‹ Kystes hydatiques des ligaments largesChapitre 4 sur 72 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le 4 juin 1930, dans son service de l'Hôpital Parnet, notre Maître, Monsieur le Professeur CABANES, opérait une femme de 42 ans et, après la laparotomie, au cours de lopération, il trouvait un kyste hydatique inclus dans le ligament large gauche.

La rareté d’un pareil cas, le fait que cette femme n'avait Jamais eu d’autres kystes hydatiques et étant donné le caractère primitif de celui qui s'était développé entre les deux feuillets du ligament large, tout cela nous a valu le très grand honneur de nous voir proposer par Monsieur le Professeur CABANES, comme sujet de notre thèse inaugurale, une « Revue Générale des kystes hydatiques des ligaments larges ».

Séduit par l’originalité du sujet, mais inquiet, cependant, à cause du caractère d’extrême rareté de cette affection, nous nous sommes mis, cependant, aussitôt au travail. Nous nous en félicitons aujourd’hui, non pas que nous ayons la ridicule prétention de vouloir, dans cette modeste thèse, faire œuvre de révolutionnaire et bousculer, par le fait, les sages et doctes préceptes que nos maîtres nous ont appris, concernant l’étude d’une affection somme toute très commune. Non. Nous venons seulement, dire, très simplement, que la localisation intraligamentaire des kystes hydatiques n’est pas une chose aussi rare que l’on s’est accordé à le proclamer depuis fort longtemps.

Trois de nos aînés : LEMONNIER et LEMOINE, de Paris, Gau, de Montpellier, eurent l’idée, les premiers, trente ans avant nous, de choisir comme sujet de leur thèse inaugurale, celui-là même que nous proposa, il y a un an, Monsieur le Professeur CABANES.

Ce furent, pour l’époque, de hardis novateurs, et le travail de l’un d’entr’eux porte la marque d’un scepticisme très évident, puisqu'il commence par ces mots : « Il fallait y penser » et qu’il se termine par ceux-ci : « Pensons-y ».

Nous reproduisons dans notre thèse, les trois ou quatre observations qu’ils avaient déjà reproduites dans les

leurs, et nous apportons, pour complétér leur œuvre, notre bien modeste contribution.

Après avoir, pendant une année, lu un peu partout, en France et à l’étranger, toute la littérature, ou du moins tout ce que nous avons pu nous procurer en fait d'ouvrages, de revues, de publications et de thèses se rapportant à notre sujet, nous avons eu néanmoins la satisfaction de pouvoir réunir 80 observations de kystes hydatiques des ligaments larges, seuls ou associés à des kystes hydatiques d'autres organes. Soixante-dix sept d’entr’elles ont été publiées; seules les observations II, III et IV sont inédites. Les observations IT et IIT sont dues à l’obligeance de M. le Docteur Charles ABOULKER, chirurgien des Hôpitaux, qui nous a fait, tout récemment, l’agréable surprise de nous les communiquer. Que Monsieur le Docteur Charles ABOULKER veuille bien trouver ici l’expression de notre bien vive reconnaissance. ;

Nous devons à Messieurs les Docteurs DUBOUCHER et VERGOZ, auxquels nous adressons tous nos remerciements, l’observation IV recueillie en 1920, à Alger, dans le service du Professeur VINCENT et qui n’avait jamais encore été publiée jusqu’à ce jour.

Dans les quelques pages qui vont suivre, nous allons donc, nous conformant à la tradition qui veut qu’une thèse comporte un certain nombre de chapitres ayant trait à l'historique, à l’anatomie pathologique, à l’évolution de la maladie qu’on étudie, passer rapidement sur des chapitres qui n’ont qu’un intérêt didactique, comme ceux de l’historique, de l’étiologie, de l’anatomo-pathologie et même de la symptomatologie, pour nous attarder davantage sur les complications et le diagnostic, et surtout sur la pathogénie et le traitement des kystes hydatiques intraligamentaires.

Nous terminons notre travail en reproduisant 63 observations que nous avons pu recueillir sur la question et que nous avons presque toutes résumées, sauf les observations I, IL III et IV qui sont reproduites in-extenso.

Quant aux 17 dernières, nous n’avons pu avoir, malheureusement, que leur référence bibliographique.

Nous nous en excusons auprès de nos Maîtres.

Page 1