‹ Kystes lutéiniques: Môle hydatiforme et ChorioépithéliomeChapitre 10 sur 28 · I. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

I. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX

Elles se présentent à l'observateur avec un aspect à peu près constant : les ovaires sont transformés en tumeurs pclykystiques, multiloculaires et bilatérales.

Ces kystes sont pyriformes à grosse extrémité supérieure et leur surface extérieure est bosselée. Ils sont en effet formés par un ensemble de kystes accolés, de nombre et de volume variables, réduisant ou faisant disparaitre le parenchyme ovarien. Chaque kyste est en général constitué par une paroi mince, contenant un liquide jaune clair ou brunâtre, et est tapissé intérieurement par une membrane jaunâtre facile à détacher. Contenu et paroi interne, de coloration caractéristique, permettent de les différencier rapidement des autres kystes multiloculaires.

Sur une simple coupe, on voit que les kystes siègent géné-

ralement à la périphérie de l'ovaire, mais on en trouve cependant de plus petits vers le centre. Quant à la substance ovarienne, elle est très réduite, refoulée à un pôle de la tumeur ou intercalée entre les différents kystes. On y voit aussi un ou plusieurs corps jaunes bien développés, mais ce qui frappe surtout, c’est de voir ce qui reste de stroma ovarien parcouru par des petites trainées jaunâtres qui tranchent

par leur coloration sur sa teinte blanchâtre habituelle.

Volume. — Le volume de ces tumeurs est essentiellement variable, depuis celui d’un ovaire normal, jusqu'à celui d'une tête de fœtus à terme, et même d’une tête d’adulte.

Sur 33 observations de môles où le volume de ces tumé-

factions était noté, nous les avons trouvées:

4 fois du volume d’un œuf ;

18 fois du volume du poing ;

11 fois du volume d’une tête de fœtus.

Sur 12 observations de chorioépitheliomes :

4 fois du volume d'un œuf ;

5 fois du volume du poing ;

3 fois du volume d’une tète de fœtus.

Le volume le plus fréquemment atteint est donc celui d'un

poing d’adulte.

Situation. — Ces tuméfactions kystiques sont presque toujours libres et pédiculisées, très rarement incluses dans le ligament large (Ouvry, Obs. IT). Le pédicule qui les rattache à la corne utérine correspondante, est plus ou moins long, tantôt étroit et gréle, tantôt large et épais. Elles peuvent avoir

un développement exclusivement abdominal, s'élevant et sui-

vant l'ascension de l'utérus dans la grossesse môlaire, mais elles peuvent tomber dans le Douglas, s’enclaver et se tordre, en un mot occuper toutes les situations rencontrées dans les kystes mucoides chez ia femme à l’état de vacuité ou de

gravidité.

Bilatéralité. — Ces tumeurs sont en général bilatérales. Kræmer, sur 10 observations de môles, trouve 7 fois des kystes doubles. IT existe de nombreux cas de kystes unilatéraux (Barnes, Kast, Krebs, Pick, Matveiev, Sykow, Lockyer, Chamayou et Gilles), mais dans ces cas l’examen histologique de lovaire paraissant normal, n'a pas été fait. Lorsqu'il est pratiqué, il montre de nombreux kystes microscopiques (Krebs-Pick). Il existe cependant des observations de kystes unilatéraux, où l'autre ovaire avait conservé sa structure normale (Essen-Müôller).

Dans nos 49 observations de moôles, nous avons trouvé 42 cas de lésions bilatérales, et 7 fois des lésions unilatérales, ce qui donne une proportion de 85 % d’altération macroscopique bilatérale et de 15 % d’altération unilatérale dans la môle.

Tous les auteurs, après Kræmer, rapportent que les kystes uniques siègent presque toujours à gauche. Pour notre part, nous avons trouvé l'inverse, 6 cas à droite pour 1 cas à gauche.

Dans le cas d’altérations bilatérales, les deux tumeurs kystiques peuvent être de volume identique; dans la plupart des cas cependant il existe une différence de volume appréciable entre les deux masses ovariennes. Nous avons noté que la tumeur droite était plus grosse que la tumeur gauche dans

une proportion de 4 à I.

Sur nos 14 observations de chorioépitheliomes, nous avons trouvé des lésions macroscopiques bilatérales dans 12 cas, ce qui donne la même proportion que dans la môle, soit 85 %.

Là encore l'ovaire droit était généralement le plus volumineux et dans un rapport identique ou voisin de 3 à 1. Dans les 2 cas où les lésions étaient unilatérales, une fois elles siégeaient du côté droit, une fois du côté gauche.

La bilatéralité des lésions évaluée pour la môle et le chorioépitheliome au chiffre de 85 %, pour les altérations macroscopiques, semble être plus fréquente encore, si l'examen histologique est régulièrement pratiqué. Déjà, en 1904, Patellani donnait la proportion de 89 %, malgré que ses 66 observations n'aient pas été toutes suivies d'une étude microscopique.

Dans toutes nos observations, où la dégénérescence ovarienne a été recherchée systématiquement, celle-ci a été trouvée chaque fois, de sorte que nous considérons la bilatéralité des lésions ovariennes comme la règle générale dans les tu-

meurs syncytiales.

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