‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 112 sur 306 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

tous autres lieux et villes quelconques; pourvu que le susdit diocésain , ou tout autre évêque ou archevêque ne soit pas présent, et que vous usiez de ces privilèges selon le mode prescrit. Et en ce qui concerne le privilège de la bénédiction solennelle, nous voulons que tu te conformes de tous points à la constitution de notre prédécesseur Alexandre.

Nulli ergo bominum omnino liceat banc Que personne donc parmi les hommes ne se paginam nosire concessionis iofringere , vel permette d'enfreindre cette page de notre conei ausu temerario contraire. Si quis autem cession , et n'ait la témérité de s'y opposer. Que hoc attemptare presumpserit , indignationem celui qui oserait y attenter sache qu'il encourra bei omnipotenlis et bealorum Pétri et Pauli l'indignation de Dieu tout-puissant, et de ses apostolorum ejus, se noverit incursurum. apôtres les bienheureux Pierre et Paul.

Datum apud Orbem Vetertm xi kal. maii , Donné en la ville éternelle , le xi des kalendes pontiGcatU8 nostri an. secundo (12G3.) ' de mai, de notre pontificat la 3 e année, (1263).

« Et nous , eschevins de la dicte ville de Douay , en tesmoing et approbation de ce que » dessus est dict, avons fait mettre à ce présent traoseript et tidimus, le scel de la ville de i» Douay. o

* Donné l'an et jour premier dict \ »

Assurément , ce sont là des témoignages assez précis et assez éclatants de la bonne renommée du monastère de St-Sauveur d'Anchin; et ils prouvent que cette abbaye a lutté courageusement contra les attaques de ses ennemis et qu'elle a su en triompher. Mais bientôt lorsque nous aurons à parler de Pierre Toulet , le trenteunième prélat, nous verrons que la maison d'Anchin a acquis un nouveau lustre et des privilèges plus étendus encore.

Les qualités si éminentes de l'abbé Henri de Conflans avaient contribué à lui donner une grande autorité. Chacun l'écoutait comme un oracle , et s'inclinait devant son autorité. De même que saint Paul, il s'était fait tout à tous, à ce point qu'il descendait jusqu'à se mêler à la compagnie des jeunes novices, les excitant à remplir leurs devoirs de piété et à bien étudier leurs leçons de chant, il leur donnait quelque fruit ou autres petits cadeaux puérils pour les encourager. Et à sa mort il ne voulut point être séparé de ses chers élèves; il recommanda qu'on l'ensevelît dans le chœur , a l'endroit où les novices à cette époque se tenaient pendant les vêpres, c'estr-à-<iire dans l'espace qui va directement de la stalle inférieure vers le siège de l'abbé, les plus âgés, par conséquent, étant placés en suivant vers le grand autel.

On voit , par une lettre inscrite au registre du monastère de Fécamp , et datée du 23 juillet 1 407 , sept ans avant sa mort , que l'abbé Henri de Conflans renouvela société avec cette abbaye de Fécamp.

Nous avons déjà dit que dans ces temps difficiles l'influence puissante et l'autorité que lui donnaient l'énergie de son caractère , la supériorité de son esprit et l'éclat de son nom avaient été nécessaires à ce prélat pour gouverner l'abbaye, pour y maintenir l'ordre et la discipline , et pour ne pas la laisser déchoir de ses prospérités. On comprend qu'à cette époque , en effet , le monastère avait eu à souffrir des misères et des calamités qui affligeaient ces contrées. Dès l'année 1 338 , Edouard m , roi d'Angleterre , avec une flotte de 400 vaisseaux , faisant la guerre au roi

• Couationne sur le texte original que M. Le GUy nous a commouiqué. 7 F. de Bar , M*, cité . p. 218 et tuiv.

de France , Philippe v , au sujet du duché de Bretagne , dont il voulait s'emparer, avait envahi la Belgique , et le comte de Flandre fut fait prisonnier. Par la suite , un sait quelle longue et sanglante querelle s'alluma entre Charles de Blois et Jean de Montfort , qui se disputaient le duché de Bretagne ; alors , le duc de Normandie et sa mère , Jeanne de Flandre , étaient unis au roi d'Angleterre. Dans ces tumultes , les églises et leurs biens n'étaient plus protégés et étaient à la merci des hommes de guerre; leurs privilèges n'étaient plus respectés. Des actes de cette époque montrent que les abbayes d'Artois étaient tenues, envers le roi, aux mêmes charges que les autres vassaux de la couronne , et qu'elles étaient obligées en temps de guerre, de fournir leur contingent*.

Henri de Conflans gouverna l'abbaye d'Anchin durant vingt-sept ans. Il mourut en 1414. .

Voici l'inscription faite en son honneur, et qui était gravée sur le marbre de son mausolée :

Abbas Henricui, Burgandk) nobtlis ortns ,

Vicenus nonas : quam prorsùs depoputatam AÀlIbus et lue)*, provenllbus atque Lyoo Repertt. Ille domos nostras, nemora ille tenebat. Aurl debuluiu* allia» quamplura talenta ; Neilbus absolvit nos hic pater omnibus: et duon Anno vlceno tepteno mors raplt Ulum.

Vlno erucUTlt nostrum penu, horrea granls.

* V • la lettre de PhilIppe-le-Long a l'abbé de St-Bertln , dans \ Histoire d'Artois de dom Devienne , 2* partie , page 187.

Page 1