‹ L'Abandon a la Providence DivineChapitre 59 sur 68 · LETTRE. X A LA MÊME · texte numérisé non relu

LETTRE. X A LA MÊME

Empressement dans les bonnes lectures,

Je vous envoie le livre de l’ÆZspérance chrélienne, comme je vous l’avais promis. C’est un vrai trésor pour vous; mais, si vous voulez en retirer tout le fruit que j’en attends, il ne faut pas vous jeter avec avidité sur cette lecture, et vous laisser entraîner par la curiosité de savoir ce qui suit. Employez-y le temps marqué par la règle ; concentrez toute votre attention sur ce que vous lisez, sans vous occuper du reste. Je vous recommande surtout d'entrer dans les vérités si consolantes et si solides que vous trouverez exposées dans ce livre, plutôt par un certain goût pratique que par des réflexions spéculatives, faisant, de temps en temps, de petites pauses, pour laisser à ces douces vérités le temps de s’écouler plus profondément dans votre âme, et pour donner lieu à l'opération du Saint-Esprit qui, durant ces pauses pacifiques et ces attentes silencieuses, grave et imprime dans le cœur ces vérités célestes. Le tout cependant sans gêner votre attrait, sans rien violenter pour empêcher les réflexions, mais en tendant doucement, simplement, à les faire pénétrer dans le cœur, plus encore que dans l'esprit.

Remarquez bien certains chapitres plus importants, et dont vous avez plus besoin, pour les lire ensuite dans un nouveau Joisir. En général, je vous recommande instam-

ment de ne pas trop charger votre esprit de lectures ni de pratiques extérieures ; il vaut bien mieux lire peu, et vous bien pénétrer de ce que vous lisez. En ce moment surtout votre âme a besoin d'unité et de simplicité, et il faut que toutes vos lectures et vos pratiques tendent à un seul but, qui est de former en vous l'esprit de recueillement, Dieu vous fera peu à peu cette grâce, si vous y aspirez avec confiance, doucement, simplement et humblement, sans vous empresser, vous troubler ou vous inquiéter. Demandez souvent à Dieu qu’il vous détache absolument de tout, pour ne plus aimer et goûter que lui seul, en Jésus-Christ et par Jésus-Christ, afin qu'il s'empare de votre cœur tout entier, et qu'il le possède pleinement et sans réserve. « Mon Dieu, je m'abandonne à vous, faites que je ne désire que vous ! »

LETTRE XI A LA MÊME Zèle intempérant et indiscret.

Je vois, ma chère Sœur, qu'un zèle mal entendu vous expose à des dangers d'autant plus redoutables qu’ils se cachent sous des apparences plus spécieus es. Le désir de la perfection du prochain est sans doute fort bon; la peine intérieure que l’on ressent à la vue de ses défauts peut être -fort bonne aussi, pourvu qu’elle naisse du pur désir de le voir parfait. Mais, dans tout cela, il peut se mêler beaucoup de secrète complaisance en soi-même, de confiance en ses propres lumières, de sévérité à l'égard

du prochain. Un pareil zèle, sachez-le bien, ne saurait venir de Dieu; c’est une illusion du démon, très-nuisible aux autres et à vous-même. Mais ce mal peut étre assez facilement guéri, pourvu que vous soyez assez sincère et assez docile pour en reconnaître la gravité et pour accepter le remède. Celui que je vais vous offrir a déjà produit un très-heureux résultat dans une âme qui était sujette à la même illusion. Laissez-moi espérer qu'il n’aura pas pour vous une moindre efficacité.

Je. vous conseille donc et vous ordonne, au nom sacré de Jésus-Christ et de sa divine Mère, de ne plus penser à pratiquer la vertu de zèle, tant que cette défense n’aura pas été expressément levée. Je vous décharge devant Dieu absolument, et je prends sur moi la responsabilité de tous les inconvénients qui pourront résulter de cette omission. S'il vous vient des scrupules et si le démon vous met dans l'esprit un bien à procurer ou un mal à éviter, vous direz à Dieu : « Mon Dieu, la charité est la reine des vertus, je ne dois donc plus pratiquer celle du zèle, que lorsque vous m'aurez mise en état de le faire sans altérer la charité que je dois aux autres et à moi-même. Quand on me verra assez forte ou plutôt assez humble, pour exercer le zèle avec la paix profonde de mon âme, avec toute la douceur, la compassion, la condescendance pour le prochain, avecsupporbt, avec bonté, avec une charité qui ne s’aigrisse de rien, qui ne se scandalise de rien que de ses propres défauts, avec toute la patience et la longanimité qui fait qu’on souffre aussi tranquillement et aussi longtemps les défauts des autres que vous les souffrez, Ô mon Dieu, et qu'on n’est ni troublé, ni inquiet, ni étonné, de l’incorrigibilité des autres, alors on lèvera la défense qui m’a été faite, et je pourrai songer à vous glorifier dans les autres. Mais

jusque-là, mon Dieu, c’est en moi-même, et dans la correction de mes nombreux défauts, que je dois trouver l'exercice de mon zèle. »

En effet, ma très-chère Sœur, quand l’humilité aura profondément creusé en vous le fondement indispensable de toutes les vertus, je serai le premier à vous presser de reprendre l’exercice du zèle ; jusqu'alors, ne peñsez qu'à vous-même, et ne vous occupez que de vous-même. Sachez que Dieu, pour en punir d’autres, et pour les corriger de ce zèle indiscret, turbulent et amer, a souvent permis qu’elles soient tombées dans de plus grandes fautes que celles qui les avaient scandalisées dans les autres.

En second lieu, je vous ordonne de ne jamais parler de : Dieu ni d'aucune bonne chose, que dans un esprit d’humilité et de douceur, d’une manière aimable et gracieuse, avec modération et encouragement, mais jamais avec aigreur et sévérité, de manière à froisser et à rebuter ceux qui vous entendent; car, quoique vous ne disiez que ce qui est dans l'Évangile et dans les meilleurs livres, je conçois que, dans les dispositions où vous êtes, vous pouvez le dire très-mal.et de manière à ne faire que du mal. Estce que Satan ne s'est pas servi pour tenter Notre-Seigneur des paroles de la sainte Écriture ? La vérité est dans le juste rapport des choses. On l’altère dès qu'on la pousse à l'extrême, ou qu’on l’applique mal à propos. Votre humeur chagrine est comme un verre noirci qui, si vous ne vous en défiez pas, vous empêchera de voir les choses, et de les présenter aux autres avec leurs couleurs véritables. Tenez-vous constamment en garde contre cette funeste influence ; nourrissez votre esprit des pensées et des sentiments contraires à ceux que vous inspire cette numeur ; entretenez-vous vous-même et aimez à entretenir les au-

tres des bontés infinies de Dieu et de la confiance qu’on doit avoir en lui; attachez-vous à leur offrir, dans toute votre conduite, l'exemple d’une vertu nullement contrainte et qui ne gêne point les autres; et gardez-vous bien surtout de donner jamais aux autres des décisions sévères. Si vous n'avez rien de doux à dire, gardez le silence et'renvoyez à d’autres le soin de décider. Plus facilement que vous, elles pourront éviter un trop grand relàchement, et garder l'exactitude, sans aller jusqu’à la sévérité. Si l'exactitude est louable, la sévérité est toujours blämable ; elle ne fait que révolter les esprits au lieu de les convaincre, et aigrir les cœurs au lieu de les gagner. Autant la vraie douceur selon Dieu a de pouvoir pour éloigner du mal et porter au bien, autant une rigueur excessive est puissante pour rendre le bien difficile et le mal incurable ; la première édifie et la seconde démolit.

LETTRE XII

Répugnance à prendre les soulagements ordonnés.

Gardez-vous bien de vous écarter jamais de l'obéissance, sous prétexte de vous mortifier, et n'oubliez jamais la parole de l’Esprit-Saint : « Je veux l’obéissance et non les sacrifices. » N'hésitez donc pas à prendre, sans scrupule, les petits soulagements que les médecins, les Supérieures et les infirmières vous prescrivent; ou plutôt faites-vous grand scrupule de les refuser. Par là vous pratiquerez une abnégation plus méritoire que la mortification corporelle, celie qui consiste dans le renoncement

à vos idées, à votre jugement, à votre propre volonté. 19,

L’ignorance ou l'oubli de cette vérité fait commettre bien des fautes à certaines personnes dévotes, fort attachées à leurs idées, fort opiniâtres dans leurs prétendus renoncements, fort immortifiées dans leurs mortifications. Comment peuvent-elles se faire illusion jusqu'à ne pas comprendre que l’amour-propre gâte et corrompt les pratiques les plus saintes! Oh! qui saurait une fois renoncer, - pour l'amour de Dieu, à toutes ses volontés, à ses jugements et à ses propres idées, quels progrès ne ferait-il pas dans les voies de la vraie et solide perfection !

Ne faites désormais d'autre usage de votre esprit et de votre raison, que pour savoir ce qui vous est ordonné, et pour l’exécuter promptement, gaiement, avec une totale confiance en Dieu et un entier abandon à sa miséricorde. Cette confiance vous deviendra facile, dès que vous n’aurez plus d'autre ambition que de faire sa très-sainte volonté. Et qu'y a-t-il, en effet, de plus aimable ? Cette divine volonté ne sanctifie-t-elle pas tout ce qu’elle nous prescrit ? Observons-là donc, en tout, dans ce qui nous est agréable et dans ce qui nous coûte le plus, dans les soulagements et dans les privations, dans le travail et dans le repos,

‘ dans les prières mentales et vocales, les offices, les messes, les confessions, les communions, en tout. L’obéissance aveugle n’excepte rien, c’est un généreux sacrifice de son esprit propre, de ses idées, de son jugement, de ses inclinations, de ses répugnances, aversions , humeurs, en un mot de toutes ses volontés. De là vient que ce sacrifice est plus agréable à Dieu que tout ce qu’on saurait jamais faire, et que, sans ce sacrifice, tout le reste est de peu de valeur et ne peut étre que préjudiciable. Aussi le Saint- Esprit nous assure, dans l’Écriture, que l'homme obéissant racontera des victoires.

LETTRE XII

Même sujet; attachement à son propre sens.

Ma chère Sœur,

Vous voilà enfin dégagée de vos liens, et libre de tous les engagements par lesquels le monde espérait vous retenir à jamais captive. Je ne doute pas que vous ne sentiez tout le prix de cette grâce inestimable de la vocation religieuse, et que vous ne soyez disposée à en accomplir généreusement tous les devoirs. Plus vous avez attendu longtemps cette grâce, plus vous devez de reconnaissance à celui qui vous l’a enfin accordée. Il faut pourtant vous attendre à rencontrer, dans votre vie nouvelle, des difficultés, inconnues à celles qui l’'embrassent de meilleure heure. Mais l'humilité, le renoncement, la simplicité, la sainte enfance évangélique diminueront considérablement ces difficultés, et finiront par les faire entièrement disparaître. A l’aide de ces vertus, vous vous préserverez d’une illusion très-subtile de l’orgueil, à laquelle cèdent beaucoup de novices, et qui, pour être presque imperceptible, n’en est pas moins dangereuse. Sous prétexte de mieux s’éprouver, elles veulent toujours faire quelque chose au delà du commun, ou se priver des petits soulagements que la charité des Supérieures leur présente. Tout cela n’est qu’amour-propre raffiné et vanité déguisée. Pour vous, ma chère Sœur, n’ayez jamais, je vous en conjure, d’autre prétention que de suivre en tout le train commun ; pas un iota au delà. Acceptez simplement et

humblement les petits soulagements et adoucissements qu’on présente aux faibles; réjouissez-vous de vous voir mettre au niveau des jeunes enfants et traitée comme elles, et gardez-vous bien de faire la forte et la courageuse. Oh! qu’on peut exercer en cela une profonde et méritoire humilité, ravissante aux yeux de Dieu, et plus agréable à son cœur que la vie la plus austère, embrassée par votre propre choix ! Qu'il y a d’orgueil et de vanité cachée sous une conduite contraire ! Je ne vous dissimulerai pas qu’une assez longue expérience m’a appris que toutes celles qui ont été dévotes dans le monde avant d'entrer en religion, sont d'ordinaire celles qui donnent le plus de peine aux Supérieures et aux Maîtresses ; cela vient de ce que nos braves dévotes se font dans le monde certaines idées de la vertu, dont elles ne veulent plus se départir. Accoutumées à être admirées de tout ce qui les entoure, et applaudies Je plus souvent par leurs directeurs, elle s’attachent à leurs pensées et à leur propre esprit, sans se douter que cet attachement est l’antipode de la sainteté véritable. Aussi a-t-on beaucoup plus de peine à leur faire pratiquer l'humilité et le renoncement, à rompre leurs idées et leurs volontés, que lorsqu'on demande ces mêmes sacrifices à de jeunes personnes non formées, où même à des mondaines converties. Cependant, si nous ne devenons comme de petits enfants, nous n’entrerons point dans le royaume des cieux. Je souhaiterais done qu'on vous traitàt, tout comme on traite les jeunes personnes de quinze à seize ans, qui sont également faibles de corps et d'esprit et à qui on dit : Ma Sœur, vous reposerez demain; on vous dispense de telle chose : vous irez vous récréer au jardin. ma chère Sœur, ce travail est trop fort pour vous, la Mère Supérieure vous en dispense ; — et vous, personne déjà for-

mée, ci-devant grande dévote, vous devez, sans répliquer un seul mot, sans sourciller, accomplir tout à la lettre, en esprit d’humilité et de simplicité; contente de vous voir ainsi traitée comme la plus faible et la moindre de toutes; vous regarder effectivement comme telle, vous en réjouir même, ou du moins faire pour cela votre possible ; admirer la tendre charité de la Mère ou des Sœurs et en bénir Dieu. Voilà ce que le vrai esprit intérieur, la vraie, la bonne spiritualité vous doit apprendre etinspirer. Mais, il faut l'avouer, c’est à quoi l’on a bien de la peine à réduire nos prétendues grandes dévotes ; pauvres âmes, aveugles et abusées, d'autant plus éloignées de la vraie grandeur qu'ellessaventmoins serapetisser. Qu’elles aillent à Bethléem, et qu’elles y contemplent le Dieu du ciel devenu un petit enfant enveloppé de langes, mis dans une créche, manié, porté et reporté comme l’on veut, tourné et retourné au gré de tous. Ma chère Sœur, voilà l'exemple que vous vous proposerez pendant votre noviciat; et c’est en devenant toute semblable à ce petit enfant que vous mériterez d'entrer dans le royaume des cieux,

LETTRE XIV

A LA SŒUR MARIE-THÉRÈSE DE VIOMÉNIL Répugnance à se faire connaitre

Croyez-moi, ma chère Sœur, luttez de toutes vos forces contre la répugnance que vous éprouvez à ouvrir votre âme, et regardez comme une tentation dangereuse la susceptibilité jalouse que vous éprouvez lorsque vous vous

imaginez qu'on a révélé vos défauts. C’est le démon qui inspire tant de crainte etde peine à découvrir ses misères intérieures, parce qu’il sait, par des millions d'expériences, que les âmes qui ont assez de courage et d’humilité pour s'ouvrir ainsi avec simplicité et droiture, sont promptement guéries, ou du moins extrêmement soulagées.

Il sait aussi combien les plaies de l’âme, que cette ouverture le plus souvent cicatrise, peuvent s’envenimer et s’agrandir, si on refuse de les découvrir au médecin. Rien n’est, en effet, plus évident : tant que nous aurons de lamour-propre (et il ne meurt qu'avec nous), nous serons exposés à nous aveugler sur ce qui nous touche, et à nous faire une fausse conscience. Cette pensée est bien propre à nous faire trembler, qui que nous soyons. Pour éviter ce danger, il n’y à qu'un moyen : ne pas nous fier à nos propres lumières, en ce qui nous regarde, mais nous laisser conduire par les guides de notre conscience auxquels nous découvrirons, avec une parfaite franchise, tout-ce qui sera de nature à les éclairer. Le malheur est que, dans ces ouvertures même, nous risquons de .nous laisser tromper par notre amour-propre, et de tromper avec nous ceux dont nous demandons les conseils. Que faire pour se garantir de ce nouveau danger? Il faudrait que ceux qui nous conduisent fussent éclairés par d’autres sur notre compte : mais c’est ce qu’on supporte difficilement. Il ne manque pas de personnes très-disposées à exercer le zèle à l'égard des autres, et qui trouvent trèsmauvais qu’on l’exerce à leur sujet. Il n’en devrait pas être ainsi. Le vrai zèle devrait se dire : pense à toi-même et non aux autres, dont tu n’es pas chargé; mais sois bien aise que quelque personne charitable fasse connaître à ton guide ce qu’on pense de toi, afin qu’il te puisse mieux con-

duire. Ce double sentiment ne se trouve que dans les âmes les plus parfaites, et peut-être dans quelques personnes d’un naturel extraordinairement sincère, quoique d’une médiocre vertu. D'ordinaire, le zèle pour instruire les autres est accompagné d’une grande susceptibilité à l’égard des personnes qui voudraient rendre ce même bon office, en instruisant à fond nos directeurs de ce qu’on pense et dit sur notre compte. Voilà, encore un coup, la double illusion de toutes les dévotes ordinaires du monde, et même du cloître. Examinez-vous sans vous flatter sur ce double article, et éclairez-vous par les considérations que je viens de vous donner.

LETTRE XV À LA MÊME Découragement,

Ma chère Sœur,

Vous êtes en proié, en ce moment, à l’une des tentations les plus dangereuses qui puissent assaillir une âme de bonne volonté, la tentation de découragement. Je vous en conjure, résistez de toutes vos forces. Ayez confiance en Dieu, et soyez sûre qu'il achèvera en vous son ouvrage commencé. Vos vaines appréhensions pour lavenir viennent du démon. Ne pensez qu’au présent ; abandonnez l'avenir à la Providence. C’est le bon usage du présent, qui assure l'avenir. Appliquez-vous à vous attacher et à vous cofformer à toutes les volontés de Dieu en tout. et

partout, jusque dans les plus petites choses ; c’est en quoi consiste toute la vertu et toute la perfection.

. Au reste, Dieu ne permet les fautes journalières que pour rous humilier. Si vous en savez tirer ce fruit, et demeurer en paix et en confiance, vous voilà dans un meilleur état que si vous ne faisiez aucune faute apparente, ce qui flatterait beaucoup votre amour-propre, et vous exposerait à l’affreux danger de vous complaire en vous-même. Rien, au contraire, ne vous est plus facile que de vous servir de chacune de vos fautes pour acquérir un nouveau degré d'humilité, et creuser ainsi plus profondément en vous le fondement nécessaire de toute sainteté véritable. Ne devrions-nous pas admirer et bénir l’infinie bonté de Dieu qui sait ainsi tirer notre plus grand bien de nos fautes même? Il suffit pour cela de ne les pas aimer, de s’en humilier doucement, de se relever avec une constance infatigable après chacune deses chutes, et de travailler paisiblement à se corriger. Soumettez-vous à la volonté de Dieu dans votre emploi; mais n’y soyez pas empressée, ni inquiète. Faites bonnement ce que vous croyez devoir faire, et reposez-vous pour le succès sur la divine Providence, sans soucis, sans inquiétude, afin d’avoir l'esprit libre et le cœur tranquille, autant qu'il se peut. Si vous êtes fidèle à cette pratique, vous pourrez demeurer en paix au milieu même des embarras ; et les troubles involontaires que vous pourrez éprouver ne feront qu'accroitre le mérite de la conformité foncière de votre volonté à la volonté de Dieu. Qu'il soit béni de tout et en tout,

maintenant et à jamais.

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