L’ABATTAGE AU MERLIN
Jusqu'à ces dernières années où le pistolet automatique l’a peu à peu remplacé, le Merlin était employé couramment en France dans les grands abattoirs : Paris, Lyon, Bordeaux, etc., et en Angleterre où il fit son apparition bien avant, puisque son usage ne remonte, à Paris, que vers 1872.
Le Merlin Français ou « Pole-Axe » est un marteau en fer de 2 kilogs ; le manche en bois a une longueur de 90 centimètres environ, la partie pesante du marteau présente d’un côté une tige effilée de 6 à 9 centimètres, de l’autre une tête assez grosse de 17 à
» s se « # A ra 19 centimètres, recourbée en crochet à son extrémité.
L’abattage au merlin se partique de la façon suivante : L’animal amené dans la salle d’abattage est solidement attaché à un anneau fixé en terre: d’un coup de marteau frappé vigoureusement, on fracture le crâne, puis on enfonce dans la plaie la partie effilée du merlin ; l’animal tombe sur le sol et afin de détruire la moelle allongée et le bulbe, on enfonce un jonc dans la brèche ainsi faite.
L'endroit où l’on doit donner le coup de marteau
n'est pas fixe ; certains bouchers frappent au milieu du front, d’autres à la nuque; enfin certains à la nuque
et au front successivement.
Par ce qui précède, on voit que l’abattage au merlin ne diffère pas essentiellement du coup de massue # -! A # et que, par conséquent, il a les mêmes défauts.
Il demande de la part du tueur une force peu commune, de la dextérité et une grande habitude pour pouvoir du premier coup frapper au point précis qui amènera fracture du crâne et chute de l’animal.
Au point de vue humanitaire, c’est-à-dire au point de vue conservation de la sensibilité, il faut apporter les mêmes remarques que pour l’assommage ; la conscience n'est point abolie immédiatement et l’on a vu des bœufs ne tomber qu’après 4 et 5 coups de merlin, d’autres se relever après un moment de chute alors que l’on allait entreprendre la saignée.
Dembo cite le cas d’un bœuf qui, après avoir reçu plusieurs coups, devint furieux et brisa la chaîne en fer qui le retenait, occasionnant des accidents.
Dans un deuxième cas, il fallut plusieurs coups pour terrasser l’animal et 12 minutes furent nécessaires
pour que l’animal tombêt.
Nous croyons donc que ce mode d’abattage doit être, lui aussi, proscrit; d’ailleurs, d'eux-mêmes, les bouchers, surtout dans les grands centres, l’ont abandonné pour le Pistolet Automatique.