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OBSERVATION I

E. CaBAxES (in « Bulletin de la Société d’Obs. et de Gyn. de Paris »)

Kyste hydatique primitif du ligament large gauche

I s’agit d’une femme de 42 ans, opérée alors qu’elle était grosse de son unique enfant, d’un fibrome qui gênait l’adaptation fœtale (myomectomie: Dr. Fuster, 1909). Opérée en 1913, une seconde fois, pour myomes multiples, (hystérectomie subtotale: Dr. Moggi).

Elle rentre en 1930, : l'hôpital Parnet, pour une tumeur perceptible depuis quatre ans, hypogastrique et qui déborde la symphyse pubienne, tumeur longtemps indolore (pendant trois ans environ) puis provoquant des tiraillements lomboabdominaux, de grandes douleurs pelviennes continuelles à irradiations sciatiques et crurales, accompagnées de douleurs vésico-urétrales, de dyspepsie, de constipation opiniâtre. Depuis quatre mois, la malade maigrit considérablement, est très anémiée, cachectisée. :

A la simple palpation, on dirait de cette tumeur médiane, qu’elle a les dimensions d’une grossesse de cinq mois, mais elle emplit le pelvis. Rénitente et mate, elle remplit le Douglas; adhérente au moignon du col utérin, elle comprime le rectum; elle descend très dure sur la paroi latérale du vagin, très bas.

En présence de cette tumeur, inégale dans sa consistance, à grosses tubérosités, nous pensons à une dégénérescence sarcomateuse du reliquat des tumeurs anciennes enlevées (et en, l'absence de renseignements de laboratoire).

Intervention le 4 juin 1930. — Ether. Laparotomie médiane. On voit immédiatement après avoir ouvert l’abdomen, sous l’épiploon et les anses du grêle agglutinées, qu’on a affaire à une tumeur kystique. Déblayage du champ opératoire. Accès sur la paroi du kyste très épaisse, jaunâtre. Ponction à la seringue: liquide eau de roche et aspiration électrique vite inopérante. On évacue environ quatre litres de vésicules-filles flétries ou intactes. Formolisation. Ablation de la germinative.

On essaie de réséquer l’adventice, péniblement sur la face postéro-supérieure de la vessie qui adhère intimement, avec facilité sur le rectum.

L’ablation est très dure à mener sur le plancher pelvien, bien que nous ayons isolé luretère gauche qui croisait la face supéro-latérale du kyste.

LS

Élle devient impossible à un niveau inférieur au col utérin,

sur une surface égale à une pièce de cinq francs. Dans ces manœuvres, en déplaçant, sous les champs, une pince placée latéralement sur l’uretère minutieusement disséqué et mis de côté, nous le déchirons sur quatre centimètres de long. Il était moniliforme, fibrosé, fragile. La déchirure siège à dix centimètres de la vessie; elle nous paraît irréparable. Double ligature. - A cause de l’énorme surface cruentée intraligamentaire et aussi de cet accident: MixuLicz. Au douzième jour, présence d'urine dans la plaie, Néphrectomie. La malade sort, guérie, le 24 août, en bonne santé, complètement transformée.

OBSERVATION II (Inédite)

(Due à l’obligeance du Docteur ABOULKER)

Kyste hydatique primitif du ligament large droit

Femme européenne de 28 ans, qui vient consulter pour des troubles urinaires et pour une coccydinie très douloureuse et intermittente.

Cette jeune femme n’a jamais eu d’enfant.

Elle présente de la leucorrhée avant et après ses règles.

Les troubles urinaires s’exagèrent au moment de ses menstrues et consistent en polyurie diurne et en dysurie. Ils augmentent d’intensité avec la fatigue et avec le froid. Au moment des règles, la malade affirme uriner du sang à la fin de la miction.

Au moment de l’examen de cette femme, anémiée, au teint transparent, d’un poids inférieur à sa taille, nous constatons en examinant l’abdomen, une tuméfaction sur la ligne médiane, faisant penser -à une grossesse de quatre mois. On note, aussi, la présence d’une circulation collatérale supplémentaire du côté droit de l’abdomen et de la racine du membre du même côté. Le ventre est creusé en bateau, par suite de l’émaciation de cette jeune femme et on découvre une tumeur, sur la ligne médiane.

L'examen génital montra la vacuité de l’utérus qui est déjeté vers le côté gauche, contre la paroi pelvienne. L’utérus est mobile, mais il n’est guère possible de le ramener de gauche à droite, fixé qu’il est par une masse arrondie, plaquée dans le petit bassin, du côté droit.

Cette tumeur, à caractère liquidien, ne fait pas penser à un kyste dermoïde, mais à une tumeur incluse dans le ligament large droit.

Un examen cystoscopique ne montre aucune altération : de la muqueuse vésicale.

CDS 9!

L’uretère droit éjacule avec moins de force que luretère gauche.

Un examen des urines, après leur séparation, montre, qu’à droite et à gauche, elles ont les mêmes caractères physiques et chimiques. :

On pose le diagnostic de kyste de l’organe de ROSENMÜLLER inclus dans le ligament large droit et ayant déterminé un déplacement de l’utérus à gauche.

Intervention. Incision médiane sous-ombilicale. Utérus plaqué, comme il avait été indiqué, avec trompes et ovaires parfaitement sains.

La tumeur, qui remplit le petit bassin, a décollé le ligament large droit, dans lequel elle est incluse, avec le péritoine en parfait état d’intégrité. Sur l’axe de la tumeur, on décolle le péritoire et on ponctionne. Il s’écoule un liquide transparent, eau de roche, avec des vésicules qui montrent qu’il s’agit d’un kyste hydatique développé dans le tissu cellulaire de la base du ligament large et ayant décollé le péritoine.

On enlève la membrane-mère et ôn marsupialise, après formolisation de la poche.

D’autres vésicules ont été éliminées secondairement, qui provenaient, peut-être, de ce kyste.

La malade vit ses phénomènes urinaires dysuriques disparaître. Revue 10 ans après l’intervention, elle ne présentait de récidive d’aucun autre organe.

Remarque. I s’agit là d’un kyste primitif, développé par voic sanguine. :

OBSERVATION III (Inédite)

(Due à l’obligeance du Docteur ABOULKER) Kyste hydatique secondaire du ligament large droit

Jeune fille de 24 ans; se plaint de douleurs dans lhypocondre droit depuis deux ans environ.

Soignée pour des coliques hépatiques et de la congestion du foie, elle m'est adressée pour tumeur du foie.

Cette jeunc fille ne présente pas de troubles digestifs, mais seulement, à l’occasion de l’ingestion de certains aliments, elle présente des poussées d’urticaire.

Soumise à un régime sévère, elle s’amaigrit, bien que les poussées d’urticaire persistent.

Les épreuves sur le fonctionnement du foie ne montrent aucune atteinte de cet organe, mais un examen plus attentif permet de sentir une tumeur sous la masse hépatique, presque au contact du rein droit. Réactions de laboratoire, pour la recherche de l’échinococcose, négatives, sauf une éosinophilie à 6 %.

Intervention. Incision transversale de l’abdomen qui montre, en dehors de la vésicule, au niveau du bord postérieur du foie, un kyste appendu sous le foie, qui est extrait, en entier, sans être ouvert. ;

L’exploration de la glande hépatique et des ponctions en différentes directions ne montrent pas l’existence d’autres kystes. Suites normales.

Huit mois après, nous sommes consulté pour une tumeur siégeant dans la région hypogastrique, indolore, grossigsant lentement et déterminant des troubles dysuriques.

Rien du côté génital.

Intervention. Incision médiane sous-ombilicale. Ponction et injection d’arsénobenzol dans le kyste, situé à l’insertion du ligament large droit et de l’utérus.

Ce kyste, évacué, nous montre un deuxième kyste, plus volumineux, garnissant tout le Douglas. Il est ponctionné, traité à l’arsénobenzol et fermé totalement, après ablation de la membrane-mère.

Remarque. Ces deux kystes étaient intra-péritonéaux et ne correspondaient ni avec le tissu cellulaire du ligament large, ni avec celui du petit bassin.

Ils semblaient être dus à une échinococcose secondaire, par greffe, peut-être par irruption de liquide ou de vésicules, au cours de la première intervention.

Revue cette année, cette malade présente une récidive dans le bassin. On ne trouve rien dans le grand épiploon, ni, par ailleurs; dans le foie ou dans les poumons.

OBSERVATION IV (Inédite) (Due à l’obligeance des Docteurs VINCENT, DUBOUCHER, VERGOZ)

Kyste hydatique primitif du ligament large droit

Cette observation remonte à l’année 1920 et concerne une malade opérée ‘à cette époque, dans son service, par le Professeur VINCENT.

Malade âgée de 25 ans qui, jusque là, n’avait eu âucun passé pathologique, et, en particulier, n'avait présenté aucun des signes: de l’intoxication hydatique. |

Brusquement, en pleine nuit, elle est prise de douleurs gastriques asez violentes avec vomissements. On l’examine aussitôt. La palpation abdominale ne révèle rien d’anormal. Le ventre est souple, sans la moindre contracture sus-ombilicale et, c’est tout à fait par hasard, qu'un examen complet permet de déceler les signes génitaux suivants: le toucher vaginal laisse percevoir, sur là paroi latérale droite du vagin, une tumeur liquidienne qui refoule la paroi droite de ce conduit et descend, par son pô'e inférieur, jusqu’à la vulve. Cette tumeur remonte très haut,

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