‹ L'Abandon a la Providence DivineChapitre 30 sur 68 · SUR LA CONDUITE À TENIR APRÈS LES FAUTES · texte numérisé non relu

SUR LA CONDUITE À TENIR APRÈS LES FAUTES

1° Il faut porter avec humilité, devant Dieu, l’abjection de ses fautes. Apres les infidélités et les surprises , on doit demeurer toujours dans son néant, en saint mépris de soi-même. C’est le grand avantage que Dieu nous fait tirer de nos fautes mêmes.

20 Les craintes pour quelque faute que ce soit, quand elles vont jusqu’à l'excès, viennent évidemment du démon. Au lieu de s’abandonner à cette dangereuse illusion, on doit mettre la plus grande constance à la repousser; laisser tomber ces inquiétudes comme une pierre au fond de la mer et ne jamais s’en occuper volontairement. Si cependant, par permission de Dieu, ces sentiments étaient plus forts que la volonté, il faudrait recourir au second remède, qui consiste à se laisser crucifier en paix, comme Dieu le permet, ainsi que faisaient les martyrs qui s’abandonnaient à leurs bourreaux.

3° Ce que nous venons de dire des craintes qui accompagnent les fautes plus marquées, s'applique également au sentiment de malaise et de détresse qui naît de la fréquence des petites infidélités. Ce resserrement de cœur vient également du démon. Il faut donc le mépriser et le combattre comme une vraie tentation. Cependant il arrive quelquefois qu'à l'égard de certaines âmes, Dieu se sert de cette angoisse et de cette frayeur excessive pour les éprouver, les épurer et les faire mourir à elles-mêmes. Lorsqu'on ne peut venir à bout de les chasser de l'esprit, point d’autres remèdes alors que de s’en laisser paisiblement crucifier dans un esprit de total abandon à la volonté de Dieu; c’est le moyen de ramener la paix, le calme dans l’âme vraiment résignée à la volonté de Dieu.

4° Les craintes relatives à la récitation de l'office ne sont encore qu'une pure tentation, puisque l'attention actuelle n’est point nécessaire. Pour que la prière ait tout son mérite, il suffit qu’elle soit faite avec l'attention virtuelle, qui n’est autre chose que l’intention sincère de bien prier, qu'on a aucommencement et qu'on n’a rétractée par aucune distraction bien volontaire. Ainsi on peut très

bien dire son office en souffrant patiemment des distractions continuellesetinvolontaires. La peine causée par cesdistractions ne venant évidemment que du désir de bien prier est la meilleure preuve que ce désir est toujours au fond du cœur. Or, ce désir est la bonne et vraie prière : caché à l’âme à cause du trouble que lui causent ses distractions, il n’en existe pas moins, et il n’en est pas moins aperçu de Dieu qui nous fait une double grâce: d’abord en l’exaucant comme il exauce toute prière bien faite, et puis, en nous le cachant, pour nous mortifier en tout et partout.

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