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Sa consistance est molle et permet de sentir la fluctuation même d'un lobe à l'autre; sa surface est lisse et n'adhère en aucun point aux téguments. Lorsqu'on tend la peau sur la tumeur et qu'on saisit celle-ci comme pour l'énucléer on voit à l’aide du stéthoscope et de la lumière qu'elle est transparente, tandis que la partie inférieure obscure est bien formée par le testicule.
De Ia partie postéro-supérieure de la tumeur, on sent se détacher les éléments du cordon spermatique qui ne semblent pas être modifiés et ne sont point douloureux à la pression. Mais il est impossible de suivre l'épipidyme; le palper le plus minutieux ne permet pas de le sentir.
La tumeur n'est absolument pas réductible vers le canal inguinal ; d'ailleurs l'exploration de cette région laisse constater que l'anneau externe n’est pas dilaté. Lorsque le malade se tient debout et marche, lorsqu'il fait un effort, le volume des bourses n’en est pas modifié. En introduisant la pulpe de l'index dans l'anneau, on ne sent aucune impulsion abdominale ; il n'y a donc pas trace de hernie. L
La tunique vaginale ne paraît pas enflammée ; il n'y a pas en tous cas d'hydrocèle.
M. Le Dentu porte le diagnostic de kyste de l’épididyme, kyste probablement simple, en raison de la transparence parfaite de la tumeur. Toutefois une réserve est faite pour la possibilité d'un kyste spermatique, car ces tumeurs peuvent parfois donner la transparence.
Par ailleurs, rien à relever dans l'examen des organes, sauf un léger souffle mitral à la pointe du cœur et des traces seulement d'albumine dans l'urine.
Le malade est laissé au repos jusqu'au 14 février, jour où il est opéré par M. Le Dentu.
Après avoir incisé les téguments sur la tumeur en suivant son grand axe, on arrive sur la tunique vaginale que l'on ouvre, et la tumeur est amenée au dehors; il s'agit bien
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d'un kyste de l'épididyme; ce kyste est bilobé par la présence d'une mince bride conjonctive qui ne s’est pas laissé distendre par le liquide : les parois sont minces et transpa-
rentes. RE Une ponction faite avec un petit trocard donne issue à
du liquide opalescent, légèrement trouble et grisâtre, un peu
filant. Il s'agit donc d'un kyste spermatique, d’ailleurs l'examen microscopique du liquide pratiqué le matin même montre de nombreux spermatozoaires.
La poche kystique est disséquée avec soin jusqu'au point où elle adhère au testicule ; le pédicule est sectionné.
et on cautérise la surface de section avec la solution de chlorure de zinc au vingtième.
Un premier plan de sutures au catgut reconstitue la tunique séreuse ; puis on su‘fure au crin les téguments. Un petit drain est laissé dans la partie la plus déclive de l'incision. Pansement iodoformé.
Les suites opératoires ont été très simples. Le malade n'a pas eu la moindre élévation de température ; le quatrième
jour au premier pansement on retire le drain, et le huitième
jour on enlève les points de suture. La réunion par première intention était complète sauf au niveau du drain. Le trajet de ce dernier s'est vite comblé et le malade, guéri, quitte l'hôpital le 29 février 1896 ponr aller en convalescence à. l'asile de Vincennes. Au moment de la sortie, la cicatrisation était parfaite : le testicule du côté opéré restait fixé un peu haut dans la bourse et il y avait au palper une légère sensibilité sur le trajet du cordon spermatique.
Ce malade revu en avril 1896, va très bien; il n'accuse plus aucune douleur et le palper n'est plus sensible. a
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OBSERVATION II (Personnelle).
Jacques Coub..., blanchisseur, âgé de 67 ans, entre à
l'hôpital Necker, salle Malgaigne, lit n° 6, dans le service de
M. le professeur Le Dentu, le 8 février 1896, se plaignant d'avoir une grosseur dans les bourses.
Antécédents. — Son père est mort d'une fluxion de poitrine à soixante-trois ans; il avait une hernie. La mère
est morte vers l’époque de la ménopause sans qu'il sache de
quelle maladie,
Ce malade a eu plusieurs affections dans son bas âge. A onze ans, il a pris la fièvre scarlatine; l’année suivante il aurait eu la fièvre typhoïde. Plus tard, à vingt-six ans, il a été atteint d’une pneumonie, puis il a eu deux écoulements blennorrhagiques successifs à vingt et un ans et vingt-deux ans. Il en est parfaitement guéri, il n’a pas conservé de goutte militaire et n’a présenté aucune complication du côté de l’épididyme et du testicule.
En :870, il a fait une chute de voiture : pendant un effort violent qu'il fit durant l'accident, il ressentit une vive douleur dans le bas-ventre et vers l’aine gauche et s’aperçut qu'il avait une hernie inguinale gauche; mais la tumeur herniaire ne descendait pas dans les bourses. A cette époque, il ne portait aucune tumeur dans la scrotum et il ne peut préciser d’une manière formelle à quelle époque a paru celle qu'il présente actuellement ; il croit cependant qu'elle n'existe pas depuis beaucoup plus an; c’est l’année dernière tout au moins que son attention a été attirée de ce côté. Elle était alors peu volumineuse, bien loin de présenter les dimensions actuelles, maïs elle a grossi d’abord assez vite et en cinq à six mois, elle est arrivée à ce qu'elle est aujourd'hui ; depuis
elle est demeurée stationnaire. Il n'en a jamais souffert à
proprement parler, mais depuis qu'elle est devenue plus
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grosse, il sentait pourtant quelques tiraillements et de la pesanteur à l'aine ét dans le serotum, surtout lorsqu'il avait travaillé trop longtemps debout.
Actuellement, en examinant le malade, on voit que la
bourse gauche est augmentée de volume, bien que la peau
soit restée normale à la surface de la grosseur. Au palper, on arrive sur le testicule d'abord, situé à la partie antéroinférieure de la tumeur proprement dite, facile à reconnaître par la sensation spéciale que provoque sa compression légère, la glande séminale est séparée de la grosseur par un
sillon assez profond, mais sans qu'on puisse cependant l’en
isoler d’une façon complète.
Au-dessus et en arrière du testicule, remontant vers le cordon spermatique, on trouve la tumeur, volumineuse, ayant à peu près les dimensions du poing. Elle n’est pas tout à fait arrondie, mais présente la forme d'un ovoïde étranglé légèrement en son milieu, ce qui lui donne un aspect bilobé assez nettement. Cette tumeur est absolument mate et irréductible, elle n'est pas douloureuse spontanément ni à la pression, sa consistance donne une impression de rénitence et la fluctuation est manifeste. Lorsqu'on palpe avec attention le cordon et que l’on cherche à suivre le canal déférent et l'épididyme, on ne peut suivre ce dernier conduit
qui disparait complètement au niveau de la tumeur. Cepen-
dant à la partie antérieure du testicule, il semble qu’on le sente vaguement.
Du reste, le testicule est isolable de la tumeur, incomplètement il est vrai, mais suffisamment pourtant pour qu'on puisse le mobiliser un peu sur celle-ci, sans qu elle soit entraînée dans le mouvement.
Si l’on essaie de pincer les téguments et les enveloppes qui constituent les bourses sur la tumeur ou sur le testicule, on arrive à saisir entre les doigts le feuillet pariétal de la
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