‹ Kystes Hydatiques De La RateChapitre 40 sur 55 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

La méthode de traitement la plus simple estla ponction. Sans doute on a pu signaler quelques guérisons, mais combien faible est leur nombre en comparaison des accidents qui peuvent s’en suivre, FELHEISEN put guérir un kyste hydatique avec une seule ponction. LEPRÉVOST que nous avons déjà eu l'occasion de citer, guérit son malade à la suite d'une ponction blanche, mais à côté, ROSENSTEIN et SANGER, ponctionnent un sujet onze fois sans résultat, et on est obligé de recourir à l’incision ; dans le cas de GÉRIN Roze, le liquide se reforme en vingtquatre heures. M. SEVESTRE recommandait en 1883 de vider complètement le kyste avec l'appareil aspirateur et de condammer le malade au repos absolu, jusqu'au moment où on a lieu de penser que l'orifice fait à la paroi kystique est obturée. Malgré tout, ces auteurs sont obligés de reconnaître que la rate reste grosse après la guérison apparente. La ponclion n’était du reste pas exempte de danger ; elle était suivie fréquemment de pneumonie, de pleurésie ayant entrainé la mort des sujets.

On voil par là que la ponction doit être éliminée surtout lorsque dans la suite on pourra être appelé à prati-

quer une laparotomie, et comme la ponction est souvent

suivie en dehors de toute suppuration de poussée d’urticaire, d’élévation de température, ily a là autant de causes de retard à l'opération chirurgicale que l’on peut-être appelé à pratiquer. M. FÉVRIER au Congrès de Chirurgie de 1901 rapporte des cas de mort, mais indépendamment de ce fait, la ponction est un procédé aveugle, il peut exister à la surface du kyste une adhérence épiploïque, une veine peut-être lésée, et dans son rapport ce chirurgien cite une observation où la mort semble être le résultat de la perforation par le trocart de l’ntestin adhérent à la rate.

La ponction est donc inefficace et dangereuse, VanvERTS en 1897 citait sur 31 cas de ponction simple :

17 récidives ; 7 morts ; 2 guérisons incomplètes à opposer à b guérisons.

Nous devons reconnaître que dans toutes les observations publiées depuis cette époque, nous n'avons pas vu mentionnée la ponction comme moyen de diagnostic et de traitement ; et on ne peut guère parler de guérison. Quand la rate reste grosse, il peut s'être fait de la périsplénite, le kyste peut être impossible à percevoir et ce n’est qu'en se développant au bout d'un temps variable, de deux mois à cinq ans, que l’on reconnait comme dans l'observation de M. Decexs (1) la tumeur aussi volumineuse qu'a-

vant la première ponction.

1. Dexens. Bull. et mémoires de la Soc. de Chirurg., 1889, p. 305.

Mie

Il est vrai que la ponction n’a été souvent que le premier temps d’une intervention plus complète.

Injections antiseptiques. — On a préconisé les injections parasiticides, le sublimé, la teinture diode, la solution iodoiodurée (RiBauT) (1) à vrai dire ces méthodes sauf l’injection de sublimé sont un peu tombées dans l’oubli. BouiLLY (2) s'était fait le défenseur de cette méthode pour laquelle il revendiquait le nom de « Méthode de Mesnard de Bordeaux » et à la même séance de la Société de Chirurgie de Paris M. le professeur Pozzi rappelait qu'il put voir disparaître à la suite d’injections de sublimé une tumeur diagnostiquée kyste de la rate.

INCISION ET MARSUPIALISATION. — Il y eut une longue période durant laquelle l’incision simple du kyste fut considérée comme le traitement de choix, malgré tout on cherchait à créer des adhérences. L'ancienne méthode dite de Simon préconisait la ponction avec trocart à demeure, ou plus rarement on appliquait des caustiques. L'emploi de pâte de Vienne était fort en usage, mais nous devons reconnaitre qu’en pratique il en était bien autrement, tout au moins en ce qui concerne le kyste hydatique de la rate et dans une seule observation publiée par GÉRIN Roze, il y eut application de ce caustique et ouverture du kyste au thermocautère. Cette méthode n’a plus qu'un intérêt historique. Dans le cas de GÉRIN Rozz, la guérison survint, mais dans un cas de P£an la mort suivit. Le malade était

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