A UNE PERSONNE SÉCULIÈRE
Conduite pour le temps passé à la campagne
Voici ce que vous ferez tout le temps que vous demeurerez à la campagne. L'obéissance avec laquelle vous suivrez mes conseils sanctifiera ce temps de repos et lui fera porter
tous ses fruits.
1° Approchez-vous des Sacrements aussi souvent qu’on
voudra vous le permettre.
20 Offrez à Dieu tous les matins, avec les récréations de la journée, les différentes peines extérieures et intérieures dont il plaira à sa bonté de les assaisonner, et dites de temps en temps : « Dieu soit béni de tout et en tout. Seigneur, que votre sainte volonté soit faite ! »
3° Puisque vous êtes moins occupée des autres, employez plus de temps à nourrir votre âme de bonnes lectures, et afin de rendre cette nourriture plus salutaire, prenez-vous-y de la manière suivante. Commencez par vous mettre en la présence de Dieu et par invoquer son secours. — Lisez doucement, lentement, parole à parole, pour entrer dans le sujet plus par le cœur que par l'esprit. — A la fin de chaque paragraphe contenant un sens achevé, arrétezvous, durant le temps que vous mettriez à réciter un Paler où même un peu plus, pour goûter ce que vous aurez lu, ou pour vous reposer et vous calmer intérieurement devant Dieu. Si ce calme et ce repos dure plus longtemps, il n’en vaut que mieux ; mais quand vous vous
apercevrez que votre esprit s'égare, vous reprendrez votre lecture, et vous la continuerez, en renouvelant fr ‘qjuemment ces mêmes pauses.
4° Rien n'empêche que ne vous suiviez cette même méthode, si vous la trouvez utile à votre âme, pendant le temps marqué pour la méditation.
59 Pendant la journée, vous vous occuperez des choses nécessaires, que l’obéissance vous a confiées et qui sont de l’ordre de la divine Providence,
6° Vous aurez soin de laisser tomber toutes les pensées vaines et inutiles, dès que vous vous en apercevrez ; mais doucement, sans efforts ni violence.
7° Vous laisserez tomber surtout les penséés inquiètes, abandonnant à la divine Providence tout ce qui pourrait être pour vous sujet de préoccupation.
8° Dans vos élévations de cœur vers Dieu, vous lui direz souvent : « Seigneur, délivrez-moi de tant de réflexions bonnes en apparence, mais qui m’entretiennent dans mon propre esprit, et dans une pernicieuse confiance en moi-même. Substituez votre divin Esprit à la place du mien; transformez et refondez toutes les puissances de mon âme par ce saint Esprit, et par ses sacrées opérations. » D’autres fois vous direz : « Quand vous plaira-t-il, 6 mon Dieu, de m’apprendre le grand secret de savoir me tenir intérieurement en repos et en silence, pour vous laisser opérer dans mon âme tous les changements dont vous connaissez le besoin ? Seigneur, je le désire de tout mon cœur, et je vous le demande avec les plus vives instances, par Jésus-Christ votre Fils ; afin que, peu à peu, vous puissiez établir dans mon intérieur le règne de votre paix ineffable, de votre grâce et de votre saint amour. Et
comme vous voulez pour cela la coopération de vos pau-