LUS
OBSERVATION XLIIT (Résumée)
Vivenza (n° 13 de la S perimentale, 1895).
Stéfani, soixante-cinq ans, à la suite d’une contusion dans la région de l’hypocondre gauche, vit survenir un mois après une tuméfaction puis ressentit une douleur dans le côté gauche. La respiration est gênée à tel point qu'il y a immobilisation de ce côté du thorax.
Opération de Lindemann Landau.
Mort par septicémie,
Autopsie fait reconnaître le kyste à parois flasques,de la capacité de trois litres ayant la forme d'un cône à base supérieure
sous le diaphragme, à sommet arrondi plongeant dans le
bassin.
OBSERVATION XLIV (Résumée)
(M. Richelot, thèse Vanverts. Paris, 1899 p. 195).
On trouve dans l'hypocondre gauche une tuméfaction qui dépasse la ligne médiane de quelques centimètres ; elle forme une voussure très nette au-dessous du rebord costal gauche.
Elle est fluctuante, à peu près indolente à la pression.
Opération. — On découvre une énorme rate fluctuante se .
prolongeant sous le diaphragme ; lekyste paraît occuper, presque Lout Porgane ; par une ponction on retire un liquide trouble ; M. Richelot renonce à marsupialiser, Splénectomie. Gué-
risOn,
mt,
OBSERVATION XLV (Résumée)
(Amberg. Wiener med Wochenschr., 1898, p. 2073.)
L'auteur n'avait aucun diagnostic précis lorsqu'il décida l'intervention.
I s'agissait d’une femme de trente-huit ans, ayant une constipation opiniâtre, l’amaigrissement était tel que l’on pense à une tumeur maligne.
Après incision para-médiane gauche, on reconnaît le grand épiploon adhérent à la tumeur, puis l’épiploon fut réséqué et l’on aperçut seulement la rate creusée d’un kyste.
La splénectomie fut pratiquée.
L'opération ayant été très pénible la malade mourut dans la
journée.
OBSERVATION XLVI (Résumée)
(Lavazzani, Clinica Pisa, 1898, p. 348.)
Il s’agit d'un enfant vivant avec des chiens, qui présenta des kystes hydatiques multiples de la rate, du foie, de l’épiploon. Les lésions ne furent reconnues qu’à l’autopsie. Pendant la vie
il fut impossible de décéler le frémissement hydatique.
OBSERVATION XLVII
(Matvieyeff. Wratch Saint-Pétersbourg, 1898,) p. 588.
Splénectomie pour kyste hydatique solitaire de la rate.
Guérison en dix-huit jours.
OBSERVATION XLVIIL (Résumée)
(Trofinoff. Chirurgia Moscou p. 561.)
Cet auteur sous la dénomination de « singulier cas d’échinocoque splénique rapporte l’histoire d’un sujet qui après une période de plusieurs mois durant lesquels il ne put que constater des symptômes fonctionnels très atténués, tels que pesanteur, tiraillements lombaires,eut une vomique et rejeta des crochets d’'hydatides. Tout rentra dans l’ordre, enfin la tumeur qui avait paru diminuer après la vomique « se reconstitua », elle fut vidée par la ponction. Mais des phénomènes infectieux, vomissements, fièvre et autres survinrent.
Laparotomie. Incision, marsupialisation. Drainage. Guérison.
L'auteur envisage à ce propos les chances de succès de la
marsupialisation qu’il recommande dans les formes suppurées.
OBSERVATION XLIX (Résumée)
(Slawtcheff, — Med. Napiedak. Sophia, 1900, p. 571.)
Le kyste hydatique était peu volumineux, comparable à une orange. Slawtcheff fut surtout frappé par l’hypertrophie de la rate qui le décida à pratiquer la splénectomie, car il craignait une dégénérescence maligne de l'organe coïncidant avec le kyste hydatique.
L'examen histologique ne révèle rien de particulier.
OBSERVATION L (Résumée)
(Berthier. — Thèse Mortureux. Paris, 1900, p. 50.)
Malade amaigri, présente une teinte subictérique.
Base du thorax élargie, voussure sensible à la vue au-dessous des fausses côtes.
Par la palpation et la percussion, on détermine l'existence d’une tumeur arrondie, bilobée.
On a la sensation très nette de frémissement hydatique.
Foie diminue de volume.
Opération 23 mai 1899 par M. Blum à l’hôpital Saint-Antoine. On découvrit une tumeur volumineuse refoulant l'estomac en haut indépendante du foie.
Ponction d’une première saillie donne issue à 250 grammes de liquide, la poche vidée est incisée et on reconnaît cinq ou six autres poches à son intérieur. Elles sont sectionnées avec le bistouri avec le thermocautère de façon à obtenir une seule cavité.
Débris enlevés à la curette.
Drainage.
En août il persiste encore une petite fistulette, mais état
général excellent.
OBSERVATION LI (Résumée)
(Gallozi. — Bullet. acad. méd. et chirurg.\de Naples, 1901, p. 16.)
Cet auteur vit un kyste hydatique suppuré, mais il ne porte
pas le diagnostic, il crut à un abcès de la rate.
Ce n'est qu'après ponction du kyste qu’on reconnut les cro-
chets d’échinoccoque. Marsupialisation.
La fistule persistait quatre mois après l'intervention.
OBSERVATION LII (Résumée)
(Stankienvicz. — Gazette de Varsovie, 1902, p. 982.)
Ayant eu l’occasion d'intervenir deux fois pour affection de la rate, ce chirurgien trouva une fois un kyste hydatique et fit l’extirpation de la poche en avril 1901, l'hémorragie fut abondante le malade guérit en cinq semaines, mais cette opération fut incomplète car au bout de sept mois, en novembre 1901, le malade revint présentant une tumeur de l’hypocondre gauche ; on pratiqua la splénectomie, il existait un kyste hydatique de la face profonde de la rate passé inaperçu lors de la première intervention.
Guérison en trois semaines malgré une pneumonie survenue
au huitième jour.
OBSERVATION LIII (Résumée)
(Villar. — Journ. Med. Bordeaux, 1903, p. 165.)
Il s'agissait de kystes hydatiques multiples dans l’épiploon la rate et le pancréas ; en ce qui concerne la rate le diagnostic ne fut porté au cours de l'intervention qu'après l’ablation des kystes-épiploques.
La rate était retenue par des adhérences au diaphragme. La
splénectomie à peu près tolale fut pratiquée, mais une petite portion fut marsupialisée ; en résumé il existait deux kystes de
la rate.
OBSERVATION LIV
(Monprofit. — Soc. anat. Paris. 1903, n°5, p. 446.)
Kyste parasplénique
Femme quarante-trois ans,tumeur à ses débuts siègeau-dessus et en dedans de l’épine iliaque antéro sup-gauche.
En novombre 1902, volume de 2 poings.
Puis extension considérable.
12 mai 1903. — Opération. Tumeur lisse blanchâtre, ponction de la tumeur, cinq litres de liquide.
Poche kystique peu à peu libérée de ses adhérences : la poche est entre pancréas et rate. —Les adhérences entre la poche kystique et la rate sont solides. Artère splénique sectionnée entre deux ligatures. On sectionne la queue du pancréas qui mène sur la poche kystique. Celle-ci se trouve libérée. .
Examen. — Poche kystique cloisonnée.
Face intérieure de la paroi kystique présente de petits kystes translucides.
Artère splénique est unie à la paroi du kyste par quelques lobules pancréatiques qui sont accolés à cette poche.
Paroi tapissée d’un épithélium cylindrique avec de nom-
breuses glandes.
OBSERVATION LV (Résumée)
(De Almeida. — Brazil Med. Rio-Janeiro, 1904, p. 446.)
L'auteur rappelle sa statistique.
Sur 15 cas de kystes hydatiques suppurés, 15 marsupialisations, 14 guérisons.
21 cas de kystes hydatiques normaux, 21 splénectomies, 18 guérisons. Dans le cas particulier le kyste étant unique :
splénectomie. Guérison.
OBSERVATION LVI
(Mabit. — Revue chirurg., 1906, p. 596.)
J. M..., quarante ans. Incision sur le bordexterne du muscle droit du côté gauche, kyste de forme oblongue, inséré sur le bord inférieur de la rate, adhérent intérieurement à l'angle du côlon. Pas d’autres adhérences.
Résection de la partie libre et aussi du point de membrane adventice qui unit le côlon à la rate, de sorte qu'il reste dans
la cavité abdominale un lambeau de membrane de 7 ou 8 centimètres carrés très adhérent au côlon et un autre un peu plus
étendu tapissant une cavité peu profonde creusée dans Le bord splénique.
Suites normales. Le malade se lève le seizième jour.
OBSERVATION Lil (Mabit. — Revue chirurg., 1905, p. 598.)
Incision sur le bord extérne du muscle droit du côté gau-
APR Ca
che, kyste du volume d’uuc tête d'enfant, émergeant à la partie antéro-inférieure de la rate.
Pas d’adhérences, résection contenant plus de la moitié de la membrane. Il reste une vaste échancrure de la rate tapissée par ce qui n’a pas été réséqué.
Suites normales.
OBSERVATION LVIIT
(Mabit. — Revue chirurg., 1905, p. 600.)
Malade atteint d'un kyste hydatique de la rate, est opérée le
19 février 1905 par la méthode de marsupialisation. La guérison se fait attendre jusqu’à la fin juillet.
On découvre la présence d’un second kyste plus petit situé dans le lobe gauche du foie.
Opération Le 4 août 1903, kyste de la grosseur d’une orange,
situé sur le bord tranchant du lobe hépatique.
OBSERVATION LVII bis (inédite)
(Due à l’obligeance de M. le professeur Th. Jonnesco).
Kyste hydatique de la rate.
L. À..., cinquante-trois ans (Macédoine), commerçant. Entré 21 février 1908.
Sorti 15 mars 14908. Guert.
Antécédents héréditaires. — Rien de particulier. Antécédents personnels. — Aucune affection antérieure. Maladie actuelle. — Quatre mois avant son arrivée, le
malade a senti des douleurs dans l’hypochondre gauche. D'abord
Martin ë
localisées, les douleurs ont commencé à irradier vers les aines, mais surtout vers l'épaule gauche. Apparaissant d’une façon intermittente au commencement de la maladie, elles sont devenues continues depuis deux mois, en gardant les mêmes caractères, En dehors de ce phénomène, le malade n’a rien senti de particulier qui ait pu attirer l’attention, Pas d’urticaire, pas de troubles gastro-intestinaux. Pas de manifestations viscérales importantes, (Le malade étant de la Macédoine, s'exprime mal et s’est peu surveillé au point de vue pathologique). Il a cependant remarqué qu'il maigrissait à vue d'œil. L’appétit a toujours été conservé.
L'examen médical de ses viscères ne montre aucune altération organique. Cœur, poumons : normaux. Urines normales. L'examen du sang n’a pas été fait.
Examen physique. — L'hypochondre gauche est plus bombé que le côté opposé. Les espaces intercostaux sont distendus du côté malade. Par le palper, on reconnaît dans la région souscostale’ gauche une tumeur lisse, lendue, rénittente, régulière, ayant des caractères kystiques. Elle descend dans l’abdomen à trois travers de doigts sous les fausses-côtes. La matité de fa tumeur abdominale se continue avec la matité de l’hypochondre gauche, Ce dernier donne à la percussion une matité absolue remontant en haut jusqu'à la cinquième côte (ligne axillaire moyenne). Les mouvements respiratoires impriment un léger abaissement de la tumeur qui devient plus saillante dans l’abdomen au moment de l'inspiration.
La ponction, pratiquée dans un service de médecine où le malade avait d'abord été reçu, a permis de retirer du liquide clair, limpide comme l’eau de roche,
Examiné au microscope il contenait des crochets,
Opération — Le 12 février 1908. Anestnésie à l’aide de l'appareil Roth-Dræger. Opérateur : Th. Jonnesco.
[ncision parallèle au rebord costal gauche (7 cm.) qui permet l’entrée dans l'abdomen. =
On constate que la rate, en position normale, adhérente, se continue en haut et un peu en avant avec une tumeur kystique qui soulève le diaphragme. De forme ovoïde, la tumeur remplit l'hypochondre gauche. À
On saisit à l’aide de deux pinces la partie inférieure du kyste, que l’on fixe à la plaie opératoire. On ouvre ensuite la cavité du kyste, laissant s'écouler le liquide. Par cette ouverture, à l’aide dune pince à plateaux, on extrait la membrane germinalive. L'ouverture du kyste est suturée à l’aide de quatre fils de catgut en deux plans de suture ; la paroi abdominale est fermée à l’aide de fils d'argent qui prennent les plans en masse.
Suites opératoires. — Bonnes. Le lendemain on fait au malade 500 grammes de sérum. On lui administre un purgalif. On retire les fils de la paroi au bout de neuf jours. Réunion immédiate.
Le malade quitte l'hôpital dix-neuf jours après l'opération
en excellente santé.
OBSERVATION LIX
(Recueillie dans le service de M. le Professeur 1h. Jonnesco.)
(Due à l'obligeance de notre collègue Daniel, privat docent).
Kyste hydatique suppuré de la rate. Marsupialisation.
Le malade C. C.... âgé de soixante-quatorze ans. cordon-
de LE VIE nier, entré à l’hôpital Caltzea, dans le service de M. le Professeur Th, Jonnesco, le 29 juillet 1908.
Rien d’intéressant dans ses antécédents héréditaires et collatéraux.
Antécédents personnels, — Rougeole et fièvre intermittente dans l’enfance. A l’âge de dix ans a souffert pendant deux ans des douleurs dans le ventre, sans pouvoir préciser le siège ; pour ces douleurs a été soigné à l'hôpital Maorogluni, d’où il est sorti guéri.
Histoire de la maladie. — 1 y a deux ans, le malade sent des douleurs dans l’hypochondre gauche, comme des élancements qui lui parvenaient par intervalles. En même tenips, il remarque que dans la même région, apparaît une tumeur, qui augmente de plus en plus, envahissant le flanc gauche, l’épigastre la région ombilicale.
Les douleurs devenant de plus en plus intenses, il est forcé de rentrer à l'hôpital.
11 souffre depuis longtemps de constipation, d’où le besoin des purgatifs. Depuis le début de sa maladie les mictions sont douloureuses, sensations de brülures et douleurs qui s’irradient dans les Jombes et dans les cuisses.
Etat présent. — L'état général satisfaisant, à l'inspection on constate une tumeur, qui occupe la moitié gauche de l’abdomen.
Les dimensions de la tumeur sont si grandes qu’on la remarque à distance.
Par la palpation, on constate une tumeur énorme, ovoïde, dont l’axe le plus grandest dirigé de haut en bas, et de gauche à droite, occupant l’hypochondre et le flanc gauche : s’éten-
dant du côté de l’épigastre et de l’ombilic, dépassant un peu à
Me Neo A
la ligne médiane de l'abdomen. Elle est de consistance élastique, rénitente, donnant la sensation d’une poche à liquide et dont les limites se confondent avec celles de la rate, Tumeur lisse, peu mobile; régulière et lisse sur toute sa surface.
Par la percussion sur toute son étendue on constate de la matité.
Sans sentir le frémissement hydatique, on n’hésite pas à poser le diagnostic probable de kyste hydatique de la rate.
Opération. — Le 29 juillet, après avoir pris toutes les mesures d’antisepsie et d’asepsie, on fait une laparotomie supra et sous-ombilicale et on constate la présence d’un énorme kyste hydatique de la rate, envahissant l’hypochondre et le flanc
gauche.
On ponctionne le kyste, qui était adhérent au péritoine, mais ne pouvant le vider, on incise ses parois sur une étendue de 10 centimètres, d’où il sort 3 ou 4 litres de liquide purulent, de couleur gris clair. Le liquide contenait un nombre immense d’hydatides aplaties : mais il s’élimine aussi 99 hydatides pleines, petites contenant un liquide presque clair et beaucoup des membranes proligères, blanches, épaisses avec
de nombreux bourgeons sur leurs surfaces internes.
On lave largement la cavité du kyste avec du sérum, après avoir marsupialisé la poche du kyste, on draine avec des gros tubes et on applique un pansement.
Soins post-opératoires. — Après l'opération, on fait le premier jour une injection avec 1000 grammes de sérum artificiel, le second avec 2000 grammes, une le matin, l’autre le soir.
Le pouls est bon, la tension modérée.
Le troisième jour, on change le pansement, on lave de nou-
veau la poche avec du sérum, et on applique un nouveau pansement.
Le 4 août, nouveau pansement. Il est sorti 99 vésicules hydatiques.
On continue avec des lavages au sérum et le pansement antiseptique jusqu'au 43 août 1903, quand le malade sort, en
voie de guérison.
OBSERVATION LX
Service du D' Racoviceanu
(Observation de la thèse de Nicolae. Bucarest, 1905). Kyste hydatique de la rate. Marsupialisation
Le malade D... C..., âgé de dix-huit ans, roumain, coiffeur, entré à l'hôpital Calentina, dans le service du D' Racoviceanu, le 43 août 1895..
Antécédents héréditaires. — Le malade a des parents et une sœur vivants et bien portants.
Antécédents personnels. — Dans l'enfance, il a eu la rougeole, et dans l’adolescence des fièvres paludiques.
Histoire de sa maladie. — 1] y a un an, il s’est développé chez le malade une tumeur dans l'hypochondre gauche, assez grande, de la forme d’un concombre, dit le malade, très douloureuse et qui l’empêchait de s’incliner en avant ou de côté. La tumeur a duré {rois semaines, puis elle a disparu.
Depuisil n’a rien eu, jusqu’à il y a dix jours ; alors il remarque une nouvelle tumeur à la même place que la précédente, mais plus petite et moins douloureuse. Il va dans un service des
consultations gratuites, où on lui fait deux ponctions dans l’hy-
pochondre gauche, et on lui retire à chaque fois un liquide clair comme de l’eau.
Etat présent. — L'état général très satisfaisant. Il présente à l'inspection une tumeur qui occupe l’hypochondre, le flanc et la région lombaire gauches.
Par la palpation, on constate une tumeur arrondie, régu lière, lisse, élastique, immobilisable ; par les mouvements provoqués on sent une sensation de fluctuation. Elle est douloureuse à la palpation, surtout dans la région lombaire.
A la percussion, elle est mate. La matité commence sur la ligne axillaire à partir du sixième espace intercostal gauche et se continue en bas jusqu'aux environs de la crête iliaque. En haut elle se confond avec la matité cardiaque, occupe l'espace de Traube et descend jusqu’à l'ombilic. |
A l’auscultation, la respiration dans le creux axillaire gauche s’étend jusqu’au sixième espace intercostal. Au-dessous des fausses côtes, on entend les battements du cœur, mais faibles.
15 avril. — On fait une ponction et on retire du liquide, clair comme de l’eau de roche.
16 avril. Avec l'aspirateur de Collin on retire 500 grammes de liquide, un peu rose, dans lequel nagent beaucoup de membranes, très fines et de coloration blanche. |
Opération. — Le 18 août on opère sous chloroforme : sur la partie la plus saillante de la tumeur à 4 centimètres au-dessous du rebord des fausses côtes et parallèlement, on pratique une incision longue de 12 centimètres, oblique en bas et en dehors, coupant couche par couche les parois jusqu’au péritoine. L’hémostase se fait par l'application des pinces sur les
vaisseaux qui saignent. On ouvre le péritoine par une petite
\ ouverture, une boutonnière, puis on l'élargit avec les ciseaux en suivant le doigt introduit préalablement dans l’orifice, Les bords de la plaie sont pincés par des pinces Bergmann.
Par cette ouverture on aperçoit une tumeur énorme, ronde, lisse, élastique et rémitente, qui faisait corps avec la rate. La tumeur présente des adhérences qui empêchent de faire le tour.
En bas on suppose que l'extrémité est ronde avec la concavité dirigée en haut ; en haut on trouve que la tumeur touche les parois thoraco-abdominales. Avec un trocart moyen on ponctionne la tumeur, d’où s’écoulent 4 litres de liquide, au début incolore, puis jaunâtre. La tumeur perdant'de sa tension, on a pu, avec une pince de Bergmann l’extraire lentement de la plaie. |
En la pinçant en bas avec une autre pince, on applique deux autres pinces avec lesquelles on pu extraire une bonne partie de la poche. Sur l’orifice du trocart on applique une pince Nélaton, avec laquelle on a exécuté des tractions sur la poche. Les lèvres de la plaie ont été cousues cireulairement à la poche, en deux étages, l’un entre le péritoine et la poche, l’autre entre la peau et la poche. Avec les ciseaux on a réséqué la portion exubérante dans toute l'étendue de la plaie. Les parois de la poche étaient très épaisses. Par l'orifice on extrait de la
cavité de la poche deux membranes hydatiques, de la grosseur
d'une tête de fœtus. Avec le doigt mis dans la cavité, on constate que la rate est diminuée de volume et englobée dans la partie antéro-externe de la poche. Après lavage, on a introduit dans la cavité deux gros drains, une bande de gaze iodoformée et après on a appliqué un pansement.
Suites post opératoires, excellentes ; on a fait des injections
avec du sérum. Après plusieurs pansements le malade est sorti
complètement guéri le 28 juillet 1895.
OBSERVATION LXI (Service du D' Racoviceanu)
Kyste hydatique suppuré de la rate. — Marsupialisation
Le patient N. G. P..., âgé de vingt-six ans, roumain, homme de peine, entré à l'hôpital Calentina, service chirurgical de M. le Dr Racoviceanu le 17 juillet 1901.
Autant du côté des antécédents héréditaires que du côté des antécédents personnels, le malade, d’uneintelligence bien limitée, ne peut nous donner aucun renseignement.
Histoire de la maladie. — Il y a trois semaines que le malade aurait ressenti une douleur pongitive dans le côté gauche axillaire accompagnée d’un frisson et d’une respiration très difficile. Quelques jours après il remarque qu’une tumeur se développe à gauche sous le rebord des côtes, puis cette région devient douloureuse, la tumeur augmente de plus en plus, arrive à l’état actuel, descendant jusqu'à l’ombilic.
Etat actuel. —Le malade est amaigri, la conjonctive oculaire de couleur subictérique. En inspectant l’abdomen on observe que les téguments de l’hypochondre gauche sont hypérémiés et étendus, et l'abdomen déformé par une tumeur, qui s'étend dans le sens vertical depuis le rebord des fausses côtes. jusqu’à une ligne transversale qui passe à quatre travers de doigts au-dessous de l’ombilic ; et dans le sens transversal depuis le prolongement de la ligne para-sternale droite, jusqu'au pro-
longement de la ligne axillaire gauche. Cette tumeur affecte
la forme d'un ovoïde, avec le grand axe dirigé de haut en bas et de gauche à droite, présentant un point culminant situé audessus et à gauche de l’ombilic.
Le reste de l’abdomen présente une arborisation assez prononcée des veines.
En palpant l'abdomen, on constate que la tumeur est située dans l’hypochondre gauche. La tumeur adhérente aux parois abdominales est fluctuante, donnant l'impression d’une poche remplie de liquide, distendue. Adhérente, immobile, semble enclavée sous les fausses côtes.
Par la percussion, on obtient de la matité, dont les limites sont identiques avec celle de la tumeur comme nous l'avons décrite, mais elle se continue dans la partie postérieure jusqu'au quatrième espace intercostal gauche, et dans la partie antérieure jusqu'au cinquième espace intercostal. En bas, la matité descend à la partie postérieure jusqu’à la région lombaire. Le malade a de la fièvre, avec des exacerbations vespérales, léger état dyspnéique ; il accuse des douleurs dans la partie gauche de l’abdomen.
Opération. — Le 18 juillet, après avoir pris toutes les mesures d’asepsie et d’antisepsie, le D' Bogdanovich fait une laparotomie latérale gauche.
Immédiatement après qu’on ouvre l’abdomen, on tombe sur un tissu ramolli, empâté, de couleur noir bleuâtre adhérant à la paroi abdominale, et de l'épaisseur de la grosseur d'un doigt. C'était le tissu splénique altéré. À l'intérieur de ce tissu on trouve une cavité pleine d’un pus épais, jaune-verdâtre, qui s'écoule. On agrandit en bas la plaie, alors s'ouvre la cavité du péritoine sur une étendue de 2 centimètres, mais on la
referme par quelques points de suture.
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On lave la cavité en la détergeant du pus qu’elle contenait et on observe alors que les parois de la poche étaient formées par des éléments constituant ceux d’une poche hydatique. On extrait la poche, par parcelles, en laissant seulement à la partie supérieure, où il existait des adhérences avec la face inférieure de l’abdomen et qui saignaient, une portion de 4-6 centimètres de cette membrane.
On remplit la cavité de gaze iodoformée et on applique un pansement.
Suites post-opératoires. — Le soir le malade est relativement bien, on lui fait une injection de 1000 grammes de sérum artificiel, éther sulfurique à l’intérieur. On fait 2 pansements. par 24 heures, on lave la cavité avec du permanganate de potasse et du sérum artificiel.
La marche de la maladie est assez satisfaisante. |
26 juillet 1901. — Le malade a le pouls faible et un peu fréquent, tousse. Examiné on constate une légère congestion aux deux bases des poumons. On lui applique des vésicatoires sur le dos et on lui recommande des potions pectorales.
L'état du malade devient de plus en plus menaçant, survient une diarrhée avec des selles très fréquentes, liquides et d’une couleur pâle.
Le malade dépérit de plus en plus et le 28 juillet 1901, à 3 h. 20 après midi il succombe.
Alautopsie. — Par la plaie opératoire on pénètre dans une grande poche, qui fait corps avec la rate et a des adhérences fortes avec le foie, le diaphragme et l’estomac. Le poumon gauche est rétracté, et dans la cavité thoracique gauche on
trouve 2 litres d’un liquide séro-sanguinolent.