HISTORIQUE
Citer les noms de ceux qui se sont occupés des kystes hydatiques des organes génitaux de la femme et dresser la liste de leurs travaux, c’est faire un inventaire long et fastidieux, mais facile, de toutes les publications qui ont paru durant ces 30 dernières années, concernant l'étude des diverses localisations de l’échinococcose dans la sphère génitale féminine.
Mais ne relever dans la littérature médicale que les noms de ceux qui ont étudié spécialement les kystes hydatiques des ligaments larges, c’est faire œuvre très difficile. .
En effet, si l’on excepte les quelques lignes que les auteurs des traités gynécologiques classiques consacrent, dans leurs ouvrages à une affection que la plupart d’entr'eux considèrent d’ailleurs comme une curiosité clinique, on ne trouve dans la littérature médicale, aucun ouvrage qui parle, d’une manière spéciale, du sujet qui nous intéresse.
C’est très souvent, en effet, à l’occasion d’une greffe hydatique siégeant, à proximité ou à distance des ligaments larges, dans les ovaires, dans les trompes, dans l'utérus, dans le cul-de-sac de Douglas, que les auteurs font, de temps en temps, allusion aux ligaments larges eux-mêmes, pour parler de la localisation intraligamentaire d’un kyste hydatique aberrant.
Mais d’articles ou de publications ne traitant que de cette localisation seule, il n’en existe que de rarissimes exemplaires. |
Pour éviter de trop nous écarter de notre sujet, nous avons voulu, pour rédiger l'historique de la question, comme d’ailleurs tous les autres chapitres de cette thèse, n’utiliser que les seuls documents que nous ont fournis ceux qui se sont occupés, de temps à autre, mais alors d’une manière toute particulière, des Kystes hydatiques des ligaments larges.
Dans les pages qui vont suivre, nous allons donc énumérer, en respectant l’ordre chronologique de leur publication et en citant, d’abord, la date de leur paru-
EL
tion, les articles et les thèses qui nous ont paru devoir entrer normalement dans le cadre de cet historique.
La première observation connue de kyste hydatique des ligaments larges est l’observation de SCHATZ, recueillie à la clinique de Rosrocx et publiée sous le titre de « Echinococcus in Ligamentum latum », dans les « Archives de gynécologie de Berlin », en 1876.
Observation intéressante, non seulement parce qu’elle est, semble-t-il, la première de ce genre, mais encore parce que le diagnostic. du siège et de la nature de la tumeur fut, paraît-il, porté avant l’intervention, « l’auteur se rappelant un cas analogue, recueilli à la clinique de Leipzig ».
En 1877, L. Cassonx publie dans le tome II de la « Revue médicale française et étrangère de Paris », trois observations de kystes hydatiques présumés de lovaire ou du ligament large et guéris par la ponction et l’injection iodée.
En 1878, dans les « Annales de Gynécologie », paraît un article intitulé: « Considération clinique sur les kystes hydatiques du petit bassin chez les femmes », et dans lequel ViILLARD consacre quelques lignes à la ques:tion.
La même année, CHiari, de Vienne, cite, dans une publication de langue autrichienne, un cas d’« Echinococcus der ligamentum latum uteri ».
MASSERON, dans une thèse soutenue à Paris, en 1882, et dans laquelle il traite des « Kystes hydatiques multiples de la cavité abdominale », rapporte dans son observation xx le protocole d’une autopsie faite sur une femme morte, dans le service de MURCHISON, des suites d’une intervention, et au cours de laquelle on trouve deux kystes hydatiques qui s’élèvent au fond de l'utérus et du Hgament large.
En 1887, Annie CLARK opère dans le service de Lawson-TraIT, une jeune femme de 30 ans chez laquelle avait été porté le diagnostic de kyste du ligament large. À lintervention, on vit qu’il s’agissait d’un kyste hydadique intraligamentaire gauche. Lawson-rarr consacra, d’ailleurs, à ce cas, en 1891, quelques lignes dans son « Traité des maladies des femmes », et, en 1900, les « Annales de Gynécologie et d’Obstétrique » publièrent de nouveau cette observation,
PiNARD dans les « Annales de Gynécologie et d’Obstétrique » de 1888, rédige un article intitulé « Kystes hydatiques multiples compliquant laccouchement », à propos d’une malade qui, en travail depuis deux jours, était morte au moment de son entrée à l’hôpital. A l’autopsie, on trouve un kyste hydatique du ligament large droit. -*
En 1890, CARSON rapporte un cas de kyste hydatique du ligament large dans le « Journal de l’Association Américaine d’obstétrique et de gynécologie de er delphie ».
En 1891, LASsALLE, dans une thèse soutenue à Montpellier, et ayant pour titre « Des tumeurs incluses dans les ligaments larges » cite, sans insister davantage, le ligament large comme siège possible d’un kyste hydatique pelvien.
L'année 1892 marque le début d’une période qui durera assez longtemps, et pendant laquelle les auteurs affectionneront tout particulièrement l’étude des kystes hydatiques du petit bassin chez la femme.
Dans une thèse, soutenue cette année-là à Lyon, par MoNEGER et intitulée: « Des kystes hydatiques de l’épiploon et du bassin », l’auteur cite trois observations de kystes hydatiques intraligamentaires.
Dans la première observation, il s’agit d’une malade opérée par Tizzaux à l’Hôtel-Dieu, et chez laquelle TizLAUx trouve un kyste du ligament large droit.
CLApo opère la deuxième malade et découvre deux kystes du ligament large droit.
Enfin, la dernière malade, qui avait été ponctionnée en 1885, par SIREDEY, meurt quelques années plus tard, et en l’autopsiant, on trouve un kyste hydatique dans le ligament large gauche. Cette observation a été rapportée par Porocxi, interne des hôpitaux.
DE LAvIGNE SAINTE-SUZANNE, dans une thèse soutenue à Bordeaux, en 1893 et dans laquelle il étudie « les kystes hydatiques du petit bassin », note que chez la femme, c’est entre le rectum d’une part, le vagin et l’utérus de l’autre, sous le péritoine qui unit la fin de l'intestin aux organes génitaux, que les kystes hydatiques naissent et s’accroissent. On conçoit, cependant, dit-il, qu’ils peuvent siéger dans les ligaments larges (observation de