LES VOIES D'ACCÈS DU PARASITE DANS LES LIGAMENTS LARGES
a) Voie vaginale. — Nous ne la citons que pour mémoire, en dépit de la faveur dont elle a joui auprès de FREUND. De plus, il n’a jamais été prouvé que le mucus vaginal possède les mêmes propriétés que les sucs digestifs et qu’il soit capable, comme eux, de dissoudre la coque de l’œuf, permettant ainsi, en le libérant, à l’embryon hexacanthe de perforer directement le cul-de-sac vaginal postérieur.
b) Vote rectale. — L’embrvon, arrivé dans le rectum, avec les matières stercorales, se fixerait à la paroi rectale à l’aide de ses crochets, puis, grâce aux mouvements rapides dont ceux-ci sont animés, il perforerait les tuniques du rectum et se trouverait en liberté dans le cul-de-sac de Douglas, d’où il gagnerait facilement le ligament large.
Nous n'insisterions pas davantage sur cette voie, si nous n'avions pas vu quelques auteurs considérer la voie rectale comme un des trajets que peut suivre embryon pour pénétrer à l’intérieur des ligaments larges. e
VERGNORY, MOREL et VACHEY ont publié dans la « Presse Médicale >» du 16 juillet 1924 la relation fort intéressante d’un cas de kyste hydatique du creux ischiorectal. « Il s’agit, disent-ils, d’un kyste hydatique extrapelvien pour lequel la pathogénie invoquée habituelle-
ment ne joue plus et cela pour des raisons absolument démonstratives: les releveurs forment une cloison infranchissable. Dans notre observation, ils ne présentaient aucune trace d’effraction, et la poche n’envoyait aucun diverticule dans lespace pelvi-rectal supérieur. La cavité était absolument limitée au creux ischio-rectal dont aucune des parois n’était intéressée.
Cette constatation anatomique est donc d'une très grande importance, car elle est en faveur d'un kyste primitif.
La voie sanguine est une hypothèse sur laquelle nous ne voulons pas insister, car si elle est valable pour d'autres localisations, elle ne nous paraît présenter qu'un intérêt secondaire, étant donné que le creux ischio-rectal est traversé par la partie terminale du tube digestif qui est le point de départ de l'invasion de l’économie générale par la maladie hydatique. Aussi, pensons-nous qu’il y a lieu d'envisager avec faveur la possibilité d’une inoculation de la loge pelvienne inférieure par le canal ano-rectal. Ainsi se trouvent légitimés le caractère unique (du moins cliniquement), et le siège anormal de cette localisation.
En sorte que le tube digestif formerait comme le trait d'union entre des localisations en apparence très diverses de la maladie hydatique: les kystes du foie ou de la rate, les plus fréquents, ou les kystes exceptionnels, comme celui que nous venons d'observer. »
MaTscHAN envisage, lui aussi, l'hypothèse de la pénétration directe de l'embryon à travers la paroi rectale.
« Quelques auteurs, dit-il, ont la même opinion que moi, entr’autres ROSTHORN, ECKARDT et FEHLING. »
c) Vote circulatoire artérielle ou lymphatique. — La voie circulatoire a aussi ses partisans. Pour DEvE, MINERvini et BoGi, c’est la seule voie admissible.
Il paraît vraisemblable que c’est par le sang et la lymphe, si abondants dans l’espace pelvi-rectal supérieur, que l'embryon arrive dans une région aussi éloignée de l'estomac et du duodénum (BuxL).
L'observation de RoHDE est, en particulier, très intéressante à ce sujet. L'auteur a mis en évidence, au
ee dON—
microscope, la présence de parasites dans les lymphatiques dilatés.
RoHpE insiste sur le siège des kystes du péritoine dans les lymphatiques: « Avec le cas de VIRCHOW, celui-ci est le seul, dit-il, où la démonstration de ce siège ait pu être faite. »
Les embryons, libérés dans l'estomac, perforent les tuniques de l'intestin et peuvent, alors, emprunter deux voies différentes pour se rendre au cœur droit.
Dans un premier cas, les hexacanthes tombent dans un espace lymphatique, de là suivent le canal thoracique et arrivent dans la veine cave supérieure et le cœur droit.
Dans un deuxième cas, les embryons, après leur sortie de l'intestin, peuvent être pris par la circulation sanguine, passer dans la veine porte, traverser le foie, et, par l’intermédiaire de la veine cave inférieure, el gner le cœur droit.
Dans les deux cas, du cœur droit, les hexacanthes traversent le poumon, reviennent au cœur gauche et de là, lancés dans la circulation générale, ils vont coloniser dans les différentes parties de l’économie: mésentère, rate, reins, cul-de-sac de Douglas, ovaires, ligaments larges. |
C’est à la faveur du ralentissement du courant sanguin dans les capillaires, qu’ils se fixent à la paroi des vaisseaux pour passer, ensuite, au travers d’eux, grâce aux mouvements actifs de leurs crochets.
Cette théorie nous paraît la plus rationnelle pour
expliquer la formation des kystes primitifs intraligamentaires.