‹ L'Abandon a la Providence DivineChapitre 15 sur 68 · PET, 6 C · texte numérisé non relu

PET, 6 C

reposera : ou, si vous le voulez, c’est la ligne droite, tracée par Dieu même, qu’elle suivra toujours. Elle y marchera constamment, et, au moment présent, tous ses devoirs y seront marqués. En suivant l’ordre de cette ligne, elle les remplira sans confusion et sans empressement, à mesure qu’ils se présenteront. Pour tout le reste, elle se maintiendra dans une entière liberté, toujours prête à obéir aux mouvements de la gräce; dès qu'ils se feront sentir, et à s’abandonner aux soins de la Providence.

Dieu lui dit au fond du cœur qu’il entend être le maître et la diriger à sa guise, et il lui fait comprendre qu’elle ne peut, sans attenter aux droits souverains de son Créateur, laisser enchaîner sa propre liberté. Elle sent que, si elle voulait s’astreindre aux règles des âmes qui vivent par effort et par industrie, au lieu de se conduire par l’attrait de la grâce, elle se priverait de mille choses nécessaires pour remplir les devoirs des moments futurs. Mais comme on ignore cela, on la juge, on la blâme dans sa simplicité, et elle qui ne blâme personne, qui approuve tous les états, qui sait si bien en marquer tous les degrés et tous les progrès, se voit méprisée par les faux sages, qui ne peuvent goûter cette douce et cordiale soumission à la Providence.

La sagesse du monde ne goûte pas la perpétuelle instabilité des Apôtres qui ne pouvaient se fixer nulle part. Les spirituels du commun ne peuvent non plus souffrir les âmes qui dépendent ainsi de la Providence pour leur moment; il n’y a que quelques âmes de leur état qui les approuvent; et Dieu, qui instruit les hommes par les hommes, ne manque jamais d'en faire rencontrer de cette nature à ceux qui sont simples et fidèles à leur abandon.

Au reste, ces âmes ont moins besoin de direction que les autres, car on n’arrive là que par le moyen de trèsgrands et excellents directeurs. Si elles se trouvent momentanément livrées à elles-mêmes, ce n’est que par une disposition de la Providence, quand la mort enlève ou que quelque événement éloigne les guides qui les avaient introduites dans cette voie. Alors même, on est toujours disposé à se laisser conduire ; on attend seulement en paix le moment de la Providence. Sans qu’on y pense en- Suite, on rencontrera de temps à autre des personnes pour lesquelles, sans les connaître et sans savoir d’où elles viennent, on se sentira une secrète confiance que Dieu inspire dans le temps de la privation; c'est une marque qu'il veut s'en servir pour communiquer quelques lumières, ne füt-ce que d’une manière passagère. Ces àmes consultent alors et suivent avec la dernière docilité les avis qu’on leur donne; mais au défaut de ce secours, elles s’en tiennent aux maximes qui leur furent données par leur premier directeur. Ainsi elles sont toujours trèsréellement dirigées, ou par les anciens principes qu’elles reçurent autrefois, ou par ces avis de rencontre ; et elles se servent de ceux-ci, jusqu’à ce que Dieu leur donne des personnes auxquelles elles se confient, et qui leur font connaïître sa volonté.

SII

Seconde épreuve de l’état d'abandon. L'inutilité apparente et les défauts extérieurs que Dieu laisse aux âmes qu'il veut élever à cet état.

Une seconde épreuve des àmes que Dieu conduit par cette voie résulte de leur inutilité apparente et de leurs

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