PATHOGÉNIE
embolies microbiennes, ayant leur point de départ dans la muqueuse utérine.
3° Lieu d’élection de l’abcès. — Un premier point frappe tout d’abord dans l’étude des abcès utérins. Tous ou presque tous siègent au niveau des cornes utérines. Qu'il s'agisse d'abcès post-puerpéraux ou post-abortiques, streptococciques ou gonococciques, voire même tuberculeux, c'est toujours au niveau de l’une des cornes que l’abcès se localise.
Faut-il voir dans cette localisation une simple coïncidence ou une prédisposition réelle de ce segment utérin, en raison de sa constitution anatomique ?
Deux faits caractérisent nettement l'étude anatomique de la corne utérine : c’est d’une part la prédominance des lymphatiques, de l’autre la fréquence de débris embryonnaires à ce niveau comme nous l’avons démontré.
Les lymphatiques ont été longuement étudiés par Championnière qui les a vus, les uns superficiels, rampant sous le péritoine, les autres profonds, visibles seulement quand on a coupé perpendiculairement l'angle utérin; cet auteur les a vus en grand nombre, accumulés dans les points où se fait l'insertion placentaire. Rendez-vous de la plus grande partie des lymphatiques utérins la corne deviendrait le point de convergence de tous les microorganismes, qui pourraient dès lors y déterminer la formation d’abeès. Ce sont alors des abcès angioleuciliques.
En second lieu, nous savons qu'il existe souvent au niveau des cornes utérines des débris embryonnaires qui se présentent parfois sous la forme de kystes plus ou moins volumineux, mais ne manifestant leur présence par aucun trouble fonctionnel. Survienne une infection du parenchyme utérin, elle trouvera au niveau de ces kystes préformés un admirable lieu d'élection pour la formation d’un abcès. Renfermés dans cette cavité elose, les microorganismes exalteront alors leur virulence, et du petit kyste latent qui serait resté inoffénsif jusqu'à la fin de la vie génitale de la femme, ils feront
un abeès à développement progressif qui nécessitera une intervention
122 ABCÈS DE L'UTÉRUS RENE AN LEE Le Ar ER EE EE D St, hâtive. Nul doute que beaucoup de ces abcès ne reconnaissent ce processus.
Ainsi s’expliquerait la rareté de ces abcès utérins dont le développement est subordonné à l’existence antérieure de kystes non moins rares, et leur siège de prédilection au niveau des cornes utérines
où la fragilité de débris embryonnaires favorise leur développement,