‹ Kystes lutéiniques: Môle hydatiforme et ChorioépithéliomeChapitre 8 sur 28 · À. — FRÉQUENCE DES ALTÉRATIONS MACROSCOPIQUES · texte numérisé non relu

À. — FRÉQUENCE DES ALTÉRATIONS MACROSCOPIQUES

En 1903, sur 144 observations de tumeurs syncytiales relevées dans la littérature, Runge trouve 63 cas où l'état des ovaires avait été spécifié:

11 fois les ovaires furent reconnus normaux par le toucher ;

28 fois les ovaires furent reconnus normaux lors d'une intervention ou d’une autopsie;

24 fois les ovaires avaient subi une altération plus ou moins kystique.

Ce qui lui donnait un pourcentage de 38 % de lésions ovariennes macroscopiques dans l'ensemble des tumeurs syncytiales (môles et placentomes malins).

Pollosson et Violet, au VII* Congrès français de gynécologie, d’obstétrique et de pédiatrie de Lille, en 1913, ne trouvent, sur 238 observations de chorioépitheliomes publiées depuis la thèse de Briquel, que 20 cas où cette dégénérescence kystique des ovaires est mentionnée. Le placentome ne s’accompagnerait de kystes que dans une proportion de 0,4 % des cas.

En 1921, Cottalorda donne pour la môle le chiffre de 59 %, accepté également par Kræmer.

Enfin Keller, en 1922, à l'examen d’ovaires dans 13 cas de moôles et de chorioépitheliomes, trouve G fois des « kystes du corps jaune », soit une proportion de 23 %.

Toutes ces statistiques n'ont qu'une valeur relative. Elles

portent en effet sur des observations recueillies dans la littérature par des cliniciens dont souvent l'attention n'avait pas été attirée sur ce sujet. Aussi les observations cliniques d’un seul gynécologue sont-elles plus intéressantes et donnent une meilleure idée de la fréquence de cette altération.

C’est ainsi que Risel, dans 10 cas de chorioépitheliomes, constate chaque fois la présence de kystes lutéiniques ; que deux années plus tard, Kroœmer, sur 15 observations de moôles de sa pratique personnelle, trouve 7 fois, par le toucher, des tumeurs ovariennes et 3 fois au cours d’une laparotomie, ce qui lui donne une proportion d'altération macroscopique de 66 % dans la mole.

Par contre, sur 5 cas de môle observés pendant ces quatre dernières années à la clinique obstétricale de Nancy par M. le Professeur Frühinsholz, cas où la recherche de laltération ovarienne a été systématiquement pratiquée, une fois seul ment le toucher permit de reconnaitre l’existence d’altérations kystiques. Il s'agissait d'une moôle de 3 mois 1/2 à 4 mois. Cette faible proportion tient peut-être à ce fait que lon fut surtout en présence de moôles jeunes (2 cas de 2 mois 1/2, 1 de 3 mois, 1 de 7 mois 1/2) et que les lésions ovariennes n'étaient pas suffisamment volumineuses pour étre appréciées par le seul examen clinique.

Nous avons donc pour notre compte repris cette étude. Nous avons rassemblé 97 observations de moles et 48 de chorioépitheliomes où l'état des ovaires était mentionné, Ces observations n'ont pas été groupées systématiquement et lPobjection que l’on pourrait nous faire, d’avoir rassemblé uniquement les cas d’altération kystique ne nous semblerait pas justifiée, car beaucoup sont antérieurs à la connaissance des

lésions ovariennes. Que l'attention des cliniciens ait été ou

non attirée sur ce point, un bon examen clinique ou anatomopathologique ne laisse pas en effet passer de tels faits sans les signaler. Ne trouvons-nous pas, dans les anciennes observations de môle ou de chorioépitheliome, alors que la lésion de la villosité était seule à l'étude à ce moment, mentionnée soit un état normal des annexes, soit une altération polykys-

tique des ovaires ?

Dans nos statistiques, l’état des ovaires a été noté soit par l'examen clinique, soit par le contrôle opératoire ou né-

croptique.

Sur 97 cas de môle, 6 fois les ovaires paraïissaient normaux, OI fois plus où moins kystiques ou augmentés de volume, soit une altération macroscopique dans une proportion de 94 %.

Pour le chorioépitheliome, sur les 43 observation, nous trouvons 12 cas où les ovaires avaient leur aspect habituel et 31 où ils étaient dégénérés. Ce qui donne un pourcentage

de 72 %.

La môle s'accompagne donc plus souvent que le chorioépitheliome d’altérations macroscopiques des glandes sexuelles.

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