RUE TER
Les enfants, bien plus que les adultes, ont l’occasion de jouer avec les chiens. L’échinococcose n’est pas rare dans l'enfance. « Or, cet âge n'est-il pas aussi celui des coups, des chutes et des cabrioles? et ne peut-on pas se demander si certains kystes pelviens, manifestement secondaires, n’ont pas eu pour point de départ une rupture survenue dans l’enfance. »
Nous ne voulons pas redire ici ce que nous avons écrit au chapitre de l’Etiologie. Rappelons, seulement, que cette hypothèse est très soutenable et certains auteurs ont pu relever dans le passé de leurs malades de pareils faits. Nous les avons cités antérieurement. Certains petits signes, sur lesquels ont insisté Bourzzy et Dreu- LAFOY, en particulier l’urticaire, passent alors inaperçus. Le plus souvent, la tumeur se développe sans que la malade s’en aperçoive, et le kyste peut parfois acquérir un certain volume sans influencer l’état local et encore moins l’état général.
I = SIGNES PHYSIQUES. — Un fait domine l'étude des signes physiques: ceux-ci ne sont pas propres aux kystes hydatiques. Ce sont, au contraire, ceux de toutes les tumeurs intraligamentaires. C’est l’avis de SAVARIAUD, c’est celui de Boat et de beaucoup d’autres auteurs.
WiNTER, dans son « Traité de diagnostic gynécologique », dit que les kystes hydatiques des ligaments larges peuvent être pris facilement pour des tumeurs de l'ovaire. Pozzi, dans son « Traité de gynécologie », écrit que les symptômes locaux peuvent être nuls en dehors des phénomènes de compression.
PREMIER CAS. — La femme est examinée tout à fait au début de la maladie
Il ne sera question, ici, que du petit kyste cliniquement appréciable. Il est exceptionnel, même à ce moment, de pouvoir faire un diagnostic.
Au cours d’une exploration combinée vagino-abdominale, on découvre, par hasard, soit un petit noyau accolé à l’utérus, soit comme dans le cas de MirTo, une petite masse latérale indépendante et qu’il importe de bien différencier de l’ovaire. Cette distinction n’est pas aisée, surtout lorsque la tumeur est pédiculée.
Le seul signe rationnel consisterait à sentir nettement
ne
les deux masses. Aussi, le diagnostic ne se fait pas, le plus souvent, et on prend pour une annexe hypertrophiée le kyste qu’on palpe et qui est isolé de l'utérus.
DEUXIÈME cas. — La femme vient consulter-au moment où son kyste est devenu une tumeur pelvienne
a) Inspection. — L’inspection ne nous apprend, en général, que peu de choses. Seuls, certains kystes très antérieurs peuvent voussurer la paroi abdominale antérieure et révéler, ainsi, leur présence. Mais il ne faut pas compter sur ce signe, d’ailleurs rare, et souvent trompeur.
b) Palpation. — Il faut placer la malade en position gynécologique et en léger Trendelenbourg. On déprimera très doucement la région sus-pubienne et on pourra sentir, dans une des régions latérales de lexcavation, une petite masse, régulière ou non, et de consistance liquidienne. Le chirurgien devra se rappeler que cette consistance est très inégale; le plus souvent elle est rénitente; elle peut être franchement fluctuante et parfois aussi, tellement tendue, qu’elle devient résistante et dure au point d’être prise pour une tumeur solide (PoussoN).
Si l’on a affaire à des kystes multiples plus ou moins isolés, on trouvera une série de masses arrondies, indépendantes ou accolées les unes aux autres.
c) Percussion. — Elle ne fournit que très peu de renseignements, La matité observée peut, parfois, être plus ou moins masquée par des anses intestinales interposées; en tout cas, elle ne se déplace pas suivant les changements de position de la malade.
d) Toucher vaginal. — Il est parfois très douloureux et très difficile. Il permet, néanmoins, de nous renseigner sur la déformation, la déviation et le degré de compression du vagin. Il nous montre quel est l’état du col: normal ou ramolli, et nous donne sa situation qui est rarement élevée. Enfin, il nous renseigne surtout sur l'état des culs-de-sac qui peuvent être refoulés plus ou moins dans le vagin ou montre, comme dans le cas de TiLLAUx, de PiINzaANI et celui du Professeur VINCENT, la présence d’un kyste.
e) Examen abdomino-vaginal. — Associé au palper, le toucher vaginal permet de préciser les renseignements fournis par le toucher seul; il rend possible, encore, la délimitation nette de la tumeur et l’appréciation exacte de son volume et de sa consistance.
Pour bien établir l'indépendance entre le kyste intraligamentaire et l’utérus, il faut d’abord, par l’examen combiné, reconnaître le col et le fond de l’utérus. Dans les cas typiques, le kyste forme une masse arrondie, rénitente, légèrement fluctuante, nettement séparée de l'utérus qu’il peut d’ailleurs refouler (observation de SCHATZ).
Si la séparation entre l’utérus et la tumeur est réelle, les mouvements communiqués à l’un ne seront pas transmis à l’autre, ou, en tout cas, ne pourront l'être qu'après épuisement de l’élasticité du péritoine. Cependant, il faut se souvenir que cette mobilité n’est que très relative. En effet, encastrés entre le ligament large, le releveur, l’utérus et la paroi pelvienne, ces kystes ne sauraient jouir que d’une mobilité très restreinte.
f) Auscultation. — Rarement pratiquée, elle a cependant permis à Cuzzi d'entendre un souffle analogue au souffle utérin de la grossesse, plus particulièrement perceptible sur les parties latérales. BLAND SUTroN a noté également un bruit de souffle synchrone au pouls. dans un cas de kyste hydatique intraligamentaire.
TROISIÈME CAS. — La femme est vue porteur d'une véritable tumeur abdominale
a) Inspection. — Le ventre est très augmenté de volume, mais d’une façon asymétrique, et la partie la plus proéminente de l’abdomen est évidemment celle qui correspond au siège du kyste (James OLiIvER). Cette tumeur peut remonter jusque vers le rebord costal, comme dans le cas de REBOUL ou dans celui de Cur- LINGWORTH.
b) Palpation. — Elle permet de bien délimiter la tumeur. Elle peut faire préciser le nombre et la situation des kystes, en cas de kystes multiples. Il est classique de considérer le frémissement hydatique senti à la palpation, comme le signe pathognomonique de ce genre de kystes, S’il était perçu chaque fois qu’on se trouve