PAR CE
18 et son intelligence était bien vite gagnée à la 3
'S cause du vraiet du beau.
1 Mais l'abbé Olivier ne voulait pas parle l FL seulement aux intelligences ; il ne se contentait
pas de demander à ses élèves le froid assentiment
LS de la raison, C’est au cœur qu'il visait, et disons
8 tout de suite qu'il n'a jamais manqué le but, \
1 Nous n'en voulons d'autres preuves que eetti |
fl affection profonde qu'il a toujours su exciter chez \
S ses élèves. Tous ceux qui ont eu le bonheur de |
E s'asseoir au pied de sa chaire l'ont aimé, Nous 4
D en avons vu plusieurs pleurer sur son tombeau
e et reudre ainsi, par leurs larmes, le plus bel
hommage qui puisse honorer la mémoire d'u:
défunt, D'autres nous ont parlé souvent ave
émotion et enthousiasme de leur ancien
Dr'oibs—
seur de Seconde : “Comme nous l’aimions !”
HOtIS
répetent-ils sans cesse, Oui, ses élèves |
F L'alialenl :
fe el veut-on savoir pourquoi? C’est que lui-mèm | . À les aimait le premier. L’affection seule engendré \ . $ l'affection ; il n'y à que le cœur qui sache parler \ - Le au céur, et son langage est Celui du dévouement À ù Le jeune professeur parlait ce langage ave: Ë - une irrésistible éloquence. 11 vivait pour ses ù élèves, leur consacrait tout son temps, Il n'es l pas exagéré de dire qu'il leur a donné sa vie : | car C'est à ce rude labeur de la classe qu'il a épui- | à È sé ses [orces, et ruiné définitivement une santé | ; déjà chancelante, Avec quelle paternelle solli- | % citude il suivait Les travaux de ses chers enfants ! | | | Î | 4] |
Comme il était fier de leur succès ! Le travail était-il bon, les devoirs bien faits, les leçons bien apprises, il en paraissait tout joyeux. C'est alors surtout qu'il épanchait sur ses disciples le trésor d'affection que son cœur renfermait pour eux. Ces jours-là, sa figure était souriante, ses explications plus Incides, sa paroie plus chaudeet plus persuasive, Au contraire, si l’apathie menaçait de ralentir l'ardeur à l’etude, le professeur épuisait tous les moyens possibles de secouer cette torpeur passa. gère; il pressait les coupables, et ne faisait la paix avec eux qu'après s'être assuré de la victoire, C’est ainsi que sa vie s'identifiaiten quelque sorte avec celle de ses élèves, La classe formait une petite famill : dont il était le pere aimé et dévoué.
Cette tendre sollicitude, il l'étendair à tous les écoliers, qu'il aunait sinceremen', Rieu de ce qui pouvait favoriser chez eux le développement intellectuel et moral ne le laissait indifférent. Les sociétés littéraires, qui contribuent si largement à fortifier les études, out reçu ses encouragements et bénéficié de ses conseils. [len est une surtout qui gardera son souvenir avec une pieuse reconnaissance, c'est la société Saint- François de Sales. Pendant trois ansil en a été le directeur, etil n'a rien épargné pour la faire prospérer, Nul plus que lui n'avait le se. cret d'exciter l’émulation et de diriger Île zèle parfois capricieux de cette bouillante jeunesse, faisant ses débuts dans la carrière de l'éloquence,
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ut LUE on [l s'intéressait aux discussionslittéraireset histori. ques entreprises par de jeunes émules de il suivait avec solli‘itude la marche
Cicéron ; parfois accidentée d'un parlement embryonnaire, où des politiciens de seize ans prenaient leur plus grosse voix pourtraiter desgrandsintérétsdu PAYS; puis.quand le vaisseau de l'Etat semblait trop ballotté sur la vague écumante des discussions, d'une main tran
quille et ferme il les ramenait au port et calmait les flots émus. La société Saint-Francois de Sales regrette son cher directeur, etelle lui a donné des marques non équivoques d'estime et de gratitude
Serons-nous surpris si, avec de pareilles qualités de cœuret d'esprit, l'abbé Olivier s'était fait de nombreux amis? f[lest à peine besoin de dire que s's anciens élèves lui restaient profondément attachés, et que les douces relations nouées au sein de la classe, ne faisaient que se resserrer en changeant de nature, [l aimait à les recevoir, à causer familièrement avec eux du passé etde l’a. venir ; il était surtout heureux de leur prodiguer les bons conseils, et d'éclairer Les routes nouvelles où ils devaient entrer.
Cette affection particulière pour les jeunes gens, ce don de leur plaire et de les tenir groupés antour de lui, resteront un des traits caractéristi. ques de cette trop courte vie. Le zèle du jeune prêtre trouvait là une maguifique occasion di s'exercer et de faire du bien. Convaincu que le jeune homme, en entrant dans le monde se heur-
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te à mille difficultés, est exposé à toutes sortes de danger, il usait de son ascendant sur les cœurs pour écarter les périls et les obstacles. Il s’efforcait surtout de faire germer dans Îles esprits de grandes et saines pensées, et de fortifier La volonté contre le soufile dangereux des passions. Il voulait faire de tons ses jeunes amis des citoyens hounètes et utiles, des soldats valeureux, prèts à combattre pour toutes Les saintes causes, et il tàchait de leur mettre en main des armes fortement trempées.
Lai-mème aimait à diriger leurs bras novires, à les former à cette gymnastique intellectuelle qui devait leur assurer la victoire dans les rudes batailles de la vie. Il cherchait surtout à bien snracner dans leurs cœurs les deux amours sàcrés de la religion ét de la patrie.
Dans ces réunions intimes, où l'on parlait à vœæur ouvert, où toules les espérances comme toutes les craintes s'exprimaient franchement, le jeune prêtre ouvrait son âme avec cel abandon qui provoque la confiance et engage la volonté. {1 modérait l'ardeur parfois excessive de ses amis, faisait tomber les illusions inutiles ou dangereuses, ravivait les saintes flammes du patriotisme, montrait les écueils, indiquait la route la plus sûre. Qui dira les généreuses résolutions que sa
parole à fait germer dans les cœurs !
Aussi ces jeunes gens le regrettent-ils amèrement, Plusieurs ont passé depuis devant cette
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chambre modeste où 1ls aimaient tant à se rêu: uir, et ils out senti leur Cœur se serrer à la pensée qu'elle était fermée pour toujours, que leur digne ami n'éta t plus là pour les recevoir, les entendre, Les conseiller, les consoler.
Et nous, qui avons vécu à côté de lui, dans un commerce quotidien, nous, ses su a dans le sacerdoce el ses collègnes dans le rude iabeut de l'enseignement, ne pourrons-n''us pas dire aussi quelle place il occupait dans notre vie, ef JE si vide son départ précipité a laissé dans n0s rang Nous nous étions fait une douce habitude a sa société. L'amabilité de son caractère, la finesse de son esprit, la tendre affection de son cœur, nous avaieut rendu sa présence comme indispensable. Sa voix était si familière à nos ore les 3, sa figure si vivante à nos yeux, que nous ne pouvons nous résoudre à l'idée que ses lèvres se sont fermées pour toujours, que le lourd lince du sépulcre nous dérobe à jamais ses traits amis. Qu’on uous permette au moins d’unir notre voix à celle de ses élèves pour dire combien nous l'aimions, et quels regrets sincères il a emportés au-delà du tombeau |
Si maintenant, franchissant Le cercle de ces relations amicales, nous voulions montrer le fils tendre, le frére dévoué, quelles richesses nouvelles ne trouverions-nous pas dans Ce cœur généreux! [Il nous a été donné d'accompagner souvent l'abbé Olivier au foyer de la famille, et
de surprendre les secrets de sa profonde affection pour les siens. La maison paternelle avait gardé pour lui tons les attraits, tous les charmes qui captivaient jadis son enfance. En franchissant ce seuil aimé, il sentait renaitre dans son cœur les tendresses et les bonheurs d’un autre âge : il redevenait enfant, Les personnes et les choses lui semblaient n'avoir pas vieilli, et gardaient toujours à ses yeux leur physionomie d'autrefois ; il retrouvait, à leur vue, ses enthousiasmes juvéniles, ses enfantines illusions,
Quelles heures délicieuses il passait au milieu de ses chers parents, dans cette atmosphère de tendresse qui embaume le foyer chrétien! Il était aimé, choyé, enveloppé d’affectueuses sollicitudes. On s’'ingéniait à lui plaire, en inventant ces milles soins empressés qui préviennent tous les désirs, qui vont au-devant des plus secrètes jutentions. Le cœur d’une mère, d’une sæur, a des intuitions admirables ! Le jeune prêtre était heureux du bonheur qu'il répandait autour de lui, et il payait de retour ses chers parents, en leur donnant l'amour d'un cœur toujours tendre el généreux.
Nous ne craignons pas de paraître indiscret eu disant avec quelle douce sollicitude il a veillé sur son frère plus jeune que lui, son inséparable compagnon d'études, depuis les lointains débuts, à Lotbinivre, jusqu'au terme du cours classique. Entrés alors dans des voies différentes, les deux
, et DE
frères restèrent profondément unis, {f’élu du
sanctuaire veilla sur l'étudiant en droit, s’inté-
ressa à ses travaux, l’aida de ses charitables conseils. Puis le jeune prètre suivit avec une ten- à dresse qui n'était pas exempte d'inquiétudes les | débuts du jeune avocat ; il partagea louies ses | appréhensions et toutes ses espérances, et applau- ë dit avec un légitime orgueil à ses rapides succès, À Et, en 1888, quand, après un brillant examen le F titre de docteur en droit était conféré à son frère, l'abbé Olivier, qui, par une heureu e coincidence È venait d'entrer dans la carrière des honneurs |
universitaires, en montant dans la chaire de: la
littérature française, fut plus heureux du succes du nouveau docteur que des siens propres ; ; c'était le couronnement de son œuvre et La réali- : sation de ses plus chères espérances. | C'est à toutes ces affections que la mort est l venue brusquement l’arracher, Son corps repose À sous Les dalles du sanctuaire, témoin des premiers ! appels de sa sainte vocation ; son souvenir resle {
profondément gravé dans le cœur de tous ceux qui l'ont connu el aimé ; et son âme, ornée de vertus et de mérites, jouit déjà, nous l’espérons, des inénarrables délices que donne la charité parfaite, au sein de Dieu.
Noble ami, ta course ici-bas fut bien’ rapide. Tu es passé au milieu de nous €t tu t'es évanoui comme un songe. Mais les traces glorieuses que ; tes pieds ont laissées dans le sentier de la vie
+ 47 Hyeres .+
chrétienne et sacerdotale, ne seront pas effacées de longtemps. Ton grand cœur est maintenant satisfait: il a trouvé le bien infini et le suprême amour, Pour nous, qui restons au lieu d'exil,et qui devons continuer seuls ces travaux el ces luttes, qu'il nous était si doux de partager avec Loi, nous serons fortifiés par ton souvenir. enCouragés par tes exemples, et consolés par la pensée que du haut du ciel tu nous vois encore et nous aimes toujours.
om amant Qt