CHAPITRE PREMIER
Définition et historique.
Tour à tour niés puis admis par les différents auteurs, les abcès de l'utérus semblent avoir définitivement pris place dans la nosographie gynécologique durant ces dernières années.
De tous temps l’abcès utérin a été considéré comme une rareté pa-
thologique. Or depuis quelques années les observations semblent de-
venir plus fréquentes.
Doit-on penser à une réelle progression de cette affection ? ILest
inadmissible qu'avec les progrès de l’antisepsie moderne, une aflection qui relève purement de l'infection progresse, alors que toutes
les autres infections diminuent. Il vaut mieux convenir qu’on les
connait mieux aujourd’hui et qu'on les reconnait plus souvent.
On désigne sous le nom d’abcès utérin toute collection purulenté stée dans le parenchyme utérin. Ainsi défini l’abcès de l'utérus la grande vascularisation de cet
enky
est certainement rare, car grâce à se localise rarement en un point dé-
organe, la lésion inflammatoire ane dans son ensemble
terminé, et l'infection frappe d'emblée lorg
pour produire la suppuration totale.
Néanmoins, si on peut mettre en doute les observations anciennes
bù des abcès pelviens et annexiels ont pu être confondus avec les ab-
ii 4 DÉFINITION ET HISTORIQUE
cès utérins, il n’est guère possible de nier les observations plus modernes où l'intervention chirurgicale ou l'examen nécropsique ont permis de localiser la lésion dans le parenchyme lui-même. Dans l'étude actuelle nous ne retiendrons que ces dernières qui seules peuvent servir à établir l’histoire de l'affection qui nous occupe.
C’est dans le Cours d'anatomie médicale de Portal (1803) que nous trouvons pour la première fois signalé l’abcès utérin. Dans le chapitre : « Matrice en suppuration », il rapporte deux autopsies où il trouva sous l'enveloppe séreuse de l'utérus, une grande quantité de pus, mais nous ne pouvons nous empêcher d'émettre un doute sur la localisation exacte de ces abcès.
Toutes les observations publiées ensuite nécessitent une analyse très soignée, car si les unes vérifiées par l’autopsie sont hors de toute contestation, il n’en est pas de même de celles qui se sont terminées par la guérison et qui peuvent bien n'avoir d'autre rapport avec les abcès de l'utérus que le titre dont l’auteur les a gratifiées. Aussi serons-nous très rigoureux dans le choix de nos observations, quitte à réunir ensuite à titre de documents celles qui nous auront paru douteuses.
La seule étude d'ensemble qui ait été faite sur la question appartient à Otto von Franqué et date d'octobre 1901. Franqué réunit 16 cas d’abcès de l'utérus. En dépouillant plus soigneusement la littérature et en ajoutant les cas récents, nous sommes arrivé à un total de 41 observations d’après lesquelles nous nous efforcerons de tracer l'histoire des abcès utérins.