‹ Kwan-ko-dzu-setsu: Art céramiqueChapitre 6 sur 17 · Le Meibutsuruiju dit Katoshirozayemon au lieu de Shiro · texte numérisé non relu

Le Meibutsuruiju dit Katoshirozayemon au lieu de Shiro

yemon.

(f) On appelle ainsi les traces laissées sur la face extérieure du fond du vase par le mouvement du fil avec lequel on coupe la pièce "à sa base, quand on a achevé de la façonner au tour.

(% Le village de Setho, situé dans le district de Kassuga, a possédé d'habiles potiers depuis les temps les plus reculés, et ses produits s'étaient répandus dans tout le pays. De là, l'habitude d'appeler Sethomono toutes sortes de poteries. Un auteur, se fondant sur l'étymologie du mot Setho dit que ce devait être le village de Tokonabe-mura actuel, voisin de la côte et faisant partie du district de Chiki. En effet, cette localité était et est encore un centre important pour l'industrie céramique et les fouilles exécutées dans les montagnes voisines donnent lieu à de fréquentes découvertes d'anciens vases.

3. — Le Chaire, ou pot à thé, s'appelle aussi Kiuko. Kiu signifie : prendre, mettre, et ko est défini vase rond par le Setsumon ( nom d'un dictionnaire). Ce Kiuko ou Machishi a ordinairement des anses. Les petits étaient appelés Hikichatsubo ( pot pour mettre du thé en poudre) et les grands, Hachatsubo ( pot pour mettre du thé en feuille). De nos jours on a tort d'appeler spécialement Chaire les petites pièces, et Chatsubo les grandes. Car, en fait, l'une et l'autre ne sont-elles pas également des pots à mettre du thé ? Les Chatsoubo ne sont ils pas quelquefois petits et les Chaire, souvent fort grands ? Mais il vaut mieux respecter, pour faciliter l'intelligence, des documents anciens, l'habitude que l'on a prise de distinguer ces deux sortes de Cha-ire, attendu qu'elle fait comprendre l'usage de chacune. Nous acceptons par la même raison le sens donné aux mots Kixiki et Chashaku. Le mot ire veut dire faire entrer, mettre, et a l'idée d'une action. Le caractère ko qui s'écrivait autrefois ffft lire son origine de la forme de l'objet qu'il devait représenter, ses traits supérieurs représentant le couvercle d'un pot.

4. — Les premiers pots à thé fabriqués par Toshiro à Setho imitent les styles chinois et coréen, tant sous le rapport de la forme que sous celui du vernis. Ces vases ayant été

cuits dans la position renversée, la glaçure a coulé vers leur orifice qui en restait dégarni, tandis que leur face inférieure se trouvait uniformément vernissée. Les œuvres de Toshiro avant son voyage en Chine sont de trois espèces principales, les Kuchihaguele, les Alsule et les Horidashite, tous cuits dans des fours dits Keishi et connus sous le nom de Kosetho ou vieux Setho. D'ailleurs, les trois genres sont tous de la même composition. Parmi les vases ayant l'orifice vernissé, il y en a quelques-uns désignés sous le même nom de Atsute ou de Horidashite et qu'on croit aussi être de la même époque. Mais s'ils sont de Toshiro, ils doivent appartenir à une époque postérieure à son voyage en Chine, où être l'œuvre de ses élèves. Les pièces fabriquées par lui avant son voyage ont toujours l'orifice non vernissé, et de plus elles sont ordinairement vernissées jusqu'à l'intérieur. Celles de Kxichihague, portant les traces de la glaçure qui a coulé vers la base, doivent être aussi des œuvres postérieures à son voyage. Nous ferons remarquer en passant que les vases Seiji, mentionnés plus haut, avaient toujours l'orifice vernissé. On dit que la dénomination de Kuchihaguete fut donnée pour la première lois au temps de Kobori-Masakazu.

Le Bengyokushu ajoute qu'en compagnie d'un prêtre du nom de Dôguen, desservant de la pagode de Yeibeidji (province de Yechizen ), Toshiro partit pour la Chine, dans le but d'apprendre les secrets de l'art céramique ; qu'à dater de cette époque, il se servit de creusets ; qu'il cuisait ses vases dans la position naturelle et que ses œuvres ont amené de notables progrès. Les archives de la pagode de Yeiheidji fournissent des renseignements très détaillés sur le prêtre Dôguen qui vivait sous le 84 e Empereur.

1. — Ce prêtre appartenant à la secte bouddhiste de Sâdô, était, selon le Guenkôshakusho (nom d'un ouvrage), fondateur de la pagode de Yeiheidji. Descendant d'une famille noble de Guenji et né à Kioto, il construisit une

chapelle dont il fit sa résidence et où il menait une vie pieuse et édifiante. Plus tard, il partit sur un bateau marchand, pour la Chine où, devenu disciple du prêtre Gojyô, il fut initié aux mystères de la secte de Sâdô. De retour au Japon, il s'était fixé d'abord à Fukakussa, au sud du château impérial, pour prêcher sa foi. Mais peu de temps après, il se retira à Yechizen, après avoir refusé l'offre de Tokyori, premier ministre du Shogun, qui voulait lui donner une grande pagode. Il fonda une petite pagode qu'il nomma Yeiheidji et où il composa un recueil des principes de sa religion. Il mourut à l'âge de 54 ans, le 28 du 1 er mois de la 5e année de Kencho ( 1253 ). Le Meibutsuruiju dit que le prêtre Dôguen partit pour la Chine, la 2 e année de Jôwô (1223) sous le 86 e Empereur et revient au Japon, le 8 e mois de la l re année de Antei (1227) après 5 ans de séjour.

Tôshiro, dit le Bengyokushu, rapporta de Chine quantité de terre à poterie, ainsi que toutes les matières employées pour le vernissage, et fabriqua les pots à thé dans des fours dits Heiski, à Owari. Minces, légers et bien cuits, ces pots appelés Tôbutsu attestent un considérable progrès sous le rapport de la fabrication du vernissage et de la forme, et ont immortalisé le nom de l'habile céramiste. La postérité s'accorde à reconnaître que les plus célèbres pots à thé sont pour la plupart ses œuvres. Pour reconnaître les Tôbutsu, il faut d'abord bien examiner la pâte qui est tamisée, très fine, pleine de goût et de grâce. La meilleure pâte est celle qui est pourpre ; viennent ensuite la rouge, la jaune, la grise et enfin la vermeille. On doit bien examiner aussi le ltoguiri qui varie selon les pièces et a différentes formes telles que Ron-itoguiri (itoguiri proprement dit ou allant de droite à gauche) Okoshizoko, Asirookashi, etc. Les vases dits Manyemon-yaki ne sont que des imitations de Tôbutsu et sont de fabricarion moderne, car ils ne remontent pas à 60 ans. Ces vases, d'un lustre trop vif, sont très inférieurs aux originaux ; mais, on ne

saurait trop recommander de les examiner avec soin, parce qu'il y a quelquefois des pièces si bien faites qu'on peut s'y méprendre. On rencontre aussi des imitations des vases Awadaguchi-yaki, mais elles sont très mal faites et fort grossières.

Les vrais Tobutsu ont des couleurs très variées et sont vermeils, pourpres, gris, jaunâtres, blanchâtres, etc. La première couche de vernis a la couleur de la gélatine, et la couche supérieure est noire ou jaune ; ceux qui offrent des taches blanches sur un fond d'une autre couleur, sont appelés Jakatsu. La direction du Itoguiri qui est bien tait et fin, est de gauche à droite, (Itaokoshi). Les poteries de cette période,- faites et . vernissées avec les matières premières japonaises, sont nommées Kosetho, en raison de leur style. Les grandes pièces, hautes de 4 suns et ayant la forme oblongue, sont spécialement désignées sous le nom de Osetho et très rares aujourd'hui. Leur pâte est la même que celle des précédentes. Les Osetho sont quelquefois jaunes avec Y Itoguiri bien fait. Les petites sont nommées Kosetho. Le genre Nenuke est de la même fabrication, mais un peu plus épais. Leur pâte est d'une couleur jaunâtre, à des degrés divers, selon les pièces. Elle est quelquefois grise ou tire sur le noir, mais toujours très belle et très fine. V Itoguiri est très fin et à peine visible, ou bien il porte des carrés très irréguliers. La première couche de vernis est rougeâtre ou tire un peu sur le noir, et la couche supérieure offre des taches noires très inégalement répandues. On voit quelquefois des vases au vernis de la couleur du Kaki ( fruit d'un arbre du même nom ) avec des taches noires au-dessus. Les uns ont un vernis noir ou de la couleur du Goma (sesamum orientalis) sur un fond noirâtre. Les autres ont la couleur du Kaki foncé, avec des taches noires ça et là. Quelques-uns offrent sur un fond rougeâtre des taches de la couleur de gélatine. La partie qui forme la limite entre le collet et le corps du pot, présente une ligne verte. Cette espèce de vernis appelé Noshimegusuri se trouve toujours sur les vases Nenuké. Les bords de l'orifice, arrondis et sans angles, sont très beaux. Il y a des pots qui ont des soufflures sur le contour.

Les vases Kosetho ont plusieurs formes, telles que Katatsuki, Mantsbo, Shiribukure, Nassubi, Hyotan, Mimitsuki, etc. Mais ils sont en général petits, et les grandes pièces se rencontrent très rarement.

i. — Le four Heishigama est ainsi nommé parce qu'on l'employait principalement pour cuire les Heishi (espèce de flacon).

2. — Les savants ne sont pas d'accord sur l'origine de Tôbutsu. Les uns disent que ce sont des poteries fabriquées par Tôshirô pendant son séjour en Chine, d'où il les rapporta au Japon pour les y vendre. Ce seraient, selon les autres, des vases cuits dans des fours ( Heishi ) avec les matières premières rapportées de Chine. On dit que les étrangers employaient ces pots pour mettre toutes sortes de poudres.

3. — Un prêtre du nom de Gyokudo, qui a fait un voyage en Chine, a rapporté un certain nombre de pots à thé, et ceux d'entre eux qui sont parvenus jusqu'à nous seraient ce qu'on appelle actuellement GyokudokatatsukL Cette tradition est assez importante au point de vue de l'histoire des vases Tobutsu pour mériter d'être citée ici. Ce desservant de la pagode de Saitokudji vivait dans les années de Bunroku.

4. — La poterie la plus renommée est selon le Meibutsuruiji, le Tobutsu du vieux Setho, qui ne doit pas être confondu avec les vases importés de Chine. Ceux-ci, spécialement appelés Kang, sont peu estimés. Nous croyons que ces Kang ne sont que des œuvres médiocres de potiers chinois, et étaient destinés à contenir des matières médicales. Il sont généralement grands. Les œuvres de Toshiro, faites avec les matières chinoises et appelées Tôbutsu pour les distinguer des produits chinois, sont au contraire de petite forme, dans le but de les rendre plus propres à l'usage auquel elles dont destinées. Elles attestent que le célèbre céramiste a fidèlement suivi le style chinois. Leur Itoguri, loin d'être irrégulier comme dans les Kang, est aussi

régulier que net. En général, les pièces minces imitant le style chinois sont épaisses, d'une qualité inférieure. Les pots grands et minces appelés Osetho sont assez bons. C'est à tort que Ton appelle aujourd'hui kosetho ces vases très épais, faits avec des matières chinoises et ayant le Itoguiri de gauche à droite. On devrait, pour plus d'exactitude, les désigner sous le nom de variétés épaisses des Tôbutsu. Il est en effet plus que douteux que Toshiro ait produit des vases aussi épais et aussi grossiers, après son retour de Chine, où il avait appris à faire de belles poteries minces. Bien que quelques-uns de ces vases épais semblent indiquer la main de ce céramiste, il est probable que ces pièces sont l'œuvre de ses disciples, qui les auraient faites avec des matières chinoises données par leur maître.

5. — Les œuvres de Toshiro sont connues sous le nom de Kosetho. Mr. Akatsuka dit qu'elles ont la particularité de présenter des nuances dites Uzurafu (ainsi nommées parce qu'elles ressemblent à la couleur des plumes de caille). Ces nuances sont produites par le fait que les traces laissées par le passage du tour ont reçu plus de glaçure que d'autres parties. Ces traces qui sont à peine visibles à travers la couche extérieure rehaussent en quelque sorte la beauté du vase.

Les pots dits Osetho sont grands, et minces, contrairement aux Kosetho, en général assez petits. Les premiers sont les mêmes que les Ogamate et les derniers, les mêmes que les Kogamate. Il y a très peu de Kosetho de couleur jaune, et parmi eux, ainsi que parmi les Tôbutsu, on ne rencontre que très rarement des pièces vernissées à l'intérieur. Un genre particulier de Kosetho, nommé Senbeite, comprend tous les vases qui, dans quelque four qu'ils soient cuits, offrent des soufflures produites par la glaçure exposée à l'action d'un feu trop fort. Les Tatsmoichite tirent leur nom du lieu (province de Yamato) où Kobori-Masa-kazu

les a découverts. Il y a parmi les Kuchi hafjue et les Atsuté, des pièces dont le ltoguiri va de gauche à droite ou affecte la forme circulaire. A en juger par leur ancienneté, ces pièces semblent appartenir à une époque postérieure au voyage de Toshiro ; mais leur qualité inférieure nous porte à croire qu'elles ont été fabriquées par ses élèves. ïl ne serait certes par téméraire de croire que, même après l'abandon par Toshiro de l'habitude de cuire les vases dans la position renversée, d'autres potiers moins avancés aient conservé encore cette routine.

Peu de temps après, Toshiro se rasa la tête et prit le nom de Shunkei. Les vases fabriqués depuis par ce céramiste sont faits d'un mélange de matières japonaises et de matières chinoises; car les matériaux apportés du Céleste-Empire commençaient à s'épuiser. Légers, minces et élégants, ils sont supérieurs aux Tôbutsu. Le Meibutsuruiju dit que leur pâte est verdâtre ou pourpre ; que la première couche de vernis a la couleur du Kaki et que la couche supérieure est de la même couleur, jaune ou noire. Leur ltoguiri est rond. Les vases Assahi-Shunkei appartiennent à un nouveau genre de poterie que Shunkei a commencé à fabriquer à Assahi (province de Mino). Les Natsuyama- Shunkei doivent leur nom à Kobori-Masakazu qui, voyant qu'ils se distinguaient des autres par leur élégance, les a appelés ainsi d'un vers de Gojô-Sammi-Shunzei. Les Ruiza, Kuckibyotan, etc. ont tiré leur nom de leur forme. En général, le vernis jaune domine dans les œuvres de Shunkei.

1. — Quelques-uns des pots à thé minces ressemblant aux Tôbutsu et étant faits avec des matières japonaises, on t le ltoguiri allant de droite à gauche ou affectant la forme circulaire. Ils doivent être, selon nous, les œuvres de Shunkei.

Le successeur de Toshiro, dit le Meibutsuruiju, portait le même nom, et pour ne pas confondre les vases fabriqués par eux, on a l'habitude d'appeler Kosetho les œuvres du premier et Toshiro ou M "*>naka-Kobutsu, celles du dernier. Celles-ci, généralement bien

faites, sont très belles et ont le cachet antique. Leur pâte est d'un blanc grisâtre, bleu clair ou d'un rouge pâle. La première couche de leur vernis a la couleur du Kaki, et la couche supérieure est noire, jaune ou bleue. Leur Itoguiri est rond ou ordinaire. Les vases dits Toshiro-Shunkei, ressemblent aux Shunkei sous tous les rapports et sont très beaux, leur vernis est clair et mince. Leur pâle est d'un blanc grisâtre, pourpre ou bleuâtre ; leur vernis et leur Itoguiri sont les mêmes que ceux de Shunkei. Les vases Hashihimete ont reçu leur nom, selon le Bengyokushu, de Kobori-Masakazu qui l'a tiré d'un vers. Les Nodate sont ainsi appelés également par Kobori du nom d'une personne qui possédait un beau vase de ce genre et qui l'a offert à Komatsu-Chûnagon. Les Ogawate, aujourd'hui très rares, ont reçu leur nom de celui qui a découvert des vases de ce genre. Enfin, il y a une autre espèce nommée Daikakudjite parce qu'ils ont été retrouvés dans les ruines d'une pagode de ce nom. Ils sont également très rares. 1. — Les Toshiro-Shunkei sont probablement les œuvres des dernières années de. Toshiro et le vernis jaune y est fréquemment employé, à l'imitation de ceux fabriqués par Shunkei, c'est-à-dire par Toshiro, premier du nom. Il y a aussi des imitations A'Atsute et de Horidashite. Le Chadôsentei énumère plusieurs noms des pots à thé, tirés, soit de leur forme, tels que Taihei, Mentori, Mentorazi, Sokomen, Rôsokute etc., soit de leurs ornements, comme Yanagui Toshiro, Itome-Toshiro, Hanatoshiro, etc., soit enfin de causes diverses, par exemple, Omoïgawa, Tokuwayezuki, Sai, Shimekiri, etc.

Le successeur de Toshiro II se nommait également Tojiro, selon le Meibutsuruiju, et ses œuvres sont désignées sous le nom de Mannaka-Kobutsu. C'est le fondateur des fours dits Kinkwagama. Les vases fabriqués par lui ont un beau lustre d'or, et sont supérieurs aux Toshiro. Leur pâte est bleuâtre, blanche ou pourpre. La première couche de leur vernis a la couleur du Kaki et la couche supérieure est noire ou jaune. Le vernis jaune est toujours employé pour les vases Fujinami. Leur Itoguiri est ou

— i6 — ordinaire ou rond. Les Tamahashiwate, ainsi appelés d'un vers ancien, ont été découverts par Naraya-Kiubei, sur la plage de Naniwa (province de Settsu). Kobori-Masakazu acheta, dans son voyage à Fushimi, un vase qu'il nomma Assukagawa d'un ancien vers, et ce nom comprend aujourd'hui tous les vases du même genre. Les Namakote, très rares aujourd'hui, sont ainsi appelés, parce que leur lustre rappelle la belle couleur jaune d'or de Namako (biche de mer) péchés à Kinkwazan, (province de Mutsu.) 1 . — La couleur jaune domine dans ces poteries, à l'imitation des Kosetho. Le Chadôsentei parle des vases Otsu, Futami, Takinamiy Fujinami, Iware, Shimyado, Hirosawa, etc. Le successeur de Tojiro s'appelait Toza : il fonda des fours dits Hafugama ou Kigusurigama. Ses œuvres, désignées sous le nom de Mannakakobutsu, sont généralement belles. Les lignes, séparant les parties vernissées des parties qui ne le sont pas, présentent la forme triangulaire dite Hafu et ont donné naissance au nom de Hafugama. Leur pâte était blanche ou rougeâtre. La première couche de vernis a la couleur de Kaki, et la couche supérieure est ou jaune ou noire. Leur Itoguiri est ordinaire. Les Dajime et Yoneichi étaient fabriqués avec la terre des montagnes. Les Otowate ont été ainsi appelés par Kobori Masakazu. Ce dernier, qui savait depuis longtemps qu'un marchand d'Osaka avait une pièce de ce genre, réussit plus tard à l'acheter à Fushimi et lui a donné ce nom tiré d'un vers. Les Shibukarnite, à pâte rougeâtre, ne sont pas venus jusqu'à nous. Ils étaient minces et très élégants avec les rebords de leur orifice bien façonnés. Les Oyasate étaient, dit-on, excessivement chers à leur possesseur qui, fier d'avoir ces vases, peut-être les plus beaux du monde selon lui, leur aurait donné ce nom (Oyoso veut dire peut-être). Il sert aujourd'hui à désigner tous les vases du même genre. 1 — Le jaune est la couleur dominante, les noirs sont très rares. Le Meibutsuruiju parle de différents genres tels que Hirakuchi, Surikogui, Dojime, Ruiza, tirant tous leur nom de la forme, et d'autres comme Yoneichi, Minanogawa, Okina, Hashidate, Masaki, Massanobu, Kodaishunkei, Yoshino-

Shunkei, ou SakaishunkeL Les produits d'une manufacture établie dans un village limitrophe d'Owari et deMino, sont appelés, selon le Bengyokushu, Yaki-ShunkeL

Le Chadosentei dit : Les vases dits des fours Atogama désignent les œuvres des successeurs de Toshiro, à partir de la 4 e génération. Ils sont, selon le Meibutsuruiju, semblables aux vases des fours Hafugama et portent ordinairement les traces de la spatule. Grossiers et imparfaits, ils ont une couleur sombre comme les vases Oribe, RiHu, Shoï etc., ou ressemblent aux Manyemonshunkei bien ou au genre Sohaku ou Kuniyaki. Les Ané imitent les Asukagawa et Shinnyodo. Leur pâte, ainsi que leur couche extérieure, dénote leur fabrication moderne. La pâte est bleuâtre, blanche ou rouge sombre; la première couche de vernis a diverses couleurs, et la seconde couche qui a la nuance du Kaki, est craquelée ou rugueuse. Leur Itoguiri est rond ou ordinaire. Les Bonzete sont, d'après le Bengyokushu, des vases de fantaisie qu'un seigneur de la cour de Kioto aurait fait cuire dans un four spécial. Les Yamamichi sont ainsi nommés, parce que ces vases portent toujours des dessins représentant des sentiers des montagnes (Yamamichi en japonais). C'est en effet bien rare de voir des pièces de ce genre sans ces ornements. Les Rikiu auraient été fabriqués par le célèbre artiste de ce nom luimême. Les Narumi seraient les poteries faites dans un village de ce nom (province de Owari), sur la commande de Furuta-Oribe, un amateur qui les aurait fait cuire au nombre de 64 seulement. Aussi, ces vases dont le nom est tiré du lieu de leur fabrication, sont-ils très rares de nos jours. Les vases Oribe ont la même histoire. Nous ne devons pas oublier de mentionner ici les Narumi-Oribe qui sont très minces et fort beaux. Les vases Nejinukite qui étaient destinés à servir de couvercles aux différents ustensiles sont ainsi nommés, parce qu'ils rappellent la forme d'une petite pièce du fusil de ce nom. Les Ané, Hatsuhashi, Isete, etc. sont d'autres variétés.

Le Bengyokushu dit que les vases Sobokwai sont ceux qui ont été faits à un endroit du même nom à Owari, tandis que selon le

Chadôsenlei, ils auraient été fabriqués à Min©. Les Ogamayaki sont de Setho, mais modernes. Plusieurs auteurs mentionnent encore d'autres vases tels que : Kusnoki-Toshiro, Temmokute, Tobigusurite, Kinkwazante, Aoyete, Hitosuji-mdarete, Hirote, Kiriguirisute, Nezumiddiheite> Godàiheite, Kaitorite, Sàtoraete, Dozukate, Sagnegarnite, Akagumate, Okkaburite, Noguimete, Toyarnate, Niwalorite, Yekubote, Ochibote y etc.

Explications sur les figures accompagnant cette brochure.

No. 1. — La figure 1 représente un pot qu'on dit avoir été découvert à Yamato et qui semble appartenir aux périodes antérieurs à la cour de Nara. La partie supérieure de ce vase parait avoir été faite au tour, quoiqu'en réalité il n'en soit pas ainsi. Les céramistes anciens étaient très habiles à façonner les vases sans l'aide du tour ; c'est ce que nous attestent d'ailleurs chaque jour les œuvres de nos potiers actuels. Quand on a fini le façonnage à la main, la pièce ainsi préparée est essuyée avec un morceau de toile qui imprime sur son contour des lignes fines ressemblant aux traces du tour. La pâte du pot No. 1, blanchâtre comme la cendre, n'a pas été soumise au fumage. La partie supérieure, ainsi que les rebords de l'orifice elles parois inlérieures, se trouve vernissée d'un vert noirâtre, produit spontanément par la fusion des matières vitreuses. Cette glaçure naturelle, mince et translucide, offre des nuances à des degrés divers et a l'apparence d'une couche posée légèrement par la main de l'homme. Cette pièce parait contenir du sable mêlé dans la pâte qui a un grain grossier. Elle est fort dure et pèse 430 Mommé.

No. 2. — Le dessin de cette pièce est extrait d'un ouvrage nommé Shukozuyé, qui n'indique ni sa provenance ni son possesseur, de sorte qu'il est impossible d'en connaître l'origine. A en juger par le dessin, elle semble être de la même période que la précédente, quoique, à l'encontre de celle-ci, elle ait été faite au tour. Son

vernis doit être également le produit spontané de la vitrification, bien que l'auteur de cet ouvrage, semble y voir une côucbe artificielle couleur de cendre ; car les pièces artificiellement vernissées ont en général une forme plus moderne. La nature de sa pâte et son poids doivent être aussi à peu près les mêmes.

No. 3. — Le dessin de ce pot et ceux des vases représentés par les figures 4 et 5, sont aussi, copiés de Shukozuyé. Nous n'avons pas non plus réussi à voir leurs originaux, faute d'indications de leurs possesseurs. Nous croyons que, faits au tour, ils doivent remonter aux premières années de la cour de Heian; que la couleur <de leur pâte serait rouge pâle et que la couverte serait d'un vert noirâtre, comme le vase No. 44. Sans être transparente, mais fort épaisse, cette couche doit être tendre, si elle est rouge pâle et légère ; tandis qu'elle serait très dure et lourde si elle était £rise. Nous tendons à croire qu'elle est plutôt lourde.

No. 6. — Cette pièce dont le dessin est également emprunté à Shukozuyé reste inconnue. Elle doit être semblable à la pièce No. 2, sous le rapport de l'ancienneté, du style et de la couleur de la pâte. Quant à son vernis qui, selon la description de cet ouvrage, serait d'un vert pâle, il est probablement le produit de la vitrification naturelle. Le nature de la pâte serait plus tendre que celle de la pièce No. 2, et le poids à peu près égale au sien.

No. 7. — La coupe haute ou Metakatsuki (No. 7) et la coupe basse ou Kubotsuki (No. 8) que nous reproduisons ici, d'après les dessins de Shukozuyé, semblent être un peu plus modernes que les Nos. 4 et 5 et appartenir aux premières années de la cour de Heian. La preuve est que la première a un large pied, et la dernière une base en relief. D'ailleurs, elles sont faites au tour. Leur pâte doit être grise, et la couche extérieure semblable à celle du No. 44. Ces pièces sont dures et fort lourdes.

No. 9. — La figure 9 que nous empruntons au Shukozuyé représente un pot dont le possesseur n'est pas indiqué. Cette pièce faite au tour et «à pâte marron doit être vieille de neuf cents ans. Le Shukozuyé dil que sa couche extérieure est artifi-

cielle; mais elle esl probablement naturelle comme le No. 30. Ce vase est dur et pesant

Ces cinq pièces sont reproduits ici, spécialement à titre d'échantillons historiques des poteries veraisées.

No. 10. — Ces Wan, représentés dans le Zatsuyôshô, sont les vases Seiji employés dans la cérémonie de Ohagatame sous l'Empereur Toba (1108—1123). L'auteur du Kokiko, citant luimême une passage de Yeshidaï, dit que dans cette fête les repas étaient servis dans des vases Seiji qui étaient donnés par le bureau de Naizen, et il ajoute que ces vases étaient offerts à la cour par la province d'Owari. Avant les années de Yengui (901) les Seiji étaient, dit-on, exclusivement employés à la cour ; car ils étaient importés de l'étranger et très estimés à cause de leur rareté. Plus tard, il s'en est fondé des manufactures à Owari, et ils se seraient répandus dans tout le pays. Si nous avons reproduit ces dessins, c'est principalement à titre de spécimens des poteries à couverte bleue. Ces Wan sont faits au tour et munis de pieds en relief. La couleur de la pâte est d'un bleu grisâtre. La couverte, semblable à celle du No. 11, est un peu plus bleue. Ces pièces doivent être très dures et fort lourdes.

N° 11. — Ce fragment d'une asisette que nous avons retrouvé dans les ruines de la pagode de Shiganoyamadera appartient à la poterie appelée Seiji. Elle est faite au tour et serait du commencement de la cour de Heian. Sa pâte très fine est d'un gris bleuâtre ; son vernis, opaque et épais, est d'un vert grisâtre et sombre. Cette pièce est dure et pèse 29 Mommé.

N° 12. — Cette pièce, faite au tour, est semblable à la précédente, tant pour sa provenance que pour la couleur de sa pâte. Le vernis cendré est très mince, opaque et d'un éclat assez beau ; sa pâte semble avoir été tamisée ; car elle est très fine. Ce fragment est très dure comme le précédent et pèse 2 Mommé, 4 fiin.

N° 13. — Ces assiettes faites au tour appartiennent à la période de la cour de Nara. Leur pâle est d'un rouge pâle, et leur vernis jaunâtre porte les ornements verts translucides. Elles sont

■ — 21 — tendres, fragiles et légères, tout-à-fait comme les Kochiyaki actuels. Elles ont probablement été importées de Chine.

No 14. — Ce Mizusashi (vase à contenir de l'eau) qui passe pour être Kuchihaguete, fabriqué par Toshiro I, est probablement Fœuvre d'un de ses élèves ; car on continuait, croyons-nous, à cuire les poteries dans la position renversée, même après que Toshiro avait abandonné ce procédé primitif. Celte pièce est faite au tour et a une pâte d'un rouge pâle, tirant sur le gris (c'est ce qu'on appelle pâte blanche). La première couche de vernis a la couleur de gélatine, et la couche supérieure, celle du Kaki. Translucide comme le N° 7, elle présente des nuances jaunes, vertes ou bleues. Les traces de glaçure font voir qu'elle a coulé vers l'orifice dont les bords en restent pourtant dépourvus, tandis que les parois intérieures et le fond sont vernissés, Sa pâte dure a un grain grossier. Sa forme est assez élégante et son itoguiri, rond. Malgré la belle couleur du vernis, l'ensemble de cette pièce ne permet pas de la mettre au premier rang, ce qui nous porte à croire qu'elle est l'œuvre du successeur de Toshiro. Elle est très lourde et pèse 640 Mommé.

N° 15. — La figure 15 représente un Tôbutsu fabriqué au tour par Toshiro lui-même avec des matières chinoises. Cette pièce, à pâte dite Murasaki-Tsuchi, offre un lustre de couleur marron. Sa glaçure vitreuse, a la couleur des lentilles ; elle est translucide et a un très beau lustre. Le vernis qui couvre uniformément les rebords de l'orifice, ne s'est pas prolongé jusqu'à à l'intérieure. Sa pâte est tamisée, très fine et dure; son itoguiri est dirigé de gauche à droite, fin et peu saillant. Cette pièce, mince, légère et ne pesant que 11 Mommé, a la forme dite Shiribukure.

N<> {g — Le pot à thé représenté sous ce numéro eât l'œuvre de Toshiro ; elle est postérieure à son voyage en Chine et appartient au* genre Kosêtho. Cette pièce faite au tour et composée de matières chinoises et japonaises, .a une pâte mate, d'un marron noirâtre. Son vernis offre des nuances noires, sur un fond de la couleur de thé. Le vernis s'arrête aux bords de l'orifice,

sans se prolonger jusqu'à l'intérieur. La pâle est à peu près ce qu'on appelle Nashiji. Son it oguiri allant de gauche à droite est fin et peu saillant. Ce pot mince, léger et ne pesant que 15 Mommé 5, se nomme Narutsubo.

N° 17. — Cette œuvre de Toshiro I, fabriquée avec des matériaux chinois, et comprise dans le genre Kosetho par les modernes, devrait être, à proprement parler, appelée Tôbutsu épais. Elle est faite au tour et sa pâte lustrée est d'un gris foncé tirant sur la couleur de la gélatine. Le vernis noire translucide laisse voir un fond .présentant des nuances tantôt jaunes verdàtres, tantôt bleues foncées. Il s'arrête aux bords de l'orifice, sans se prolonger jusqu'à l'intérieur. Son itoguiri va de gauche à droite ; il est très fin et saillant. Cette pièce a une pâte tamisée dure, mais mince. Son poids assez fort nous porte à croire que la terre japonaise y aurait été mêlée ,<pour une certaine quantité. Elle pèse 33 Mommé, et a également la forme Shiribukure.

N° 18. — Ce pot fait au tour est un Horidashite fabriqué, diU>n, par Toshiro avec les matériaux japonais. La pâte est d'un rouge pâle grisâtre- et vulgairement appelée Shirotmchi. Le vernis, de la couleur du Kaki, a des nuances bleues foncées et s'éteud .uniformément, non-seulement sur les bords de l'orifice, mais jusqu'aux parois intérieures. Son itoguiri, grossier et peu saillant, va de gauche à droite. Cette pièce, très épaisse, dure, grossière et pesant 4 Mommé, serait peut-être l'oauvre d'un des disciples de Toshiro. Son ancienneté nous fait croire qu'elle est postérieure au voyage du célèbre potier. " Elle a la forme Mimitsuki (munie d'anses) ; mais ses anses sont cassées.

N° 19. — Cette figure représente un vase fabriqué par Toshiro dans ses dernières années et connu sous le nom de Tobigusuri Shunkei. Il est fait d'un mélange des matières japonaises et chinoises, ,ces dernières étant devenues de plus en plus rares. Façonné au tour, il a une pâte d'un pourpre noirâtre, et sa glaçure vitreuse et translucide a la nuance de la nèfle avec de grandes taches couleur de Kaki, ce qui Ta fait appeler Tobigusuri. Ces taches sont peintes avec le mélange des matières

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de ces deux couleurs. Les rebords de son orifice sont vernis, mais l'intérieur ne Test pas. ta pâte, quoique tamisée, est un peu grossière, à cause probablement du mélange des matières japonaises. L'itoguiri rond est à peine visible et ressemble à ce qu'on appelle itaokoshi (forme particulière de l'itoguiri). Cette pièce est mince et légère; elle ne pèse que 21 Mommé. Elle a aussi la forme Marutsubo.

N° 20. — Ce pot, également de Shunkei et fait au tour, a une pâte mate de couleur marron. Le vernis opaque a, sur un fond rouge brun, des taches bleues foncées. Il porte une couverte sur son orifice, mais non à l'intérieur. Son itoguiri est gauche, fin et saillant. Sa pâte tamisée n'est pourtant pas très fine. Cette pièce mince, légère et de la forme Marutsubo, pèse 15 Mommé, 3 fun.

N° 21. — Le vase représenté sur ce numéro et appelé Tobigusuri de Toshiro, est l'œuvre de Toshiro IL II est fait au tour ; sa pâte est d'un noir brillant. Le vernis, d'un gris tirant sur le rouge, a des taches jaunes et noires. Les Tobigusuri ne sont ordinairement pas translucides. Le vernis de cette pièce s'étend sur ses rebords, ainsi qu'à l'intérieur. La pâle fort dure a un grain très grossier. Son itoguiri est rond, gros et saillant. Cette pièce est assez épaisse et pèse 35 Mo. 5 ; sa forme est appelée Kaki.

N° 22. — Egalement de Toshiro et fait au tour, ce vase a la pâte d'un gris clair tirant sur le rouge. Le vernis a la couleur du thé, grisâtre sans être translucide. Il couvre les rebords de l'orifice sans se prolonger jusqu'à l'intérieur. Son itoguiri est rond, grossier et à peine visible, ressemblant à itaokoshi. Sa pâte, dure, grossière, d'une épaisseur et d'un poids moyens, pèse 5 Mommé. Ce qui rend ce vase très précieux, ce sont les lettres gravées sur sa surface avec une spatule. Il est en effet très rare de voir des vases aussi vieux porter une inscription analogue, et nous croyons que cette pièce peut en être citée comme le plus ancien spécimen. Les œuvres de Toshiro II, quoique ressemblant à celles dé son prédécesseur pour la forme, l'emportent sur eux quant à la qualité. Cette pièce a la forme appelée KatatsukL

— U -w les a découverts. Il y a parmi les Kuchi hague et les Atsuté, des pièces dont le Itoguiri va de gauche à droite ou affecte la forme circulaire. A en juger par leur ancienneté, ces pièces semblent appartenir à une époque postérieure au voyage de Toshiro ; mais leur qualité inférieure nous porte à croire qu'elles ont été fabriquées par ses élèves. ïl ne serait certes par téméraire de croire que, même après l'abandon par Toshiro de l'habitude de cuire les vases dans la position renversée, d'autres potiers moins avancés aient conservé encore celte routine.

Peu de temps après, Toshiro se rasa la tête et prit le nom de Shunkei. Les vases fabriqués depuis par ce céramiste sont faits d'un mélange de matières japonaises et de matières chinoises ; car les matériaux apportés du Céleste-Empire commençaient à s'épuiser. Légers, minces et élégants, ils sont supérieurs aux Tôbutsu. Le Meibutsuruiju dit que leur pâte est verdâtre ou pourpre ; que la première couche de vernis a la couleur du Kaki et que la couche supérieure est de la même couleur, jaune ou noire. Leur Itoguiri est rond. Les vases Assaki-Shunkei appartiennent à un nouveau genre de poterie que Shunkei a commencé à fabriquer à Assahi (province de Mino). Les Natsuyama-Shunkei doivent leur nom à Kobori-Masakazu qui, voyant qu'ils se distioguaien t des autres par leur élégance, les a appelés ainsi d'un vers de Gojô-Sammi-Shunzei. Les Ruiza, Kuchibyotan, etc. ont tiré leur nom de leur forme. En général, le vernis jaune domine dans les œuvres de Shunkei.

1. — Quelques-uns des pots à thé minces ressemblant aux Tôbutsu et étant faits avec des matières japonaises, on t le Itoguiri allant de droite à gauche ou affectant la forme circulaire. Ils doivent être, selon nous, les œuvres de Shunkei.

Le successeur de Toshiro, dit le Meibutsuruiju, portait le même nom, et pour ne pas confondre les vases fabriqués par eux, on a l'habitude d'appeler Kosetho les œuvres du premier et Toshiro ou Mannaka-Kobutsu, celles du dernier. Celles-ci, généralement bien

faites, sont très belles et ont le cachet antique. Leur pâte est d'un blanc grisâtre, bleu clair ou d'un rouge pâle. La première couche de leur vernis a la couleur du Kaki, et la couche supérieure est noire, jaune ou bleue. Leur Itoguiri est rond ou ordinaire. Les vases dits Toshiro-Shunkei, ressemblent aux Shunkei sous tous les rapports et sont très beaux, leur vernis est clair et mince. Leur pâte est d'un blanc grisâtre, pourpre ou bleuâtre ; leur vernis et leur Itoguiri sont les mêmes que ceux de Shunkei. Les vases Hashihimete ont reçu leur nom, selon le Bengyokushu, de Kobori-Masakazu qui l'a tiré d'un vers. Les Nodate sont ainsi appelés également par Kobori du nom d'une personne qui possédait un beau vase de ce genre et qui l'a offert à Komatsu-Chûnagon. Les Ogawate, aujourd'hui très rares, ont reçu leur nom de celui qui a découvert des vases de ce genre. Enfin, il y a une autre espèce nommée Daïkakudjite parce qu'ils ont été retrouvés dans les ruines d'une pagode de ce nom. Ils sont également très rares. 1. — Les Toshiro-Shunkei sont probablement les œuvres des dernières années de Toshiro et le vernis jaune y est fréquemment employé, à l'imitation de ceux fabriqués par Shunkei, c'est-à-dire par Toshiro, premier du nom. Il y a aussi des imitations d'Atsute et de Horidashite. Le Chadôsentei énumère plusieurs noms des pots à thé, tirés, soit de leur forme, tels que Taihei, Mentori, Mentorazi, Sokomen, Ràsokute etc., soit de leurs ornements, comme Yanagui Toshiro, Itome-Toshiro, Hanatoshiro, etc., soit enfin de causes diverses, par exemple, Omoïgawa, Tokuwayezuki, Sai, Shimekiri, etc.

Le successeur de Toshiro II se nommait également Tojiro, selon le Meibutsuruiju, et ses œuvres sont désignées sous le nom de Mannaka-Kobutsu. C'est le fondateur des fours dits Kinkwagama. Les vases fabriqués par lui ont un beau lustre d'or, et sont supérieurs aux Toshiro. Leur pâte est bleuâtre, blanche ou pourpre. La première couche de leur vernis a la couleur du Kaki et la couche supérieure est noire ou jaune. Le vernis jaune est toujours employé pour les vases Fujinami. Leur Itoguiri est ou

N° 29. — Ce bol a été, selon l'inscription que porte sa boite, recueilli par des pêcheurs sur le bord du fleuve de Nishittiigawa ( île de Sado ) pendant une grande tempête, et vendu à Kodama- Moyemon, du village de Sawane. Il a passé ensuite à la famille Ikuta qui l'a conservé pendant plusieurs générations ( à peu près pendant 200 ans). Il a été apporté à Yédo par Haramyama-Gobo, dans la 6 me année de Tempo (1836). Cette pièce, façonnée à la main, semble être vieille de 500 ans ; sa pâte est d'un pourpre noirâtre et son vernis, d'une couleur de la nèfle, tirant sur le noir, est abondammant étendu. La pièce, épaisse, dure et lourde, pèse 96 Mommé.

N° 30. — La pièce qui figure sous ce numéro est un Imbeyaki vieux de 500 ans, d'après ce qu'on dit. Elle est façonnée à la main, sans l'aide du tour; sa pâte rouge qui semble avoir été artificiellement vernissée a aussi l'apparence de glaçure naturelle. Les vernis, de nature vitreuse, est translucide et mince comme la véritable glaçure artificielle. Il s'étend uniformément sur sa face inférieure ainsi qu'à l'intérieur. La pâte est grossière, dure et lourde; son poids est de 263 Mommé.

N° 31. — Ce vase dont la forme rappelle un Tsubo antique et qu'on nomme Shiza, est du style Imbeyaki et vieux de 200 ans environ. Sa pâle est d'un noir tirant sur le pourpre ; son vernis qui a la même couleur, a un beau lustre et offre des nuances rouges ou jaunes. Sa pâte est fine et dure ; son poids est de 410 Mommé.

N° 32. — La forme de ce vase désigné sous le nom de Kayatsubo et destiné à contenir des fruits de Kaya est du style Bizenyaki et vieux de 300 ans. Sa pâte est de couleur marron, et son vernis qui est de la même nuance offre quelquefois des teintes jaunes. Cette pièce, plus terne et plus grossière que la précédente, est très dure ; son poids assez fort est de 485 Mommé.

KWAN-KOjDZU-SETSU

NOTICE

HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE

SUR LES

ARTS ET INDUSTRIES JAPONAIS

PAR

NINAGAWA NORITANÉ

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