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DES POTERIES VERNISSÉES

Le shogun Asikaga Yoshimasa était, d'après le Kokonmeibutsuruiju, un grand collectionneur d'antiquités ; il tenait souvent des réunions pour le chanoyu dans sa villa de Higashiyama, où il avait une riche collection d'ustensiles de thé et d'autres curiosités. Nôami et Sôami, deux célèbres maîtres de chanoyu, étaient Chargés par lui de rechercher des objets rares de toutes sortes, de leur donner des noms et d'apprécier leur valeur. Les poteries qui étaient en vogue à cette époque étaient désignées sous le nom de Meibutsu. Nobunaga et Hideyoshi, tous les deux grands amateurs de thé, chargèrent aussi Rikiu, Sôkiu, etc, d'apprécier les objets en leur possession ou de leur donner des noms. Ces objets sont compris aussi dans le Meibutsu. Plus tard, Kobori Masakazu, célèbre amateur de vieux ustensiles à thé, regrettant de voir que l'on ne savait pas apprécier les poteries de Nochigama, de Kuniyaki, etc, dont il existait de beaux spécimens, surpassant même le vieux Set ho ou le Tobutsu, choisit quelques-uns des plus précieux, auxquels il donna des noms fantaisistes, ce qui attira l'attention des amateurs et augmenta la valeur de ces poteries. On leur donne aujourd'hui le nom générique de Chûkô Meibutsu pour les distinguer de l'ancien Meibutsu. La nature de la pâte de ces poteries et la couleur de leur vernis varient selon le lieu de fabrication ; leurs itoguiri ont aussi diverses espèces telles que celles qui affectent une forme circulaire ou qui vont de droite à gauche ou de gauche à droite. Elles sont en générai médiocres et cela est surtout vrai pour les vases Igayaki,

Shigarakiyaki, Karatmyaki; les Takatoriyaki, Zezeyaki et Tambayaki sont un peu meilleures. Toutes diffèrent d'ailleurs du Setho.

1. — Le shogun Asikaga Yosbimasa vivait sous le règne de l'Empereur Gohanasono et celui de l'Empereur Tsuchimikado. Il est, d'après le Chajinkeifu, fils de Yoshinori et s'appelait d'abord Yoshinari. Ce shogun, qui a reçu le litre honorifique de Juichiî Jusangu, se nommait Kizan ou Dôjinsaï après sa retraite dans sa villa de Higashiyama. Plus tard, il se rasa la tête et prit d'abord le nom de Dôshin, puis celui de Dôkei ; il mourut dans la 2? année de Yentoku (1491).

2. — Le Chadôsentei dit que Yoshimasa, après sa retraite à Higashiyama, fut appelé Higashi Yamadono ; qu'il fit construire dans la pagode de Jishôji deux bâtiments, dont l'un se nommait Ginkaku et l'autre Tôkiwdô, (avec une chapelle contenant quatre nattes et demie et appelée Dôjinsaï) , que Yoshimasa y avait une grande collection d'objets rares et y tenait souvent des réunions pour le chanoyu où étaient invités Stiukô, son maître de chanoyu, et plusieurs seigneurs de sa Cour ; qu'enfin ce lut vers cette époque que le chanoyu devint un véritable art avec toutes ses règles bien fixées.

3: — La pagode de Jishôji ou Ginkakuji, située dans le village de Gôdojimura du district de Otaki, province de Yamashiro, est une des dix succursales de la grande pagode de Sôkokuji ; elle a été fondée par le prêtre Musôkokushi. Le Tôkindô, qui comprend la chapelle Dôjinsaï, se trouve à Test du bâtiment central de cette pagçde, tandis que le Ginkaku est situé au sud. Le rez-de-chaussée de ce dernier, appelé Shinkûden, et son premier étage nommé Koonkaku, contiennent des idoles, ainsi que la statue de Yoshimasa. Le Chadôsentei dit que ce shogun fit construire pour son favori Shukô, près de la rue RokujO Horikawa, un petit

kiosque,, qu'une tablette placée au haut de la porte désignait sous le nom de Chukdan, et qu'il y est venu souvent faire ses visites à ce maître de chanoyu.

4.— Shuko, dont le nom de famille est Murata, avait pour père un aveugle du nom de Murata Matsuichikengio, demeurant rue Mikado à Nara; il s'appelait d'abord Mokichi. A l'âge de 41 ans, il sefit bonze à la pagode de Shômioji, dans le village de Kitanoichimura, prit le nom de Shukô et devint le prêtre de Hôrinan à l'âge de dix-huit ans. Mais, abandonnant deux ans après la carrière religieuse, il se fit touriste et erra dans diverses provinces jusqu'à l'âge de 30 ans, où il embrassa de nouveau la secte boudhiste de ZenshS et entra à la chapelle de Shinjuan de la pagode de Daïtokuji à Murasakino. Voulant combattre le sommeil qui venait le surprendre chaque fois qu'il se livrait aux exercices de méditation religieuse, il en demanda les moyens à un médecin à qui il dit : « J'avais tout jeune embrassé la carrière religieuse ; mais la fougue de ma jeunesse me fit commettre la faute de désobéir aux ordres de mon maître et j'ai passé plusieurs années à voyager comme touriste dans diverses provinces. Maintenant que je suis rentré dans la religion et que je me livre aux exercices de méditation, le sommeil vient me surprendre et c'est en vain que j'essaie d'y résister. Je vous serai donc bien reconnaissant si vous pouvez me donner un bon remède pour combattre ce funeste penchant qui m'empêche d'achever mes études. » Le médecin lui répondit: « Si vous voulez chasser le sommeil, prenez du thé qui est très-bon pour le cœur. Le cœur est le premier des viscères du corps humain, et le goût amer est le premier de tous les goûts. Si vous prenez beaucoup de thé, breuvage qui jouit à un haut degré de ce goût amer, cela vous fortifiera le cœur, vous serez en bonne santé et vous éprouverez moins le besoin de dormir.» Shukô charmé de ce conseil, fit venir du thé de Toganoo et se mit à faire tous les jours usage de celte boisson qui, dit-on, lui fit

Shigarakiyaki, Karatsuyaki; les Takatoriyaki, Zezeyaki et Tambayaki sont un peu meilleures. Toutes diffèrent d'ailleurs du Setho.

1. — Le shogun Asikaga Yoshimasa vivait sous le règne de l'Empereur Gohanasono et celui de l'Empereur Tsuchimikado. Il est, d'après le Chajinkeifu, fils de Yoshinori et s'appelait d'abord Yoshinari. Ce shogun, qui a reçu le litre honorifique de Juichiî Jusangu, se nommait Kizan ou Dôjinsaï après sa retraite dans sa villa de Higashiyama. Plus tard, il se rasa la tête et prit d'abord le nom de Dôshin, puis celui de Dôkei ; il mourut dans la 2 e année de Yenloku (1491).

2. — Le Chadôsentei dit que Yoshimasa, après sa retraite à Higashiyama, fut appelé Higashi Yamadono ; qu'il fit construire dans la pagode de Jishôji deux bâtiments, dont l'un se nommait Ginkaku et l'autre Tôkiwdô, (avec une chapelle contenant quatre nattes et demie et appelée Dôjinsaï) , que Yoshimasa y avait une grande collection d'objets rares et y tenait souvent des réunions pour le chanoyu où étaient invités Shukô, son maître de chanoyu, et plusieurs seigneurs de sa Cour ; qu'enfin ce lut vers cette époque que le chanoyu devint un véritable art avec toutes ses règles bien fixées.

3; — La pagode de Jishôji ou Ginkakuji, située dans le village de Gôdojimura du district de Otaki, province de Yamashiro, est une des dix succursales de la grande pagode de Sôkokuji ; elle a été fondée par le prêtre Musôkokushi. Le Tôkindô, qui comprend la chapelle Dôjinsaï, se trouve à Test du bâtiment central de cette pagçde, tandis que le Ginkaku est situé au sud. Le rez-de-chaussée de ce dernier, appelé Shinkùden, et son premier étage nommé Koonkaku, contiennent des idoles, ainsi que la statue de Yoshimasa. Le Chadôsentei dit que ce shogun fit construire pour son favori Shukô, près de la rue Rokujo Horikawa, un petit

renfermaient de riches collections, reçut le titre de Kuwanpaku deux ans après et celui de Daïjôdaïjin la troisième année, Dans Tannée qui suivit la fondation du palais de Shuroku, il organisa à Kitano une grande réunion pour le chanoyu, afin d'avoir l'occasion de se rendre compte de l'état de cet art et d'examiner des vases ou d'autres curiosités rares qu'on devait étaler dans cette fêle solennelle. Les faveurs dont il comblait Sen-Sôyeki, célèbre maître de chanoyu, établit la grande renommée de ce personnage qu'on regardait généralement comme juge souverain en matière de vases à thé et d'autres antiquités. Hidéyoshi a fait deux expéditions en Corée (la première dans la l re année de Bunroku ou 1592 et la deuxième dans la 2 e année de Keichô ou 4597); il mourut à l'âge de 63 ans dans la 3e année de Keichô (4598.)

8, — Sen-Sôyeki ou Rikiu qui passait pour le plus grand maître de chanoyu de cette époque s'est fait d'abord l'élève de Dôchim, puis celui de Shôô. Il était d'avis que le principe fondamental du chanoyu devait être la politesse et il est regardé comme le restaurateur de cet art. Les seigneurs et fonctionnaires étaient presque tous ses élèves, tant était grande son autorité. Très lié avec le prêtre Kokei, il se fit plus tard son disciple pour étudier les principes de la secte boudhiste de Zenshû; il mourut dans la 49 a année de Tenshô (4594) à l'âge de 74 ans.

9. — Tsuda-Sokiu, fils de Sôtatsu et nommé aussi Kôyiîsaï ou Tenshû, est le père du prêtre Kôgetsu, de la pagode de Daïtokuji. Elève de Shunoku-Kokushi et devenu plus tard Oshô (dignité religieuse) il fonda la pagode de Daïtsûan et mourut dans la 49 e année de Tenshô (4594). 40. — Kobori-Masakazu s'est fait d'abord élève de Shunokokushi, puis de Takuan et de Kogetsu. Plus tard, il se rasa la tête et prit le nom de Daïyu-Sôho. Cet amateur dont le goût raffiné fit la célébrité apprit de Koorioribe cent règles de chanoyu, donna des noms*à une quantité considérable

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KWAN-KOjDZU-SETSU

NOTICE

HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE

SUR LES

ARTS ET INDUSTRIES JAPONAIS

PAR

NINAQAWA NORITANÉ

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