‹ L'Abandon a la Providence DivineChapitre 29 sur 68 · MÉTHODE DE DIRECTION INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE DIRECTION INTÉRIEURE

49 On parvient à Dieu par l’anéantissement de soimême. Tenons-nous si bas que nous disparaissions à nos propres yeux.

20 A mesure que nous bannirons de nous tout ce qui n’est point Dieu, nous nous remplirons de Dieu : car, là où nous ne nous trouvons plus nous-mêmes, nous trouvons Dieu. Le plus grand bien que nous puissions faire à nos âmes en cette vie, c’est de les remplir de Dieu.

3° La pratique du parfait anéantissement consiste à n'avoir autre soin que de mourir entièrement à nous-mêmes, pour donner lieu à Dieu de vivre et d'opérer en nous.

4° Se soumettre à Dieu par un total abandon de soimême, et se perdre dans l’abîme de son néant, pour ne se retrouver plus qu'en Dieu, c’est produire l’acte le plus excellent dont nous soyons capables, et qui contient en soi la substance de toutes les autres vertus ! C’est cet unique nécessaire que notre Seigneur recommande dans son Évangile ! O riche néant, que ne te connaît-on ? Plus l'âme s’anéantit, plus elle devient précieuse aux yeux de Dieu.

5° Se perdre dans son néant, c’est le moyen sûr de se

(1) Cette méthode, comme la précédente, a été adressée à la sœur Charlotte-Elisabeth Bourcier de Monthureux.

retrouver en Dieu ; que notre exercice soit donc un simple souvenir de Dieu, un profond oubli de nous-mêmes, et un humble et amoureux acquiescement à la volonté de Dieu ; par ce seul exercice, nous éviterons tout mal, et nous nous rendrons toutes choses utiles, salutaires et méritoires à l'infini et au goùt de Dieu.

6° Il ne faut point distinguer le repos du travail, soit intérieur, soit extérieur : c’est tout un, quand on se tient dans l’entier acquiescement et dans le repos intérieur : ceci est bon à remarquer.

7° Nous devons dans nos rapports avec les créatures porter un air de dégagement, et qui marque un éloignement infini de toute tendresse et de toute sensibilité. Il n’est pas concevable combien peu de chose suffit à arrêter l'âme, et pour longtemps, et souvent même pour toute la vie : un rien est capable d'empêcher les progrès admirables que l’on ferait dans la grâce. Oh! que Dieu pour ge communiquer aux âmes veut un grand vide de toutes les recherches de la nature, même des plus petites !

80 C’est dans les occasions les plus fâcheuses et les plus contraires, qu’on pratique le plus parfait dénûment, et qu’on s'établit dans une plus grande confiance en la cause première, par la perte des causes secondes. Acquiesçons donc à toutes les pertes, hormis celle de Dieu.

9° Dans toutes les affaires, et en toutes sortes de rencontres, que tout, hors Dieu, ne nous soit rien, et que Dieu seul nous soit tout.

10° Ne nous empressons jamais pour rien; nenouslaissons resserrer le cœur pour quoi que ce soit. Où il n’y a que le néant, il n’y à ni empressement, ni resserrement, mais un vide paisible etinvariable. C’estlà que nousnous établissons, en ne nous attachant à rien de créé, et nous nous trou-

verons heureusement en cessant de nous chercher: perdons tout, pour trouver tout. ;

41° Réduisons-nous à l’unité qui est Dieu. Tout ce qui n’est point cela n’est point ce que nous voulons. Si nous savons bien nous contenter de cette éminente unité, nous ne nous inquièterons plus de tout le reste. Oh! que cette vérité bien entendue et bien pratiquée retranche de choses, même de celles qui nous semblent bonnes, saintes et nécessaires, et qui, au fond nous nuisent, au lieu de nous servir, pour arriver où nous aspirons, savoir à être faits une même chose avec la suprême unité.

12° Que notre devise soit celle du bienheureux frère GILLES d'Assise ; un à un, une seule âme à un seul Dieu. Allons encore plus avant, et perdons-nous nousmêmes dans cette unité ; oublions tout, et nenoussouvenons plus que de l’unité, unité divine, unité infinie ! Dieu seul ! Ce mot d'unité est fort lumineux ; il nous fera retrancher toute multiplicité et superfluité; il est très-efficace pour nous appliquer parfaitement à Dieu et à tout ce qu’il veut de nous: nous trouverons là-dessous des trésors de grâces, de lumière, d’innocence, de sainteté et de félicité.

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