IT. — ETUDE MACROSCOPIQUE
Nombre des kystes. — Les tumeurs formées par un kyste uniloculaire sont rares (Gœæbel). Presque toujours elles sont constituées par un certain nombre de kystes accolés, ce qui fait dire que l’on a affaire à des masses polykystiques. Dans chaque tumeur, les kystes peuvent avoir le même volume, ou bien l’un d'eux acquiert un volume prépondérant et se trouve entouré par les autres plus petits. Blacher a pu en compter jusqu’à 22 à l'œil nu, Secte 20 dont 5 du volume d’une noix.
Par suite de leur volume, les kystes les plus volumineux
sont situés à la périphérie; les plus petits siègent entre les
parois de deux gros kystes voisins ou dans le stroma ovarien (Poten et Wassmer). Ces kystes sont sphériques. Cependant, lorsque l’un d'eux prend un développement plus considérable, il arrive qu'il refoule la paroi des kystes voisins et à faire saillie dans leur cavité, en les aplatissant ou en les réduisant à l'état d'une fente. [ls ne communiquent jamais entre eux et ne présentent pas de végétations papilliformes dans leur
intérieur.
Contenu. — Ces kystes contiennent une substance liquide, coagulable par l'alcool et le formol, et dont la coloration est dans la majorité des cas jaunâtre. Cette couleur peut cependant varier, depuis celle de l'eau, jusqu'à une teinte chocolat, due à des extravasations sanguines ou à des hémorragies intrakystiques. Sa consistance varie avec la coloration, de la
fluidité de l’eau à la viscosité du mastic.
La paroi kystique. — KElle est en règle générale très peu épaisse, de 1 à 3 m/m; ce qui permet d'apprécier par transparence la coloration du contenu et la couleur de la couche interne qui tapisse ces kystes. Cette paroi est quelquefois si fragile, qu'elle se rompt à l’occasion d’un examen ou d'un curettage.
C'est ainsi que Bar eut nettement la sensation de la rupture d'un petit kyste en pratiquant le toucher chez une femme ayant accouché d’une môle 3 mois auparavant; que Kreutzmann vit un gros kyste se rompre pendant le curettage qui suivait l'expulsion d’une moôle.
Il est facile, à l’œil nu, de distinguer deux couches dans cette paroi kystique, une couche externe de couleur blanchâtre ou rosée et d'apparence fibreuse, une couche interne plus
délicate qui tapisse la cavité. Cette couche interne a le plus
souvent une coloration jaunâtre (Runge), plus rarement gris uniforme (Pick) ou gris foncé (Coons), ou même sans coloration caractéristique (Wiener). Son épaisseur est variable, mais ne dépasse pas 1/4 de m/m (Seitz) et ne semble pas répartie uniformément dans l’intérieur d'un même kyste. Elle se détache facilement de la couche externe; les différents réactifs provoquent ce clivage, ce qui lui donne souvent un aspect festonné, signalé et considéré par beaucoup d'auteurs comme une caractéristique des kystes lutéiniques. I1 semble prouvé que le plissement de cette couche interne ne soit qu'un
phénomène artificiel du à la coupe ou à la fixation.