maison Ta- ' katsou-kassa se procura secrètement quelques-uns de ses produits, entr'autres une poterie appelée Yô-meiro dont la maison Kon-iké était propriétaire; mais ne pouvant parvenir à exécuter celte sorte de poteries, elle lui donna l'ordre de les fabriquer pour son compte. La famille de l'empereur Arisou-gawa Assahito lui donna ccfmme marque le mot Tô-kin-ken, c'est-à-dire « bienfaiteur de la poterie ». A partir de celte époque, il étudia l'art d'appliquer
l'émail, apprentissage qui lui fut Irès-couteux pour arriver à le faire avec talent. En Avril de la septième année de Kayé, sa maison fut brûlée dans un grand incendie. Se trouvant dans l'impossibilité de la reconstruire, faute de ressources, il se rendit à Enan, dans la province de Yé-chou, et établit un four dans le jardin du palais appelé Yen-nan-inkiou. Après un séjour d'un an dans cette ville, il vint à Tokio, dans l'intention d'y travailler pour son propre compte; malheureusement la mort l'emporta subitement après un voyage qu'il venait de faire dans sa patrie. Ses descendants contemporains sont du 13e degré ; ils portent le nom de Tokou-zen.Zengo-rô. Celte famille demeure actuellement à Kyoto, Ithidjo Sagaroa-kôdji abou-ra, et y continue à exercer la même profession.
Le Fourô est un récipient en bois renfermant de la cendre et du feu et destiné à recevoir la bouilloire à thé (Kama) ; ces fourneaux portatifs étaient principalement employés par les Tiyozin (professeurs de thé) . D'après le « Tiya-kiogo-kan » , recueil qui traite de la manière de préparer ce breuvage , la forme en est ronde. Un autre genre appelé Theiro (fourneau supporté par un trépied) avait une forme différente. Dô-sou avait dit à Ghenwachi que le fourneau appelé Fourô avait la forme du ciel et de la terre et que le deuxième fourneau appelé Theiro était monté sur un trépied fixe muni de deux anses ; le fourneau et le Kama ne forment ensemble qu'une seule et même pièce. L'appareil est percé de deux ouvertures, placées l'une en face de l'autre, pour donner issue à la fumée et aux cendres ; c'est pour cette raison qu'on l'a nommé Fourô (mot qui signifie à double courant d'air). 11 existe encore un autre genre de fourneau dont le Kama occupe la plus grande partie et qui est également supporté par un trépied, ce qui donne plus d'aliment au feu. Les fourneaux appelés Tan-rô et Kê-rô sont construits en terre, mais ils sont privés de l'orifice nommé lenzo dont il a déjà été question ; c'est pourquoi on laisse une petite distance entre le four et le Kama, afin d'activer le feu. Le tiya-zin est une ouverture pratiquée en avant du fourneau; elle s'appelle aussi Fô-até Fourô (fô-até
signifie armement), armeture ou proprement dit bouclier, mais le mot n'a pas ici celte dernière signification. La garniture de ce iô-até est en fer.
Nara était la résidence de Itoyé-kami, de la province de Yamato . C'était l'ancienne capitale du Japon ; elle porta aussi les noms de Nérakou, Nanto, etc. Le four où se fabriquaient les poteries de Nara s'appelait Nara-fourô.
La première année de Yé-rokou tombait en 1557 et la troisième année de Boun-Rokou en 4595.
San-sai s'appelait Tada-oki Hosso-kawa et son titre honorifique était Yé-tiu-no-kami ; il fut élevé à la dignité de conseiller d'Etat. Son père s'appelait Nieu-dô-jhen chi-hô-sen-kansai-nagaoku-fei-oku-tu-û foud-dji-tika ; il vivait sous l'ère de Ghenwa ; dans la sixième année de cette ère il se fit raser la tête et prit le nom de Sô-rien. Il mourut le 2 décembre de la deuxième annéee de Chô-hô et fut enterré sous la lanterne en pierre qui se trouve dans la forêt située derrière le temple appelé Kô-sôin. Cette lanterne, que Ri-kiu affectionnait particulièrement, fut donnée en héritage à Sansei, et celui-ci la laissa sur le tombeau de son père. Sô-rien avait appris à Ri-kiu l'art de préparer le thé. Il était gouverneur de la province de Ohigo, dans la sixième année de l'ère Ghenwa, c'est-à-dire 256 ans avant l'époque actuelle. La dixième année de Boun-sei coincide avec l'an
Yé-rakou était le nom de l'ère de Méi et de Tiyô de Chine. A cette époque, l'art de la poterie était plus en faveur que jamais, et l'on en fabriquait de très-belles et de très-variées.
La septième année de calendrier Kayé concorde avec l'année 4853 de notre ère.
Hô-zen était l'élève des bonzes du temple appelé Tô-lieu Kobai-in ; il était également attaché à un temple appelé Dai-tokou-dji, situé dans la province de Yamashiro. Il n'était que peu initié aux rîtes religieux, et ne connaissait pas les livres saints d'idare. Mais c'était un potier fort habile ; aussi son professeur lui donna-
t-il comme élève son fils adoptif, Nishimoura. Bien que Yé-rakou ait la réputation d'être le premier fabricant de l'ère de Yé-rakou, de l'époque des Min (dynastie chinoise), les poteries de Sô-zen lui étaient supérieures sous tous les rapports. De nos jours (ou peu de temps avant nous) les produits de Sô-zen ont joui d'une vogue extraordinaire à cause de leur beauté; celles qui sont le plus recherchées sont les Okadji-kinga, faites à l'imitation des poteries de Kotchi (district de Chine). Akazawa nous apprend que Sô-zen fit des essais d'émail sur ses poteries ; il avait appris les secrets de la chimie de Takano-liyô-yé qui était lui-même élève du savant Chinsai Oudagawa ; celui-ci le garda chez lui pour l'initier à sa science.
EXPLICATIONS DES FIGURES
La tasse à thé représentée par la figure XI a été fabriquée par Yé-rakou et Sô-zen, qui se sont guidés sur les poteries de Nin-sei ; elle est faite au tour ; la couleur de la terre et de l'émail est d'un blanc-bleuâtre ; son éclat est transparent et a des craquelures fixes ; le décor est en or, rouge, vert et jaune-clair ; mais c'est le vert et le jaune qui dominent. La pièce est fine et très-dure ; elle ne pèse que 56 mommés. Le signe (fr) est empreint à la partie inférieure de la tasse.
Le Kô-gô, de la figure XII, est une œuvre de Sôzen imitée des poteries de Kochi (district de Chine). Elle a été faite au moule ; l'intérieur seul du vase est tourné. La terre est d'un blanc bleuâtre ; l'émail est vert-jaunâtre il a un éclat vif, et un peu transparent ; le vase est craquelé jusqu'au fond, qui est lui-même complètement uni. La pièce est très-petite; la pâte en est dure. Elle pèse environ 26 mommés, et porte au fond comme marque le signe (||).
Le potier nommé Yôssa demeurait à Godjô-zuka et fabriquait des poteries de toute espèce absolument comme Rokoubei. 11 se servait comme marque du signe &) (Yossa) pour signer ses œuvres ; il vécut entre les dynasties de Boun-ka et de Kayé.
Le Konko (espèce de fourneau) représenté par la figure XIII a été fait sur le modèle de Michimadi ; il est tourné. La terre est d'un blanc-bleuàtre tirant sur le gris; l'émail est jaune, tirant également un peu sur le gris ; son éclat est transparent. La pièce est craquelée et émaillée à l'intérieur comme à l'extérieur. La pâte de ce genre de poteries est en général fruste et grossière; le poids moyen de la pièce ne dépasse pas 20 mommés. Le signe <&> est empreint au fond comme signature. Dans l'intérieur se trouve un Konro sou-yaki (dessin de feu). La terre est blanche et la pâte tendre. La pièce pèse 43 mommés.
Le Kô-gô représenté par la figure XIV est également une œuvre de Yossa, qui l'a imitée de celles de Nin-sei. Elle est faite au tour ; la terre est d'un blanc-grisâtre, tirant légèrement sur le Kawaraki; l'émail est de la même couleur ; son éclat est transparent et a des reflets bleus ; l'intérieur du vase, le couvercle et l'orifice sont également émaillés, mais le fond ne l'est pas. La
pièce est très-fine, dure et pèse 17 mommés. Le signe &J s'y trouve au fond comme marque.
Zorokou portait autrefois le nom de Machimitsou ; il demeurait à Godjô-zaku (Kyoto). 11 s'occupa de la fabrication de toutes sortes de poteries ; ses œuvres sont remarquables par leur fini et leur originalité. Il a emprunté le style des poteries de la Corée,
de Sei et d'Annan ; il fit usage comme marque du signe Œ> ; il
vécut depuis l'ère Boun-sei jusqu'à la dixième année de celle de Méidji.
La tasse représentée dans la figure XV a été fabriquée par Zorokou, à l'imitation des poteries appelées Gocho-rakou, appartenant au style coréen ; elle est faite au tour ; le Kô-dai est à six angles façonnés au fera (espèce de spatule en bambou) ; la couleur de la terre est celle du KaivaraM tirant sur le gris ; celle de l'émail est d'un blanc ressemblant au plumage de l'oiseau nommé Hibaki, et légèrement rougeâtre; il n'a ni transparence ni craquelures. La qualité de la pâte est très-fine et dure ; elle lient
le milieu entre la pierre et la terre ; la pièce pèse 70 mommés ; elle porte en dessous le signe (Ip comme marque.
Le Soi-léki (vase destiné à contenir de l'eau) représenté dans la figure XVI est une œuvre de Zô-rokou, qui l'a imitée de la porcelaine appelée Ko-pun-kakou, de fabrication coréenne ; elle est faite au tour; la terre est brune et l'émail bleu tirant sur le gris ; son éclat n'est pas transparent ; elle est également émaillée dans l'intérieur qui est craquelé. Ce vase a la forme et la qualité de la porcelaine appelée hibari (cigogne) ; il est fait au moule ; l'émail intérieur a la même couleur que l'émail extérieur ; l'anse et les pieds sont d'un bleu-clair. La pièce est d'une pâte très-dure et légère ; elle pèse à peine 18 mommés.
On sait que les premiers Odoyaki ont été fabriqués par un Coréen du nom de Chô-harou, artiste en porcelaine venu au Japon avec Mototchika Tossokabé, ancien prince de la province de Tosa, à l'époque ou Hidéyoshi fit son expédition contre la Corée. Il fixa sa résidence à Olo, près de Kotchi, dans la province de Tosa et y fabriqua une grande quantité de porcelaines. La terre et la matière nécessaires pour remaillage de ses produits furent apportés par lui de Corée au Japon. La couleur de la pâte de ses poteries ressemble au Kawarakiro (blanc-rougeâtre) ; l'émail a la nuance clair-de-lune ; il n'est pas transparent ; la qualité de la pâte est fine, tendre et mince comme celle de papo. Les poteries fabriquées avec la terre de la province de Tosa sont d'un blanc rougeâtre tirant en partie sur le jaune ; l'émail est de la môme couleur, mais il n'est pas diaphane ; la pâle est tendre. Le décor de la porcelaine est mêlé d'or, d'argent, de vert, de jaune clair, etc., comme celui des pièces fabriqués par Nin-sei. La terre employée pour ces porcelaines provient de la montagne appelée Noôssa-yama éloignée d'une lieue dans la direction ouest de Kotchi ; elle a été découverte par Chôhakou. Le four provenait de Chôhakou ; dans le four de Kawarahi on fabriquait les poteries qui portent ce nom on croit que les décors d'oiseaux et de sapin appelés chebari ont été cmaillés en relief par Motonobou. Cho-
bakou s'occupait en même temps de la fabrication des poteries Aawaraki. Il transféra plus tard son four sur le Noôssa-yama.
La porcelaine moderne appelée Otoyaki est d'un blanc bleuâtre tirant sur le pourpre et n'est pas diaphane. Cho-bakou fabriquait également le Kawaraki appelé Katvaraki d'Oto. Imada, de Tokei, en confectionnait aussi qu'on nommait Katvaraki d'Oto.
1. — L'endroit appelé Otô se trouvait dans l'ancienne ville de Kolchi, dont la distance est de deux lieues japonaises de la citadelle du môme nom. Il y avait là un village appelé Otsou, qui porte également le nom d'Oto.
2. — L'invasion de la Corée par Hidéyoshi eut lieu il y a deux cent quatre-vingt-seize ans, dans la première année de Boun-rokou. Une deuxième invasion eut lieu cinq ans après, dans la deuxième année de Kei-tiyô. D'après l'histoire de Mototchika, dont les noms primitifs étaient Hâta et Tiyôssokabé, ce personnage fut élevé à la dignité de générai de Hidéyoshi ; il descendait en sixième ligne de la famille de Ko. Il demeura d'abord dans la province de Shinano et porta le nom d'Hasa-oudji du temps du çègne de l'Empereur Tienai. Vingt et une générations de cette famille se succédèrent jusqu'à Makothika, dont le père, appelé Djoukakou, demeurait à Tochou. Dans la quinzième année de Tenchô, Mototchika se soumit à Hidéyoshi le 28 septembre de la quinzième année de Boun-rokou. Il s'était emparé de six provinces, y compris celles d'Awadji et de Kichiou. Après avoir tenu le sceptre pendant trente-sept ans et conquis tout le Japen ; il reconnut le pouvoir de Hidéyoshi son ami. Il aimait les exercices de la lutte et la littérature, Quand Hidéyoshi vint à Djou-rakou, son palais de plaisance, Mototchika commença à composer des poésies. Il mourut à l'âge de 61 ans.