‹ Kystes Hydatiques De La RateChapitre 45 sur 55 · A QE · texte numérisé non relu

A QE

leur véritable, la percussion donne unezône mate, arrondie, entourée de zône sonore, en dedans de cette surface on reconnaît l'estomac peut-être légèrement dilaté, on ne trouve pas de sensation de flot ni fluctuation, la poche est manifestement tendue. Elle peut être déplacée dans le sens transversal, mais n’atteint pas cependant la ligne médiane. Le déplacement dans le sens vertical est un peu plus marqué et on peut voir la tumeursuivre les mouvements respiratoires. Ce symptôme fit songer à un kyste de la rate, mais on abandonna ce diagnostic car la tumeur était mobile, la rate semblait normale à la percussion et on songea àaun kyste de l’épiploon ou du mésentère, peut-être à une tuberculose (?), à un ulcère avec périgastrite.

Les symptômes fonctionnels sont donc réduits à des troubles gastriques.

Laparotomie à gauche de la ligne médiane, l’épiploon recouvre la face antérieure, le kyste est facilement amené. La tumeur est contournée, elle n’adhère pas, elle est luxée hors de l’abdomen.

On sent facilement le pédicule {voir anat. patholog).

M. Championnière en reconnaît le point d'implantation sur la face interne de la rate qui semble normale, le pédicule est composé de tissu conjonctif fibreux blanchâtre.

Ligature facile au catgut, au point d'implantation.

Drainage, suites opératoires normales, pas d’élévation de

température. Malade sort guérie le vingt-troisième jour.

OBSERVATION II (Personnelle)

Quatre kystes hydatiques de la rate Cing kystes hydatiques du grandépiploon

Georges D..., trente-six ans, garçon de café.

Entré à l'Hôtel-Dieu,service de M. le professeur Brissaud le 6 juillet 1902 avec le diagnostic cirrhose (?) porté parun médecin de la ville ; on reconnaît le frémissement hydatique par l'examen de l’abdomen.

Le malade est passé salle Saint-Côme dans le service de M. Championnière,

Le sujet très amaigri a étéobligé de cesser tout travail depuis quatre mois, l'abdomen a augmenté de volume, l'appétit a disparu, la diarrhée s’est installée d’une manière permanente, le facies du sujet est tel qu’à première vue, sans avoir pratiquée la palpation de l'abdomen on pourrait croire à une péritonite tuberculeuse.

Les téguments de l’abdomen sont tendus, peu de circulation veineuse supplémentaire, ombilie normal.

Palpation douloureuse dans les régions iliaques, le foie est normal, sur la ligne médiane, à droite et à gauche de cette ligne, on reconnait la tumeur arrondie, où l’on sent nettement le frémissement hydatique. Les tumeurs sont parfaitement mobilisables, la rate est augmentée de volume, maison ne porte pas le diagnostic de kyste hydatique de la rate.

Appareil respiratoire.— Aucun symptôme.

Albuminurie très légère.

Examen du sang par M. Bruandet. Globules rouges en proportion normale.

Eosinophilie accentuée.

Enrésumé on a la notion de kystes hydatiques multiples probablement développés dans le grand épiploon.

Laparotomie le 11 juillet 1902.

On pratique une incison médiane, on trouve cinq kystes hydatiques développés dans le grand épiploon, l’extirpation fut relativement facile, sauf pour le kyste supérieur siégeant près de la grande courbure, car il fallut pratiquer une ligature sur une branche de la veine gastro-épiploïque saignant abondamment. |

On fait ensuite l'exploration de l’abdomen, le foie est sain, mais la rate de volume normal présente trois kystes sur la face extérieure,un sur la face profonde. M. Championnière fait la splénectomie.

L'organe est facilement enlevé sans hémorragie importante.

La durée de l'opération a été de quarante minutes.

Injection de sérum.

Le soir la température est de 3708.

Le pouls est à 100 environ.

Le malade meurt dans la nuit du 11 au 12 juillet.

Autopsie. — Ne révèle rien du côté de l'abdomen, à l’intérieur de la cage thoracique on trouve un petit kyste implanté sur la face interne des septième et huitième côtes droites.

Rien au cerveau.

Le malade est vraisemblablement mort de shock.

OBSERVATION III (Inédite)

(Due à l'obligeance de notre collègue Raymond

interne de M. Guinard).

Kyste hydatique de la rate

B. D... quarante huit ans, plumassière.

Le diagnostic du siège avait été fait en clinique grâce à l’insufflation de l'estomac qui refoulait la tumeur à gauche loin du foie, Une ponction capillaire donne un liquide hydatique. Urrticaire une demi-heure après. Violent traumatisme épigastrique par un dossier de chaise auparavant. Petit chien chez une deses sœurs. Le 30 novembre 1907 incision oblique à gauche suivant le bord externe du muscle droit allant de deux travers de doigt au dessus des fausses côtes gauches, à la hauteur de l’ombilic. On voit tout de suite que c'est la rate qui est en jeu tout à fait à gauche de l’estomac. Voyant qu'on peut faire le tour par en haut du vaste dôme splénique on se décide à faire l’extirpation de la rate. Mais avant 5 ponctionne la poche ; on extrait trois quarts de litre de liquide très clair. Malheureusement quand on veut détacher la rate à sa partie postérieure et supérieure de la voûte diaphragmatique, on a les plus grandes difficultés, on déchire le diaphragme, il se produit un pneumothorax bruyant: on déchire aussi la poche qui est mince par place et il s'écoule un peu de liquide resté dans la cavité kystique. Avec plusieurs points de catgut on essaie sans y parvenir convenablement

d’aveugler les orifices diaphragmatiques où l'air entre dans

Ro

la plèvre ; après avoir lié le pédicule splénique on bourre de gaze la concavité du diaphragme, on met un gros drain. La malade n’a été à aucun moment incommodée par le pneumothorax. La rate est complètement désorganisée, il reste à peine à la partieinférieure un centimètre d'épaisseur de tissu splénique sur une longueur de 7 à 8 centimètres et sur une largeur de centimètres. Tout le reste de la tumeur enlevée est constitué par une portion mince qu’on dut sculpter avec des ciseaux sur la face insérieure des diaphragme. Mort dans la nuit qui suit

l’opération.

OBSERVATION IV (Inédite)

(Due à l’obligeance de M. Pauchet d'Amiens)

Il ya quatre ans M. Pauchet vit un homme de trente-huit ans porteur dans le flanc gauche d’une tumeur grosse comme une tête d’adulte. Le diagnostic posé par le médecin était tumeur du rein. Le cathétérisme de l’uretère associé au bleu de méthylène montra que les deux reins étaient également bons. L’examen du sang fit découvrir de l'éosinophilie. M. Pauchet porta le diagnostic de kyste hydatique de la rate : on pratiqua une incision paracostale et on enleva très facilement un kyste à cavité unique et à membrane hydatide. La guérison survint sans encombre. M. Pauchet ajoute :

« Jai fait une contre-ouverture lombaire pour le drain, J'ai revu l’opéré, il y a deux ans : il travaillait beaucoup et se portait fort bien. Le kyste n'avait détruit que la moitié de la rate. J’ai essayé de faire la splénectomie partielle, mais le suintement fut tel que je dus faire une extirpation totale, L'intervention fut très simple. Un examen du sang pratiqué trois semai-

nes plus tard ne décela plus l’éosinophilie ».

es, CNE

OBSERVATION V (inédite)

(Prise par M. Vouzelle dans le service du D Just Lucas-

Championnière à Beaujon (1897)

Le 14 juin 1897 entre à l’hôpital Beaujon, dans le service de M. Championnière, un homme de trente-cinq ans P. B. venant des colonies.

Antécédents. — Rien de particulier jusqu’à la vingtième année. En 1895 le malade a été soigné pour une pleurésie gauche.

Après une période durant laquelle sa santé a été satisfaisante, il a présenté de la gêne respiratoire, il a considérablement maigri. Le diagnostic de tuberculose pulmonaire à même été porté par un médecin de la ville, des pointes de feu ont été appliquées sur le côté gauche du thorax.

En 1896 le malade dit avoir ressenti des « battements dans le côté gauche, nous lui fimes préciser le siège exact et l’on voit que cette douleur répondait à la ligne mamillaire prolongée jusqu’au niveau de l’hypocondre. La douleur n'était pas constante, mais depuis quatre mois (février 1897) à la suite d’un refroidissement, dit le malade, la douleur ne fait que s’accrottre ; étant allé à la consultation externe de l’hôpital Beaujon, M. Lyot, assistant de consultation, par la palpation reconnut une tumeur et conseilla au malade de rentrer dans un service de chirurgie. A l'examen clinique le sujet est amaigri, les pommettes sont saillantes, le thorax est saillant, les téguments ont

la teinte jaune habituelle chez les coloniaux.

Appareil respiratoire.— A l'auscultation du thorax, aucun signe de tuberculose pulmonaire, à la base de la cage thoracique, légère matité à la partie postérieure, le sujet ne tousse pas, aucune expectoration,

Appareil digestif. — Langue normale, appétit à peu près conservé, constipation, hémorroïdes. Foie semble normal : ni atrophie ni hypertrophie. Fosses iliaques ne révèlent aucun signe pouvant attirer l'attention sur l’appendice vermiculaire ou sur le segment terminal de l’intestin; à l'hypocondre gauche, il semble en examinant le sujet couché, de profil, qu’il y ait un léger soulèvement suivant les mouvements respiratoires.

Palpation révèle une surface dure à peu près régulière, dont on ne peut fixer les rapports car elle disparaît sous la face profonde des neuvième et dixième côtes. Cette palpation n’est pas sensible, sauf vers le pôle supérieur, la limite inférieure répond à peu près à deux travers de doigt au-dessus de l’ombilie ; le sujet examiné debout, la tumeur ne s'abaisse pas, fluctuation peu nette à la percussion matite qui n’atteint pas l’épigastre où l’on reconnaît la poche gastrique.

Température 37°6.

Les jours suivants température normale.

Le diagnostic est ou tumeur de la rate, ou kyste hydatique sans que l’on puisse préciser d'avantage.

Le 25 juin 1897, laparotomie, incision verticale médiane, immédiatement sous le feuillet pariétal de la séreuse, on voit la tumeur régulière qui du reste adhère à ce feuillet, on incise couche par couche. La poche est plus fluctuante que ne le ferait croire l’examen avant l'intervention.

Elle est saisie avec deux pinces clans et incisée.

Un liquide clair s'écoule et il y a beaucoup de vésicules filles,

Déc" 7e

La poche est rattachée à la rate.

Par crainte de déchirure de la rate et pour éviter une splénectomie chez un sujet anémié, la paroi kystique est suturée à la paroi abdominale,

Drainage, lavage phéniqué.

Malade garde une fistule jusqu’en octobre,

Mais il y a amélioration de l’état général et augmentation de

poids.

OBSERVATION VI (Inédite)

(Due à l’obligeance de MM. Tuffier et Mauté.)

Madeleine V... vingt-cinq ans, entre à l'hôpital Beaujon dans le service de M. Robin le 17 juillet 1905. On reconnaît une tumeur de l'hypocondre gauche, l’état général est grave, dyspnée, vomissements, la température est de 38°7 le matin 39 degrés le soir.

Depuis trois mois, amaigrissement, état anémique très accentué, la tumeur de l’hypocondre semble correspondre à la rate. M. Claret interne de M. Robin pratique une ponction à ce niveau. La ponction ramène un liquide louche, on porte le diagnostic de kyste hydatique de la rate.

Le 22 juillet 1905, la malade est passée dans le service de M. Tuffer,salle Jarjavay,lit n° 8,on décide l'intervention immédiate. Après laparatomie, on trouve un kyste hydatique de la rate ; la splénectomie ne fut pas faite. Marsupialisation.

La malade mourut dans la nuit qui suivit l'opération.

M. Mauté ayant eu l’obligeance de nous montrer la pièce

BCE

nous avons pu voir qu'il s'agissait d’un kyste vraisemblablement profond au début,s’étant développé vers la périphérie en dissociant le parenchyme splénique. La rate était remplacée par une vaste caverne, la coque parenchymateuse n'avait plus que 1 cm. 1/2 d'épaisseur environ,l'autopsie faite par M.Mauté

montra que ce kyste était unique.

OBSERVATION VII (Inédite). Kyste hydatique probable

(Cas communiqué et dû à l’obligeance de M. Monprofit d'Angers.)

Une jeune femme portait dans la région gauche de l'abdomen une tumeur plus grosse qu’une tête d’adulte ; cette tumeur fut diagnostiquée par le médecin traitant et par M.Monprofit. Kyste hydatique de la rate. L'intervention fut proposée mais momentanément différée. Quelques jours après douleur brusque dans le ventre : disparition de la tumeur, gonflement de l’abdomen ; apparition subite d'urticaire sur toute la surface du corps et mort en quelques instants. [i n’y a eu ici ni intervention, ni nécropsie, mais « l'observation clinique et ces accidents terminaux avec urticaire permettent de croire qu'il s'agissait

bien d’un kyste hydatique de la rate. »

OBSERVATION VHI

(Andersen de hydatibus dissertation inaug. Goettingen, 1820.)

Homme, quarante ans.

Autopsie. — Le sujet était hydropique, sa rate se trouva

76) transformée en une poche énorme contenant une grande quan-

tité de vésicules hydatiques, dont la plus grande était grosse

comme un citron et pèse trois onces tandis que la plus petite

est comme une graine de moutarde.

OBSERVATION IX

(Barret. — Bullet. Soc., anat., Paris 1898, p. 341.)

Acéphalocystes de la rate et du bassin.

Vers la fin de 1827 la malade à eu une péritonite chronique dont elle a guéri complètement.

La malade meurt quelque temps après.

L’autopsie découvre un énorme kyste splénique rempli de

vésicules et pénétrant entre l’utérus et le rectum.

OBSERVATION X

(Go:rand d'Aix. — Gazette des Hôpitaux, p. 100, 1850).

- Ponction probante, incision, caustiques d’après Recamier. Enorme kyste de la rate ; ouverture du kyste par incision des couches superficielles et cautérisation, à l'intérieur. Péri- tonite à la suite de la dépression subite du kyste qui adhérai au tissu splénique et de l’infection de la cavité abdominale. A la micropisie on trouve un kyste hydatique du poumon et

une autre formation incluse dans le ligament large.

Martin ()

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