HIT
Sa première hémoptysie date à peu près de l'âge de sept à huit ans ; la quantité de sang expectorée n'a jamais dépassé trois ou quatre cuillerées.
23 octobre 1896. — A son entrée, on trouve en avant du sommet gauche des râles humides et de la matité. En arrière, matité dans presque toute l’étendue du poumon gauche ; on n'entend pas le murmure vésiculaire mais il n'y a ni souffle, ni pectoriloquie aphone ; la voix basse, semble donner un peu d'égophonie, mais il n’y a pas de différence à droite ; l’espace de Traube est sonore ; on ne trouve pas la pointe du cœur mais les bruits habituels sont nets au siège normal de la pointe. Pas de température ; on croit avoir à faire à des lésions pleurales anciennes.
Pendant son séjour à l’hôpital, la malade se plaint souvent du côté gauche ; température est normale, l’examen ne descend jamais jusqu’à la rate, la douleur signalée se trouvant plus haut. Devant persistance des symptômes déjà énumérés, ponction exploratrice est décidée.
23 décembre. — On enfonce trocart 2 de l'aspirateur Dieulafoy, dans huitième espace intercostal gauche sur ligne verticale abaissée de l’angle inférieur omoplate. Rien ne sort d’abord ; après quelques aspirations, on put obtenir quelques gouttes ; liquide aspect purulent, la canule retirée M. Arnozan en sort une petite membrane blanchâtre, au microscope présente la structure des kystes hydatiques ; liquide contient globules de pus et crochets.
Le 25 à l'examen on note : à gauche quelques râles humides au sommet ; la transsonance claviculaire est ur peu plus sourde qu’à droite. La rate est volumineuse, on la limite aisé-
ment par percussiop et palpation descend jusqu’à deux doigts
PCT RE
au-dessus de la crête iliaque. En dedans, on trouve bord tranchant à quatre doigts de l'ombilic; matité splénique confondue avec matité pleurale, pas de frémissement hydatique, pas de fluctuation.
Le 2 janvier, température 40 degrés, quelques vomissements, la malade est envoyée dans service de M. Demons.
Opération le 4. Ponction faite avec trocart Dieulafoy. Résultat positif, amène pus bien lié. M. Demons incise le huitième espace intercostal sur 4 centimètres environ couche. par couche jusqu’à poche purulente. Incision donne une quantité considérable de pus offrant de nombreuses vésicules hydatiques. Pour plus de jour, neuvième côte mise a nu sur une longueur environ de 4 centimètres, poche continue à se vider. Doigt introduit dans cavité sent une surface dure, tomenteuse, limitée en bas par convexité du diaphragme revêtu feuillet pleural, mais à part l'inégalité des parois, le doigt promené sur cette voûte sent en plus à la partie postérieure et a peu près vers un demi espace compris entre colonne vertébrale et ligne axillaire, dépression, sorte d’hiatus à travers lequel est engagée et prise une membrane hydatique, membrane attirée par pince, puis bistouri boutonné, introduit dans cavité agrandit l’orifice de communication existant à travers diaphragme, entre la plèvre et une deuxième cavité qui appartient sans doute à viscère abdominal. Cette cavité abdominale très nettement sentie par doigt qui peut traverser le paroi thoracique, la cavité pleurale et enfin diaphragme. Grâce à cet agrandissement, quantité considérable, vésicules précipitées au dehors, évaluées à 4 ou 500. Lavage entraînant le plus grand nombre de vésicules contenues dans les deux poches.
Le 13 rougeur érysipélateuse joue droite.
Martin 9
Le 15 malade affaibli, 38 degrés
Le 18 malade meurt.
Autopsie. — Corps ne présente pas d’amaigrissement, seul visage cachectiqué, pas de vergeture sur paroi abdominale, pas de ballonnement marqué du ventre, pas d'œdème aux membres inférieurs, foie ne déborde pas fausses côtes, pas d'épanchement péritonéal, Rate allongée verticalement.
Partie inférieure atteint rebord fausses côtes, partie supérieure se perd sous dôme diaphragmatique, contracte adhérences. Présente double coloration portion inférieure environ un quart, coloration bleuâtre, portion supérieure lie de vin. Adhérences nombreuses paroi costale,ouverture poitrine, on trouve vaste clapier purulent dans plèvre gauche, poumon petit, ratatiné en haut près colonne vertébrale; cavité pleurale,cloisonnée, divisée en deux poches, l’une supérieure contenant assez grande quantité de pus, l’autre inférieure dans laquelle pénètre drains. celle-ci repose sur diaphragme qui est creusé d’une ouverture pénétrant dans rate.
Onincise diaphragme et face antérieure rate et on observe que la rate est creusée d’une cavité qui occupe trois quarts supérieurs, On observe très bien que le kyste hydatique formé dans la rate évolue vers la plèvre. Rate enlevée pèse 350 grammes. Cœur légèrement repoussé en dedans. Poumon droit, sain, poumon gauche à peu près exempt.
On ne trouve pas trace tuberculose à l’incision paroi thoracique du côté gauche, rencontré quelques petits kystes perdus dans la paroi.
Le foie n’est pas hypertrophié pas de kystes,
Donc kyste hydatique de la rate suppuré, avec issue dans la
plèvre, généralisation dans le poumon gauche et dans les pa-
Me
rois thoracique et abdominale gauches sans suppuration de
nouveaux kystes.
OBSERVATION VI (Résumée)
(Reboul: — Archives pros. Chirurg., 1896.)
Kyste hydatique suppuré de la rate, communiquant avec la plèvre gauche à travers une perforation du diaphragme. — Laparotomie, ouverture large du kyste. — Guérison opératoire — Mortcinqg mois après par kyste hydatique sup-
puré du cerveau droit ouvert dans le ventricule latéral.
« La nommée Amélie M..., trente-cinq ans, entrée le 14 août 1894 dans mon service à l’'Hôtel-Dieu de Nimes, salle Fontaine n° 14. Syphilis depuis une dizaine années pas de lésions actuelles. [l y a environ quatre ou cinq ans la malade a remarqué une tumeur du volume du poing siégeant dans l’hypocondre gauche.
Elle éprouvait dans cette région des fourmillements, des démangeaisons, depuis quelques mois la tumeur a augmenté de volume. Le 14 août on constate dans le côté gauche de l’abdomen une tumeur volumineuse occupant le flanc et l'hypocondre et empiétant sur les régions épigastriques et ombilicale. Sa limite antérieure atteint l'ombilic, en bas elle descend jusqu'au niveau de l’épine iliaque antéro-supérieure. Gette tumeur est saillante, surtout à l'épigastre et vers l’ombilic. Elle est limitée et arrondie en bas et en dedans ; en haut se continue avec fausses côtes ; tumeur régulière dans toute son
étendue, en haut matité se prolonge jusqu’au cinquième espace
intercostal gauche, en arrière, dans fosse lombaire on perçoit sonorité du côlon ; tumeur parait libre d’adhérences avec paroi abdominale.
Examen du thorax gauche donne une malité absolue dans les deux tiers inférieurs ; à ce niveau absence de vibrations et de respiration, dans le tiers supérieur du poumon gauche on perçoit un souffle doux.
Un peu de tympanisme dans la fosse claviculaire, d’après les signes objectifs de cette tumeur, son évolution, l’augmen-
tation rapide de son volume, nous faisons le diagnostic de kystes hydatiques suppurés de la rate, ayant envahi la plèvre
gauche ou coïncidant avec un kyste hydatique isolé de la partie gauche du thorax. ;
Opération le 22 août. Laparotomie. [ncision sus et sous-ombilicale de 14 centimètres suivant le bord externe du grand droit au niveau partie plus saillante de la tumeur. Paroi incisée, tumeur à découvert. Exploration manuelle permet limiter en dedans, en bas et dehors, mais en haut elle paraît s’enfoncer profondément dans l’hypocondre gauche, sur face externe de la tumeur
je sens une bride épiploïque ; surface de tumeur formée de tissu splénique, fluctuante partie supérieure
Après fixation tumeur aux deux extrémités par points de suture, une ponction faite au point fluctuant donne issue à une grande quantité de liquide séro-purulent,grumeleux,contenant débris d'hydatides ; poche kystique diminuée, je l’attire le plus possible au dehors entre les lèvres de la plaie abdominale et je fixe la rate et le kyste aux lèvres de l’incision par une suture cutanéo-kyslique à la soie,
Incision verticale de la rate et du kyste au thermocautère par places.je traverse jusqu’à 2 centimètres de tissu splénique.
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SAT UT vi
Incision donne issue à grande quantité de pus et vésicules hydatiques. Après excision des parties exubérantes du tissu splénokystique et de la poche. J'établis une suture cutanéo-kystique à points rapprochés. Explorant alors avec la main la cavité, je constate que le kyste se prolonge en arrière dans la fosse lombaire; et qu’en haut ii s'enfonce profondément dans la concavité du diaphragme ; je percçois à la face supérieure de cette concavité un orifice circulaire obstrué par une vésicule hydatique qui bombe dans la poche. Cette vésicule se rompt sous la pression des doigts et une quantité de vésicules non suppurés viennent faire irruption dans la poche splénique.Après évacuation et exploration, deux séries de gros drains sont installées dans le diverticule thoracique et dans le prolongement lombaire. Lavage avec une solution de naphtolate de soude. Injection d’environ 50 grammes de naphtol camphré. Pansement au salol, compression ouatée.
Suites. Malade a eu à plusieurs reprises phénomènes d’infection avec frissons. La cavité kystique diminue progressivement.
En décembre malade peut sortir en ville.
Le soir malade revient à l'hôpital avec fièvre et meurt d'une hémiplégie gauche complète.
. Autopsie.— Le poumon de la paroi kystique à la paroi abdominale est intime, adhérences péritonéales, rate hypertrophiée kyste développé dans l'extrémité supérieure et bord postérieur de cette glande, poche kystique très réduite. Intimement unie en haut et à gauche à la voûte du diaphragme, cavité pleurale contient encore quelques débris de membranes hydatiques,poumon gauche est perméable. Il a repris à peu près ses dimensions norinales ; base séparée du kyste proprement dit par
membrane fibreuse.
OBSERVATION VII
(Huber.— München. Med. Woch., XXX VII, 1890.)
Kyste hydatique solitaire de la rate
La tumeur existe depuis dix ans si l’on croit à l’anamnèse; en réalité elle date au moins de quinze à vingt ans
Faits cliniques : tumeur splénique et douleur périliénale. La poche kystique est crevée à la suite d'une lésion extérieure. Les liaisons nombreuses du kyste avec les viscères ont empèché l’évacuation de son contenu dans la cavité péritonéale; il est entre le côlon et la rate. La mort est due à une dégénérescence amyloïde qui avait lieu simultanément dans les reins et dans la muqueuse de l'intestin, L'auteur pense que la durée de la maladie, l’immobilité de la tumeur et l’état relativement passable de la maladie constituent autant de données de dia-
gnostic de grande importance (?).
OBSERVATION (VIII (Quénu. — Bull. Soc. chirurg, Paris, XV, 295, 1890.) Kyste hydatique suppuré de la rate évacué par les bronches
Homme de trente-sept ans, A la fin d'août 4887, on pratiqua
une ponction probatoire, on obtint alors 2 litres de liquide hyda-
tique transparent. Trois mois plus tard malade pris de vomissements violents et de toux ; il évacue en même temps par les bronches quantité de vésicules hydatiques. Il est saisi d'accès de fièvre et présente des symptômes d’un pneumothorax au côté gauche. On diagnostique kyste hydatique splénique évacué dans cavité pleurale.
Résection de la neuvième côte. On découvre cavité, non pas celle de la plèvre, mais un énorme foyer purulent d’origine hydatique au fond duquel était la rate,
Drainage, guérison complète,
OBSERVATION IX
(Lainé (H.). — Contribution à l'étude des kystes hydatiques de la rate (thèse de doctorat, p. 82. Paris, 1889.)
Le malade, homme de soixante-et-un ans bien constitué, vint consulter pour phlegmon gangréneux occupant les deux tiers du pied gauche, fut traité pendant deux mois dans service du D: Cerné. Plusieurs incisions furent pratiquées et le 5 juin malade partait guéri.
Le 20 décembre, revint avec anthrax situé hypocondre gauche quelque peu en arrière près bord externe du carré lombaire.
À l'examen on constata tuméfaction de largeur pièce de 5 francs ressemblant à un authrax, on incise centre de la plaie, eLil sort pus séreux avec membranes qui furent prises d’abord
pour lambeaux de tissu cellulaire. A l’exploration digitale on
découvrit trajet fistuleux qui traversait le munsele dans toute son épaisseur.
Quand on élargit cette perforation, il sortit grande quantité de liquide aqueux et transparent mélangé de vésicules et de membranes d’hydatides. La cavité n'avait pas suppuré ; examen intérieur démontra présence tumeur grosse comme la tête d’un embryon de sept mois.
On diagnostique : kyste hydatique de la rate.
On met deux drains dans la cavité du kyste, lavages quotidiens. Pendant une semaine il s’écoula beaucoup de vésicules d'hydatides crevées, à chaque pansement, le 15 mars on injecta dans le kyste de la solution de chlorure de zinc, dans le but d’accélerer la contraction, poche le 10 avril malade guéri quittait
l'hôpital.
OBSERVATION X (Hermann. — Feill von Lienisechinococcus
Jaherbericht d. med. Klinick zu Breslau. 1887.)
Malade âgé soixante-quatre ans boulanger se plaignit au mois de février de souffrir de dypsnée et de douleurs à gauche dans la poitrine, de mars à juillet toux avec crachats de sang. La dyspnée augmente en octobre; malade à une nuit violent accès étouffement, Il sort beaucoup de mucosités séro-sanguinolentes ; la rate dépasse de deux doigts le dernier arc costal.
On entend dans la poitrine des ronchus nombreux.
En ponctionnant la poitrine à l'endroit de ia matité on obtient un liquide séreux contenant beaucoup d’albumine. A
l'autopsie, on trouva un kyste du poumon gauche et un autre
== 141 = appartenant à la partie supérieure de la rate, la seconde poche
de forme sphérique contenant 600 grammes environ de liquide:
OBSERVATION XI
(Rombeau. — Bull. Soc anat. Paris, n° 29, 1854.)
Femme. Ponction 1 lit. 5 de liquide transparent et alcalin.
À l’examen la tumeur occupe toute la moitié gauche de la poitrine. Elle commence au-dessous du sein gauche et s'étend jusqu’aux bords supérieurs des onzième et douzième côtes. La tumeur est elliptiforme, son plus grand diamètre est de 12 centimètres environ, sa partie inférieure commence à 2 cm. 5 à gauche de la ligne médiane. Il y a une fluctuation manifeste. Une ponction, probatoire faite le 31 août évacue 1 lit. 5 de liquide transparent et alcalin. Le lendemain vomissements, fièvre, douleurs violentes au niveau de la tumeur. Le 23 septembre on pouvait constater une transvasation dans le fonds de la cavité pleurale gauche. Le 10 octobre la tumeur avait atteint de nouveau ses dimensions premières. Le 6 novembre frissons violents et mort subite du sujet. On trouve à l’autopsie un énorme kyste hydatique de la rate, il est probable que la mort est due au
déplacement et à la compression du cœur.
OBSERVATION XII
(Concetti. — Giorn. internaz. d. sc. med Napoli, 1880, Il, 247.)
Echinocoques de la rate.
Homme trente-trois ans souffre depuis un an environ de cri-
ses de paludisme. Depuis quinze jours à la suite d'accès pernicieux forte douleur correspondant au bord costal inférieur gauche ; en même temps on sent une tuméfaction plutôt dure non douloureuse et qui augmente progressivement de volume, Fluctuation très nette à la palpation la tumeur donne des vibrations qui sont caractéristiques du kyste à échinocoque Ponction exploratrice. Mort par pleurésie séro-purulente et pneumonie catarrhale ;à l’autopsie, la cavité du kyste splénique renferme un liquide sanieux et rempli du tissu splénique nécrosé. Le parenchyme de la rate qui est en contact avec la
cavité est le siège d’une hyperplasie considérable.
. OBSERVATION XIII (Berthelot. Journal médecine chirurg., 1790, p, 48.)
Femme quarante-six ans ; l'évacuation fut spontanée. En un jour la malade évacua avec les selles une quantité considérable de vésicules, dont quelques-unes de la grosseur d’un œuf de pigeon. Les matières exhalaient une odeur fétide, étaient gri- .sés, blanchâtres, mélangées de pus de couleur foncée, il sortit encore par intervalles, entre les selles de 1000 à 1200 vésicules pendant les six semaines suivantes.
Les évacuations de vésicules étaient toujours précédées de
nausées et faiblesse, La guérison fut fort lente.
OBSERVATION XIV
(Habersohn on spleni tumeur by Hilton Fage Guy's hospital Reports ; ser. IT vol. XIV p.213, 1868.) Homme âgé de 38 ans, après troisième ponetion meurt d'é-
puisement.
ee” 143 pass
Autopsie. — On trouve un kyste profondément logé dans le tissu splénique, sous la membrane capsulaire, le tissu splénique atrophié couvre parois, poche à un centimètre d'épaisseur ; à côté de l’épiploon on voit une perforation qui mène à un foyer purulent, une seconde ouverture se trouve à proximité du côlon transverse, une troisième est adjacente au diaphragme, Ce dernier est exhaussé, plus grande partie du lobe gauche du foie comprimée à tel point, impossible de distinguer structure cellulaire, estomac déplacé en-dedans et vers la
droite, la flexure colico-liénale se trouve plus rapprochée qu'à l'ordinaire de l’ombilic. Poche tapissée de membrane pyogène
très bien conservée, contient lambeaux vésicules hydatiques.
OBSERVATION XV
(M. Brault. Progrès médical, p. 111, 1877.)
Kyste hydatique de la rate, complication
ouverture dans le côlon trans verse
Jal... Philippe cinquante-sept ans, imprimeur entre, à l'hôpital Saint-Antoine le 18 octobre 1876, service de M. Benjamin Anger. D’après renseignements qu'il donne, abdomen commença à prendre certain développement il y a dix ans environ. Depuis tuméfaction du ventre s’accrut progressivement etsansaucune diminution dans l'intervalle ;un mois avant son entrée à Saint- Antoine, il entra à l’hôpital Saint-Denis et à la suite d’une diarrhée, il remarqua une diminution considérable de la tumeur.
À son entrée, se présente avec ventre uniformément déve
loppé comme dans l’ascite, et tellement considérable que l’m-
nr 144 ES bilic à disparu et que l’appendice xyphoïde est subluxé en avant.
Tumeur lisse sans bosselures ni duretés, fluctuante d’une façon très manifeste. La matité à la percussion se continue avec celle du foie mais aussi avec celle de la rate à gauche.
Si on percute dans le sens vertical, on trouve que la matité est complète jusqu'à la crête iliaque au niveau de la rate, tandis qu'au niveau de l’ombilie on a la sonorité intestinale ; de même à 3 ou 4 centimètres au-dessous. Les caractères physiques de la tumeur firent porter diagnostic de kyste hydatique du lobe gauche du foie
Dix jours après le 28 octobre, il y a par intestin véritable débâcle, ventre diminue très sensiblement de volume mais mensuration ne fut pas faite. Examen des selles ne donne aucun résultat capable de confirmer diagnostic. Cependant tumeur avait matité verticale beaucoup moins considérable au niveau ombilic.
Matité au niveau de la rate était la même et cette persistance de la matité avait fait songer à cette époque à un kyste hydatique de la rate.
Le 5 novembre, deuxième débâcle; depuis le 5 novembre, diarrhée incoercible; le malade, qui était entré dans le service avec aspect cachectique, s'affaiblit de plus. Mort le 29 novembre.
Autopsie, — Vaste tumeur située dans l’hypocondre gauche, très adhérente au diaphragme, très adhérente aussi au lobe gauche du foie, mais on peut l’en séparer assez facilement ; au contraire la rate est complètement incluse dans la paroi gauche de la tumeur. Il est complètement impossible de retrouver la capsule de la rate; le tissu propre de cet organe semble séparé
de la cavité du kyste par une membrane de nouvelle formation
La 145 2 dont l'examen histologique n’a pas été fait. À l’ouverture de la tumeur, sérosité louche assez abondante, fausses membranes et grumeaux consistance de mastic (hydatiques dégénérées). La tumeur est adhérente au côlon transverse mais il est impossible de retrouver l’orifice de communication entre le côlon trans-
verse et la tumeur.
OBSERVATION XVI
(Sokoloff P. J.). Appendice au compte rendu soc. méd. de Kieff 1881-1882, 1re série, p. 5
Le malade, soldat canonnier, entre à l'hôpital, le ventre fortement gonflé, n’a pas eu de selles depuis cinq jours. On reconnaîtune invagination de l'intestin. On pratique un anus artificiel dans la fosse iliaque gauche à l'endroit de la flexure sigmoïdale À l’ouverture du péritoine, il s’écoule une petite quantité de liquide blanc et laiteux, les anses intestinales adhèrent entre elles et au péritoine; aucune d'elles ne sort à travers l'incision; saisissant alors une des parties de l’intestin ballonné parles gaz, on y pratique une ouverture par laquelle s’échappent en abondance des masses fécales liquides. Le pouls s’améliora, vingt heures plus tard le malade tomba dans un sommeil comateux et trente-six heures après l'intervention il succomba.
L’autopsie révèle une péritonite adhésive purulente, d'origine récente, l'intestin est libre jusqu’à la flexure gauche du côlon transverse ; à cet endroit l'intestin est étranglé complètement par des fausses membranes plus ou moins anciennes,
provenant de la capsule liénale et du ligament colico-liénal.
La circulation est complètement interrompue, on s’en assure en introduisant de l’eau dans le côlon transverse, elle y reste ne pouvant se frayer passage dans le côlon descendant. La rate esttransformée en une poche remplie de liquide blanchâtre dans lequel nagent des rouleaux qui ressemblent à des morceaux de macaroni cornés, ce sont des détritus de vésicules hydatiques. Le tissu splénique n'existe presque plus : quelques restes à peine sur la partie antérieure de la poche. Cette dernière est recouverte d'une épaisse couche fibrocelluleuse, dans la partie antérieure du kyste, on trouve deux perforations qui communiquent avec la cavité péritonéale.
Le lobe gauche du foie contient deux tuméfactions,grosses comme de petites pommes, on trouve aussi deux foyers d'infection, de la grosseur d’une noisette, dans la partie inférieure
du poumon droit ; l’anus artificiel se trouve dans l’iléum.
OBSERVATION XVII
(Gérin Roze, 1880.)
Kyste hydatique de la rate ouvert par le thermocautère après que des applications de päte de Vienne eurent fait
adhérer la tumeur à la peau.
«Le T octobre 1879, Alexandrine R..., âgée quarante-neuf ans, entre dans mon service de Tenon. Lorsqu'elle était en nourrice, Carle du cubitus droit et quatrième métacarpien correspondant, plus trace aujourd’hui, sauf cela, jamais été
malade, eut quatre enfants, atteignit sans encombre quarante-
sept ans moment de la ménopause et commencement d’un affaiblissement qui augmente depuis. Après un an de cet alanguissement et cinq ou six ans après contusion provenant d'une chute sur côté gauche, survinrent à l’épigastre et dans l’hypocondre gauche des douleurs sourdes et une tumeur, accrues depuis deux mois. Il y a dix jours, fut prise dans la rue de vomissements tellement abondants qu’on dut la rapporter chez elle ; ils avaient été précédés par d’autres semblables à de la suie délayée et de selles liquides, bientôt suivies de constipation.
Etat actuel. — Le phénomène apparent est une tumeur du volume de deux gros poings remplissant une partie des régions de l’épigastre de l’ombilic, et surtout de l’hypocondre et du flanc gauches. Masse totale donne sensation, convexité reposant sur surface plane à laquelle serait unie par partie retrécie sous forme sillon, configuration, consistance et siège tumeur nous font penser à un kyste arrondi reposant sur un plan constitué par la rate dont il a la forme et dont il occupe la place, en s'élevant dans l'hypocondre, la tumeur refoule en haut le poumon gauche et projette au dehors la base de la cage thoracique dont la voussure est évidente, la partie convexe de la tumeur est molle, élastique comme le serait une poche incomplètement distendue par un liquide, nous n'y trouvons ni fluctuation, ni frémissement hydatique, la partie plane est dure, résistante et répond assez bien à la sensation que donne la palpation de la rate normale. Le lendemain de son entrée et le jour suivant la malade rendit chaque jour 500 à 600 grammes de vomissements glaireux et quatre selles d’un liquide absolument semblable à du goudron, l’état géné-
ral et des plus graves, Faiblesse, amaigrissement extrême,
l'estomac rejette tout ce qu’on lui offre. La douleur provoque l'insomnie. Malgré l'ensemble de ces signes qui pourraient faire supposer l'existence d’un cancer de l'estomac, en raison du volume de la forme, de la consistance de la tumeur, nous pensons à un kyste hydatique de la rate et nous expliquons les hémorragies par la gêne apportée par la tumeur à la circulation du sang dans les viscères abdominaux. 10 septembre, la ponction avec l'aspirateur Potain, n’est pas douloureuse et donne issue à 40 grammes d’un liquide clair transparent riche en sels (phosphates, carbon. chlorures), totalement dépourvu d’albumine et dans lequel il ne nous est pas possible de découvrir de crochets. De ce jour disparurent pour ne plus se rencontrer les phénomènes douloureux : dans les jours suivants, il ne survint ni fièvre ni urticaire, la douleur diminua, la malade prit quelques aliments et l'espoir lui revint.
17 octobre. — La tumeur ayant repris son volume, nouvelle ponction, il faut un certain effort pour faire pénétrer l'aiguille qui semble traverser une couche résistante et comme cartilagineuse. On retire 1 litre d'un liquide légèrement rosé dans lequel nagent quelques membranes lamelleuses d’une grande minceur.
Quoique sa composition soit la même que celle du liquide précédemment extrait nous constatons que sa transparence est moins nette et qu'ils'y trouve quelques traces d'albumine.
. Pendant deux jours l’état général fut satisfaisant. Bon sommeil, bon appétit, pas de fièvre. Bientôt tout changea.
19 octobre. — Pendant la nuit surviennent frissons, douleurs dans l’hypocondre, nous pensons que le kyste entre en suppura-
tion, et qu’une large ouverture devient notre unique ressource
et décidons l'opération. Du 23 octobre au 3 novembre il est fait six applications de pate de Vienne. Le 4 la pâte de Vienne nous a ouvert une tranchée de 7 centimètres de long sur un peu plus de 3 centimètres de profondeur, Au fond le doigt sent une surface sphérique d’une dureté cartilagineuse. À l’œil on aperçoit une surface blanche qui se meut bien légèrement à chaque mouvement respiratoire. Pendant que les adhérences sont établies, nous incisons cette tumeur au thermocautère ; nous pénétrons dans le kyste avec difficulté. À peine est-il ouvert qu’un jet nous saute au visage, il s'écoule d’abord 500 grammes de liquide jaune citrin, puis enfin gros comme un œuf de pigeon de pus plus épais et comme floconneux. Opération faite sans issue de sang.
Injection soir et matin, eau phéniquée au centième; faiblesse extrème.
6 novembre. — 11 sort une masse de débris membraneux minces, blanchâtre et sans consistance. L’évacuation dure plusieurs jours.
8 novembre.— Doigt introduit dans l’orifice sent une surface convexe, douce au toucher qui s’avance au-devant de lui et que l’autopsie nous a montré n'être que le tissu propre de la rate.
1er décembre, — Cachexie progresse. Le pus sortant du kyste a une odeur fétide.
20 décembre. — Fétidité disparue, mais cachexie augmente, il survient eschares au sacrum ; malade s'éteint 10 janvier plus de deux mois après ouverture poche, sans douleur ni dyspnée, d’une pneumonie ultime du sommet gauche.
Autopsie. — Au sommet gauche, tissu pulmonaire est hépatisé, grisâtre, ne surnage pas et laisse suinter pus. Péri-
Martin 10
toine absolument intact, anses intestinales libres de toute adhérence. Kyste occupe hypocondre gauche, est développe aux dépens de la rate, dont la substance constitue le quart de sa paroi, son orifice cutané correspond à peu près à partie moyenne de la tumeur et forme un trajet fistuleux, circonscrit par des adhérences de 1 à 2 centimètres de large ; tout autour de ces adhérences péritonéales qui appliquent la paroi kystique à la peau de l'abdomen, il n’y a pas de trace de péritonite. Il résulte de l’examen de la pièce que le kyste, né à la surface de la rate qui forme environ un quart de sa paroi s’est développé pour les trois autres quarts en refoulant les tissus voisins, mais non à leurs dépens. Il adhère au rein gauche, à l'estomac et au bord gauche du foie dans lequel il pénètre même par effraclion en s’y creusant une logette du volume d'une noix. Le tissu du foie n’est pas altéré, kyste à forme de sac irrégulièrement ovoïde dont, fond serait constitué par tissu propre de rate doublé, couche plus épaisse tissu conjonctif, mesure 18 centimètres de long sur 8 de large ne contient plus d’hydatides, partie fibreuse du sac à consistance très irrégulière, sur certaines parties on trouve paroi souple et membraneuse, véritable tunique adventice sur d’autres ; vue et toucher font naître l’idée d’une paroi cartilagineuse à aspect squirrheux ayant jusqu'à 15 millimètres d'épaisseur. De plus à l'exclusion de sa portion splénique, et dans sa seule partie fibreuse, la paroi interne du sac est doublée d’une large plaque écailleuse très mince ayant aspect plaques athéromatheuses sèches de l’aorte et la consistance des cerceaux de la trachée. Ces écailles remplies de fissures semblent prêtes à se détacher par morceaux; leurs bords se recoquevillent et laissent
passer sous eux un stylet qui les décolle facilement de la paroi