KYSTES EMBRYONNAIRES REV ER ET CE PRE RE
poumons n'offrent à l'examen aucun signe pathologique, constipation. L'abdomen a les mêmes dimensions qu'au neuvième mois d’une grossesse; il est élastique, donne de la matité à la percussion, sensation de fluctualion. Le col de l'utérus est assez long, repoussé en arrière. L'utérus est gros, repoussé à gauche et en avant par une tumeur élastique qui est mobile latéralement et en haut, et qui remplit la cavité abdominale, s’arrêtant à deux travers de doigt de l’appendice xyphoïde. On ne peut passer les doigts entre la tumeur et la paroi postérieure de la matrice. Le cul-de-sac postérieur est vide, dans celui du côté droit on sent
la tumeur,
On pose le diagnostic de kyste de l'ovaire droit, intraligamentaire.
Le 13 novembre 1899 on fait la laparotomie : une incision longue de 10 centimètres est faite dans la ligne blanche ; ouverture de la paroi abdominale et du péritoine. On aperçoit alors un kyste adhérent à l'épiploon et à l'intestin. La paroi. droite du kyste se perd dans le petit bassin et présente des adhérences intimes avec la paroi postérieure el le bord droit de l’utérus. La tumeur n’a été extirpée que partiellement à cause des adhérences. La malade est morte 34 heures après l’opération.
L’auropsie et l'examen microscopique ont offert les particularités suivantes :
La paroi du kyste extirpé, assez épaisse, à surface interne lisse, élait recouverte d’un épithélium cylindrique, privé de cils (peut-être à cause de la macération pendant vingt-quatre heures dans le liquide). La paroi est formée exclusivement de tissu conjonctif.
Du côté des annexes gauches la trompe est normale, l'ovaire est kystique, de la dimension d’une prune. La moitié gauche de l'utérus a les dimensions normales, la moitié droite est grossie dans la coupe transversale et adhérente à la paroi du kyste, dont une partie y est demeurée après l'opération. La paroi du kyste est donc extrêmement étendue, et ce dernier paraît formé aux dépens des canaux de Gärtner.
La muqueuse utérine présente l'aspect de l'endométrite polypeuse.
Diagnostic anatomique : « Cystis intramuiralis uteri e canali Gärineri ».
Obs. VII (résumée). — Tépexar. Kyste papillaire de l'ovaire avec prolongement canaliculé dans la paroi utérine. Extirpation du kyste. Amputalion du corps de l'utérus. Récidive un an plus tard. Mort 17 mois après l'opération. — In thèse de Nenkow.
Femme de 45 ans, Pas d'antécédents pathologiques. Réglée régulièrement. Trois accouchements normaux (22 ans, 26 ans, 33 ans).
En janvier 1887 hémorrhagies avec quelques caillots pendant 10 jours. En février, mars, avril les règles sont plus abondantes qu’à l'ordinaire et durent pendant 8 à 10 jours. De plus, la malade éprouve une pesan-
teur dans le ventre, qui augmente de volume. Des injections chaudes ne changent rien; les accidents ménorrhagiques, sans pertes intermenstruelles continuent en mai, juin, juillet, août, sans que l'hémorrhagie ait une abondance dangereuse ; mais le ventre augmente de volume. En septembre, le D' Pélissier, consulté, constate l'existence d’une tumeur qui lui paraît dépendre de l'utérus. I conseille des injections chaudes, une potion à l’ergotine à la fin des règles.
Les accidents continuent: vagues douleurs, règles prolongées (8 à 10 jours). La malade consulte M. Tédenat le 10 octobre 188%.
Santé générale satisfaisante, sauf une anémie d’ailleurs peu marquée. Rien à noter du côté des organes thoraciques. Appétit conservé, selles quotidiennes.
Tumeur remontant à l’ombilic et déjetée un peu à droite de la ligne médiane.
L'exploration combinée montre que la tumeur est placée en avant de l'utérus, mis en rétroversion et refoulée à gauche. La tumeur est tendue, fluctuante, profondément perceptible au doigt dans le cul-de-sac droit. Elle est indépendante de l'utérus, mais paraît avoir des rapports de contiguité avec lui. M. Tédenat croit à un kyste de l'ovaire droit, inclus dans le ligament large. Il surveille l'opération, qui est pratiquée le 5 novembre, trois jours après la fin des règles, qui ont eu une durée de sept jours.
Opération le 5 novembre 1887. — Tumeur dans le ligament large. Ponction donnant 5 litres de liquide brunätre, peu visqueux. Extirpation de la poche entre deux grandes pinces. On voit alors la poche kystique envoyer un prolongement moniliforme qui pénètre dans l'utérus à 2 centimètres au-dessous de l'isthme. Comme la poche contient des excroissances papillaires, M. Tédenat se décide à enlever tout le corps utérin. Amputation un peu au-dessous de l'isthme. Cautérisation au thermocautère de la cavité cervicale el du canal que la poche envoie dans les plans externes du col. Suture du col, suture du péritoine.
Guérison parfaite le 27 novembre.
Examen de la pièce. — Kyste monoloculaire avec des masses énormes en chou-fleur, quelques-unes sont calcifiées. Le prolongement que la poche kystique envoyait dans la paroi ulérine portait un grand nombre de végétations çà et là formant des amas du volume d’une grosse noisette, d'un pois, d'où l’aspect moniliforme du dit prolongement, et creusant de multiples alvéoles dans la paroi jusqu’au voisinage de la muqueuse épaissie.
L'ovaire était étalé en mince couche à la poche et séparé par un intervalle de 3 ou 4 centimètres (la poche étant pleine) du pavillon de la trompe, laquelle, allongée (23 cm.) formait sautoir sur la partie supérieure du kyste. Par transparence, on trouvait 5 ou 6 tubes wolffiens augmentés de volume à la partie supéro-externe
de la poche kystique.