CHAPITRE IV
Anatomie pathologique.
Au point de vue anatomo-pathologique comme au point de vue clinique il existe quelques caractères distinctifs entre les différents abcès de l'utérus.
Les uns aigus attirent l’attention par leur formation rapide ; les autres chroniques peuvent passer inaperçus et ne constituer que des trouvailles d'autopsie tant leur évolution est lente.
Siège. — Les abcès de l'utérus siègent dans la grande majorité des cas au niveau d’une corne utérine. On les a cependant signalés avec la même fréquence au niveau du fond de l'organe ; plus rarement ils siègent dans une des parois latérales ou antérieures. Ce sont presque toujours des abcès du corps ; nous ne devons cependant pas oublier Les cas de J.-L. Championnière où l’abcès siégeait à l’union du corps et du col ; celui d’Ashford où il existait une collection purulente dans la lèvre postérieure du col ; le cas de Fritsch enfin dû à une inoculation directe se rapporte à cette dernière localisation.
L'abeès peut être sous-péritonéal, intra-musculaire ,; sous-muqueux. La première variété est la plus fréquente ; l'abcès recouvert d’une part par la séreuse péritonéale est adossé par sa face profonde au tissu musculaire : il se développe en somme dans le tissu séreux sous-péritonéal, mais nous savons combien celui-ci est peu épais et combien la séreuse est adhérente au niveau du fond. Aussi faut-il nettement distinguer ces abcès des abcès pelviens se développant dans un tissu cellulaire lâche, et indépendamment de
l’utérus.
L'abcès sous-péritonéal du fond de l'utérus est au contraire un
abcès vrai de l’utérus.
L'abecès intra-musculaire est le véritable abcès du parenchyme.
Entouré de toutes parts de fibres musculaires lisses il présente une
qe
paroi d’une épaisseur variable et se rapproche tantôt de la cavité péritonéale, tantôt de la cavité utérine,
L'abcès peut enfin se développer dans le tissu sous-muqueux. C'est de beaucoup la localisation la plus rare. Il est probable que l'abcès dans ces cas a passé souvent inaperçu. Se développant à son aise du côté de la cavité utérine il s'ouvre spontanément dès que les limites de sa distension sont dépassées, et le pus s'écoule par les voies naturelles comme une leucorrhée plus abondante que d’ordinaire. L'observation personnelle que nous rapportons ne permet au-
eun doute au sujet du siège sous-muqueux de l’abcès, de même que
’abeès tuberculeux rapporté par Guzzoni degli Ancarani (fig. 16). o È PE (S
FiG. 16. — Abcès tuberculeux de l'utérus (d'après GUuZZONI DEGLT ANCARANI.) Utérus sectionné et ouvert sur la ligne médiane montrant un petit abcès tu-
berculeux au niveau du fond de l’utérus. — L'utérus est déformé, aplati.
Nombre. — L’abcès utérin est généralement unique. Dans les cas de lymphangite utérine primitive, il peut cependant exister des abcès multiples : J.-L. Championnière signale des abeès volumineux allant de la face postérieure vers les angles et d’autres siégeant dans le col, ou au niveau du corps et du col. Davis parle de plusieurs abcès sous-péritonéaux. Dans le cas de Penrose il existait sur le côté droit de l’utérus, dans la paroi même de l'organe et au-dessous de la corne, un abcès contenant environ 2 grammes de pus et sur le côté gauche un abcès plus petit, communiquant avec la cavité d’un
abcès du ligament large, qui communiquait à son tour par un trajet avec le muscle psoas.