ET PRET NE TT ANR
kystes dermoïdes aux cas de grossesse : la rénitence, l'inégalité de consistance et lancienneté de douleurs.
<@ Ce sont bien là, en effet. des particularités mises en relief dans toutes les relations de kystes dermoïdes. Seront-elles toujours suffisantes ? Dans bien des cas, il faut l'avouer, l'hésitation n'a pu être levée que par la ponction exploratrice.
Pour résumer cette question difficile du diagnostie,nous rapporterons l'observation suivante d’Hergott, intéressante par la façon dont ilexpose la suite d’hypothèses qu'il eut à formuler et à rejeter successivement pour arriver à conclure que la tumeur était bien un kyste dermoïde.
Observation XIII
Hergott. — Extrait de la Revue médicale de l'Est, 1899.
« Le 1e*août 1899, on amène à la Maternité de Nancy une femme de 37 ans, M°° F.., en travail depuis 24 heures.
Cettemalade, primipare, quoique mariée pour la seconde fois, est grande et bien constituée.
Menstruée à l’âge de 16 ans, elle le fut régulièrement jusqu’à 34. Depuis trois ans ses règles sont moins abondantes et moins périodiques.
Elle ne peut préciser la date de sa dernière menstruation. Pendant les premiers mois de la grossesse, elle eut quelques troubles stomacaux; dans les derniers, la miction devient fréquente et douloureuse. Léger œdème au niveau des malléoles. À l’auscultation de la poitrine, on trouve la respiration normale, mais les bruits du cœur sont mal frappés et le pouls est irrégulier.
Elle nous dit qu’elle ressent des douleurs abdominales
depuis une quinzaine de jours, mais que le travail ne s'est,
en réalité, déclaré que depuis la veille. Le fond de l'utérus dépasse l’ombilie de six travers de doigt ; il est incliné x droite. Le fœtus se présente par le sommet, mais la tête n'est pas engagée, et quand on l'appliquecontre la colonne vertébrale, elle déborde à peine le rebord de la symphyse.
Le dos est à gauche, les battements s'entendent nettement de ce côté. Jusqu'alors, rien ne nous expliquait le motif pour lequel le travail n’aboutissait pas ; mais, par le toucher, nous trouvons une volumineuse poche des eaux qui pénètre dans la cavité vaginale, à travers un col souple, transversalement dilaté, refoulé en avant et en haut, derrière la symphyse.pubienne, par une tumeur située dans le cul-de-sac postérieur. Cette tumeur rénitente et molasse obstrue presque complètement l’excavation, surtout en arrière et à droite. En pratiquant le toucher rectal, on remarque que cette tumeur n'a aucune connexion avec les parois du bassin. Elle est située en avant du rectum ; elle est arrondie et dépressible comme le serait l'extrémité pelvienne d’un fœtus à terme.
Les contractions utérines devenant deplus en plus énergiques, la poche des eaux arrive à la vulve qu'elle entr'ouvre, puis elle se rompt spontanément donnant issue à un liquide jaunätre mais non fétide.
On ausculle ; les battements fœtaux sont réguliers. On touche, il n'y a pas de procidence. On parvient moins difficilement à atteindre la tête, quoiqu’elle demeure toujours élevée. La suture sagitalle est transversale ; la grande fontanelle seule est perçue à droite. La tête n’est pas fléchie, la fontanelle est inaccessible à gauche.
Quelle est la nature de cette tumeur qui obstrue ainsi l’excavation et rend l'accouchement impossible ? Au premier abord, j'avais cru reconnaître une tumeur {ibreuse
assouplie par la gestation. Mais, en Pexaminant attenti-
— 2 — | vement, j'avais constaté que cette tumeur,qui était arrondie et légèrement bosselée, était inégalement dépressible, de consistance et de résistance variables suivant le point exploré. Aussi étais-je hésitant entre une tumeur fibrokystique et un kyste dermoïde à contenu épais, comme cela s’observe fréquemment dans ces sortes de néoplasmes.
Ce n'était pas une tumeur liquide. En effet, examinée pendant les contractions et en dehors de celles-ci,les sensations perçues étaient restées les mêmes. II n’y avait pas ces alternalives de fluctuation et de tension que lon observe pendant le travail dans les tumeurs liquides de l'ovaire, ainsi que Cazeaux déjà le faisait si justement remarquer (Traité pratique de l'art des accouchements, 9% édition, Paris, 1874). »
Le reste de l'observation est consacré à la discussion du mode d'intervention à mettre en œuvre. Nous y ferons de fréquents emprunts dans la question du traitement que nous allons maintenant aborder.
Tor > 2)