‹ Kystes et abcès de l'utérusChapitre 39 sur 44 · SE · texte numérisé non relu

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pintes d'une matière purulente. L'écoulement vaginal cessa peu de jours après. La tumeur disparut graduellement.

Lados écarte toute idée de suppuration annexielle et affirme que l'abcès siégeait dans le tissu utérin, se basant sur l'écoulement purulent dans la cavité utérine. Ce pourrait être tout aussi bien, ajoute-t-il, une ovarite, un abcès de la trompe ou du ligament large. |

L'autopsie n'étant pas venue coufirmer, aucun diagnostic exact ne saurait être affirmé.

Obs. XIV. — Wenpr (cité par Meissner), 1842.

Pluripare, A la suite d’une chute dans un escalier, elle ressentit de violentes douleurs dans le bas-ventre. Cinq semaines après, ouverture spontanée à gauche de l’ombilic d’un foyer qui donna issue à une grande quantilé de pus et à un pied d'enfant. La malade éprouva des douleurs mais l'orifice de la matrice ne s’ouvrit pas, Le chirurgien Weber crut avoir touché par l’orifice supérieur l’orifice interne de la matrice.

Il faut admettre dans ce cas la possibilité d'une grossesse extra-utérine où d’une rupture traumatique de l'utérus pendant la grossesse.

Obs. XV.--S. AsuweLL. À practical treatise of the diseases peculiar to women. Londres, 1846, 2° édition, p. 520.

Femme de 19 ans, strumeuse, pale. Depuis cinq à six mois les règles étaient devenues irrégulières et elle avait beaucoup de leucorrhée. Alternatives de diarrhée et de constipation,puis pendant quelques jours, elle perdit par le vagin une matière purulente. Elle avait eu un mois auparavant de violentes douleurs dans le bassin, principalement en allant à la selle. Quelques jours avant que je la vis, elle avait eu par le vagin une évacuation soudaine d’une grande quantité de pus.

Le col élait mou, mais normal. Le corps de l'utérus était augmenté de volume, mais non induré.

Le rectum ne présentait rien de particulier, Mort quelques mois après. Pas d’autopsie.

Rien ne prouve encore ici l’abcès utérin et il est tout aussi bien

permis de penser à l’ouverture d'un pyo-salpinx ou d’un abcès paramétritique.

Obs. XVI. — Kiwiscu. Klinische Vortrage über spec. Path. u. Ther

der Krankheiïten des weib. Geschlechts, Bd. II, S. 304, 2 Aufl. Prag.

1er Cas (d'après Franqui).— Malade de 26 ans, opérée le 21 mars 1849. Mariée depuis le mois de janvier 1848 ; au commencement d'avril

cessation des règles et signes de grossesse, Peu de temps après elle contracte la varicelle, dont elle guérit parfaitement en trois semaines.

Depuis ce temps elle éprouvait des douleurs dans la région inguinale droite. En juin les douleurs étaient devenues plus violentes et il s’écoula par les organes génitaux du sang et des débris ressemblant beaucoup à de la viande bouillie. Puis la menstruation redevint normale, mais avec des douleurs pendant les huit ou dix jours qui la précédaient et de la fièvre. L'écoulement devint de plus en plus abondant et d’une odeur pénétrante. Cachexie très nette.

A gauche dans l'hypogastre grande sensibilité et résistance, pas d'abcès cependant. Par le toucher vaginal on constate la présence d’un abcès fluctuant du volume d’un œuf d’oie, remplissant tout le fond du vagin, saillant comme une boule. L’utérus était très haut ; on pouvait à peine atteindre les lèvres petites et minces. La sonde utérine a montré que l'utérus était situé derrière la tumeur et qu’il était de quatre lignes plus long que normalement, faisant corps avec la tumeur. La vessie était déviée en avant et en haut. La tumeur se trouve située entre l'utérus, la vessie et le fond du vagin. En pressant sur la tumeur il s'écoulait du pus de la cavité de l'utérus.

Incision du eul-de-sac. Le doigt introduit dans le foyer de l’abcès, on constate qu'il est limité par des parois sinueuses, inégales, rigides. Guérison assez rapide.

C'est sans doute un abcès situé entre l'utérus, la vessie et le fond du vagin, communiquant avec l'utérus, se vidant mal. Le début eut lieu au commencement de la grossesse dans la paroi de l'utérus et

occasionna l'avortement.

Obs. XVII. — Kiwisu. lbidem.

92e Cas (d’après Franoué.) — Femme 19 ans. Accouchement normal le 7 juin 4839. Trois jours après : frissons, fièvre intense. Infection puerpérale ; symptômes pulmonaires.

Il persiste une fièvre « qui ne semblait pas répondre à une lésion localisée ».

18 juillet : on sent l'utérus à travers les parois de l’abdomen dur et sensible. Par le toucher on constate que la portion vaginale dé lutérus était épaisse, raccourcie, non douloureuse ; l'utérus était mobile, Deux jours après l'utérus avait augmenté du double. Augmentation des douleurs et fluctuation.

Ponction au-dessus du bord supérieur de la symphyse dans l’ulérus fluctuant : on retire 5 onces de pus. Après quatorze jours la plaie était fermée. Pendant ce temps l'utérus diminuait au point qu'il n'était plus palpable à travers la paroi abdominale, On pouvait à peine sentir

Mercadé 12

la saillie de la portion vaginale, on ne constatait qu’une fente transversale.

Renvoyée guérie le 10 août.

Rien ne prouve qu’on ait eu affaire à un abcès de l'utérus. Il pa-

raît plus probable qu’on se trouvait en présence d’une paramétrile.

Obs. XVIII (résumée).— CLivi. Storia d'un vasto ascesso uterino. L'Ippocratico, 1872, série 3, t. XXII, p. 65.

Angiola M... se marie à 37 ans. Elle est bientôt enceinte, mais la grossesse est très pénible, surtout dans les deux derniers mois. Dans la nuit du 10 novembre 1869, Clivi est appelé.

Il se trouve en présence d'une présentation de l'épaule. Il fait la version et relire un fœtus mort depuis longtemps.

Après la délivrance, le ventre diminua peu de volume ; Clivi pensa à l'existence d’une tumeur utérine ; à l'examen il trouva une tumeur occupant toute la paroi droite de l'utérus et venant faire une grosse saillie dans la cavité utérine.

La tumeur avait une forme ovoide, longue de 18 à 20 centimètres et large de 12 centimètres. Elle était peu douloureuse et existait déjà avant la grossesse d’après la malade.

Elle devint rapidement plus douloureuse, s’accompagnant de fièvre pendant une quinzaine de jours.

Un mois après cependant la malade était levée et se portait bien.

Clivi est rappelé de nouveau quatre à cinq mois plus tard ; la malade était de nouveau enceinte. L'accouchement fut encore plus difficile que la première fois. Le fœtus était mort également. La main introduite dans la cavité utérine, délivrée du placenta, constata que la tumeur était beaucoup plus volumineuse et plus douloureuse que la première fois. La fièvre s'établit continue ; le ventre resta dur, enflé, douloureux ; l’amaigrissement devint rapidement considérable.

Quelque temps après on constate une fluctuation au niveau de l’ombilic.

Clivi se décide alors à faire la ponction de la poche par le vagin. [1 introduit une longue canule dans l'orifice utérin, puis un trocart en dirigeant la pointe à droile et de bas en haut.

Il s'écoule un liquide blanchätre en très grande abondance (6 litres), d'odeur horriblement fétide. On laisse un drain.

Après la ponction, soulagement immédiat et dans les quatre ou cinq jours suivants, l’état s’améliora très sensiblement. Mais le drain étant tombé les phénomènes réapparurent avec la même intensité.

Huit à dix jours plus tard, nouvelle ponction ; il s'écoule 2 litres de pus également fétide. La canule ne peut être tolérée que quelques heures.

Cette fois néanmoins après quelques jours d'abondante suppuration les phénomènes s’amendèrent et la malade se rétablit.

La malade fut de nouveau enceinte en février ; la grossesse fut normale ; l'accouchement facile et l'enfant vécut.

Il nous semble bien difficile d'accepter cette observation comme un cas d'abcès utérin. Rien ne permet de penser que le pus s’est collecté dans l’utérus. Et il est bien probable qu’on a eu affaire à un abcès paramétritique.

Obs. XIX. — Asurorn MiLrer, cité par Franqué, 1873.

Ashford Miller trouva chez une négresse une grosse Lumeur au devant de la vulve, ressemblant tout d’abord à une cystocèle. Après un examen attentif il constata que l'utérus était prolabé et que la masse fluctuante était un abcès du fond de l'utérus. Il ouvrit l’abcès : il s'écoula une demi-pinte d'un pus sanguinolent. Puis il réduisit l'organe. Guérison.

La localisation exacte de l’abcès ne nous parait pas suffisamment précise pour que nous considérions ce cas comme un véritable abcès

utérin.

Obs. XX. — Macnonazp. Report of a case of metro-perimetritis ending in abscess of the uterus. Edinburgh medical Journal, 1880, p. 874.

T. S..., 38 ans, vieille fille, reçue au Royal Infirmary le 12 octobre 1878. Il y a deux ans, pendant une de ses périodes menstruelles, la malade aurait eu un refroidissement avec rétention d'urine. Douze jours après elle remarqua une tumeur dans l'abdomen qui ne commença à l'inquiéter qu'il y a trois mois par les douleurs qu'elle détermina. Le médecin qui envoya à l'hôpital certifie qu’il y a quatre mois il l'a SOi= gnée pour une crise péritonitique qui ne dura que Los à quatre jours.

Par la palpation, on sent une tumeur irrégulière, très dure, dont une portion occupe la fosse illaque droite nettement séparée de la plus grosse partie de la tumeur qui est placée sur la higne médiane et un peu vers la gauche. À gauche la tumeur s’étend jusqu'aux fausses côtes, à droite jusqu'à un pouce au-dessus de l'épine iliaque antérosupérieure. Elle était mobile et molle. A l'auscultation on entendait un souffle sur toute l'étendue de la tumeur, Pas de bruit fœtal, La malade niait la grossesse, mais les aréoles étaient très développées et elle avait un peu de lait. |

Toucher vaginal: orifice mou et gros; pelit polype. Utérus gros

occupant tout le bassin et repoussé à gauche par quelque chose qui ressemblait à un fibrome sur le côté droit.

Le 15 octobre : avortement.

Le toucher permet alors de reconnaître qu'il persiste à droite une tumeur se continuant avec l'utérus qu'on reconnaît facilement à gauche. Le fœtus était mort depuis plusieurs jours. Douleurs abdominales, élévation de température pendant plusieurs jours.

Le 15 novembre on sent encore la tumeur s'étendant jusqu'à l’ombilic.

Le 6 janvier, après des douleurs abdominales plus violentes, une élévation de température à 103 et une augmentation de volume de la tumeur, il sort par un petit orifice produit spontanément au-dessous de l’ombilic, une grande quantité de pus fétide. Une sonde introduite par cet orifice abdominal pénètre jusqu’au niveau de l'utérus. Macdonald pense que la cavité de l’abcès communiquait avec la cavité utérine, puisqu'une sonde introduite par l’orifice du col et dirigée en haut et à droite venait poindre à l’orifice ombilical.

Drainage. Lavages. Guérison.

Dans les remarques qui font suite à l'observation, Macdonald luimême émet l'hypothèse d'un fibrome qui s’est infecté à l’occasion de

l'avortement et s’est transformé en abcès.

Obs. XXI.— Srirron. Posterior uterine abscess. Glasgow medical Journal, t. 16, 1881, p. 356.

Kate M..., 22 ans, entre à l’hôpitalse plaignant de douleurs principalement dans la région iliaque droite.

Elle s’est toujours bien portée et astoujours été réglée normalement jusqu'à l’année dernière. Elle devint enceinte à cette époque. Le travail dura 13 heures et trois Jours après la malade reprenait ses occupations. Quinze jours plus tard elle commença à souffrir de douleurs abdominales et les lochies cessèrent pendant trois jours. Puis les pertes recommencèrent ; la douleur devint plus vive si bien qu'elle entra à l'hôpital.

A son entrée la douleur siège à l'hypogastre et dans les deux fosses iliaques, surtout à droite. L'utérus était gros, formant une tumeur globuleuse, dure, remontant à un pouce au-dessus du pubis. Le col ne pouvait être senti el la sonde ne pouvait pénétrer dans la cavité utérine. Aucun trouble vésical ni rectal.

Pendant deux mois aucun traitement ne put modifier la douleur, ni faire diminuer le volume de la tumeur qui ne cessa d'augmenter jusqu'à ce qu'elle vint pointer à l’ombilic, Une ponction suivie d’incision donna issue à dix onces de pus, Les jours suivants la température qui avait oscillé depuis son entrée entre 105° et 98° tomba à 9704 et 9802, La douleur cessa, mais l'utérus ne diminua pas de volume,

OBSERVATIONS 181 22 SR SE tr AN en DRE a LA PACS

Trois semaines plus tard l'écoulement se tarit et on laissa la plaie se fermer.

Stirton insiste sur ce qu’à aucun moment on ne sentit d'induration dans le cul-de-sac postérieur. Le cathétérisme de l'utérus démontra que la caritérn était m1 plus longue, ni plus large que normalement et que ses parois étaient fermes, résistantes.

La lésion siégeait donc, dit Stirton, à la partie postérieure et supérieure des parois utérines.

Obs. XXII. — Tomas Enwanrns. À case of puerperal mania and metritis terminating in abscess ; recovery. The Lancet, 29, August,

1885, €. II, p. 385.

Le 16 avril de cette année, j'ai accouché de deux jumeaux, L. G.., primipare, âgée de 28 ans. Elle souffrait à ce moment d’une légère bronchite et de dépression mentale. Je fis une application de forceps pour le premier enfant. Jusqu'au 3° jour santé parfaite ; elle se plaignait alors d'un besoin de sommeil. Je lui donnai du bromure de potassium et du chloral. Le 6e jour se manifestèrent quelques troubles mentaux. J’ordonnai du jalap et du calomel et la continuation du chloral toutes les quatre heures.

Lavages vaginaux. Le 8° jour, les troubles mentaux s'amendèrent. Les lochies et le lait cessèrent. L'abdomen augmenta beaucoup de volume ; douleur à la pression sur l'utérus. Température 105°. Pouls 120. Application d’onguent mercuriel et lotions de térébenthine.Toutes les quatre heures mixture au sulfo-carbonate de soude, Le 11° jour, il y avait bronchite, diarrhée, délire tranquille, surdité bilatérale, facies angoissé. Température 104. Pouls petit. L'abdomen avait diminué de volume. Il existait une induration s'élevant de beaucoup au-dessus de l’ombilic. Des cataplasmes de moutarde furent appliqués sur la poitrine.Le 14e jour, la malade commença à aller mieux, La température cependant était encore haute, et la tuméfaction abdominale toujours la même.

Le 21e jour, même état.

Dans la première semaine de juin, un gros abcès pointa et s’ouvrit en un point situé entre l’ombilic et le pubis. L’utérus solidement fixé à la paroi utérine, diminua cependant rapidement de volume, et la

malade est en convalescence.

Ici encore, il s'agissait probablement d’un abcès paramétritique.

En tout cas, rien ne permet d'affirmer l'abcès utérin,

Obs. XXIII. — Kizparmicx. The Dublin Journal of med. Science, 1887, t. II, p. 152.

Tumeur abdominale du volume de l'utérus au 7° mois, apparaissant

trois semaines après la délivrance et s'étendant du pubis à un travers de doigt au-dessus de l’ombilic Elle devint rapidement adhérente à la paroi abdominale et quatre semaines après s'ouvrit à travers l'ombilic. Il s'écoula une matière épaisse comme du mastic, fétide.

Drainage et lavages. Guérison.

Ce cas pourrait tout aussi bien être étiqueté: kyste suppuré de l’ovaire devenu adhérent; ou grossesse extra-utérine, ou péritonite enkystée.

Pour Pozzi, c'est une observation non douteuse de suppuration paramétritique ayant envahi la cavité de Retzius et s'étant ouverte au niveau de l’ombilic.

Obs. XXIV.— Lawsonx Tarr. Diseases of women and abdominal Surgery Lip ler

IV pare. Dernier accouchement il y a cinq mois. Après être restée exposée à un grand froid pendant plusieurs heures, elle éprouva un grand frisson, suivi de violentes douleurs au-dessus du pubis. Je la vis le troisième jour et trouvai sur le fond de la vessie, une tumeur molle, et reliée à l'utérus. Le col était peu augmenté de volume et mou; il en sortait un pus épais et sanguinolent, Par le cathétérisme on consiate que l'utérus est de longueur normale et en rétroversion. La tumeur était mobile avec l'utérus, de sorte que je conclus à un petit fibrome en lrain de se ramollir où à un véritable abcès de la paroi antérieure de l'utérus, Dans Îles deux cas la dilatation du col me parut utile et je la fis avec une éponge préparée. Le jour suivant l'éponge était imbibée de pus, l'utérus était diminué de plus de moitié, la cavité utérine était pleine de pus et quand j'y introduisis le doigt, je pus sentir une place molle avec une ouverture au milieu dans la paroi antérieure de l'utérus, juste à l'intérieur du col. Guérison en quelques semaines.

Le fait qu'il ne subsista pas de fixation de l'utérus et que la tumeur disparut complètement fait éliminer à Lawson Tait l’abcès paramétritique.

Augustein de son côté pense aussi que dans ce cas il s'agissait d'un abcès siégeant dans la paroi de l'utérus.

Mais il nous semble que les faits se seraient passés de la même façon dans un cas d’abcès périmétritique.

Obs. XXV et XXVI. — Scnnüper cité par Franoué, 1890.

« J'ai vu moi-même deux cas d'abcès de l’ulérus : l'un d'eux s'est développé pendant la période puerpérale, après la délivrance. L'abcès qui avait eu tendance à pénétrer dans la paroi abdominale a été ouvert par un médecin. Il s’écoula aussitôt un demi-litre de pus.

Dans l’autre cas l’abcès s'était développé après un cathétérisme du col sfénosé. Il atteignit le volume d'une tête d'homme et s'ouvrit dans le rectum, »

Des deux cas relatés par Schrüder, dit Pozzi (1), l’un post-puerpéral paraît avoir été une simple paramétrite : l’autre ouvert par le rectum et consécutif à un sondage de l'utérus était très vraisembla-

blement une suppuration de trompes.

Obs. XXVII. — Baxowskr. Uterus abscess mit Perforation in die Cervix, Heilung. Wôürtlich gleich lantender Aufsatz in: Internationale klin. Rundschau, 1891, n° #7 und der Frauenartz, Bd VII, 1892.

Femme mariée, 65 ans. Depuis quelques jours fièvre et douleurs très intenses dans l'hypocondre.

Ménopause il y a vingt ans.

On a trouvé : une tumeur dure, de deux doigts de large au-dessus de la symphyse. Prolapsus de la paroi antérieure et de la paroi postérieure du vagin ainsi que du col. Après réduction on a constaté des connexions entre l'utérus et la tumeur.

Trois semaines après, sortie de pus fétide par l'utérus, Après deux semaines Bakowski a trouvé une tumeur du volume d’une tête d'enfant, rénitente, douloureuse, mais bien mobile, un utérus gros, rempli de liquide. Il a pu pénétrer dans le col oblitéré à l’aide d'une sonde; il s'évacua du pus fétide en très grande quantité et des lambeaux nécrotiques après dilatation. Guérison en deux semaines.

Torggler (Centralblatt f. Gynæhkologie) pense que « c’est une observation longue, mais scientifiquement trop courte et insuffisante ». Malgré l’auteur, dit Franqué, on peut bien supposer que c’est

une simple pyométrile sénile et jamais un abcès de l’utérus.

Obs. XX VIII. — Auczaim. Suppuration de l'utérus. Bull. de la Soc. anat., 1893, p. 88.

H... Marie, 52 ans, entre le 1% janvier 1893 à l’'Hôtel-Dieu, service de M. Thibierge.

Antécédents personnels. — Bien portante jusqu'à il y a huit mois. Un soir, la malade prend froid, se couche et le lendemain ne peut se lever. Les deux membres inférieurs étaient paralysés. Depuis, accentuation

de la paralysie. Nu 08n:

Etat actuel. — Décubitus dorsal; la malade est un peu inclinée à

(1) Pozz. Traité de gynécologie clinique et opératoire, Paris, 1897, p. 150.

gauche cependant. Les deux membres inférieurs sont presque complètement paralysés.

La malade peut faire quelques mouvements des orteils et du pied, mais ne peut remuer les jambes.

Paraplégie flasque. Douleurs très violentes et par crises, dans les fesses, les cuisses et les talons. Ces douleurs paraissent être plus vives alternativement dans un membre ou dans l’autre. La sensibilité au tact, à la douleur provoquée et à la température paraît peu touchée : renseignements fort vagues du reste, vu l'état de cachexie de la malade.

Les réflexes rotuliens sont abolis, la malade a depuis un mois de l’incontinence d'urine et des matières fécales.

Infiltration énorme des deux membres inférieurs et de la partie inférieure du tronc, la pression détermine facilement le godet, les téguments sont pâles.

L'æœdème est plus accentué sur le côté où se couche habituellement la malade. Eschare peu étendue au sacrum, Aucune déformation du rachis. Amaigrissement considérable. Dégoût pour tous les aliments surtout pour la viande. Nausées fréquentes mais sans vomissements. Teint pâle, cachectique.

Pommettes légèrement colorées. On ne trouve nulle part des nodosités ou des tumeurs ; ni dans les organes profonds, ni dans les seins, ni dans les téguments.

L'œdème énorme de la région abdominale inférieure en gêne la palpation,

Les touchers vaginal et rectal ne sont pas faits. La malade affirme du reste n'avoir jamais rien présenté d’anormal de ce côté.

Diagnostic. — Cancer intra-rachidien siégeant au niveau de la région lombaire ; peut-être névrite périphérique.

Aulopsie. — Rien dans les poumons ni au cœur. La colonne verté-

brale, les méninges, la moelle sont saines. Le foie est muscade. L’estomac est normal. A l'ouverture de l'abdomen, masse volumineuse remplissant tout le bassin et comprimant le plexus sacré et les vaisseaux hypogastriques. La tumeur paraît être médiocre et avoir eu pour point de départ le corps de l'utérus.

Ovaires, trompes et utérus sont confondus, et il est difficile de dire ce qui dans la tumeur appartient à l’un ou à l’autre.

Détachée de ses adhérences au bassin, à la vessie et au rectum, la tumeur a le volume d’une tête de fœtus à terme, Elle est molle, pâteuse par places ; ailleurs plus consistante et recouverte d’une paroi ehondroïde. La section montre des masses ramollies, puriformes avec suc abondant, miscible à l’eau.

L'examen macroscopique est impuissant à démontrer exactement la nature de la tumeur et son origine exacte : ovaires ou utérus,

M. Legry a fait l'examen histologique de la pièce. La coque qui en-

toure de toutes parts la tumeur est constiluée par du tissu utérin, A mesure qu'on se rapproche du centre on voit les fibres musculaires dissociées par les globules de pus. Il s’agit donc de l'envahissement de la paroi utérine par une suppuration dont le point de départ reste inconnu.

La suppuration de l'utérus ne peut évidemment pas être mis en doute, mais il ne peut évidemment pas être question d’un véritable abcès,

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