‹ Kystes dermoïdes de l'ovaire: compliquant la grossesseChapitre 8 sur 17 · II. — Influence de la grossesse sur Île kyste dermoïde · texte numérisé non relu

II. — Influence de la grossesse sur Île kyste dermoïde

C’est quelquefois une augmentation rapide de la tumeur qui se produit comme dans l'observation suivante :

Observation III

(Mangin. — La Gynécologie, 15 juin 189,6, p. 221)

«Mme B...,38 ans, réglée à [1 ans,règles douloureuses. Mariée à 18 ans, a eu cinq grossesses mauvaises. Chaque fois gardait le lit une grande partie du temps, souffrait du

ventre, avait des troubles nerveux intenses.

FAN DOC PR 7 ANR L pE He te d 14) “ - N

Me

Le dernier accouchement remonte troubles nerveux assez intenses, règles irrégulières,quelquefois très abondantes, pertes blanches, douleurs dans

à 11 ans. Depuis,

les reins.

Elle vient nous voir le 14 septembre 1894, se plaignant

de douleurs assez vives dans le bas-ventre, de nausées, malaises datant de quelques mois; les dernières règles auraient eu lieu le 10 septembre. Il y a un an, a été traitée par l'électricité pour une métrite. Le médecin qui la examinée à celle époque n'a rien trouvé du côté de l’ovare. |

C2 médecin, habitué aux examens gynécologiques et qui à plusieurs reprises avait pratiqué le toucher bi-manuel avec beaucoup de soin, n'aurait pas laissé passer inaperçu un kyste du volume d’un œuf, facilement accessible chez une malade à parois abdominales flasques.

À l'examen local, nous trouvons le col gros, en ectropion, légèrement violacé et un peu mou. Au niveau de l'ovaire gauche, nous constatons une tumeur d'un petit œuf de poule, très mobile.

La métrile peut être cause de l'aspect légèrement congestionné du col; cependant, par précaution, nous demandons à voir la malade avec ses règles; elle nous revient le 15 octobre, ne les ayant pas eues. Le col est violacé et mou. Les nausées s’accentuent, les troubles nerveux également. L'ovaire gauche semble avoir légèrement augmenté de volume: il est tombé en arrière dans le culde-sac de Douglas et mobile. L'idée d’une grossesse extrautérine ne nous arrèla pas longtemps, la tumeur était trop mobile, et absolument globuleuse; elle ne siégeait manifestement pas sur la trompe.

La malade est revue le 5 novembre ; les signes de gros-

sesse s'accentuent, la tumeur, de son côté, à grossi : elle

cest du volume d'une grosse orange el toujours mobile:

Nous avons donc affaire à un kyste de l'ovaire se déve- Jloppant parallèlement à lPutérus. La mobilité et les douleurs nous faisaient pencher pour un kyste dermoïde, mais l'accroissement rapide en quelques jours nous fit porter le diagnostic de kyste proligère.

La laparotomie est décidée pour le 2 novembre : nous trouvâmes un kyste dermoïde pédieulé de la grosseur d'une orange, l'ovaire droit était sain Accouchement à terme d’un gros enfant ».

Et Mangin ajoute : « Voilà un kyste dermoïde qui se triple de volume en l’espace d’un mois et demi, tandis que l’évolution lente est la règle commune ; nous ne pouvons trouver d'explication à ce fait que dans le coup de fouet donné à l’organisme et particulièrement à l'appareil utéro-ovarien par la grossesse ».

La grossesse peut déterminer d’autres modifications graves du côté de la tumeur: inflammation, rupture, hémorragies, torsion ont été notées.

La rupture de la poche est plutôt un accident du travail que de la grossesse. Opitz (Sociélé d'Obst. el de Gynéc. de Berlin, 27 octobre 1899), rapporte un cas de kyste dermoïde suppuré et rompu :

Observation IV

« Femme de 23 ans, très amaigrie, fébricitante et présentant une tumeur volumineuse de labdomen. Tout faisait croire à une tumeur maligne jusqu'au moment où un

écoulement par lPintestin d'un liquide abondant, mélangé

We

MO ue

de boules graisseuses vint éclairer le diagnostic : il s'agissait d’un kyste dermoïde suppuré pendant les suites de couches et ouvert dans lintestin.

L'autopsie vint malheureusement confirmer le diagnos-

tic. »

Quand l'accident de rupture se produit pendant la grossesse,c'est au début qu'il se présente. « Il résulte, comme le remarque Nepveu, de ce que les deux tumeurs, utérus et kyste, se gênent dans l'étroite filière du bassin ». (Leguen, Trailé médico-chirurgical de (rynécologie, 1898).

La torsion du pédicule peut se produire à toutes les époques de la grossesse, elle a ses moments de prédilection : « Dans le cas de kystes de l'ovaire compliquant la grossesse, la torsion est plus fréquente du deuxième au quatrième mois, devient plus rare à la fin de la grossesse, pour reprendre une fréquence relative au moment de l’accouchement ou pendant les suites de couches. » (Pinard, Société d'Obst., de Gynéc. et de Pédiatrie. Séance du 2 mars 1900). Et Pozzi: « Les kystes dermoïdes y sont spécialement exposés pour peu qu'ils soient mobiles, à cause de leur poids considérable. » La tumeur ovarienne est alors refoulée, déplacée, et la torsion s’opère, amenant avec elle les complications les plus redoutables pour la mère et le fœtus : hémorragies du pédicule, inflammation du péritoine voisin, d’où menace d’avortement, « toutes inflammations de la séreuse, surtout de la séreuse utérine, amenant des contractions prématu-

.rées (1) ».

Voici une observation de Blazejeyk (Inaug. Dis. Grevs-

(4) Leguen, loc. cit.

aires était le siège d’un kyste dermoïde. Les deux gros-

sses antérieures s'étaient terminées, l'une par un accou-

chement à terme avec enfant vivant, l’autre par un | avortement. |

Au deuxième mois de la grossesse, lorsion du Dedoule 3 d’un des kystes avec hémorragie intra-kystique. | TS

Laparotomie, ablation des deux tumeurs, avortement È spontané, le troisième jour. » |

La tumeur a pu échapper à tous ces accidents ; la grossesse a évolué jusqu’à terme, malgré la présence d’un kyste dermoïde. Le moment du travail est arrivé. C’est alors surtout que les kystes dermoïdes vont devenir redoutables.

Page 1