DIAGNOSTIC PAR LES METHODES DE LABORATOIRE
La première en date est la recherche de l’éosinophilie, signalée par SaBrazes au « Congrès de Médecine de Lille ».
Le Professeur MEMMI, au « Congrès de Pathologie. interne de Pise » en 1901, déclara attacher une importance capitale à la constatation de l’éosinophilie dans le sang d’un individu soupçonné d’être parasité.
Selon lui, une éosinophilie de 19 à 20 % est constante: chez de tels malades. |
Boccrarpo, CIionini, DA Cosra, JorLy donnent le pourcentage de 5 %, ACHARD celui de 40 %.
Sa valeur diagnostique n’est admise par BroNpi et par MARCANTONI que lorsqu'il manque d’autres causes pouvant expliquer l’éosinophilie.
Malheureusement, l’éosinophilie n’est pas un signe pathognomonique du kyste hydatique. Dans certains
cas, elle manque totalement.
D'autre part, elle existe, en général, dans toutes les affections parasitaires et dans quelques maladies infectieuses. On a aussi noté sa présence dans les affections cutanées, dans certains états diathésiques et même dans certaines névroses.
Bien plus, elle peut faire défaut en cas de kyste hydatique confirmé.
MATSCHAX fit rechercher trois fois l’éosinophilie chez sa malade: deux fois la recherche fut négative; la troisième fois, l’éosinophilie était de 1 %. A l’intervention, on trouva chez la malade, un volumineux kyste hydatique.
CHAUFFARD et N. FIESSINGER admettent que les polynucléaires éosinophiles, trouvés en excès dans la cireulation, se forment localement à l’entour du kyste, mais cette opinion est très discutée. : à
Cependant, il doit exister une relation de cause à effet entre la présence du kyste hydatique dans l’économie et la constatation de l’éosinophilie dans le sang de lindividu parasité puisque celle-ci disparaît en quelques heures après l'intervention chirurgicale (CHAUFFARD et VINCENT).
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Sa persistance doit faire penser à l’existence d’un autre kyste passé inaperçu au cours de l'opération.
Précipito-diagnostic
FLEIG et LisBoNNE, en 1907, ont employé, pour le diagnostic de l’échinococcose, la méthode des précipitines.
La positivité de leurs recherches fut confirmée par WELSHE et CHAPMANN qui ont modifié la technique de la réaction.
D’après un rapport de BERNABEI, au « 17° Congrès de Médecine Internationale de Palerme », faisant suite à une étude soigneuse de son assistant SEBASTIANI, la méthode des précipitines peut donner des résultats positifs, même en présence de kystes non hydatiques. WEIN- BERG pense que la réaction n’est positive que dans un tiers des cas. WELSHE et CHAPMANN publient, dans « The Lancet », le résultat de leurs expériences : 50 réactions pratiquées sur 36 animaux suspects d’échinococcose n’ont donné aucune précipitation par le sérum des individus normaux.
LorRENTz n’est pas satisfait non plus de cette réaction qui, pour CANDELA, aurait une grande valeur, mais uniquement quand elle est positive.
Séro-diagnostic
On connaît trop bien la réaction de GHEDINI- WEN- BERG, imaginée par GHEDINI en 1906, pour que nous nous permettions d’y insister longtemps.
Reposant sur le principe de la déviation du complé-. ment, cette réaction a une certaine valeur diagnostique.
Les auteurs russes lui accordent une très grande importance: SCATSCHEWSKY, WERBITZKY, TERESCHKOWITSCH, SAWKOW, ABRIKosow. Cette méthode a donné d’excellents résultats à LoRENTZ, LEJARS, DELBET, TUFFIER. BRANNSTEIN, la tient pour tout à fait sûre. Par contre, GAETANI ne l’accepte qu'avec des réserves.
URIOSTE et SCALTRITTI rapportent que sur dix-sept cas d’échinococcose, la réaction ne fut positive que huit fois.
KeEeuTER et DA PEro ne lui reconnaissent aucun caractère de spécificité,
Cependant, si une réaction positive plaide en faveur d’une échinococcose, une réaction négative n’exclut pas la possibilité d’une affection hydatique.
De plus, comme le remarque justement DELBET, la technique de la réaction de WEINBERG est délicate et n’est pas, actuellement, à la portée de tous les praticiens.
Concluons en disant qu’on pourrait, peut-être, faire un diagnostic exact en procédant par étapes dans l’exa- , men de la malade.
Il faudrait, pour cela, rechercher d’abord les symptômes généraux des tumeurs kystiques du ligament large, puis Îles signes généraux des kystes hydatiques et enfin les symptômes des kystes hydatiques intraligamentaires.
On peut se demander si les erreurs de diagnostic ne tiennent pas, souvent, à ce que l’idée du kyste hydatique ne vient pas à l’esprit du praticien.
Le diagnostic ne deviendrait-il pas plus aisé si celuici recherchait systématiquement, en présence d’une tumeur intraligamentaire, les signes caractéristiques d’une telle affection ?