‹ Kwan-ko-dzu-setsu: Art céramiqueChapitre 16 sur 17 · Chôhakou fut le maître de Nin-sei · texte numérisé non relu

Chôhakou fut le maître de Nin-sei

4. — On lit dans le livre appelé «. Gakô-ben-ran » (traité sur l'art de la peinture) que le descendant de Motonobu se nommât

Chirodjiro ; il fut élevé à la dignité de Hôgan-Yelchizenno-kami Oyénotsuké, et s'appela alors Yéssen et Giyo-kou sen. Il mourut à l'âge de 34 ans dans la septième année de Yé-rokou (1569).

La tasse à thé représentée par la figure XVII est l'œuvre de Chôhakou ; elle a été faite au tour ; la terre et l'émail sont d'un blanc rougeâtre, tirant sur le gris. L'émail n'est pas transparent ; il est finement craquelé et un peu endommagé. Le décor est rouge, or, blanc, vert, noir, etc. Le rouge domine, même dans l'intérieur ; le vert et le blanc sont légèrement transparents. La pâte est dure et fine ; la surface est également transparente. La pièce pèse 65 mommés.

La tasse à thé représentée par la figure XVIII est également un Otoyaki, qui ne date que d'environ vingt ans ; elle est faite au tour ; la terre est d'un rouge blanc, légèrement grisâtre ; l'émail est de couleur de feu un peu pâle, tirant sur le giis et le jaune. La pièce a un éclat vif; elle n'est pas transparente ; l'émail un peu détérioré a des craquelures très-fines. Le décor est blanc mêlé de noir et de jaune ; le blanc domine. La pâte est fine et dure ; la pièce a un poids d'environ 45 mommés.

L'inventeur de la poterie de Banko-yaki est un élève de Kenzan ; il travailla d'abord à Kioto et vint fixer sa résidence près de Tokio, vers le courant de l'année de Hôléki, dans le village de Kommé. Il se livra à l'industrie de la fabrication des poteries et chercha surtout à imiter le genre chinois, adopté sous la dynastie des Min, dans l'année Manréki. Dès l'année An-yé, un potier du nom de Nakazawa Namizayémon découvrit l'émail chinois ; c'était au temps de la dynastie des Sai. Un nommé Dgioukkindé Banko lui avait appris le secret de la composition de cet émail, qu'il employait pour ses propres œuvres. Les pièces provenant de cet artiste portent généralement le nom de Ko-banko (vieux banko ) et

comme marque elles ont le signe (S)

Vers l'année Ten-mè, appelée par Matsoudaira Elchiou-no- Kami Sadanabô, Banko se rendit à Kouwanâ, chef-lieu de la

province d'Isé ; puis il vint à Kyolo et retourna ensuite à Kouwana où il vécut jusqu'à sa mort. Aujourd'hui encore, ses descendants demeurent dans la première rue de DaHtchimarou ; ils sont connus sous le nom de Yamada Yossi-nobou; mais ils ne fabriquent plus de poterie.

Un siècle plus tard vivait à Kouwana un individu nommé Mori Yousetsou ; son père, marchand de vieux papiers, trouva un jour dans des paperasses la formule d'un procédé pour la composition de différentes couleurs et vernis pour la poterie, procédé employé autrefois par Ko-banko pour la confection de son émail. Mori Yousetsou attachant un grand prix à cette découverte voulut eu tirer parti; il consacra des jours et des nuits à étudier la fabrication de la poterie, et bientôt ses efforts furent couronnés de succès. Il joignit alors à son nom de Yousetsou celui de Banko. Lorsqu'il apprit qu'en Chine, sous la dynastie de Sai, on imprimait des décors sur les théières, il commença à imiter ce procédé ; il créa lui-même des dessins où figurent des oiseaux volant au-dessus de l'eau ( amariôo ), et fit mouler ces dessins, afin que l'empreinte se fixât sur la poterie ; il fit également usage du moule pour la fabrication de ses théières, dont le dessin parait tant à l'intérieur qu'à l'extérieur tout-à-fait semblables à celles de Nin-sei. Bieu que ces théières soient moins épaisses que celles des Chinois, elles sont cependant aussi lourdes ; ce sont du reste les premières qu'on ait laites au Japon à l'aide du moule.

Fouyéki, frère cadet de Yousselsou, s'appelait aussi Yohei ; ce fut un potier bien plus habile que son frère. La théière fabriquée par Yousselsou a l'anse quadrangulaire ; Fouyéki au contraire préférait donner aux siennes des anses de forme cylindrique. Il y a environ quarante-cinq ans que Youssetsou a commencé à fabriquer la poterie ; sa première pièce peinte n'a été faite que dix ans après. Le descendant de Youssetsou, Mr. Mori-Yogozoémon, demeure, actuellement à Kouwana où il exerce aussi la profession de potier.

1. — Banko apprit la manière de préparer le thé de Harasosossa, qui était le fils adoplif de Riorîn et fils naturel de

Chissada-Sozen, maître de chanoyou ; il porta aussi les noms de Hakkosai-Riouken et de Houriousai. Ce fut, après Sôlan, le professeur de thé le plus célèbre. Il existe encore un grand nombre de vases à thé qu'il a fait fabriquer qui font d'admiration de tout le monde et sont très-recherchés ; il mourut le 25 juin delà quinzième année de Kiôkô (1733), à l'âge de 53 ans.

2. — Kenxan ,' appelé aussi Ogala Sanno, demeura d'abord à Kyoto, puis dans le village de Nakoutaké ; il fixa plus tard sa résidence à Tokio. Il mourut dans la troisième année de Kampo, à l'âge de 83 ans (1643). Kenzan aimait beacoup la peinture ; il fabriqua des poteries pleines de goût.

3. — La première année de Hôréki correspond à l'année 1751 de l'ère Européenne ; la dynastie Hôréki a duré vingt-etun ans ; cette ère fut suivie de celle dite de Anyé, qui dura neuf ans , et après laquelle vin} l'ère de Tem-Mey.

4. — Matsoudaïra Yetsu-no-Kami était d'abord « daimio t> de Sirakawa, capitale de la province d'Oshiu ; il devînt ensuite prince de Kouwana, capitale de la province d'Isé. ïl ajouta alors à son premier nom celui de Rakan. Pendant l'année de Tem-Mey , il devint premier ministre du Shogun et eut alors un pouvoir illimité. Il aimait la retraite et l'étude , et s'occupa beaucoup d'antiquités. Il se. fit une dizaine de collections d'objets curieux de toutes sortes. Il aimait également beaucoup les livres et avait une bibliothèque très-riche ; il fit venir chez lui le potier Banko, dans le but unique d'augmenter les revenus de ses domaines, en y faisant fabriquer des poteries.

Le pot à fleur de la figure XIX est une œuvre due à cet artiste ; il date d'environ quatre-vingt-dix ans, ce qui fait supposer qu'il a dû être fabriqué dans le courant de l'année Kansei. Il ressemble aux poteries chinoises appelées Dgioukkindé, fabriquées sous la dynastie de Saï. Il est fait au tour (rokouro) ; la pâte est couleur de brique nuancée de feu, et provient de la terre de la province d'Isé ; l'émail

est d'un blanc verdâtre à l'extérieur et tout-à-fait blanc à l'intérieur ; il est brillant mais non transparent. Les faces du pot sont ornées de médaillons sur fond blanc. Le Kawada , dans la poterie de Kyoto, ressemble beaucoup à cet émail. Le dessin est or, rouge, blanc verdâtre, châtain, vert, jaune, carmin, rouge et blanc. Parmi ces couleurs le blanc, le jaune, le vert foncé, le vert clair, le rouge et le marron sont appliqués en couches épaisses, dont une grande partie sont assez saillantes. Sur les deux côtés du col se trouvent des fleurs de prunier et sur la partie moyenne on voit des plantes chinoises et des papillons; ces derniers y ont été appliqués après coup, par conséquent après la première cuisson. Le fond du vase porte la marque de Banko.

La pièce représentée par la figure XX, appelée Katakouthi ou vase à bec, est l'œuvre de Banko ; sa fabrication remonte au siècle dernier ; elle date donc de l'ère Tem-Mei ; elle parait également avoir été imitée des poteries chinoises du temps de la dynastie de Sai appelées Ninghiyô ; elle est faite au tour ; la pâte est d'un jaune sale, ce qui donne à croire que les matières premières employées à sa fabrication proviennent de la province d'Owari ; l'émail est de la même couleur que la pâte ; il n'a que peu de brillant, n'est ni transparent ni craquelé et la couche en est légère ; le dessin est fait au trait ; la nature de la pâte est fine et dure ; le vase est lourd ; il pèse 31 mommés ; il porte au fond la marque de Banko.

Le Kaugan (vase à parfums), représenté par la figure XXI a été fabriqué par Banko; il date d'environ cent vingt ans; il a dû en conséquence être fait vers l'année de Hôréqui. On l'appelle Banko oriental, car il est imité de la poterie de Kôci-kokou. La pâte en est blanche; l'intérieur et le fond du vase sont recouverts d'émail blanc, mais celui de la partie extérieure est d un vert jaunâtre, sans éclat ; la pâte est fine et légère ; il pèse 24 mommés et porte la marque de (m\.

L'Oki représenté par la figure XXII est l'œuvre de Soussetsou ; il est fait au tour ; sur sa paroi intérieure on distingue des empreintes

faites au doigt; la face extérieure est rugueuse; sur la parlie postérieure de la pièce est appliqué un morceau de toile, ce qui lui adonné l'apparence d'un tissu. La terre est d'un gris cendré; l'émail est légèrement jaunâtre et transparent. La nature de la pâte est pierreuse, ce qui donne à la pièce une grande dureté ; sa densité est moyenne et son poids est évalué à 70 mommés. A la partie inférieure et au dehors se trouve la marque |gy).

L'époque vers laquelle on a commencé à fabriquer les Yokditchiyaki remonte à la troisième année de Kôka ; le premier four a été construit à cet effet à Okoura-gawa-moura, l'un des villages de la province d'Isé. La terre employée pour la fabrication de ce genre de poteries, appelées Yu kihira d'Awada-yaki, provient d'une localité nommée Kossinet d'Outsou-moura Okayama. Les tasses à thé qu'on y a fabriquées sont appelées Setoss-kessakou-notchôbokou. On en expédiait tous les ans à un des personnages de rang inférieur de la cour de Tokougawa, appelé Takahara- Tohei, demeurant à Tokio, dans le quartier de Hongo, près du premier pont; mais à partir delà première année de Méidji, l'écoulement ne s'en faisant plus facilement, on n'en fabriqua presque plus et l'on commença à vendre des théières imitées de celles de Banko, et fabriquées à Yokaitchi.

3. — L'origine de la fabrication des poteries dites Bankoyak i à Yokkaitchi est dû aux circonstances suivantes : un habitant de Nagasima-moura, l'un des villages du district de Kouwana , en examinant l'intérieur d'une théière , œuvre de Banko Youssetsou, s'aperçut qu'elle avait été fabriquée au moule; il comprit aussitôt qu'il fallait employer ce procédé pour la fabrication des Banko-yaki. Il corrompit un des meilleurs ouvriers de Mori Youssetsou, auprès duquel il s'enquit du secret de la fabrication des Bankoyaki et apprit bientôt qu'un habitant du même village, du nom de Koumadzo, était l'auteur des moules employés autrefois par Banko. Il se fit enseigner par lui la manière de les faire et réussit enfin à fabriquer des Bankoyaki, d'abord à Nagashima-moura, puis plus tarda Yokkaitchi.

Le pot à tabac de la figure XXIII date de la 4* année de Meidji. C'est l'œuvre d'un habitant de Yokkaitchi appelé Doï-Keïssouké , qui demeurait dans la rue de Minami. Cette pièce fabriquée partie à la main, partie au moule, représente un assemblage touffu de feuilles de lotus ; la couleur de la pâte est marron ; le fruit et le fond sont de même nuance ; la tige est verte et brillante mais non transparente ; la fleur est rose ; les couleurs de l'émail ne sont généralement pas très belles ; la pâte est dure et lourde ; le poids de la pièce est évalué à 430 momnés. Cette poterie a élé fabriquée de façon à imiter autant que possible la mobilité du feuillage. Le modèle est assez joli, mais il manque de grâce.

L'invention des Koutaniyald remonte à un des ancêtres du prince de Daichôji, appelé Mayéda Tossiharou, qui eut l'idée d'en faire fabriquer après en avoir fait l'essai à Ouetoni-moura, village de la province de Kaga, son domaine. Il fît commencer la fabrication de ces poteries en grand et en confia la direction à un certain Tamoura-Gonzaémon ; mais celui-ci, très -incompétent dans la matière, n'y réussit pas ; son successeur, Mayéda Tossiaki, en fit continuer la fabrication et suivit à cet effet les conseils de son père. Il envoya un ouvrier appelé Gato-Saïjiro à Karatsou, capitale de la province de Hizen, afin de lui faire apprendre les procédés en usage dans cette localité pour la fabrication des poteries et se trouva bientôt en mesure de développer cette industrie. Quant aux décors, il les faisait dessiner par un peintre nommé Kano Mori- Kaké. La terre employée pour la pâte était du village d'Yotsoumoura; les matières premières de la peinture provenaient également des environs de ce village. Les poteries qui y furent fabriquées s'appellent Kô-koutani-yaki (vieux Koutani-yaki).

Quelque temps après, la fabrication de ce genre de poteries fut complètement abandonnée et ne fut reprise que vers le mois de juin de la 7 e année de Bounqua par un négociant de Daïchodji matchi (nom d'une rue) qui s'appelait Yossi-daya Denyémon. Celui-ci fonda à Koutani une fabrique de poteries et reprit le genre qu'on faisait jadis en cet endroit ; il confia la direction des travaux à Miyamoto.ya Ouyémon. On n'avait jusqu'alors appliqué

sur les poteries que des dessins bleus, à l'imitation de ceux qui se trouvent sur les Kotchi (nom d'une certaine genre de porcelaine), et on donna le même nom aux poteries fabriquées dans le four de Yossidaya. Vers la 11 e année de Bounqua le four de Konta-moura fut transporté à Yamashiro-moura dans le même district. C'est là qu'un peintre du nom de Yidaya Pathi-yémon parvint à se procurer un modèle chinois d'une peinture noire qui se trouvait dans un des magasins du temple de Kibi-no-miya, dans le district de Tsourouga, province de Yétchizen. Ce fut une révolution dans la peinture des poteries ; dès lors, on s'appliqua à faire des dessins de toutes couleurs, surtout en rouge, et les poteries furent cuites dans le four de Hathirôo. Mais pour différents motifs, on cessa au bout de quelques années ce genre de fabrication. Elle a été reprise aujourd'hui par un descendant du prince de Daïchodji , nommé Tsoukaya-Àshashi; c'est le cinquième fabricant des Koutani-yaki.

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