EVOLUTION
On doit considérer l’évolution des kystes hydatiques des ligaments larges dans deux cas bien différents :
1° On a laissé le kyste évoluer, soit parce qu’on en a méconnu l’existence, soit par suite de la fausseté du diagnostic étiologique ;
2° Au contraire, on est intervenu et on a vérifié, ou, la plupart du temps, redressé, une fois le ventre ouvert, le diagnostic qui avait été posé avant l'intervention.
Premier cas
L'évolution est lente, elle peut durer des années. Sa durée exacte est difficile à préciser, car le début de la maladie passe souvent inaperçu. Quelquefois, même, c’est au cours d’une autopsie ou d’une intervention ne portant pas sur les ligaments larges qu’on fait le diagnostic rétrospectif de la maladie.
De plus, il n’y a rien d'étonnant à ce que la malade, elle-même, méconnaisse son affection, car, au début tout au moins, celle-ci est compatible avec un excellent état général.
Néanmoins, si la guérison spontanée peut se voir, elle est exceptionnelle. Le chirurgien ne devra, en aucun cas, compter sur elle. Au contraire, poser le diagnostic de kyste hydatique intraligamentaire, c’est, en même temps, établir le traitement qui ne peut et ne doit être qu’immédiat et exclusivement chirurgical.
FREUND pense qu’il est possible que les hydatides meurent « par compression ». Celle-ci peut être due à la torsion ou à la compression du pédicule vasculaire de la tumeur.
En réalité, il ne faut pas compter sur ce mode de terminaison qui, d’ailleurs, serait lui aussi capable de nécessiter une intervention, par suite des troubles fonctionnels auxquels il pourrait très bien donner naissance.
Un mode de mort plus fréquent est la suppuration, résultant de l'infection et à laquelle peut succéder la fistulisation. :
La suppuration revêt, le plus souvent, un caractère de chronicité qui lui enlève toute tendance à la guérison spontanée.
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Le kyste peut, comme on l’a déjà vu, se fistuliser.
La malade s’affaiblit, se cachectise et ne tarde pas à succomber au milieu de tous les accidents qui accompagnent les suppurations chroniques.
L’hydatide qui échappe à la mort, ce qui est presque la règle, continue son développement et augmente sans cesse de volume.
Pour comprendre l’évolution de la tumeur kystique dans le cadre des ligaments larges, il faut conserver la division chirurgicale du ligament large en mésosalpinx supérieur et mobile, et ligament proprement dit, doublé de la gaine hypogastrique, inférieure et fixe.
Un kyste, né à la base du ligament large, ne dédoublera jamais le mésosalpinx, dont la résistance considérable avait déjà frappé ALBAN DoRaAN.
Au contraire, un kyste, né dans le mésosalpinx, le dédoublera rapidement, et la trompe, aplatie et rubanée, viendra encercler la tumeur, disposition caractéristique, permettant de diagnostiquer sûrement l’origine du kyste, même si celui-ci a pris, ultérieurement, un grand développement.
Quoiqu'il en soit, ces kystes, toujours franchement latéro-utérins et intraligamentaires, peuvent:
1° Repousser en avant un des feuillets, s’en coiffer et se pédiculiser sur le ligament large.
Cette disposition est, cependant, assez rarement rencontrée.
2° Se glisser sous l’un des feuillets et évoluer, alors. comme des kystes pré ou rétro-utérins.
Nous trouvons ici, deux groupes de kystes: les kystes à évolution antérieure, contractant des rapports intimes avec la vessie; les kystes à évolution postérieure, tendant à dédoubler le méso de PS iliaque et, plus rarement, reproduisant le même phénomène du côté du cœcum.
Il existe, enfin, des kystes à évolution basse, pouvant pousser des prolongements vers les différents orifices de lexcavation pelvienne : trou obturateur, échancrure sciatique, etc. La malade voit, alors, son état général profondément touché, elle maïigrit progressivement, se cachectise, avec la teinte des tumeurs malignes abdominales. L’anorexie, la déchéance physique et psychique