‹ L'Abattage des Animaux: au point de vue humanitaireChapitre 12 sur 16 · ABATTAGE A L'ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

ABATTAGE A L'ÉLECTRICITÉ

La méthode, lancée d’abord en Amérique, puis en Angleterre, fut bientôt abandonnée, parce que son emploi rendait la viande inutilisable.

D'ailleurs, l’expérience des souffrances endurées par les condamnés à mort et exécutés à l’électricité permet de ne point considérer cette méthode comme humanitaire.

S1 la méthode a été abandonnée en tant que méthode propre d’abattage, on a essayé de la perfectionner et de s’en servir pour l’anesthésie des petits animaux que l’on sacrifie jusqu'ici par des procédés barbares et inhumains, puisque la plupart sont égorgés.

Des essais furent faits au mois de juin 1932 par les charcutiers lyonnais aux abattoirs de La Mouche. Voici le compte rendu donné par un témoin, à la suite des essais effectués :

« Il s’agit d’un appareil électrique très simple, « construit d’après le système du professeur vétérinaire « Max Müller et de l’ingénieur Weinberger, qui per- « met de sacrifier rapidement porcs, moutons, veaux, « chèvres, sans douleur, sans cri, sans risque d’acci- « dent.

« Le professeur Leduc, de Nantes, avait montré « depuis longtemps déjà qu'il suffisait de faire passer « par le cerveau des bêtes un courant électrique alter- « natif de moyen voltage et de fréquence rapide, pour « obtenir une anesthésie passagère, suffisante pour « pratiquer certaines expériences de vivisection,

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« Les inventeurs Allemands ont perfectionné la méthode au point de la rendre parfaitement pratique dans les abattoirs, même dans les mains les pius inexpérimentées ou inattentives.

« Les porcs amenés dans le box de saignée sont immédiatement saisis à la tête à l’aide d’une longue pince. Les mors de la pince sont constitués par des électrodes rendues plus sensibles par un revêtement de tissu humide: un des mors s'applique sur la tempe de l’animal, tandis que l’autre se pose en arrière de l'oreille. Aussitôt sans un cri, la bête s’immobilise et, au bout de 2 ou 3 secondes, se renverse sur le côté, complètement endormie, assoupie, précisent à juste titre les inventeurs, car si on laisse passer 3 ou 4 minutes, le porc se réveille, reprend sa respiration normale, se dresse sur ses pattes et se remet à manger comme si rien ne s'était passé. « Dans la pratique, il en va tout autrement, puisqu'il s’agit de sacrifier l’animal. Aussi les saigneurs mettent-ils à profit l’anesthésie si rapidement obtenue pour trancher la carotide et vider le corps de son sang.

« L'opération s'effectue ainsi avec le minimum de souffrances pour « l’opéré », le minimum de risques pour l'opérateur, car l’ancien procédé à la masse ne mettait pas toujours le tueur à l’abri des crocs ou des coups de pattes désespérés de la bête à immoler.

« D'autre part, suivant les compétences, la viande ainsi obtenue est plus nette et d’une conservation plus sûre. En effet, avec le procédé de routine, le

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groin était souvent fracassé si atrocement que l’animal gardait une partie du poumon et de la tête gorgées de sang. D'autre part, la cervelle était souvent altérée par le coup de masse fracassant le crâne.

« Ces démonstrations ont immédiatement donné toute satisfaction aux professionnels de la charcuterie et les tueurs de l’abattoir étaient tout fiers de déclarer, un moment après, qu ayant sacrifié une centaine de porcs suivant le procédé qu’on venait de leur enseigner, ils en savaient désormais tout autant que les démonstrateurs.

« La méthode est rapide, simple, sans le moindre danger pour les opérateurs. « L’assoupissement » pouvant être obtenu en moins d’une minute, l’on peut sacrifier ainsi quelques soixante porcs à l’heure et il suffirait de quatre à cinq appareils, aussi robustes que peu encombrants, pour assurer l’abattage des plus forts contingents journaliers de la charcuterie. Le procédé comporte, de surcroît, une économie appréciable, car chaque « assoupissement » revient à un ou deux centimes, évite tout déchet, notamment pour la tête et la cervelle et assure une meilleure conservation.

« Nous avons plaisir à féliciter l'Union syndicale des patrons charcutiers de Lyon qui, après une enquête consciencieuse, tant en France qu'à l'étranger, a pris l’excellente initiative de réformer dans un sens si humain et si rationnel l’antique routine sanguinaire.

« Au cours des mêmes expériences, il a été démon-

« tré que le même appareil, les mêmes procédés, « s'appliquent aussi utilement aux veaux, moutons et « chèvres. Dès lors, ne serait-ce point un crime contre « la souffrance, sacrée comme la vie même, que de « persister à saigner vivants les moutons à la filée sur « des tables ou les veaux acrochés tout vifs aux fers « de supplice ?

« Le grand abattoir moderne de La Mouche se doit « de ne pas laisser se perpétuer les vieilles pratiques « barbares.

« D'ailleurs, ces nouvelles méthodes d’assoupisse- « ment pour le bétail d’abattoir, ne devraient-elles pas « être adoptées partout, à commencer par les petites « tueries ? En effet, de petits modèles de ces appa- « reils peuvent se brancher partout sur le courant de « secteur et simplifier, humaniser et « hygiéniser » « très pratiquement la besogne des bouchers et des « charcutiers éloignés des grands centres. »

Si l’assoupissement des sacrifiés est si prompt (quelques secondes) et si complet (trois ou quatre minutes) que veut bien le dire le rapport ci-dessus et si, de plus, cet assoupissement ne nuit en rien à la saignée et à la qualité de la viande, nous souscrivons entièrement à ses conclusions, savoir :

Sa diffusion dans les grands abattoirs et aussi dans les tueries particulières non seulement pour « hygiéniser » la besogne mais aussi et surtout pour « l’humaniser ).

Puisque nous en sommes venus à parler de l'abattage des porcs, nous nous permettons de signaler un

Tenue du pistolet dans l’abattage du cheval.

Ouverture du pistolet automatique.

DU

Py À

NCDUETOON

(Ci

Le pistolet automatique démont

Le pistolet automatique ouvert.

excellent moyen de contention employé dans certains abattoirs de l’ouest de la France.

L’abattage du porc est délicat, soit qu’on le saigne, soit qu'on l’étourdisse à la masse, à cause de l’habitude prise de les laisser libres. Le piège à porc a pour mission d'y remédier.

Les caractéristiques sont les suivantes :

C’est une caisse à parois verticales, légèrement convergentes vers le sol et pivotant sur un axe au moyen d’un levier.

Le fond de la caisse est mobile, c’est-à-dire qu’il peut se dérober. L’accès de la caisse est facilité par un plan incliné faisant partie du piège.

Placé n'importe où et uniquement fixé par quatre boulons de scellement, ce piège est installé à proximité de l’emplacement où se fera la saignée, de façon que la rampe d’accès au piège forme une sorte de couloir fermé par une porte à guillotine par laquelle on fait pénétrer l’un après l’autre les animaux à sacrifier.

Mode de fonctionnement. — Le porc à abattre pénètre dans le piège par la rampe d’accès. En marchant sur le piège, la bête déclanche par son poids, un ressort commandant l’escamotage de ce plancher; elle se trouvé donc maintenue entre les parois verticales qui sont lisses. À ce moment, elle peut être sacrifñiée sans résistance et sans danger.

Cette disposition assure un travail rapide et précis et, d’après les renseignements, la rapidité du travail est telle qu’on peut, grâce au piège, tuer trois porcs

à la minute.

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